Brigitte Breton
Le Soleil
Brigitte Breton
Dans le cadre de la campagne des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes a lancé lundi en compagnie de la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, sa campagne «Il s’engage pour elles, et toi?»
Dans le cadre de la campagne des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes a lancé lundi en compagnie de la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, sa campagne «Il s’engage pour elles, et toi?»

Un appel aux «bons gars»

CHRONIQUE / Si plus d’hommes vont contre le «boys club» et mettent le pied à terre, la violence faite aux femmes et aux enfants va diminuer, croit Manon Monastesse, directrice générale et porte-parole de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes.

On dit souvent que ça prend du courage aux femmes pour dénoncer la violence dont elles sont victimes. 

Mme Monastesse souhaite que les hommes fassent aussi preuve de courage et se montrent moins tolérants envers les hommes qui ont des comportements violents ou abusifs à l’égard des femmes et des enfants.

«Moi je ne suis pas violent, ou moi je ne suis pas comme ça. Il ne suffit pas de dire ça», explique-t-elle en entrevue téléphonique. «Il faut être capable de dire qu’en tant qu’homme non violent, je ne suis pas d’accord avec ce que d’autres hommes font aux femmes.» Elle attend des actions. 

Dans le cadre de la campagne des 12 jours d’action contre les violences faites aux femmes, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes a lancé lundi en compagnie de la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, sa campagne «Il s’engage pour elles, et toi?»

Elle veut faire des hommes des alliés. 

La Fédération les invite à signer un manifeste dans lequel ils s’engagent notamment à dénoncer toutes les manifestations de violences, les blagues et les commentaires sexistes et violents, à participer à l’éducation des filles et des garçons en ce qui a trait au consentement et aux relations saines et égalitaires. 

Elle veut aussi que les hommes soient des alliés pour réclamer des élus municipaux, provinciaux et fédéraux des mesures pour soutenir les femmes violentées et leurs enfants. Un «allié» doit aussi dénoncer tout propos ou discours masculiniste ou antiféministe qui s’oppose à l’émancipation des femmes.

Mme Monastesse est convaincue qu’il n’appartient pas seulement aux femmes de mener la lutte contre la violence conjugale ou sexuelle. 

On n’avancera pas si on évolue en parallèle. Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre, en cantonnant ces derniers dans le seul rôle des «méchants». 

«Les hommes doivent faire le choix d’une société égalitaire pour leur mère, pour leur sœur, pour leur amie, pour leur fille, pour leur collègue de travail, pour leur voisine», dit la directrice générale. 

Elle pense que des hommes ont aussi peur des représailles. Ils ferment les yeux sur des comportements inadéquats d’un voisin, d’un patron, d’un ami. Certains pour conserver des privilèges.

Mme Monastesse et son groupe voudraient que des hommes signifient aux femmes qu’ils sont là pour les aider, pour les écouter, pour les soutenir, pour les croire. Qu’ils soient plus proactifs et qu’ils soient des modèles positifs pour les plus jeunes.

La violence ce n’est pas qu’un problème de femmes. C’est un problème de société. D’où l’importance d’entendre la voix des hommes pour qui cette violence est aussi intolérable.

Manon Monastesse, directrice générale et porte-parole de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes est convaincue qu’il n’appartient pas seulement aux femmes de mener la lutte contre la violence conjugale ou sexuelle.

Ce n’est pas la première fois que la Fédération se tourne vers eux. La directrice rappelle que des campagnes sont menées depuis cinq ans pour inciter les hommes à faire partie de la solution afin de mettre fin à la violence faite aux femmes et aux enfants.

La solidarité des hommes non violents et la pression des pairs pourraient avoir un impact très positif et libérer femmes et enfants de la violence physique et psychologique, et d’un climat de terreur. 

Cet été, devant la déferlante de dénonciations d’inconduite sexuelle et de harcèlement, Isabelle Brais, la conjointe du premier ministre François Legault, avait elle aussi fait appel aux hommes sur son compte Instagram.

«Chers hommes, vous qui êtes des chevaliers, des princes, des gentlemans...vous qui traiter les femmes avec respect et qui les aimez véritablement...j’ai tellement envie de vous entendre vous insurger contre les agissements de vos frères déviants...ceux-là même qui salissent votre réputation et qui vous embarquent dans leur bateau de merde…!Je déteste ce que j’apprends ces temps-ci...J’aimerais tellement entendre ce que vous avez à dire!...», écrivait Mme Brais. 

Il est temps que les «bons gars» s’expriment et qu’ils se préoccupent de la violence faite aux femmes.