Sébastien Lévesque
Le Quotidien
Sébastien Lévesque

Le pouvoir de l’amour

CHRONIQUE / « L’amour est patient, il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité ; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L’amour ne meurt jamais. » - Épîtres aux Corinthiens, 13 :4-8

L’amour est le thème universel par excellence. Depuis des siècles, il inspire les artistes et les penseurs en tous genres. Certains philosophes, notamment Platon, en ont même fait un des piliers de leur « système philosophique ». Il faut dire que, pour les Anciens, la philosophie est intimement liée à l’amour, et plus particulièrement au désir de la connaissance. Étymologiquement, le mot philosophie signifie d’ailleurs « amour de la sagesse ». Cela explique, d’une part, que le philosophe n’est pas un sage, mais un aspirant à la sagesse, mais aussi que nous désirons toujours ce que nous ne possédons pas. Du moins, c’est ce que les Grecs croyaient.

Mais plus que les Grecs, je crois que ce sont les chrétiens qui ont le mieux compris le véritable sens de l’amour. En théorie, du moins. Personnellement, bien que je ne sois pas chrétien, je considère que c’est en lisant les Évangiles que j’ai le mieux compris le sens profond de l’amour. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai ouvert ce texte avec une citation de saint Paul Apôtre. Que l’on soit chrétien ou non, ces mots résonnent au plus profond de nous-mêmes et font écho à notre désir pour un amour qui ne meurt jamais.

Mais qu’est-ce que cela signifie? Et comment cet amour peut-il prendre forme concrètement? En fait, pour moi, c’est bien simple, il s’agit de répandre l’amour là où il y a la souffrance et la haine. D’abord, comme les premiers chrétiens, en se tournant vers les petits et les nécessiteux, mais aussi – et peut-être même surtout – vers les pécheurs. En effet, aimer les petits et les nécessiteux est somme toute assez facile. Cela participe même à nous donner bonne conscience. Mais aimer les riches et les puissants, et plus particulièrement ceux qui profitent de la misère des autres, c’est autre chose.

Si l’amour dont nous parlent les chrétiens est si beau et si grand, c’est qu’il est inconditionnel. C’est un amour universel qui n’établit aucune frontière entre les êtres humains. Chaque être humain est digne d’amour, et ce, indépendamment de son sexe, de son âge, de son origine ethnique, de ses croyances, de sa condition physique et intellectuelle, de son orientation sexuelle et de sa condition sociale.

Du moins, ça c’est la théorie, mais en pratique, les choses ne sont évidemment pas aussi simples ou faciles. Prenons un cas extrême, celui d’un meurtrier et d’un violeur. Est-il digne d’amour lui aussi? Faut-il aimer une personne qui a tué et violé? Aussi difficile ou insensé cela puisse paraître, la réponse est oui. Il faut aimer et pardonner, car il n’y a qu’à travers cet amour que la personne pourra peut-être trouver la rédemption. Il n’y a qu’en recevant cet amour qu’elle pourra apprendre ou réapprendre à aimer, et ce, indépendamment des fautes qu’elle a commises dans le passé. Nous avons besoin du pouvoir de l’amour pour vaincre la haine et la souffrance qui habitent ce monde. Voilà, du moins, ce que je retiens du christianisme. Un message exigeant (trop?), mais profondément beau et vrai.

En guise de conclusion, j’aimerais vous laisser sur un court extrait de ce qui demeure pour moi l’une des plus belles chansons québécoises. Une chanson qui parle d’un amour à venir, mais aussi du sacrifice de celles et ceux qui participent à l’avènement d’un monde meilleur en sachant très bien qu’ils ne le verront jamais. Des hommes et des femmes qui acceptent de donner de l’amour sans rien attendre en retour.

« Quand les hommes vivront d’amour. Il n’y aura plus de misère. Et commenceront les beaux jours. Mais nous nous serons morts mon frère. Quand les hommes vivront d’amour. Ce sera la paix sur la Terre. Les soldats seront troubadours. Mais nous nous serons morts mon frère. Dans la grand’ chaîne de la vie. Où il fallait que nous passions. Où il fallait que nous soyons. Nous aurons eu mauvaise partie... » - Quand les hommes vivront d’amour, de Raymond Lévesque