Amour et COVID-19

CHRONIQUE / Eh oui, encore une chronique sur le coronavirus ! Au départ, je ne voulais pas en parler. Je n’en avais pas vraiment envie, à vrai dire. En fait, je me demandais surtout ce que je pourrais bien dire qui n’aurait pas déjà été dit mille fois. En plus, je ne suis spécialiste d’aucun domaine qui pourrait nous aider à mieux comprendre ou gérer cette crise adéquatement. Mais je me devais quand même de vous en parler. Je me devais de vous partager ma lecture de la situation, aussi insignifiante puisse-t-elle être en regard de la gravité de la situation.

Comme je vous disais, je ne suis spécialiste d’aucun domaine pertinent en lien avec les virus et la santé publique. Alors, tout comme vous, je me rabats sur toutes les informations que je peux trouver. Et surtout, je m’en remets à l’avis des experts. Mais ça m’a pris du temps. Au début, j’avoue que j’ai été un peu naïf et inconscient. Je croyais que toute cette crise n’était qu’une sorte de délire collectif. Je trouvais que les gens en faisaient un peu trop. Et j’ai ri de toutes ces personnes qui se ruaient chez Costco pour acheter du papier de toilette et des denrées non périssables. Mais j’avais tort.

Évidemment, on sait bien qu’il n’y a aucune raison de s’affoler et de faire des réserves de papier de toilette. Mais cette réponse, aussi irrationnelle soit-elle, démontre à tout le moins que la plupart des gens prennent la situation suffisamment au sérieux. Maintenant, il ne nous reste qu’à veiller à ce que ces personnes agissent de manière adéquate et responsable face à cette crise sans précédent. En contexte d’incertitude, les gens ont besoin d’être rassurés. Ils ont besoin qu’on leur dise quoi faire. Ils ont besoin de se sentir en contrôle.

Tout cela peut sembler aller de soi, mais les mesures de confinement et de distanciation sociale proposées par les autorités sanitaires nous obligeront aussi à revoir nos priorités et à modifier certaines de nos habitudes de vie et de consommation parmi les plus profondément ancrées. Mais dans un monde où tout va vite, il peut s’avérer difficile de réduire notre cadence et de se laisser porter par les événements. Mais nous n’avons pas le choix.

Nous entrons dans une phase d’introspection, en quelque sorte. Il nous faudra notamment réfléchir à ce qui a réellement de l’importance pour nous. Il faudra revenir à l’essentiel et laisser tomber le superflu. Et au coeur de ce confinement, nous chercherons peut-être à donner un sens nouveau à notre existence. Quoi qu’il en soit, nous serons tous plus ou moins forcés de renouer avec la « vie contemplative », qui, en opposition à la « vie active », se caractérise par une quête du bonheur axée sur le renoncement aux vanités que sont la richesse ou la course au succès. Un mal pour un bien, diront certains.

Car, au risque de verser dans le jovialisme, je dirais qu’il s’agit là d’un des effets potentiellement positifs du coronavirus. Aussi, j’aimerais m’adresser directement aux parents qui, comme moi, demeurent à la maison avec leurs enfants. À ceux-là, je n’ai qu’une seule chose à dire : profitez-en ! Profitez de ce précieux temps qui vous est offert pour jouer avec vos enfants et pour discuter avec eux.

Pour vous, ce confinement est une extraordinaire opportunité de passer du bon temps en famille sans se prendre la tête avec le stress et les obligations qui meublent habituellement notre quotidien. Et malgré les limites imposées par les mesures de confinement et de distanciation sociale, les idées ne manquent pas pour s’occuper. Vous pouvez jouer dehors, cuisiner, lire, écouter des films, de la musique, etc. Bref, jouir de tous ces petits plaisirs simples que la vie nous offre, dont celui d’être ensemble.

Et pour les autres, il y aura toujours l’amour à distance. C’est une période difficile, un mauvais moment à passer, mais dites-vous que les retrouvailles n’en seront que meilleures. L’amour est patient.

Un jour, en effet, la vie reprendra son cours normal. Et à ce moment-là, peut-être aurons-nous compris que le bonheur réside essentiellement dans toutes ces petites choses auxquelles nous étions devenus aveugles, faute de temps pour s’y attarder.