Vincent Labelle, 18 ans, s’ajoute à la liste des hockeyeurs franco-ontariens qui ont traversé la frontière pour évoluer dans la LHJMQ.
Vincent Labelle, 18 ans, s’ajoute à la liste des hockeyeurs franco-ontariens qui ont traversé la frontière pour évoluer dans la LHJMQ.

De Rockland à Moncton, Vincent Labelle trace son chemin

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Ils sont jumeaux. Ils ont célébré leur 18e anniversaire il y a deux semaines. Ils ont passé l’essentiel de leur carrière en jouant côte à côte.

Vincent et Simon Labelle ont cependant emprunté des parcours différents cette saison. Après avoir été coéquipiers pour la dernière fois chez les Nats de Rockland dans la Ligue centrale junior A la saison dernière, Vincent fera le saut dans la LHJMQ chez les Wildcats de Moncton. Simon sera aux États-Unis et jouera avec les Titans du New Jersey dans la NAHL avant de joindre l’Université Colgate dans la NCAA la saison suivante.

Leur soeur de 21 ans poursuit ses études en soins infirmiers. Soudainement, avec les deux hockeyeurs partis, le foyer familial se trouve bien vide chez les Labelle. Ne reste que le petit dernier âgé de 5 ans à la maison de Rockland.

«Nous sommes séparés, mais nous gardons le contact. On se donne des nouvelles plusieurs fois par semaine. Simon poursuit son rêve. Il a toujours visé la NCAA. Je poursuis le mien», a raconté Vincent à partir de sa nouvelle résidence du Nouveau-Brunswick mardi.

Il y a quelques semaines, Vincent se trouvait aussi aux États-Unis dans un camp de la USHL. Il a bien soupesé ses options, mais pour lui, toutes les cartes semblaient tomber en fonction d’un déménagement à Moncton.


« Nous ne lui avons rien promis. Il va décider lui-même du temps de glace que nous lui accorderons. »
Daniel Lacroix

«Les Wildcats sont en reconstruction. Ils avaient de la place pour une recrue comme moi. L’amphithéâtre à Moncton est incroyable. C’est quasiment une installation professionnelle. En fait, c’est de calibre professionnel. Il y avait le personnel d’entraîneurs. Ils sont bilingues. C’était important pour moi. Aussi, je suis inscrit à des cours à l’Université du Nouveau-Brunswick et je pourrais y rester après ma carrière junior, quoique je ne ferme pas la porte à un retour à la maison avec les universités d’Ottawa ou Carleton.»

Lien de confiance

Encore plus réconfortant, il y avait ce lien entre son entourage et l’entraîneur-chef Daniel Lacroix.

Natif de Montréal, Lacroix a grandi à Hawkesbury avant de disputer quelques saisons à Rockland, où un certain Jules Lavictoire l’avait pris sous son aile. Quand un recruteur des Wildcats lui avait recommandé Vincent Labelle, il a aussitôt eu le réflexe de téléphoner au fils de Jules. Luc Lavictoire et Daniel Lacroix ont été coéquipiers au hockey mineur.

«Je ne savais même pas que Luc était devenu propriétaire des Nats de Rockland quand j’ai voulu en savoir plus au sujet de Vincent», explique d’un ton amusé, l’ancien entraîneur-adjoint avec le Canadien de Montréal.

Le monde du hockey est un petit cercle. Luc Lavictoire a notamment hébergé Marco Rossi des 67’s d’Ottawa la saison dernière. Évidemment, il était bien placé pour vendre la salade d’un de ses jumeaux chez les Nats.

«Daniel a des racines dans mon coin. Il connaissait un des propriétaires des Nats. Ça m’a placé en situation de confiance», a avancé le nouveau Wildcat franco-ontarien.

Labelle a déjà un but en deux matches avec les Wildcats et Daniel Lacroix a décelé un beau potentiel chez cet ancien choix de 15e ronde des Knights de London.

«Il a une bonne lecture du jeu et une bonne éthique de travail. Il patine bien. Il a été bon contre des recrues. Il faudra voir comment il va s’adapter à la compétition plus féroce maintenant. Il a l’avantage d’avoir disputé une saison junior. Nous ne lui avons rien promis. Il va décider lui-même du temps de glace que nous lui accorderons», a expliqué Lacroix.

Labelle a beau avoir été un choix tardif dans la Ligue de l’Ontario, c’était surtout attribuable à sa taille de 5’7’’. Auteur de 18 buts et 35 points en 54 matches avec les Nats l’an dernier, Vincent Labelle pense que son style de jeu est mieux adapté pour la LHJMQ.

«Les Wildcats ont déjà eu du succès avec des joueurs de mon style comme Conor Garland et Jakob Pelletier. Je suis plus petit, mais mon jeu est axé sur les habiletés et la vitesse. J’ai encore des choses à apprivoiser ici. Je me rends compte qu’il est plus important de faire attention aux détails, mais ça devrait bien aller.»