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Claude Villeneuve
Le Quotidien
Claude Villeneuve

Ça bouge chez les gros

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CHRONIQUE / Il y a longtemps que celles et ceux qui suivent cette chronique l’ont compris. Les problèmes environnementaux qui sont causés par des activités humaines ont des solutions multiples et personne ne détient la panacée pour les guérir. Il est trop facile de rejeter la responsabilité sur les autres, mais le pouvoir de chacun est proportionnel à sa propre empreinte. « Connais-toi toi-même ! », disait Socrate, c’est la première clé du succès. On ne peut agir que sur ce que l’on sait mesurer. Mais il y a un autre dicton intéressant : « L’union fait la force ». La force du nombre, la force de la taille et surtout la force de la complémentarité.

La semaine dernière, plusieurs éléments montraient, dans la foulée des discussions au Forum économique de Davos, que les grandes composantes du capitalisme mondial, fonds de placement, regroupements industriels et grandes puissances économiques, vont poser des actions déterminantes pour changer les tendances désespérantes qu’alimente « le cours normal des affaires ». Le Global Risk Report 2021 identifie parmi les plus grands enjeux de l’économie mondiale l’échec de l’action climatique, les évènements climatiques extrêmes et l’érosion de la biodiversité. Ce n’est pas nouveau, mais l’avertissement est crédible. Devant un risque avéré, il faut réagir. Alors qu’est-ce qu’on fait?

Plusieurs grands joueurs, des milliardaires, des fonds de placement, des transnationales ont pris des engagements à devenir carboneutres en 2050 ou avant. La Chine, plus grand émetteur mondial, en a fait autant pour 2060. Nous en avons fait état dans cette chronique à quelques reprises, ces dernières années. La différence, c’est qu’au lieu d’annoncer des engagements seulement, on commence à publier des feuilles de route et surtout on annonce des coopérations entre entreprises et secteurs industriels.

Dans certains cas, la solution est relativement simple. Les technologies de l’information peuvent simplement exiger de leurs fournisseurs de l’électricité de sources renouvelables pour réduire significativement leurs émissions. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde ! Par exemple, sept secteurs qui représentent 30 % des émissions mondiales à l’heure actuelle, le transport maritime, aérien et le camionnage, l’industrie chimique, les aciéries, les alumineries et les cimenteries, brûlent quotidiennement des millions de tonnes de carburants fossiles et elles n’ont pas vraiment de solution alternative applicable rapidement. Avec l’aide du Fonds pour la Terre de Jeff Besos et du fonds VC Energy Breakthrough de Bill Gates, les sept secteurs se sont engagés dans le partenariat « Mission possible ». L’objectif est de soumettre un plan de carboneutralité 2050 pour la prochaine conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui reverra les engagements des pays dans l’Accord de Paris à la fin de cette année.

La semaine dernière, un autre milliardaire, Elon Musk, a promis un prix de 100 millions de dollars pour qui trouverait une technologie de captage du carbone. Il promet de donner des détails sous peu. Il existe déjà des technologies permettant de faire cela, mais elles coûtent cher par tonne captée. Inventeurs et patenteux de génie recherchés!

Dans sa dernière lettre aux dirigeants d’entreprises, Larry Fink, le PDG du Fonds BlackRock, le plus grand fonds d’investissement au monde, insiste lui aussi sur l’importance de la lutte et de l’adaptation aux changements climatiques. Notons que BlackRock a pris l’engagement de désinvestir des entreprises à forte empreinte carbone pour avoir un portefeuille carboneutre avant 2050.

Avec la détermination de Joe Biden à remettre les États-Unis en mode carboneutralité en 2050 et les engagements de la Chine, les conditions gagnantes pour « aplatir la courbe » des émissions et en inverser la tendance d’ici 2030 ne sont plus de l’utopie. Quand les gros commencent à bouger dans la bonne direction, il est permis d’espérer!