André, Louis-Raphaël et Christian Labbé

250 ans des pompiers de Québec

250 ans de courage

Nombreux sont les enfants qui rêvent ou ont un jour rêvé de devenir pompier. À l’âge adulte, la magie continue d’opérer puisque, dans le cœur des citoyens, la cote d’amour à l’égard des soldats du feu demeure très élevée. L’année 2019 marque les 250 ans du Service de protection contre l’incendie de Québec (SPCIQ). Plusieurs événe­ments ont été prévus afin de saluer le travail et le courage de ces combattants.

«Quand Louis-Raphaël terminera sa carrière, les Labbé cumuleront pas moins de 120 ans de service!», lance fièrement le père du jeune homme, le quatrième du clan à endosser l’uniforme des pompiers à la Ville de Québec. De Raymond à André, puis à Christian et à son fils, une recrue, «aider, c’est inscrit dans les gènes de la famille».  

L’histoire de cette dynastie hors de l’ordinaire s’amorce en 1940, au moment où Raymond Labbé intègre le Service. Il y fera carrière pendant 30 ans et deviendra lieutenant. À partir de 1965, André l’imitera. Également promu au grade de lieutenant, celui-ci prendra sa retraite en 2007. Christian marchera à son tour dans les traces de son père et joindra les effectifs en 1989. Lieutenant-instructeur à la formation, il verra Louis-Raphaël emprunter le même parcours.

Les discussions autour du travail sont-elles fréquentes lors des rassemblements familiaux? Poser la question, c’est y répondre. «Ça parle juste de pompiers!», confirme l’épouse d’André, Céline Paul. La fierté et la passion sont au rendez-vous chez les Labbé. Mais autre temps, autres mœurs: la façon d’«entrer dans les pompiers» a bien changé, tout comme les pratiques. La volonté de secourir et de protéger les gens reste néanmoins une constante.

«Mon père a certainement été une source d’inspiration pour moi, témoigne André Labbé. À l’époque, il fallait passer par un échevin pour rentrer. Avant d’être pompier, je travaillais dans la construction et je me suis alors dit que j’allais tomber dans la démolition! Parmi mes moments marquants, il y a eu l’explosion de gaz qui s’est produite au Cercle de la Garnison en 1994, parce que j’étais au cœur de la déflagration et que j’ai eu le côté de la tête brûlé.»

Si André n’a suivi aucun cours pour assimiler les rudiments du métier – dans les années 60, l’apprentissage sur le terrain et l’expérience transmise puis acquise faisaient foi de tout –, Christian a pour sa part profité d’une formation de quelques mois offerte par la Ville de Québec. «C’était donné sous forme de blocs, mais pour l’essentiel, j’ai appris au contact des vieux pompiers. Développer une aisance demandait une adaptation continuelle», dit-il.

Nouvelle génération et moments magiques

Âgé de 23 ans, Louis-Raphaël a vécu un tout autre scénario. Après trois ans de cégep auxquels il a été préalablement confronté à la réalité du contingentement, rien n’était gagné d’avance pour lui. «Un conseiller d’orientation m’avait même dissuadé d’aller dans ce domaine à cause du nombre limité de candidats admis. Je considère que je suis arrivé dans la profession formé et informé, par exemple en ce qui concerne les matières dangereuses.»

Recruté par la Ville de Québec à l’issu d’un rigoureux processus de sélection, Louis-Raphaël doit encore poursuivre son apprentissage. L’an dernier, son père lui a d’ailleurs servi de formateur. D’autres moments où les Labbé se sont croisés? Il y a notamment eu ce jour où André et Christian ont indépendamment été appelés pour éteindre un feu dans une cage d’ascenseur. «On s’est reviré et j’ai dit: c’est mon père ça!», se souvient Christian Labbé.

Celui qui pourrait aujourd’hui bénéficier d’une retraite bien méritée, mais qui, animé du «feu sacré», affirme avoir «toujours le goût» parle aussi de la dernière nuit de service d’André avant que ce dernier ne tire sa révérence. «J’étais son chauffeur à la caserne no 3, mais il n’y a pas eu d’intervention ce soir-là. Un souper avait été organisé et c’était très émotif», raconte le fils. Vers une cinquième géné­ration de Labbé au SPCIQ? Seul l’avenir le dira…