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Roger Blackburn
Le Quotidien
Roger Blackburn
Michel Truchon et sa conjointe Chantale Jalbert trouvent des moments de bonheur avec leurs enfants, malgré le grave accident du père survenu l’hiver dernier. ­
Michel Truchon et sa conjointe Chantale Jalbert trouvent des moments de bonheur avec leurs enfants, malgré le grave accident du père survenu l’hiver dernier. ­

Une réadaptation pour la famille

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CHRONIQUE / Il y a près d’un an, au Centre de ski Mont-Bélu, à La Baie au Saguenay, Michel Truchon s’est retrouvé prisonnier de sa dameuse, en pleine nuit, en bas d’un ravin, par une température de -30 degrés Celsius.

Le conducteur est demeuré coincé pendant huit heures dans sa cabine, écrasé par un arbre qui avait défoncé le pare-brise de la machinerie. Des patrouilleurs l’ont secouru au matin alors qu’il gisait sous l’arbre avec des engelures et de graves blessures aux jambes. C’est un miracle qu’il soit encore en vie aujourd’hui.

« Ses reins sont rétablis à 60 %, ça va en s’améliorant, et il ne fait plus de dialyse. Il ressent un peu de sensations dans sa jambe droite en bas du genou et parvient à bouger un peu son pied. Pour la jambe gauche, c’est plus compliqué, c’est celle que l’arbre a écrasée. En bas du genou, la jambe est morte, mais on ne parle pas d’amputation », résume sa conjointe Chantale Jalbert lors d’une entrevue téléphonique.

Les triplettes Truchon-Jalbert, Maeve, Aliyah et Carryann, sont source de bonheur pour leurs parents. ­

Michel Truchon se déplace toujours en fauteuil roulant et utilise des béquilles par moment. « On lui injecte de la cortisone dans le nerf sciatique pour contrôler son SDRC (syndrome douloureux régional complexe). Ce n’est pas facile et c’est beaucoup d’adaptation pour toute la famille », confie la maman de triplettes âgées de deux ans et demi.

« J’ai l’impression de porter tout le monde à bout de bras au jour le jour, en vivant le moment présent le plus possible pour soutenir le moral de tout le monde. Des fois, je profite de mes moments seule dans la douche pour pleurer », dit-elle en éclatant de rire, prouvant que le moral est bon, malgré tout.

« On se parle beaucoup, je ne peux pas accumuler des choses, on doit vivre ce qu’on a à vivre », évoque courageusement Chantale Jalbert.

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Les triplettes Truchon-Jalbert, Maeve, Aliyah et Carryann sont source de bonheur pour leurs parents. ­

Réadaptation et choc post-traumatique

Michel Truchon convient qu’il vit des moments difficiles. Lors de l’accident, il a dû combattre le froid, seul, à souhaiter la mort tant il souffrait. À l’hôpital, il a lutté pour sa vie et pour éviter l’amputation de ses jambes. À la maison, il lutte contre des douleurs chroniques et suit des traitements en réadaptation.

« Malgré tout ça, je trouvais que je m’en sortais bien et que l’accident n’avait pas trop laissé de séquelles psychologiques. Sauf qu’au mois de décembre dernier, le choc post-traumatique est entré dans ma vie comme un coup de vent. Mon petit nuage s’est effondré. Maintenant je repense à l’accident tous les jours. Je fais des crises de panique, j’ai des feedback », confie le père de famille. « C’est une autre étape à traverser », concède-t-il.

« L’événement occupe mes pensées continuellement. La psychologue que je consulte dans le cadre de mes traitements était bien surprise quand je lui disais que je n’avais pas de souvenirs envahissants de l’accident. Maintenant, je comprends pourquoi elle disait ça », commente-t-il.

Les triplettes Truchon-Jalbert, Maeve, Aliyah et Carryann sont source de bonheur pour leurs parents. ­

Quelques mois après l’accident, Michel Truchon disait qu’il avait hâte de se rétablir pour retourner conduire sa dameuse. « Aujourd’hui, je me demande plutôt comment je vais m’y prendre pour arriver à conduire ma voiture », concède l’homme de 39 ans qui vit dans le secteur nord de Chicoutimi.

Deux années difficiles

Les deux dernières années n’ont pas été faciles pour le couple Jalbert-Truchon. « Mon père est décédé le 9 février, il y a deux ans, et Michel a eu son accident le 9 février dernier. On souhaite que le 9 février prochain soit le début de temps plus faciles », espère Chantale Jalbert.

Pourtant, l’année 2020 avait bien commencé pour les parents de triplettes qui sont nées prématurément le 18 août 2018, après 26 semaines de grossesse ; un miracle qu’elles aient survécu.

Le couple Jalbert-Truchon de Chicoutimi traverse les difficultés de la vie avec optimisme et la joie de vivre dans le coeur.­

Le Progrès avait raconté le 8 février, la veille de l’accident, la naissance prématurée de Maeve, Aliyah et Carryann, ainsi que les soins reçus après leur naissance et leurs problèmes de santé.

Après le triste accident, la Fondation Maurice Tanguay leur a donné un montant de 10 000 $ et une collecte de fonds dans la collectivité leur a permis de recevoir 60 000 $ en dons pour les soutenir.

« Nous avons pu traverser la dernière année sans soucis financiers. Les comptes passaient à la banque sans problème et ça nous a beaucoup aidés à nous concentrer sur la réadaptation de Michel et le soin des petites. Ça nous a enlevé un gros poids. Nous avons d’ailleurs fait parvenir des cartes de remerciement à tous ceux qui nous ont soutenus », partage Chantale Jalbert.

Michel Truchon et sa conjointe Chantale Jalbert trouvent des moments de bonheur avec leurs enfants, malgré le grave accident du père l’hiver dernier. ­

Rappelons qu’Aliyah est atteinte d’une paralysie cérébrale et que Maeve a subi une opération chirurgicale au coeur afin de corriger une anomalie.

Émission à Canal vie

« Les petites vont bien. Quand on dit qu’avoir un enfant est un grand bonheur, alors nous avons trois grands bonheurs dans notre vie », image la maman, qui laisse transparaître de la joie dans ses propos.

« Nous profitons de tout ce qui s’offre à nous. Je peux même vous annoncer que Canal Vie est venu tourner des épisodes pour filmer le quotidien de notre famille avec les triplettes et que ça va être diffusé le 15 mars à 20 h. Mon chum ne voulait pas trop, il ne se trouve pas bon à la télé, mais il a embarqué. Je lui ai dit qu’il faut prendre tout ce que la vie nous donne de beau et saisir nos chances », témoigne l’éternelle optimiste.

Michel Truchon et sa conjointe Chantale Jalbert trouvent des moments de bonheur avec leurs enfants, malgré le grave accident du père survenu l’hiver dernier. ­

Les Truchon-Jalbert arrivent à faire plus de limonade qu’ils ont de citrons, comme dirait quelqu’un que je connais.

« Ma mère nous donne un bon coup de main. Elle est âgée de 71 ans et elle traverse la rue pour venir chez nous. Nous avons parlé avec la Santé publique et, dans le contexte de la pandémie, tout ce qu’elle peut faire, c’est venir chez nous. Elle ne peut pas aller à l’épicerie ou à la pharmacie, elle peut seulement venir à la maison. C’est plate pour elle, mais nous, on est bien contents », raconte Chantale Jalbert en riant de la situation.