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Hédoniste égoïste

CHRONIQUE / « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà, je crois, toute la morale. » – Nicolas de Chamfort

Plus que la joie, je crois que le plaisir occupe de nos jours une place centrale dans la vie des gens. Notre époque est hédoniste, c’est-à-dire qu’elle fait du plaisir le fondement de la vie bonne. Autrement dit, c’est par l’accumulation des plaisirs, voire des possessions matérielles, que nous cherchons à atteindre le bonheur. Que nous soyons d’accord ou non avec ce principe, force est d’admettre qu’il est difficile d’y être totalement indifférent ou, à tout le moins, de ne pas en tenir compte de temps en temps.

D’ailleurs, lorsque je critique le consumérisme et certaines de nos habitudes de vie, on me rétorque souvent qu’il faut bien avoir du plaisir dans la vie. On me dit que je suis plate. C’est possible ; par contre, je précise que je ne suis pas contre le plaisir, mais contre le plaisir qui se fait au détriment du bien-être d’autrui. C’est là tout le sens de la citation de Nicolas de Chamfort que j’ai placée en exergue de ce texte. En soi, le plaisir n’est pas un mal, bien au contraire, mais encore faut-il veiller à ce que notre plaisir ne s’accompagne pas davantage de désagréments ou de souffrances pour soi et pour les autres.

Ici, je pense notamment aux plaisirs de l’alimentation carnée. En effet, dans ces « autres », j’inclus les animaux non humains, qui sont eux aussi des êtres sensibles, c’est-à-dire qu’ils sont, tout comme nous, capables de ressentir du plaisir et de la souffrance, autant sur le plan physique que moral. Pour cette raison, il me semble qu’il faille tenir compte de leur bien-être, tout comme nous cherchons à diminuer la souffrance de nos proches. Mais ce n’est pas facile, j’en conviens. Manger de la viande est une habitude ancrée très profondément dans notre culture et dans nos traditions, au point où certaines personnes en viennent à croire que c’est indispensable.

Bref, je ne suis absolument pas contre le plaisir, mais je suis d’avis qu’il faudrait réapprendre à avoir du plaisir autrement, de manière plus responsable et plus respectueuse des autres êtres vivants et sensibles. Dans le même ordre d’idée, je crois que nous devrions aussi ajuster notre manière d’avoir du plaisir à la réalité environnementale qui est la nôtre. Car, sans être alarmiste, il faut se rendre à l’évidence que nous ne pouvons plus nous permettre de produire et de consommer au même rythme et de la même façon que nous le faisions au siècle dernier. Nous ne pouvons plus nous offrir le luxe d’avoir du plaisir sans limites et sans aucune considération pour les répercussions sur les autres et sur l’environnement.

C’est ainsi qu’en toute humilité, je tente de faire ma part pour l’environnement et pour favoriser le bien-être des animaux non humains. Si vous souhaitez, vous aussi, faire votre part, vous pouvez modifier certaines de vos habitudes de vie, et ce, afin de contribuer positivement à l’amélioration du monde dans lequel nous vivons et que nous voulons léguer à nos enfants et à nos petits-enfants. Pour cela, vous n’avez pas besoin de renoncer au plaisir, mais simplement de réapprendre à avoir du plaisir autrement. Comment ? Voici quelques exemples de mon cru :

• Limitez ou cessez votre consommation de viande et privilégiez les protéines d’origine végétale. C’est bon pour la santé et pour l’environnement. Et c’est bon pour les animaux, évidemment.

• Fréquentez les épiceries qui proposent l’achat d’aliments en vrac. Apportez vos contenants réutilisables et limitez ainsi votre empreinte écologique.

• Achetez moins de vêtements neufs. Portez plus souvent vos « vieux » vêtements et lorsque ceux-ci sont abîmés, reprisez-les.

• Utilisez des mouchoirs en tissu, des pailles réutilisables, etc.

Au final, nous sommes tous plus ou moins hédonistes, c’est-à-dire que nous cherchons naturellement à accroître notre plaisir et à minimiser la souffrance. Mais nous sommes parfois égoïstes, car nous le faisons sans tenir compte des répercussions de nos gestes. Moi-même, je suis conscient d’être bien imparfait dans ce domaine, alors si vous avez des exemples ou des trucs à me donner, je suis preneur. Écrivez-moi pour m’aider à m’améliorer !