Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
On se prend à rêver… 2021, une belle et bonne année? L’antithèse de 2020?
On se prend à rêver… 2021, une belle et bonne année? L’antithèse de 2020?

Tout n’est pas toujours anxiogène

CHRONIQUE / Et qu’est-ce qu’on fera au jour de l’An? ont demandé des collègues journalistes à François Legault la semaine dernière lorsqu’il a fait part de son plan pour Noël? «On regarde le Bye bye!», a-t-il laissé tomber. «Et on essaie d’oublier 2020...», a ajouté le ministre de la Santé, Christian Dubé, qui était à ses côtés.

On se prend à rêver… 2021, une belle et bonne année? L’antithèse de 2020?

Calmons-nous. Il faudra traverser la période de Noël, qui sera à très haut risque ici comme ailleurs. Et il faudra attendre la distribution des vaccins contre la COVID-19.

La campagne de vaccination s’étalera sur des mois.

Et il faut d’abord encore attendre que les autorités aient homologué ces fameux vaccins, qu’ils passent tous les contrôles.

La rivière n’est pas franchie. Nous sommes encore loin d’être sortis de ce cloaque humain, social et économique; de cette anti-vie.

Mais 2021 pourrait marquer le début de la fin de cette pandémie.

Pour une fois que l’actualité n’est pas qu’anxiogène, que des espoirs se profilent de plus en plus à l’horizon, accrochons-nous!

Gardons à l’esprit que ce serait encore plus bête et stupide de s’exposer et d’exposer autrui à la maladie par nos négligences alors que la cavalerie s’annonce. Fêter Noël n’est pas tout dans la vie. Il y a la vie tout court et le coeur de la société qui doit rebattre.

On se laisse parfois à rêver à un 2021 différent; à un 2021 qui serait un peu comme une renaissance. Souhaitons que nous vivions de cette façon cette prochaine année dès que ce sera possible; comme une renaissance humaine et collective.

Pour une fois que l’actualité n’est pas qu’anxiogène… La transition politique semble enfin s’enclencher aux États-Unis. Joe Biden a présenté une partie de son équipe ce mardi. Les choses avancent. M. Biden sera à la Maison-Blanche en 2021. En janvier.

On aura droit à un peu plus de civilité.

Au jour de l’An, on essaiera d’oublier 2020, a dit le ministre Dubé. On ne l’oubliera pas. On sera encore dans tout ça. Mais on se souhaitera, à distance, une bonne année 2021. Et on le fera en pensant sincèrement à ce qu’on dit, en se le souhaitant vraiment, en pesant le poids de nos bons mots; même si l’on sait que la renaissance — si tout va bien — ne surviendra que des mois plus tard.

Cette perspective devrait être bien suffisante pour s’accrocher et comprendre que Noël n’est pas tout, que ce n’est pas très important au fond qu’il ne s’agisse pas cette fois d’une période des Fêtes comme telle.

La fête peut attendre. Surtout si l’on sait que ce sera pour préserver le mieux possible le début de 2021 et le reste de la prochaine année. Et tout le reste.

L’espoir fait vivre, dit-on.