Même si cette prochaine saison ne ressemblera à aucune autre, Alexandre Tanguay, Éric Boucher et Serge Beausoleil demeurent confiants en l’avenir de l’Océanic.
Même si cette prochaine saison ne ressemblera à aucune autre, Alexandre Tanguay, Éric Boucher et Serge Beausoleil demeurent confiants en l’avenir de l’Océanic.

L’Océanic, une équipe qui pourrait surprendre

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI — C’est un entraîneur-chef emballé et confiant que les journalistes ont retrouvé à la conférence de presse convoquée par l’Océanic de Rimouski, jeudi. «Ce qu’on voit sur la glace, en ce moment, est excellent, se réjouit Serge Beausoleil. Il y a un esprit de corps que je n’ai pas vu depuis des années aussi tôt que ça dans la saison. On regroupe peut-être moins de grands noms, mais on pourrait surprendre!»

S’il compte moins de joueurs vedettes dans son alignement, il souligne néanmoins la présence d’Isaac Belliveau, de Zachary Bolduc et de Justin Bergeron. Quant aux autres, il estime qu’ils n’ont pas moins le club tatoué sur le coeur et n’en sont pas moins fiers d’évoluer à Rimouski. «Ça vaut de l’or, lance-t-il. Mais, je comprends qu’on soit dans les négligés et c’est tout à fait normal. C’est une saison qui est atypique par le format, par les divisions, par le fait qu’on va jouer douze matchs contre chaque équipe. Il va y avoir beaucoup d’animosité entre les équipes, beaucoup de rivalité qui va naître. On jouait huit fois contre Québec et ça commençait à être élevé, un certain moment donné. Là, ça va être douze fois contre chaque équipe!»

Un pilote impressionné

Le pilote se dit impressionné par la cohésion de son équipe et par la confiance que chaque joueur accorde à ses coéquipiers. «Je trouve qu’il y a une belle dynamique et ça nous motive!»

Selon Beausoleil, ses hommes laissent leur ego de côté et s’évertuent corps et âme afin d’assimiler le système. «Ils veulent savoir où ils sont sur la patinoire, comment ils peuvent communiquer, comment ils peuvent mieux jouer ensemble.» L’entraîneur est étonné de voir des séquences de jeu et des apprentissages chez ses troupiers qu’il voyait habituellement après les Fêtes. «C’est de très bonne augure! Comme pilote de cette équipe-là, j’aime beaucoup ce que je vois en ce moment.»

Ému par ses vétérans de 20 ans

Serge Beausoleil salue au passage l’attitude bienveillante de ses vétérans de 20 ans. «Ce sont des gars-clés. Ce sont des gars qu’on a élevés, qui connaissent nos valeurs, qui savent avec qui ils travaillent et dans quel environnement. Ce sont des étudiants hors pair, des personnes incroyables. C’est beaucoup de fierté pour l’organisation d’amener ces gars-là à cette maturité-là et de voir comment ils redonnent aux jeunes et comment ceux-ci les traitent comme des grands frères.» 

L’entraîneur en parle avec émotion en avouant que, pour lui, ces jeunes hommes sont des exemples pour ses enfants. «Ce sont des valeurs qui transcendent le hockey. Quand je vois l’implication communautaire que les gars ont, année après année, quand je vois la façon dont tout le monde prend soin de tout le monde, cette empathie qui est là pour tous et chacun, ça me rend très fier d’eux et ils transposent ça sur la patinoire, en plus. C’est bien le fun d’être là et d’assister à tout ça!»

Par ailleurs, le patron hockey souffre de l’absence de ses deux joueurs européens dans son alignement. «Ce sont deux gars extrêmement importants. [Adam] Raska va jouer un rôle très, très important avec nous, cette année, à 19 ans. Puis, on s’est entendu avec [Alexander] Lazarev pour les trois prochaines années. Il s’entraîne à Moscou et il piaffe d’impatience de s’en venir!» S’il louange le travail acharné de la LHJMQ dans ses négociations pour que ces joueurs étrangers puissent traverser les frontières canadiennes, il est cependant agacé par le fait que certains clubs, comme les Tigres de Victoriaville, l’Armada de Blainville-Boisbriand et les Cataractes de Shawinigan, alignent déjà leurs joueurs européens au sein de leur organisation.

Contre les bagarres

Concernant l’abolition des bagarres comme condition de Québec à la demande de subvention du Circuit Courteau, l’entraîneur-chef et directeur général de l’Océanic a voté pour le durcissement des règles, à l’instar de sept autres équipes. Le propriétaire de l’Océanic, Alexandre Tanguay, endosse cette position. Mais, les dix autres formations ont voté contre.

«J’ai toujours affectionné le jeu robuste, nuance Beausoleil. Mais, si tu personnalises ce dossier-là, est-ce que tu enverrais ton propre gars se battre et recevoir des droites dans la face? Je pense qu’on est rendus ailleurs et qu’on doit progresser là-dedans. Je pense que les amateurs sont rendus ailleurs et les joueurs aussi. On est dans une nouvelle génération de millénariaux qui veulent transporter la rondelle, jouer avec vitesse et talent. Ça n’empêche pas qu’il va y avoir des batailles un contre un, des combats pour la rondelle. C’est un sport de contacts et où on bataille pour avoir la possession du disque, mais pas pour se donner des coups sur le museau!» L’an dernier, la saison de l’Océanic a été ponctuée de onze bagarres pendant sa saison.

Parmi les changements annoncés, le président du club, Éric Boucher, a indiqué que les 30 parties disputées par l’Océanic allaient être diffusées en direct sur Telus TV, qui devient un partenaire majeur. Par ailleurs, la radiodiffusion des matchs, qui était à l’antenne de la radio Énergie, sera maintenant assurée par la station CFYX de Rimouski. Si cette saison risque d’être très difficile sur le plan financier, M. Boucher remercie les commanditaires qui ont renouvelé leur contrat et les partisans qui ont fait des dons. «On va s’en sortir», assure Alexandre Tanguay.