Même si Joe Thornton (gauche) n’est plus la «superstar» qu’il était il y a douze ans, il vient de connaître une saison régulière de 51 points.

Une bague et 1500 points pour Joe Thornton?

CHRONIQUE — EN SÉRIES / Connaît-on quelqu’un, quelque part, qui n’aime pas Joe Thornton ?

Avec son impressionnante barbe, son sourire qui semble tatoué sur son visage, sa façon de ne jamais prendre la vie trop au sérieux, Jumbo Joe est clairement un des personnages les plus appréciés à travers la Ligue nationale de hockey.

Dans les 31 villes du circuit, des partisans ont eu un petit pincement au cœur, mardi soir, en voyant sa mine déconfite.

Même à Saint-Louis ! Dans l’euphorie, certains fans des Blues ont sans doute ressenti de la sympathie pour ce vétéran qui vient de rater une — dernière ? — chance de gagner la coupe Stanley.

Thornton était toujours abattu, dans le vestiaire, quand les journalistes lui ont posé des questions au sujet de son avenir.

« Je ne sais pas quoi vous dire. Sincèrement, je ne sais pas », a-t-il déclaré, avant de mettre un terme à l’entrevue.

« Il ne nous manquait pas grand-chose. Nous ne pouvons que lever notre chapeau aux Blues. Nous avons été battus par une vraie, bonne équipe de hockey », a-t-il soufflé, quelques secondes auparavant.

Thornton est encore capable de jouer au hockey.

Il n’est clairement plus la superstar qu’il était, il y a une douzaine d’années, quand il a remporté les trophées Hart et Art-Ross.

Il vient quand même de connaître une saison régulière de 51 points.

Il lui restait suffisamment de carburant, dans le réservoir, pour connaître des séries potables. Il a terminé son parcours au septième rang du classement des meilleurs marqueurs des Sharks, avec 10 points en 19 rencontres.

« Il est le corps et l’âme de toute notre organisation, a expliqué l’entraîneur-chef Peter DeBoer durant sa conférence de presse d’après-match. Tous les joueurs, tous les entraîneurs des Sharks sont déçus, en ce moment. Nous aurions voulu l’emmener jusqu’au bout. Il méritait certainement d’y aller. »

On peut croire Thornton sur parole quand il dit qu’il ne « sait pas » ce que l’avenir lui réserve.

Il est encore capable de jouer.

A-t-il envie de continuer ?

C’est long, parfois, une saison de hockey. Thornton, comme des centaines d’autres avant lui, pourrait perdre l’envie de s’entraîner, de voyager, de s’imposer les sacrifices qui sont nécessaires pour connaître du succès au plus haut niveau.

Thornton pourrait trouver l’énergie de s’engager pour une ultime saison.

Un beau plateau est à sa portée.

Il a inscrit 1478 points depuis le début de sa carrière. Dans toute l’histoire de la LNH, seulement 13 joueurs en ont récolté 1500 ou plus.

Parmi tous les autres joueurs actifs, seuls Sidney Crosby et Alexander Ovechkin ont le potentiel de les rejoindre dans un horizon de trois à cinq ans.

Thornton pourrait aussi donner une — autre — chance aux Sharks.

Il a participé aux séries éliminatoires à 12 reprises, depuis son arrivée à San Jose.

Le 13 pourrait-il s’avérer chanceux ?

Accrocher ses patins avec 1500 points, ce serait bien.

Accrocher ses patins avec une bague et 1500 points, ce serait encore mieux.

***

Erik Karlsson

Combien vaut Karlsson ?

Il fallait qu’Erik Karlsson soit sérieusement blessé. Il n’a même pas grimpé dans l’avion qui a mené les Sharks à Saint-Louis, à la veille d’un match décisif.

Il y a deux ans, on l’a vu jouer pendant six semaines sur une seule jambe, pour aider les Sénateurs d’Ottawa à progresser dans les séries.

Karlsson devra répondre à plusieurs questions, plus tard cette semaine, lors du bilan de fin de saison dans le nord de la Californie.

À quel point est-il blessé ? Ses blessures pourraient-elles l’empêcher de poursuivre sa carrière ?

On croit que le directeur général des Sharks, Doug Wilson, tentera une fois de plus de le convaincre de poursuivre sa carrière à San Jose.

Si ça ne fonctionne pas, le défenseur le plus doué de la LNH sera libre d’offrir ses services à n’importe qui, le 1er juillet prochain.

Il est difficile, pour l’instant, d’évaluer sa valeur.

Les riches Rangers de New York ont beaucoup d’intérêt, dit-on.

***

Joe Pavelski

Et Pavelski ?

Comme Karlsson, Joe Pavelski a raté le dernier match de la Finale de l’Association Ouest.

On comprend mieux ce qui se passe, dans son cas. Il n’a jamais été parfaitement à l’aise, après avoir été frappé dans le match décisif de la première ronde, contre les Golden Knights de Vegas.

Un peu comme Joe Thornton, il a connu ses heures de gloire à San Jose. Et son contrat arrive à échéance.

On pourrait parler longtemps de sa valeur. À 34 ans et 10 mois, il ne rajeunit certainement pas.

Il a quand même marqué 38 buts cette saison.

Les Sharks ont-ils vraiment les moyens de le laisser filer ?

+

Les Blues de Saint-Louis ont confirmé leur présence à la Finale de la coupe Stanley, mardi soir, en battant les Sharks de San Jose au compte de 5-1.

EST-CE QUE SAINT-LOUIS PEUT GAGNER ?

Boston est une ville de gagnants. Depuis le début du 21e siècle, les différents clubs sportifs des ligues majeures qui représentent cette ville ont remporté pas moins de 12 championnats.

On a découvert un truc inquiétant, dans les dernières heures. Quelque chose qui devrait rassurer et réjouir les partisans des Bruins, à quelques jours du début de la finale de la coupe Stanley.

Trois des 12 championnats ont été remportés aux dépens d’équipes représentant Saint-Louis.

En février 2002, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont remporté leur premier Super Bowl. Pour ce faire, ils ont vaincu les grands favoris, les Rams, 20-17.

Deux ans plus tard, les Red Sox ont rompu une malédiction vieille de 86 ans en remportant la Série mondiale. Il n’a pas été facile pour eux de s’y rendre. En série de championnat dans la Ligue américaine, ils ont comblé un écart de 0-3 pour éliminer les Yankees de New York en sept matches. En grande finale, ils ont facilement balayé les Cardinals.

En 2013, les Cards ont obtenu leur revanche. Ils ont perdu à nouveau.