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Autrement dit

LA DURÉE

2450 ans

Âge approximatif du baobab «Panke» lorsqu’il est mort, en 2011. Au Zimbabwe, l’arbre était considéré comme un trésor national. Au cours de la dernière décennie, neuf des 13 plus vieux baobabs d’Afrique sont morts ou se sont détériorés de manière irrémédiable. On soupçonne la hausse des températures et les sécheresses plus fréquentes…

Sources : Courrier international

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Joël Martel

Je juge, tu juges, nous jugeons !

CHRONIQUE / Je ne suis probablement pas le pire en la matière, mais je dois quand même m’en confesser : il m’arrive de juger les gens.

C’est plutôt fou quand on y pense, car trop souvent, on se base sur un ou deux éléments pour se faire une idée des gens qui vivent autour de nous et pourtant, nous serions les premières personnes à nous indigner si nous apprenions avoir eu droit au même sort.

Chronique

De l’oncle Trump, de commerce et de bombes

CHRONIQUE / Kim Jong-un est un nabot dictateur nord-coréen, héritier d’un père et d’un grand-père dictateurs sous prétexte d’égalitarisme communiste, à la tête d’un État en marge du monde et peuplé de 25 millions de Coréens, dont beaucoup sont affamés. C’est le nouveau meilleur ami de Donald Trump, quelques semaines après que les deux hommes eurent commercé injures et menaces et quelques heures à peine après que le président des États-Unis eut traité avec mépris les alliés historiques de la première puissance économique et politique du monde.

Donald Trump ne passera pas à l’histoire pour sa diplomatie, à moins que ses succès ne lui vaillent un (inimaginable) Nobel et que sa doctrine ne s’impose en nouveau paradigme. Le doute est permis. L’homme est menteur compulsif au point d’institutionnaliser les «faits alternatifs».

Notoirement, les politiques protectionnistes de Donald Trump font saliver des entreprises qui ne savent plus autrement compétitionner leurs rivales étrangères. L’économie américaine est momentanément dopée. Le chômage disparaît pratiquement sauf chez les laissés pour compte habituels de la société américaine. La croissance solide entraîne celle du Canada et du Québec. Mais le consensus est clair : ça ne durera pas et Monsieur Trump est certainement un personnage à la psychologie trouble, mais il n’est pas idiot.

La ligne d’arrivée de Donald Trump sera franchie au début de novembre. Des élections de mi-mandat qui décideront si les républicains conservent ou non le contrôle du Congrès américain. Au lendemain de cette échéance, parce que sa politique économique n’est pas viable, Trump commencera à jeter du lest avant que les électeurs qui ont tourné le dos aux démocrates dans les États industriels du bassin des Grands Lacs ne réalisent que l’économie selon Trump leur coûtera cher, très cher.

Dans l’intervalle, Donald Trump joue des bras. Il est à la tête de la première puissance économique au monde et, quoique les ministres du cabinet de Justin Trudeau veuillent bien en dire dans nos propres médias, le Canada ne fait pas le poids. Donald Trump peut nous faire très mal parce que notre économie est pitoyablement dépendante de celle des USA. François-Philippe Champagne, ministre du Commerce international, besogne dur pour nous en soulager, mais il faudra du temps.

Pour le Québec, c’est pire. Sans siège à la table, sa voix n’est que faiblement entendue par l’intermédiaire du gouvernement canadien, qui lui-même a grand mal à être respecté du bougon du sud. Les ressources déployées par la ministre St-Pierre et les délégations du Québec à travers les États-Unis sont un bel effort, certainement utile, mais ce sont les moyens d’une province. Le bois québécois, les avions qui étaient québécois avant de devenir français, l’aluminium québécois et le lait québécois sont les emblèmes de notre vulnérabilité.

La réponse canadienne ne peut donc pas être seulement économique. Parce que toute la stratégie de Donald Trump, en Corée du Nord comme en Amérique du Nord, est exclusivement destinée à influencer la politique intérieure des États-Unis en vue des élections de novembre, la réponse du Canada et de ses alliés doit s’aligner en conséquence.

On a fait grand cas de la possibilité pour le Canada de cibler par ses tarifs punitifs les régions les plus vulnérables pour les républicains. C’est certainement judicieux. Toutefois, tout comme les mauvaises politiques économiques de Donald Trump auront possiblement peu d’effets négatifs à court terme, les représailles canadiennes n’en auraient peut-être pas davantage.

Dans la foulée de l’attitude minable du président américain à La Malbaie, Justin Trudeau compte sur de solides alliés internationaux, au premier chef Emmanuel Macron et Angela Merkel. L’Europe se cherche, mais porte un poids économique plus important encore que celui des USA. Pour être efficace à court terme, non seulement la cohésion du «G6» doit-elle être à toute épreuve, mais aussi s’adresser aux Américains. L’appareil média américain est assez hermétique, souvent saturé et dans plusieurs cas vendu aux intérêts de Donald Trump.

Enfin, «acheter, c’est voter», comme le disait avec sagesse Laure Waridel. Choisir des produits qui ne proviennent pas des USA ou, mieux encore, jeter notre dévolu sur des produits locaux, est un moyen qui n’ébranlera pas la présidence de Trump, mais ça créera de petits irritants. On peut douter de l’engagement citoyen envers une telle mesure.

Le gagnant…

Parce qu’il s’appuie sur la puissance d’une économie et d’une armée dont il ne peut revendiquer aucun mérite, Donald Trump est pour l’instant maître du jeu. Il instrumentalise un tyran sanguinaire à qui il fait des concessions irresponsables, sans rien obtenir en retour, et jurera à ses partisans aveuglés de promesses que c’est un exploit.

Il maintiendra l’apparence d’une ligne dure à l’encontre des partenaires commerciaux (et militaires) des États-Unis et eux surtout devront s’en justifier auprès de leurs propres électeurs. Un jour à la fois, manœuvrant à l’oreille et au pouce entre les réactions et menaces indignées de ses alliés et partenaires, il se rendra jusqu’en novembre pour affronter des démocrates sans âme et, peut-être, préserver à la fois le contrôle républicain du Sénat et de la Chambre des représentants.

Mention chaleureuse à Chrystia Freeland, qui a fait très bonne figure au cours des derniers jours alors que son premier ministre a été mis hors-jeu par le rustre d’à côté.

…et le perdant

Tout au bout de la cascade des perdants, l’Assemblée nationale du Québec bombe vainement le torse à coups de phrases creuses quant à l’incompétence de Donald Trump, condamné à financer sans contrepartie possible les industries menacées, parvenant bien peu à faire entendre sa voix à l’extérieur de son carré de sable provincial et alors que l’économie des puissances occidentales se jouait à La Malbaie, Québec tergiversait en province docile sur le placardage inutile des vitrines de Québec.

Avant les élections de mi-­mandat aux États-Unis, il y aura le scrutin très provincial de Québec le 1er octobre. Si le gouvernement du Canada, seul interlocuteur de Washington en matière de commerce, devait choisir de soutenir plutôt l’automobile et l’acier ontariens au détriment de l’aluminium et du lait du Québec, le Québec devra vivre avec le gouvernement qu’il se sera alors donné un peu à l’aveuglette.

Kim Jong-un, lui, n’ira pas en élections et ne démantèlera probablement pas son arsenal nucléaire.

Joël Martel

Entre réalité et science-fiction

CHRONIQUE / Jusqu’à tout récemment, j’étais convaincu que nous avions tous convenu que la Terre était ronde. Dans ma tête, c’était un dossier réglé depuis longtemps duquel nous n’aurions plus jamais à débattre. Or, il suffit de fouiller quelques instants sur le web pour découvrir qu’en fait, il existe de plus en plus de gens qui sont convaincus du contraire.

Ici, nul besoin d’avoir la tête à Papineau pour déduire que la propagation de telles croyances est notamment attribuable à une moins grande présence de la science dans l’espace public.