Joshua Roy
Joshua Roy

Joshua Roy de retour en terrain connu

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
Pivot du premier trio des Chevaliers de Lévis et premier choix au repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) en 2019, le centre Joshua Roy est enfin de retour en terrain connu cette année avec les Sea Dogs de St John. Avec sept buts et cinq aides, le natif de Saint-Georges de Beauce est de retour en tête des marqueurs de son équipe après douze matchs cette saison.

«L’an passé, ma saison a été un peu moins bonne que ce à quoi je m’attendais. J’ai eu un début de saison plus lent, mais ça s’est amélioré après les Fêtes. Cet été, j’ai travaillé très fort et je suis arrivé au camp plus confiant», racontait-il jeudi en entrevue téléphonique avec Le Soleil.

«Je voulais vraiment m’améliorer côté patin. Je n’ai pas un mauvais coup de patin, mais plus tu avances, plus les gars sont rapides et si tu veux monter, il faut que tu sois ultrarapide», poursuit celui qui patrouille dorénavant le premier trio des Sea Dogs avec Peter Reynolds, un attaquant issu du centre d’excellence de la prestigieuse école Shattuck-St. Mary’s, et Nicholas Girouard, obtenu des Voltigeurs de Drummondville durant la saison morte.

Du quatrième au premier trio

Toute une différence entre le début de la dernière saison, où Roy évoluait au sein du quatrième trio! Roy ne le dira pas ouvertement, mais il avait peu d’atomes crochus avec Josh Dixon, son premier entraîneur dans la LHJMQ. Quand Dixon a été congédié en décembre, celui qui a assuré l’intérim, Jeff Cowan, s’est mis à lui donner plus de glace, une tendance qui s’est poursuivie quand Greg Gilbert a pris la relève au début de la présente saison.

«Greg alterne souvent ses trios et nous change de place, mais je suis pas mal tout le temps sur le premier trio. Je suis habitué de jouer sur le premier trio, j’ai toujours eu beaucoup de glace toute ma vie, alors c’est pour ça que j’avais eu de la difficulté à m’adapter à un quatrième trio l’an dernier. Mais c’est dans des moments comme ça qu’il faut que tu travailles plus fort», philosophe celui qui avoue que la venue de Gilbert a insufflé une nouvelle énergie dans l’équipe.

«Il a joué dans la LNH, il a coaché dans la LNH et il a gagné la Coupe Stanley. Il sait ce que ça prend pour gagner, alors personne ne peut vraiment l’obstiner quand il dit quelque chose», explique Roy en parlant de son entraîneur qui a soulevé le gros trophée à trois reprises: avec les Islanders de New York en 1982 et 1983 et en 1994 avec les Rangers de New York.

L’oeil sur le repêchage

Roy est heureux de pouvoir compter sur un tel mentor alors qu’il deviendra éligible au repêchage de la LNH à la fin de la saison. «C’est excitant, quatre ou cinq équipes m’ont déjà contacté en me faisant parvenir des questionnaires ou par des appels Zoom», explique-t-il.

Roy a engagé l’ancien espoir des Canadiens de Montréal Olivier Fortier comme agent afin de veiller à ses intérêts. Fortier fait partie de l’agence Momentum Hockey, qui représente entre autres Jakob Pelletier et Alexis Lafrenière. «Mon but est d’avoir une bonne saison pour prouver ce que je suis vraiment capable de faire. J’ai le potentiel, mais il me faut continuer à travailler fort et donner mon 100% tous les matchs», poursuit celui qui est considéré comme un choix potentiel de deuxième ou troisième ronde dans la première publication de la liste du Bureau central de recrutement de la LNH.

«Honnêtement, j’essaie de ne pas trop penser aux listes... J’ai le contrôle sur mon jeu, mais pas sur l’endroit où on me placera sur les listes», indique l’athlète de 17 ans qui se considère très chanceux d’évoluer dans les Maritimes, ce qui lui permet de bien se mettre en valeur en cette saison marquée par la pandémie de Covid-19.

La vie normale

«Pour nous, ici, c’est presque comme la vie normale. Les restaurants sont ouverts, on joue tous nos matchs et il y a même des spectateurs dans les estrades. Il y a de l’ambiance à nos matchs. Oui, il y a plusieurs règles à respecter comme porter le masque dans le vestiaire et dans l’autobus, mais ce ne sont vraiment pas de gros sacrifices parce qu’au moins, on joue!», déclare-t-il au moment où la plupart des formations québécoises sont en congé forcé.

Alors que les affrontements intradivision sont la norme, les adversaires se suivent et se ressemblent cependant. «La semaine passée, on a joué deux fois contre les Wildcats de Moncton et on rejoue contre eux deux fois cette semaine. Le bon côté, c’est qu’on en vient à connaître un peu mieux le plan de match de nos adversaires.»

Comme les autres Québécois qui évoluent dans les Maritimes, Roy ne sait cependant pas encore s’il pourra rentrer à la maison durant les Fêtes pour renouer avec sa famille. «On n’a pas encore eu de nouvelles, mais ça ne nous préoccupe pas tant que ça non plus. On a du fun ici et c’est un autre sacrifice que je suis prêt à faire. Les frontières sont bloquées et c’est certain que je m’ennuie de ma famille, mais on s’appelle et on se texte.»

La pandémie de COVID-19 aura cependant privé Roy d’une belle expérience alors que la Coupe Hlinka-Gretzky a été annulée cet été. «J’avais été invité au camp et c’est dommage que ça ait été annulé, car j’ai parlé à quelques gars qui l’ont fait et ils m’ont tous dit que c’était une expérience incroyable», termine-t-il à propos de la classique annuelle devenue une vitrine de choix pour les futurs espoirs de la LNH.