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Claude Villeneuve
Le Quotidien
Claude Villeneuve
Le record de 2016 l’a échappé belle parce que malgré l’absence d’un épisode El Nino qui tend à doper les moyennes, l’année 2020 a été une succession de records.
Le record de 2016 l’a échappé belle parce que malgré l’absence d’un épisode El Nino qui tend à doper les moyennes, l’année 2020 a été une succession de records.

Une tendance qui se confirme

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CHRONIQUE / La semaine dernière, les agences météorologiques européenne et américaine ont publié leurs analyses des températures de la planète pour l’année 2020. Lundi, l’agence Copernicus concluait que 2020 égalait le record de 2016, l’année la plus chaude enregistrée depuis 141 ans. Vendredi, la National Oceanic and Atmospheric Agency (NOAA) des États-Unis la rangeait au second rang, avec une différence de 0,02 degré. On se croirait aux Olympiques!

Le record de 2016 l’a échappé belle parce que malgré l’absence d’un épisode El Nino qui tend à doper les moyennes, l’année 2020 a été une succession de records. L’année 2019 a donc été reléguée sur la troisième marche du podium climatique. Cela n’augure rien de bon pour 2021, les sept dernières années ayant été au top-7 des champions dans cette catégorie. C’est une tendance lourde qui se confirme, malheureusement.

Un élément majeur explique cette tendance : la chaleur latente accumulée chaque année dans les océans. Les océans agissent comme une immense batterie thermique. 90 % de l’énergie retenue dans l’atmosphère par l’excédent de gaz à effet de serre que les humains y émettent, année après année, s’y accumule. Selon les observations de la NOAA, la chaleur latente des océans était à peu près inchangée par rapport à 2019, qui occupe le premier rang de cette mesure compilée depuis 1955. Là aussi, les six dernières années occupent les six premières positions.

C’est très inquiétant, mais cela correspond aux prédictions faites depuis 30 ans par les chercheurs qui modélisent l’évolution du climat. Et les prédictions qui se réalisent et s’expliquent scientifiquement n’ont rien d’ésotérique. N’en déplaise aux grandes gueules qui ont clamé que le réchauffement du climat n’était qu’un complot écologiste. Malheureusement, telle est la liberté d’expression de nos jours, grandes gueules contre grandes gueules, chacun choisit son camp et personne ne se préoccupe des faits. Suffit-il de crier « Fake news! » pour avoir droit de cité ?

L’effort scientifique investi à l’échelle planétaire depuis 40 ans pour comprendre l’évolution du climat est remarquable et assez unique dans l’histoire de l’humanité. Et il a porté fruit, même s’il faut toujours justifier plus de recherches. Après tout, la science est une mesure de l’ignorance. Plus on en sait, plus on pose de nouvelles questions. C’est ce qui la rend si exaltante. En revanche, comme on ne pourra jamais tout savoir, il faut agir lorsqu’on voit une pareille tendance se dessiner. Mais comment prendre un problème d’ampleur planétaire avec des moyens limités, voire insignifiants, à l’échelle individuelle ?

La réponse est multiforme, car nous sommes toutes et tous différents devant le phénomène. Il faut considérer les deux côtés de la question : la réduction des émissions, donc l’action sur la cause, et l’adaptation aux conséquences.

Pour le volet de réduction des émissions, il faut d’abord savoir mesurer son empreinte carbone. Cela s’applique autant aux individus qu’aux entreprises de toute taille et aux gouvernements. Des outils performants existent pour faire les inventaires des entreprises, des municipalités et des gouvernements. Pour les individus et les familles, on peut utiliser des calculateurs comme celui que nous offrons sur le site Carbone boréal2. On ne peut pas contrôler ce qu’on ne sait pas mesurer. Les moyens pour réduire son empreinte carbone sont bien documentés et faciles à appliquer. Il ne reste qu’à se fixer des objectifs.

La tendance du réchauffement du climat est lourde et se confirme chaque année. La cause est bien connue, nous y contribuons tous. Si on peut agir sur la source du problème, on peut espérer, chacun à sa mesure, contribuer à la solution. La force du nombre fera le reste!

Pour consulter les données de la NOAA, il suffit de cliquer ici.