Éco-logique

La ronde du roundup

CHRONIQUE / C’est l’avantage des culs-de-sac dans le fin fond de la campagne, mettons que tu te dis « Ah, j’vais aller prendre une petite marche avec les ânes et les chèvres... », ben tu fais juste enfiler tes bottes à tuyau, tu passes le licou aux ânes pis tu descends dans le rang.

Les chèvres suivent en gang et en sautillant, faut juste que tu sois assez stratégique pour passer loin du jardin, pis des fleurs, pis de la talle de bleuets, pis de tout finalement.

Éco-logique

La marche, un exercice citoyen?

CHRONIQUE / La marche, c’est bon pour un paquet de trucs, vous saviez ça?

Y a déjà tous les bienfaits physiques; ça aide à diminuer le risque de maladies du cœur et d’accident vasculaire cérébral, le taux de cholestérol, la tension artérielle.

Éco-logique

Ras la tasse jetable

CHRONIQUE / Vous sentez ça? C’est l’odeur du café. Le premier café matinal.

Il est assez tôt, le soleil se lève à peine, c’est à ce moment que je préfère vous écrire, peut-être parce que c’est tranquille, peut-être une trame sonore d’Alexandra Streliski en sourdine quelque part certains matins, mais sinon c’est silence et j’ai l’impression qu’on se comprend mieux.

Éco-logique

Pour cesser de se bidonner!

CHRONIQUE / J’ai jamais trop compris pourquoi le réservoir de lave-glace de ma voiture était juste un peu plus petit que le bidon qui devait servir à le remplir.

Vraiment. Peu importe la voiture, le modèle de la voiture, le temps et le nombre de sacrements qui se sont écoulés entre la dernière goutte ayant filtré jusqu’au pare-brise et ce moment où tu réussis à te garer pour remplir le réservoir, il va toujours te rester l’équivalent d’un demi-bol de soupe ou de trois shooters dans le fond du bidon.

Éco-logique

Pour le meilleur et pour le pire et pour les semis

CHRONIQUE / Je ne sais pas si vous avez réussi à vous faire fondre un petit carré de neige pour vous coller la face sur votre futur jardin un long moment, mais si je me fie à vos courriels de la dernière semaine, il n’y avait pas que Tire le coyote et moi qui rêvions de désherbage. Vous aussi.

On prend donc le temps d’y revenir un peu, sans prétention horticultrice aucune, juste parce que les préparatifs, c’est un gage de réussite, les cours de préparation au mariage en font foi. Ou pas. Exemple exemplaire d’exemple boiteux, je l’admets.

Éco-logique

Toc de potager

CHRONIQUE / Je me suis longtemps targuée d’être pas pire saine d’esprit. Puis à un certain moment, c’est arrivé quelque part vers la fin de la trentaine, j’ai développé ce toc, rien de super envahissant, mais quand même, c’est vite devenu de l’ordre de l’incontrôlable, un peu comme quand un collègue commence une toune pis que dans ta tête t’es obligé de finir le couplet, même si tu sais pas les paroles.

Longue intro pour dire que janvier, février, pendant qu’on regarde la neige tomber pis les citadins glisser sur les trottoirs, moi je commence mes plans de jardin. Je dis jardin, en vérité c’est un potager, parce qu’il y a bien quelques fleurs, mais c’est surtout des légumes, des tomates, de l’ail, des oignons, des betteraves, des pois, des haricots, des poivrons pis bien d’autres trucs encore.

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Levons notre verre à la détermination

CHRONIQUE / « Aaah. J’ai oublié ma boîte de bouteilles vides sur le bord de la porte à la maison, vous en avez de la chance, hein? »

Les trois conseillères de la SAQ m’ont souri. Elles me voient assez souvent pour savoir que je ne niaise pas quand je parle de boîte(s). En fait, elles doivent craindre que je débarque un bon matin avec les corps morts de tout ce que j’ai acheté au fil du temps, un long et lourd camion-remorque, un peu comme la gang de Verre-Vert.

Éco-Logique

T’as-tu ton tofu?

CHRONIQUE / Pis? Vous avez profité de mon absence pour vous faire une liste longue comme le bras d’initiatives écologiques à mettre en place d’ici 2020?

Cool. Hâte d’entendre ça.

Éco-Logique

Lutte à finir avec un lave-vaisselle... et autres bébelles

C’était lui ou moi.

Dans le coin droit, masqué de mystère et de quelques années de loyaux services, un lave-vaisselle qui ne voulait plus laver de vaisselle. Dans le coin gauche, une fille qui n’avait pas envie d’aller magasiner des électroménagers ou de reprendre du service devant l’évier.

Une lutte à finir, carrément, alimentée non seulement par un entêtement génétique, mais également par une publication de ma blonde sur les réseaux sociaux où on me voyait agenouillée à côté du lave-vaisselle, une pince à la main, prête à me salir les mains, certes, mais pas à entacher ma réputation.

Parce que je suis née avec un marteau et un coffre d’outils dans les mains, moi, madame. 

Bon, peut-être pas née, mais y a dans l’album familial une vieille photo sépia de moi en salopette carreautée, j’ai une boîte à lunch dans une main, un petit coffre à outils dans l’autre, je m’en vais sur un chantier avec mon père du haut de mes 4 ans. Je me souviens d’avoir planté des clous dans le plancher d’une maison qui n’avait pas encore de murs. (Je suis déjà repassée devant, ça tient encore debout des décennies plus tard!)

Peu importe, sortons du chantier, ce que je voulais dire, c’est que ça va de soi que chez nous, depuis la nuit des temps et que je suis partie dans mon premier appartement, y a forcément un marteau, deux ou trois pinces (dont des long-nose), une variété de tournevis pis un plat de margarine avec un paquet de clous, de vis pis de gogosses qui peuvent toujours servir pour installer une étagère, improviser un meuble, réparer une chaise, une porte ou un lave-vaisselle.

En fait, c’est vrai pis c’est pas vrai. Le lave-vaisselle, j’avais jamais touché à ça, et même si j’ai appris quelques vagues notions sur les circuits électriques dans un cours d’exploration technique en secondaire 3, me sentais pas très à l’aise devant la grosse machine.

Mais ses lumières clignotaient comme dans un show rock des années 80, le cycle se lançait quelques secondes puis s’arrêtait invariablement en laissant un pouce d’eau dans le fond de la bête. Elle me défiait.

« On va en acheter un autre », m’a lancé ma douce moitié avant d’amorcer le magasinage en ligne.

« Over my dead body beubé! »

Je sais. Obsolescence programmée, que vous allez me dire.

Vrai que depuis des années les choses ne sont plus fabriquées pour durer.

Mais on n’est plus programmés pour les réparer non plus. Souvent, on n’est même plus programmés pour attendre qu’elles rendent l’âme avant de les remplacer.

« Hey chéri.e, on refait la cuisine?! On en profite pour changer les carreaux, les électros, le gazebo, l’auto, les marmots? »

Du neuf, c’est toujours tentant, ça calme nos désirs de changements sans trop d’engagements, si ce n’est sur la marge de crédit, le tas de cochonneries et les ressources.

Et si on se modérait sur la marge et le tas, histoire de se préserver les ressources? La base de tout, toujours, cette réduction à la source.

Je sais, il y a de ces trucs sur lesquels on a l’impression de n’avoir aucun contrôle. Le jour où ma tablette est morte, j’ai su que je n’allais pas la ressusciter, j’en ai fait mon deuil. Mais je ne l’ai pas remplacée... et je ne m’en porte pas plus mal.

Depuis, j’ai décidé que chaque bris allait être traité à la pièce. Ça se répare? On répare. C’est terminé? Est-ce que ça doit absolument être remplacé? Par du neuf? De l’usager? De la location ou de l’emprunt de temps en temps?

Des fois, c’est surprenant, quand on évalue réellement nos besoins, on réalise qu’ils sont finalement peu nombreux.

C’est le cas du lave-vaisselle, qui ne sera pas remplacé lorsqu’il rendra l’âme, mais ça il ne le sait pas encore. Ma blonde non plus d’ailleurs, on tient ça mort.

Là, grâce à ma patience légendaire (des jours d’entêtement en vérité), une clé Allen, des pinces et un technicien ben d’adon au téléphone, j’ai trouvé le bobo et remplacé la boîte de contrôle pour le tiers du prix d’un neuf. 

Première ronde, Bolduc, qui va se reposer de tout ça. On se rejase en février. 

+

En moyenne, chaque Canadien produit environ 400 kilos de déchets par année, c’est l’équivalent d’à peu près 10 lave-vaisselle.

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Pas né. e. s avec un marteau entre les dents?

En Estrie, l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) a récemment fait paraître un bottin rassemblant toutes les ressources pour la réparation d’objets divers, incluant les entreprises privées, les groupes d’entraide, les coopératives d’échanges, de prêts d’outils, les tutoriels et sites internet, les ressources offrant de la formation et les options disponibles pour disposer des objets qui ne se réparent plus. Ailleurs au Québec, vérifiez auprès de l’ACEF de votre région, des centres de loisirs ou de formation.

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Il existe dans toutes les régions du Québec des Accorderies dont la mission est de contrer la pauvreté et l’exclusion sociale en mettant à la disposition des gens des services individuels et des activités d’échanges. Vous pouvez y dénicher du savoir-faire et y proposer le vôtre.

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Il existe aussi différentes ressources d’échanges et de prêts d’outils dans chaque communauté, juste pour éviter de surconsommer dans la scie sauteuse à outrance.

Éco-logique

Petit pacte de bonne année groundée!

Les grandes résolutions du Nouvel An sont sur le bord de débarquer sur votre perron et, tout comme moi, vous commencez à être à court d’inspiration?

On s’entend que tu ne peux pas souhaiter être plus extraordinaire encore chaque année. À un moment donné, une fois atteinte la perfection, on tourne en rond, et c’est d’un ennui, j’vous dis pas.

Ben non.

Malgré toutes ces rumeurs que j’alimente moi-même, je ne suis pas (toujours) parfaite.

Bon, une fois passé le choc, avouez que ça enlève de la pression de se dire qu’on a encore une petite marge de manœuvre du côté du mieux pis du meilleur pis du moins pire et que ça vaut pour tout le monde.

Suffit parfois simplement de laisser du temps pis un petit paquet de bienveillance traîner pas loin.

Alors envie de vous empiler quelques résolutions potentielles dans un coin?

D’accord.

Avant de partir, je fais un détour du côté du Pacte, que plus de 250 000 Québécois ont signé, mais que quelques-uns ont décrié parce que « Oh! Scandale! Certains des signataires ont une empreinte écologique énooooorme».

Au nombre des 500 premiers signataires, l’auteur Fabien Cloutier qui dans le très uppercutant numéro d’un récent spectacle collectif envoyait un coup de semonce bien visé aux écolos de la première heure, aux bien-pensants et aux chialeux chroniques qui s’étaient offusqués de voir des artistes et gens bien nantis s’afficher parmi les initiateurs du Pacte.

Je le paraphrase un peu, et je coupe tous les bouts drôles pour éliminer la compétition, mais pour l’essentiel : « Cr... réjouis-toi! Ç’a pris du temps, mais ç’a fini par se rendre dans leur tête. Y a maintenant plus de monde qui comprend les enjeux, y a plus de monde prêt à faire ce qu’il y a à faire pour l’environnement. C’est une bonne nouvelle. »

Ouaip.

Parce que c’est un enjeu collectif, l’environnement. 

Pis que la collectivité, c’est la somme des individus, de leurs gouvernements et des institutions.

Tu peux rester dans un coin en gueulant que c’est l’affaire des gouvernements et que les petits gestes n’ont pas d’impact.

Tu peux aussi aller t’installer dans l’autre coin pis gueuler plus fort encore que les individus ne pourront jamais faire bouger les gouvernements et que c’est sans issue.

Mais entre les deux, y a plein de nuances, d’options et de possibilités. 

Signer le Pacte, le mettre en œuvre, en fait partie. 

Parce que signer le Pacte, c’est envoyer aux gouvernements et aux institutions un message clair et collectif de nos préoccupations environnementales et de notre détermination à les avoir à l’œil... tout en s’engageant à agir individuellement et en gang.

Ça se peut qu’on parte de loin, individuellement et collectivement. C’est pas grave.

Je répète : c’est. pas. grave.

It’s not grave.

L’important, c’est de commencer quelque part, et surtout entre les oreilles. 

En fait, c’est fou tout ce qui part de ce lieu un peu obscur entre nos oreilles. C’est là qu’il faut se les semer, nos résolutions.

Tiens, faisons ça. Semons-nous des petites graines de réflexion et de réflexes entre les oreilles pour que nos gestes s’enracinent solidement et poussent bien fort dans le soleil.

Résolution.s en trois temps, comme une valse.

1. Reprendre contact avec ce qu’on mange 

Ça se décline de plein de façons, je vous pitche ça en vrac, vous pigez un lot ou un petit bout, c’est à votre guise : profiter des prochaines portes ouvertes de l’UPA pour visiter quelques fermes, demander à son boucher l’origine de sa viande, acheter ses produits au marché public en prenant le temps de parler avec les maraîchers ou producteurs, s’abonner à un panier bio-local, cultiver quelques légumes sur son balcon ou lancer son premier potager, privilégier le produit local, faire un sit-in larmoyant dans l’aller du supermarché quand il n’y en a pas, réduire sa consommation de viande, éviter les produits (trop) emballés, acheter en vrac, cuisiner un repas de plus par semaine, oser son bouillon de légumes ou de poulet, son pain, ses céréales, ses muffins, cuisiner végé et arrêter de manger de son prochain.

2. Assumer pleinement son pouvoir d’achat

Ce qui veut aussi dire — aucun spécialiste de marketing n’insistera beaucoup là-dessus — son pouvoir de ne pas acheter.

Oui, il y a un paquet d’activités possibles un jour de pluie hors des murs du centre d’achat, on se fie sur vous pour trouver ce qui vous parle, mais on sait qu’il vous reste de l’imagination.

Ça veut aussi dire acheter d’occasion, louer, emprunter, acheter en collectivité, fabriquer, créer, réparer, s’en passer.

Moins d’achats, moins de dépenses, moins besoin d’argent, moins besoin de travailler, plus de temps, pour soi et pour ses proches.

3. Se mouvoir la mouvance

Laisser la voiture se reposer un peu quand on peut, y faire grimper quelques passagers quand il faut la sortir, maximiser les déplacements, se contenter d’une seule (ou de pas du tout) voiture si possible, marcher plus souvent, privilégier le transport en commun là où il est disponible, compenser ses déplacements aériens, troquer son boat à moteur pour une chaloupe, son yacht pour un kayak, et son cheval pour un âne.

Commençons simplement par ça, des petits bouts de ça, des discussions et des mises en œuvre de ça, dans le plaisir, sans le stress de performance et de perfection, un genre de pacte entre nous, en marge de ce Pacte que vous pouvez encore et toujours aller signer en ligne à lepacte.ca.

Et au cours des prochaines semaines, on se décline ça tout doucement, sans chercher à être parfait.e.s.

Quoique...

Bonne année groundée!