Le faubourg Saint-Jean-Baptiste, dessin de J. Murray, 1845

250 ans des pompiers de Québec

Ces grands incendies qui ont marqué l’histoire de Québec…

Plusieurs grands incendies ont marqué l’histoire de Québec. Des quartiers entiers jusqu’au parlement en passant par le Bois de Coulonge et le Manège militaire pour n’en nommer que quelques uns.
  • Des quartiers entiers s’embrasent
    Le 4 août 1682, la quasi-totalité de la basse-ville de Québec est rasée par un incendie. À nouveau, les 28 mai et 28 juin 1845, les faubourgs Saint-Roch et Saint-Jean, où vivent les deux tiers des habitants de la ville, sont ravagés par le feu. Au total, 3130 maisons, commerces et industries disparaissent, jetant plus de 21 000 personnes à la rue. Le 14 octobre 1866, les flammes dévastent l’ouest du quartier Saint-Roch et tout le village de Saint-Sauveur. Entre 2500 et 3000 maisons sont brûlées, laissant encore une fois quelque 20000 personnes sans foyer. D’autres incendies importants s’inscriront dans les annales de la capitale, notamment en 1876 (faubourg Saint-Louis), 1881 (faubourg Saint-Jean) et 1889 (Saint-Sauveur).
  • Le château Saint-Louis (1834)
    Édifié en 1620 par Samuel de Champlain, le fort Saint-Louis devient, en 1646, un château et la résidence officielle du gouvernement de la Nouvelle-France. Reconstruit par le comte de Frontenac, puis restauré après la Conquête, le bâtiment, situé à l’emplacement actuel de la terrasse Dufferin, est détruit par les flammes en 1834. 
  • Le théâtre Saint-Louis (1846) 
    Le vendredi 6 juin, en soirée, un incendie prend naissance dans la salle du théâtre Saint-Louis (ancien manège) à la suite d’une représentation, au moment où les spectateurs commencent à se retirer. La foule se précipite vers la seule issue qui conduit à la porte extérieure. Bilan: une cinquantaine de morts.
  • Le parlement (1854)
    Le 1er février 1854, vers 3h du matin, le feu éclate dans l’aile sud de l’hôtel du Parlement de Québec. Le brasier s’avère rapidement incontrôlable et se propage dans toute la structure, probablement par le système de chauffage. On parvient toutefois à sauver une grande partie de la bibliothèque.
  • Le palais de justice (1873)
    Bâti entre 1799 et 1804 d’après les plans de François Baillairgé, le palais de justice de Québec est la proie des flammes dans la nuit du 1er au 2 février 1873. L’élément destructeur se répand et atteint la superbe bibliothèque des avocats. La perte de documents créera un trou important dans les archives judiciaires.  
  • L’asile de Beauport (1875)
    Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1875, le feu se déclenche dans l’aile des femmes de l’asile de Beauport. Le froid est intense, le chemin difficilement praticable et l’eau vient à manquer. Le sinistre fera en tout 26 victimes. En septembre de la même année, la bâtisse sera reconstruite. 
  • La villa du Bois-de-Coulonge (1966)
    Aux premières minutes du 21 février 1966, un violent incendie se déclare à la résidence du lieutenant-gouverneur Paul Comtois. L’homme et sa fille, Mireille, se voient contraints de sauter par l’une des fenêtres de la villa édifiée en 1863. Le lieutenant-gouverneur Comtois perdra malheureusement la vie dans la conflagration. Les pompiers demeureront impuissants à circonscrire les flammes et plusieurs œuvres d’art inestimables disparaîtront.
La villa du Bois-de-Coulonge, 1996
  • Le manoir Montmorency (1993)
    Alors qu’il fait l’objet de travaux majeurs destinés à lui redonner son cachet d’antan, le manoir Montmorency est brusquement emporté par le feu le 13 mai 1993. Les travaux, au coût de 3,5 millions $, étaient réalisés à 80% et l’établissement devait rouvrir ses portes le 22 juin. L’incendie est combattu au bout d’une dizaine d’heures par 70 pompiers. Le manoir est rebâti l’année suivante en tentant de respecter l’esprit de l’architecture originale datant de la fin du 18e siècle.  
Le manoir Montmorency, 1993
  • Le Manège militaire (2008)
    Vers 21 h 20, le 4 avril 2008, des appels d’urgence entrent en rafale au 9-1-1: le Manège militaire de la Grande Allée est en flammes. Environ 90 pompiers sont déployés pour maîtriser le brasier qui gagne l’ensemble du bâtiment érigé en 1887. In extremis, les Voltigeurs réussissent à récupérer les artéfacts de leur régiment. L’édifice sera reconstruit. D’abord prévue pour le 150e anniversaire du Canada le 1er juillet 2017, l’ouverture officielle du Manège restauré aura lieu à la fin du mois d’avril 2018.

Sources : Exposition Le feu sacré (boulevard Langelier), livre Incendies et pompiers à Québec 1640-2001, Wikipédia, jemesouviens.biz, revue L’Ancêtre, journal Le Canadien, site Internet de la Commission de la capitale nationale du Québec, tvanouvelles.ca., ici.radio-canada.ca.

Le Manège militaire, 2008
La rue Saint-Joseph, 1942

LES ALARMES : QUE SIGNIFIENT-ELLES ?

  • La première alarme correspond à une intervention dont les informations de répartition font allusion à un événement comportant l’un des détails suivants : feu de structure (bâtiment, bateau, avion, voiture à proximité d’un bâtiment), feu de rebuts à l’intérieur, feu de produits dangereux, présence de fumée à l’intérieur ou à l’extérieur d’une structure. 
  • À la première alarme, quatre unités de trois ou quatre pompiers sont assignées. 
  • Une deuxième alarme fait intervenir trois unités de trois ou quatre pompiers supplémentaires. 
  • À chaque alarme additionnelle, trois unités viennent se greffer, et ce, jusqu’à la cinquième alarme. 
  • Dans des situations nécessitant plus d’unités ou lors de températures extrêmes, un rappel automatique d’employés supplémentaires est fait. 

Les niveaux d’alarme sont ajoutés par le chef responsable de l’intervention en fonction des effectifs nécessaires au contrôle de la situation. Le chef doit considérer plusieurs facteurs relatifs à l’intervention : sauvetage requis, usage du bâtiment (par exemple une résidence pour personnes âgées), phase, ampleur et endroit du feu, taille du bâtiment, risques de propagation, température (chaleur ou froid extrême), etc.