Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Au fil des ans, la députée Véronique Hivon a maintes fois plaidé en faveur d’un assouplissement des «lignes» de parti à l’Assemblée nationale. Surtout pour ce qui est des questions de société.
Au fil des ans, la députée Véronique Hivon a maintes fois plaidé en faveur d’un assouplissement des «lignes» de parti à l’Assemblée nationale. Surtout pour ce qui est des questions de société.

Véronique Hivon, parole libre

CHRONIQUE / Alors que le Parti québécois a refusé par la voix de Pascal Bérubé et, avant lui, par celle de Jean-François Lisée de reconnaître le «racisme systémique», la députée Véronique Hivon a fait savoir qu’elle en reconnaissait l’existence.

«Je le reconnais», a déclaré la députée de Joliette au Devoir.

Quoi que chacun puisse penser de ces mots, de cette expression, tous devraient reconnaître qu’ils ne sortent pas d’un chapeau en ce qui la concerne.

Au fil des ans, elle a maintes fois plaidé en faveur d’un assouplissement des «lignes» de parti à l’Assemblée nationale. Surtout pour ce qui est des questions de société.

Cela dit, la position du Parti québécois à cet égard ne figure dans aucun document officiel. Il ne peut donc y avoir de chape de plomb à proprement parler.

Avec sa sortie courte, directe et franche, dont l’objectif était aussi d’établir des ponts avec les nations autochtones, Mme Hivon a finalement rappelé en passant que les députés d'un même groupe parlementaire ne partagent pas tous les mêmes points de vue sur tout.

La question divise de plus en plus au sein de la Coalition avenir Québec.

Au Parti québécois, le député Joël Arseneau n'aurait pas de difficulté à utiliser ces mots. Parmi les candidats à la direction, Sylvain Gaudreault reconnaît franchement l'existence du racisme systémique à l'égard des autochtones.

Véronique Hivon n’a pas découvert les réalités des nations autochtones ces derniers jours.

En 2018, elle disait souhaiter que l’Assemblée nationale, à intervalle régulier, mette sur pied une commission spéciale portant sur une question sociale majeure. Elle avait confié qu’un sujet comme celui des relations avec les nations autochtones serait d’un grand intérêt pour un tel exercice. 

En 2016, en entrevue au Soleil, elle proposait déjà l’institution d’une «commission itinérante mixte» composée d’élus de l’Assemblée nationale et d’élus autochtones. Une telle commission favoriserait le «rapprochement interculturel», estimait-elle.

Elle rappelait que les mois précédents (on était en 2016) avaient de nouveau mis en lumière la discrimination, le racisme et l’incompréhension dont sont trop souvent victimes les autochtones.

Selon ce que l’on peut comprendre, si elle reconnaît personnellement l’existence d’un racisme systémique, Mme Hivon n’entend pas pour autant s’engager dans une bataille de mots à ce sujet. Elle veut surtout des actions concrètes, des gestes.

Mercredi, elle a fait adopter par l’Assemblée nationale une résolution parlementaire afin que soit inclus, à terme, le principe de la «sécurisation culturelle» dans la Loi sur la santé et les services sociaux, car bien des membres des nations autochtones ne se sentent pas en sécurité dans le réseau de la santé. C'est un pas dans la bonne direction.