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Chroniques

La déraison du plus fort

CHRONIQUE / « Il n’y a que dans l’adversité qu’on découvre la vraie valeur des êtres. » — Bernard Werber

À cette citation de Werber, j’ajouterais que c’est aussi en temps de crise qu’on découvre la véritable valeur d’une idée. Car au-delà des grands débats théoriques, c’est lorsqu’une idée est confrontée au réel qu’on peut en évaluer la pertinence et le bien-fondé.

Opinions

Amour et COVID-19

CHRONIQUE / Eh oui, encore une chronique sur le coronavirus ! Au départ, je ne voulais pas en parler. Je n’en avais pas vraiment envie, à vrai dire. En fait, je me demandais surtout ce que je pourrais bien dire qui n’aurait pas déjà été dit mille fois. En plus, je ne suis spécialiste d’aucun domaine qui pourrait nous aider à mieux comprendre ou gérer cette crise adéquatement. Mais je me devais quand même de vous en parler. Je me devais de vous partager ma lecture de la situation, aussi insignifiante puisse-t-elle être en regard de la gravité de la situation.

Comme je vous disais, je ne suis spécialiste d’aucun domaine pertinent en lien avec les virus et la santé publique. Alors, tout comme vous, je me rabats sur toutes les informations que je peux trouver. Et surtout, je m’en remets à l’avis des experts. Mais ça m’a pris du temps. Au début, j’avoue que j’ai été un peu naïf et inconscient. Je croyais que toute cette crise n’était qu’une sorte de délire collectif. Je trouvais que les gens en faisaient un peu trop. Et j’ai ri de toutes ces personnes qui se ruaient chez Costco pour acheter du papier de toilette et des denrées non périssables. Mais j’avais tort.

Chronique

Travailler, c’est trop dur

CHRONIQUE / « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour. » – Confucius

Pourquoi travaille-t-on ? La plupart d’entre nous répondront probablement qu’on travaille pour gagner sa vie, pour faire de l’argent. Ce n’est pas une mauvaise réponse. Après tout, comme le dit l’adage populaire, nous ne pouvons vivre que d’amour et d’eau fraîche. Or, au-delà de sa nécessité, quel rôle peut bien jouer le travail dans nos vies ?

Chroniques

Prendre les droits au sérieux

CHRONIQUE / L’État libéral et démocratique peut-il assurer le vivre-ensemble et le bien commun ? Depuis quelques années, par le biais de tous ces débats sur la laïcité et les accommodements raisonnables, les Québécois ont été appelés à réfléchir à cette question, et plus particulièrement à la valeur qu’ils souhaitent accorder aux libertés individuelles. En outre, il s’agit de déterminer jusqu’où l’État peut ou doit soutenir une conception de la vie bonne, notamment en limitant certaines pratiques religieuses comme le port de signes « ostensibles ».

La réponse à cette question semble varier selon l’angle sous lequel elle est abordée. En matière de liberté d’expression, par exemple, nombreux sont les commentateurs qui s’évertuent à dénoncer, non sans raison, la rectitude politique. On notera cependant qu’en matière de liberté de conscience, laquelle englobe la liberté de religion, ces mêmes commentateurs n’hésitent souvent pas à imposer à leur tour une sorte de « rectitude religieuse ». À lire certains d’entre eux, en effet, il semble que l’expérience religieuse devrait être ni plus ni moins reléguée à la sphère privée, si ce n’est carrément combattue.

Chroniques

Le crépuscule des idoles

CHRONIQUE / « Le pouvoir tend à corrompre. Le pouvoir absolu corrompt absolument. » – Lord Acton

Ça y est ! Harvey Weinstein a finalement été jugé coupable d’agression sexuelle et de viol. C’est une grande victoire pour le mouvement #MeToo, et plus largement pour toutes les femmes. Dans les dernières années, plusieurs procès ou scandales sexuels nous ont effectivement permis de prendre conscience de l’ampleur du phénomène. Il y a une véritable culture du viol. Les révélations et les accusations ne cessent d’ailleurs de s’accumuler, au point où l’on se demande quand cela va s’arrêter.

Chroniques

Les apôtres de la non-violence

CHRONIQUE / À la suite de ma chronique de la semaine dernière intitulée Les agents du chaos, j’aimerais faire une mise au point. Avec le recul et en regard de certains commentaires que j’ai reçus, je suis conscient que mes propos ont pu être mal interprétés, de sorte à laisser entendre que je cautionnais les actions violentes, voire que j’y incitais. J’en suis sincèrement désolé, car en réalité, je cherchais simplement à susciter la réflexion autour de la notion de désobéissance civile comme outil de pression sociale et politique.

À bien y penser, ma principale erreur aura été de me référer au personnage du Joker. Sur le fond, je persiste à croire que l’exemple était valable, mais ce personnage étant un peu trop associé à la violence, il allait de soi que mon propos allait être mal perçu. Cela dit, rappelons qu’expliquer n’est pas justifié. Ainsi, bien que je ne cautionne pas les actions violentes du Joker, je peux néanmoins les expliquer à partir d’une autre forme de violence, la violence systémique. À proprement parler, on pourrait donc considérer que le Joker n’agit pas, mais qu’il réagit.

Chroniques

Les agents du chaos

CHRONIQUE / Le 7 décembre, un groupe de militants antispécistes s’est introduit dans une porcherie de Saint-Hyacinthe pour dénoncer les conditions de vie des cochons d’élevage. En plus de susciter des débats virulents, cet événement a aussi eu des effets inattendus et indésirables sur certains porcs qui, à la suite de l’occupation, sont devenus fiévreux et malades. Cela n’a évidemment pas manqué de choquer une partie de l’opinion publique qui, d’ordinaire, n’est pourtant pas très sympathique à la cause animale. Comment l’expliquer ?

Bien qu’étant moi-même végane et convaincu du bien-fondé de l’idéologie antispéciste, je dois admettre que je ne sais jamais trop quoi penser de ces actions directes qui, bien souvent, ont pour effet de polariser encore davantage l’opinion publique. Personnellement, quand je parle du véganisme, je le fais en invitant à la réflexion et au dialogue. C’est plus constructif ainsi, il me semble. N’empêche, je comprends parfaitement celles et ceux qui se tournent vers des moyens plus draconiens pour faire entendre leur message, surtout qu’il s’agit de dénoncer de graves injustices.

Chroniques

La forme et le fond

CHRONIQUE / Je le répète constamment à qui veut bien l’entendre, mais depuis quelques années, notre débat public est vraiment en piteux état. Que ce soit sur des sujets aussi variés que la laïcité ou le véganisme, il semble effectivement très difficile de tenir une quelconque discussion sans que cela ne vire à la foire d’empoigne. Les réseaux sociaux y sont certainement pour quelque chose, mais d’autres raisons, plus fondamentales, sont nécessairement en cause. Après tout, les réseaux sociaux ne sont que des outils, des canaux, dont la pertinence et l’utilité dépendent de l’usage que nous en faisons.

Le problème n’est donc pas tellement les réseaux sociaux eux-mêmes, mais plutôt notre incapacité à en faire bon usage et à débattre convenablement. Cela tient notamment à notre manque de rationalité, mais aussi, je crois, à une certaine dose de malhonnêteté intellectuelle. Notons, par exemple, qu’il apparaît toujours plus facile de tenir pour vrai des propos qui vont dans le sens de nos propres convictions que des propos qui les contredisent, et ce, indépendamment de leurs qualités intrinsèques. C’est ainsi que nous nous enfermons toujours davantage dans les chapelles idéologiques, avec la dose de mauvaise foi et de dogmatisme que cela implique.

Chroniques

L’État et les chambres à coucher

CHRONIQUE / La semaine dernière, la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Gabrielle Bouchard, a fait pas mal parler d’elle en raison d’un tweet que nombreux ont qualifié de « maladroit » et « déplacé ». Elle-même s’est d’ailleurs rétractée en reconnaissant qu’il s’agissait d’une erreur de jugement. Je ne vais donc pas ajouter ma voix à tous celles et ceux qui ont déjà expliqué en quoi et pourquoi les propos de Mme Bouchard étaient indignes de sa fonction, mais je voudrais néanmoins saisir cette occasion pour réfléchir plus attentivement à la teneur de ceux-ci. Et si elle n’avait pas tout faux ?

« Les relations de couple hétérosexuel sont vraiment violentes. En plus, la grande majorité sont des relations basées sur la religion. Il est peut-être temps d’avoir une conversation sur leur interdiction et abolition. » Voilà ce qu’elle a écrit sur Twitter. L’ensemble est assez confus, j’en conviens, mais allons-y passage par passage pour tenter de comprendre ce qu’il en est.

Chroniques

Les limites de la tolérance

CHRONIQUE / Dernièrement, La Presse a présenté une série de reportages sur le projet Immersion, dans lequel trente policiers ont été retirés de la patrouille pendant cinq semaines afin de plonger au cœur de réalités sociales et culturelles qu’ils connaissent peu ou mal. En soi, l’initiative est parfaitement valable, mais soulève néanmoins de nombreuses questions, notamment en ce qui a trait à l’étendue et aux limites de la tolérance et de l’ouverture à l’autre.

Je ne vous cacherai pas que j’ai ressenti un immense malaise en lisant certains extraits de ce reportage. Pour tout dire, j’ai été particulièrement choqué – dans tous les sens du mot – par la complaisance avec laquelle ont été rapportés les propos et les idées de l’imam Foudil Selmoune, du Centre communautaire islamique de la Rive-Sud. En fait, j’ai surtout eu la désagréable impression qu’on ne demandait pas seulement à ces policiers de comprendre la réalité des musulmans au Québec, mais aussi d’accepter tout et n’importe quoi. Bref, ils étaient là pour se faire sermonner.

Chroniques

Maudits véganes!

CHRONIQUE / Oui, je sais, ils vous énervent. Oui, je sais, je vous en parle très souvent ces temps-ci, mais je vais quand même vous reparler des véganes et du véganisme, car ils ont mauvaise presse au Québec, notamment depuis qu’un groupe de militants a investi le restaurant Joe Beef, à Montréal, et ce, afin de sensibiliser les clients à la problématique de l’élevage industriel et de la cruauté envers les animaux.

Les réactions n’ont pas tardé et elles ont été assez violentes. Certains chroniqueurs, dont j’éviterai de mentionner le nom ici, ont en outre saisi cette occasion pour casser du sucre sur le dos des véganes à coups d’arguments fallacieux et de propos malveillants.

Chroniques

Éthique et culture religieuse 2.0

CHRONIQUE / La semaine dernière, nous avons appris que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait l’intention d’abolir le cours d’éthique et culture religieuse (ECR) pour le remplacer par un nouveau programme dont le contenu exact reste à déterminer. À y regarder de plus près, on constate cependant qu’il ne s’agit peut-être pas d’une abolition à proprement parler, mais davantage d’une refonte ou d’une révision en profondeur. En effet, le cours ne portera plus le même nom, mais certains de ses éléments de contenu demeureront vraisemblablement au programme.

Pour tout dire, on a l’impression que cette démarche vise essentiellement à réviser à la baisse la place de la religion dans le corpus scolaire. Globalement, je crois que c’est une bonne chose, mais encore faut-il garder à l’esprit que la religion a toujours été et continue d’être un fait anthropologique et sociologique important. Pour le meilleur et pour le pire, en effet, les religions maintiennent leur emprise sur de nombreuses personnes un peu partout à travers le monde. Ne serait-ce que pour cette raison, il apparaît incontournable que les jeunes acquièrent certaines connaissances à propos du fait religieux.

Chroniques

Ce en quoi je crois

CHRONIQUE / « Je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle lui-même dans l’ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un Dieu qui se soucie du destin et des actions des êtres humains. » - Albert Einstein, réponse au rabbin Herbert S. Goldstein, Télégramme, 1930.

Dans les dernières semaines, j’ai passablement écorché les croyances de nombreuses personnes, notamment les tenants des religions monothéistes. J’ai effectivement remis en question l’existence d’un Dieu unique, transcendant et personnel, allant même jusqu’à affirmer qu’à la lumière de nos connaissances actuelles, l’existence d’un tel Dieu m’apparaît hautement improbable, pour ne pas dire carrément impossible. Des lecteurs m’ont contacté pour me féliciter pour cette prise de position, mais d’autres m’ont signalé leur frustration et leur déception.

Chroniques

L’empire des hommes

CHRONIQUE / Connaissez-vous l’anthropocène ? Il s’agit d’une nouvelle ère géologique caractérisée par la place prépondérante qu’occupe l’être humain dans l’ensemble des écosystèmes terrestres. Cela fait aussi référence à l’incidence globale et significative de l’activité humaine sur l’écosystème terrestre, et plus particulièrement sur le climat. C’est un changement de paradigme important, car pour la première fois de son histoire, l’être humain possède le pouvoir de transformer son environnement comme bon lui semble. C’est un pouvoir extraordinaire, mais qui s’accompagne aussi d’un grand péril.

En soi, ce pouvoir n’est ni un mal ni un bien. Ce qui importe, c’est ce que nous en faisons. La connaissance peut donc être une force créatrice ou destructrice, selon les circonstances. C’est ainsi qu’en utilisant les radiations, nous avons développé certains traitements contre le cancer. Mais c’est aussi avec cette même technique que nous pouvons fabriquer des armes de destruction massive. Le progrès n’est donc pas condamnable en lui-même, bien au contraire, mais il importe cependant de se méfier de son potentiel destructeur. Plus précisément, c’est de nous-mêmes dont nous devrions le plus nous méfier.

Chroniques

Hédoniste égoïste

CHRONIQUE / « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà, je crois, toute la morale. » – Nicolas de Chamfort

Plus que la joie, je crois que le plaisir occupe de nos jours une place centrale dans la vie des gens. Notre époque est hédoniste, c’est-à-dire qu’elle fait du plaisir le fondement de la vie bonne. Autrement dit, c’est par l’accumulation des plaisirs, voire des possessions matérielles, que nous cherchons à atteindre le bonheur. Que nous soyons d’accord ou non avec ce principe, force est d’admettre qu’il est difficile d’y être totalement indifférent ou, à tout le moins, de ne pas en tenir compte de temps en temps.

Sébastien Lévesque

Le miracle de Noël

CHRONIQUE / Croyez-vous aux miracles ? Personnellement, oui, mais encore faut-il s’entendre sur le sens et la portée de ce qu’est un miracle. Pour les croyants, cette notion renvoie généralement à des événements extraordinaires qui défient toute logique et qui n’ont aucune explication scientifique. Le miracle est alors attribué à une intervention divine, laquelle permet de suspendre ou de transgresser temporairement les lois de la nature.

Pour ma part, vous le savez, je ne suis pas croyant, donc il n’est pas question d’accepter une telle explication. Bien entendu, il se produit parfois des événements que la science n’arrive pas à expliquer – un renversement de diagnostic, par exemple –, mais ce n’est pas pour autant qu’il faille en conclure qu’il s’agit de Dieu. Il faut continuer de chercher, tout simplement, ou alors suspendre son jugement.

Sébastien Lévesque

Petit papa païen

CHRONIQUE / Comme chaque année, alors que Noël approche, je me questionne sur ce que peut bien signifier cette fête pour les gens qui, comme moi, ne sont pas chrétiens ni croyants. Évidemment, on me répondra qu’il y a des lustres que la dimension religieuse de cette fête a été sacrifiée sur l’autel du consumérisme, mais il n’en demeure pas moins pertinent de se demander ce que nous pourrions faire pour « sauver » l’esprit de Noël. C’est ce à quoi j’aimerais réfléchir avec vous dans le cadre de mes chroniques du temps des Fêtes.

Noël est souvent décrit comme la fête de l’amour et du partage, mais est-ce toujours le cas ? Est-ce bien de l’amour que de passer du temps avec nos proches ? Et est-ce bien de la générosité que de leur offrir des cadeaux ? Je ne dis pas que nous ne faisons pas tout cela par amour, mais je me questionne néanmoins sur nos autres motivations. Comprenons-nous la véritable nature de l’amour, et qui plus est le sens profond de cette fête ? Voilà le genre de question que je me pose chaque Noël.

Pour illustrer mon propos, je vais vous parler du père Noël et de ce qu’il symbolise dans la culture populaire. Je ne suis pas un spécialiste du sujet, mais en gros, je crois comprendre que le père Noël est l’incarnation moderne de l’esprit de Noël, celui-là même qui met en pratique les vertus chrétiennes qui sont à l’origine de cette fête. Le père Noël, c’est ni plus ni moins la version païenne de Dieu. Tout comme Dieu, il « descend du ciel » pour distribuer les récompenses et pour répandre la joie. Mais tout comme Dieu, il peut aussi sanctionner les méchants en les privant de cadeaux.

Mais ce qui fait du père Noël un être d’amour au même titre que Dieu, c’est qu’il s’intéresse d’abord au sort des plus démunis et des exclus de la société. Pour peu que leurs intentions soient pures, tous les enfants méritent des cadeaux. Le père Noël aime tous les enfants également, sans distinction de race, de sexe ou de richesse. Et lorsqu’il punit, ce n’est pas par méchanceté ou par vengeance, mais par souci de justice.

Ainsi, pour perpétuer l’esprit de Noël, et ce, pendant toute l’année, ne faudrait-il pas veiller à ce que les nécessiteux ne manquent de rien ? Car passer du temps avec nos proches et leur offrir des cadeaux, c’est bien, mais c’est un peu facile. Ce qui l’est moins, en revanche, c’est d’accepter de réduire nos propres besoins afin de les harmoniser avec ceux des autres.

C’est dans cet esprit qu’au fil des années, j’essaie de faire de Noël une fête moins clinquante et superficielle. J’essaie de faire preuve d’humilité et de me souvenir que tous n’ont pas la même chance que moi et mes proches. Mais, pour tout dire, je crois que j’ai encore bien du chemin à faire pour comprendre et incarner le véritable esprit de Noël.

Et vous, que faites-vous pour honorer l’esprit de Noël ? Que signifie cette fête pour vous ? Vous pouvez m’écrire pour m’en parler... et m’inspirer.

Retour sur Dieu

Dans ma chronique, la semaine dernière, j’ai affirmé que Dieu n’existe – probablement – pas. Évidemment, cette affirmation n’a pas manqué de faire réagir certaines personnes, notamment des croyants. Je maintiens ma position, mais je me rends néanmoins compte que si j’avais pris la peine de bien définir ce qu’est Dieu, mon propos aurait certainement moins porté à confusion.

Dieu est un concept complexe et polysémique. Selon les croyances et les cultures, sa signification peut passablement varier. Dans mon texte, je faisais cependant référence à la définition la plus commune de Dieu, c’est-à-dire celle qui renvoie à l’existence d’un être transcendant et personnel. Le Dieu théiste, autrement dit. Un Dieu qui a créé le monde et qui veille sur nous. Ce n’est pas un Dieu indifférent ou impersonnel, comme dans le déisme ou dans le panthéisme, mais un Dieu qui intervient dans le monde et avec lequel nous pouvons entrer en relation.

Bref, c’est le Dieu des religions monothéistes, et c’est ce Dieu qui, selon toute vraisemblance, n’existe pas. C’est ce Dieu qui, s’il existait réellement, aurait forcément laissé quelques traces de son existence. Et c’est ce Dieu que les croyants défendent, mais sans aucune preuve tangible.

Chroniques

L'Ascension de Skywalker, le film de la dernière chance

CHRONIQUE / C’est finalement demain (ou ce soir, pour les plus motivés d’entre nous qui iront à l’avant-première) que Star Wars : L’Ascension de Skywalker prendra l’affiche partout au Québec et en Amérique du Nord. Il s’agit du neuvième et dernier volet de la saga Skywalker, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’une pression énorme repose sur les épaules du réalisateur J.J. Abrams. En effet, ce film doit non seulement clore la nouvelle trilogie initiée par Disney en 2015, mais aussi l’ensemble de la saga Skywalker qui s’est amorcée il y a plus de 40 ans.

C’est donc toute une page de l’histoire du cinéma qui se tournera sous nos yeux avec ce film. Et pour l’occasion, j’aimerais vous faire part de mes attentes pour cet ultime opus, mais aussi des défis qui attendent Disney et Lucasfilm pour la suite des choses. Mais avant toute chose, est-ce que les attentes des fans seront enfin comblées ? L’Ascension de Skywalker sera-t-il un bon film ? Car, au final, c’est tout ce qui compte.

Chroniques

Dieu est mort

CHRONIQUE / Critiquer les religions n’est pas toujours chose aisée, même en 2019. Mon ami Guy Perkins, alias Perks, l’a appris à ses dépens alors que dans le cadre du docu-série Mais Pourquoi ? , animé par Maripier Morin, il a été présenté ni plus ni moins comme un extrémiste, et ce, simplement parce que dans une émission consacrée au fait religieux, il a osé critiquer les croyances religieuses, le tout sur fond de plaidoyer en faveur de la pensée rationnelle et critique. Se positionner du côté de la science serait donc une forme d’extrémisme ?

Comme des milliers d’autres Québécois, Guy est athée. Je le suis aussi. Mine de rien, l’athéisme est très répandu, notamment dans la communauté scientifique, mais rares sont celles et ceux qui en parlent ouvertement. Cela est d’autant plus déplorable que l’athéisme est souvent présenté à tort comme une « croyance comme les autres ». Or, l’athéisme n’est pas une croyance, mais constitue, au contraire, une forme élémentaire de scepticisme qui consiste à refuser de croire lorsqu’il n’y a pas de preuves. L’athée n’est donc pas un croyant, mais un non-croyant. L’athée ne veut pas croire, il veut savoir. Et s’il ne sait pas, il suspend son jugement.

Mais qu’en est-il de Dieu ? Il est assez commun chez les croyants de considérer que les athées ne disposent d’aucune preuve au sujet de l’existence ou de la non-existence de Dieu. Immédiatement, ils en déduisent que ces deux hypothèses seraient équiprobables. Ici encore, il s’agit d’une erreur. D’abord, il importe de rappeler que le fardeau de la preuve repose toujours sur celles et ceux qui affirment l’existence de Dieu, et non l’inverse. Ensuite, je m’en voudrais de ne pas mentionner que les prétendues « preuves » en faveur de l’existence de Dieu se sont toujours avérées insatisfaisantes et insuffisantes, pour ne pas dire risibles.

Je ne vais évidemment pas étayer tout l’argumentaire ici, mais, en somme, si les croyants affirment que Dieu doit exister, c’est parce que l’ordre et la complexité qui règnent dans la nature ne peuvent être le résultat du hasard. Il doit donc y avoir une intention consciente dans la nature puisque cette dernière obéit à des lois et à une finalité. Nous ne sommes pas ici pour rien ; notre présence est le résultat du travail d’une intelligence supérieure qui veille sur nous et qui se soucie de notre bien-être.

L’idée est séduisante, j’en conviens, mais se trouve malheureusement contredite par les faits et le travail des scientifiques. La théorie de l’évolution, par exemple, permet tout à fait de comprendre et d’expliquer les mécanismes à l’œuvre dans la nature, sans qu’il soit pour cela nécessaire de faire intervenir une quelconque forme d’intelligence, et encore moins un principe finaliste. En dépit de certaines apparences, la nature n’a donc pas de plan précis. Voilà ce que nous enseigne la science.

Ainsi, bien que nous n’ayons à proprement parler aucune preuve de l’inexistence de Dieu, il appert que son existence est hautement improbable, voire carrément impossible. En effet, si Dieu existait, ne devrait-on pas pouvoir le prouver d’une façon ou d’une autre ? Ne devrait-on pas percevoir ou mesurer ses manifestations en nous et autour de nous ? C’est du moins la prétention de certains croyants, mais leurs démonstrations font malheureusement défaut. Alors, combien de fois les croyants devront-ils échouer à démontrer l’existence de Dieu avant que nous nous sentions autorisés à conclure qu’il n’existe pas ?

Tout cela me fait un peu penser à Nietzsche, que je vais me permettre de paraphraser et de reprendre à mon compte. Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c’est nous qui l’avons tué… avec notre science. Ayons maintenant le courage d’assumer notre geste. Le courage d’assumer la vérité. Et la force d’accepter le tragique de l’existence.

Après, chacun demeure évidemment libre de croire – ou de ne pas croire – en ce qu’il veut, mais il serait néanmoins temps de briser le tabou qui entoure les religions et les croyances irrationnelles. Dire que Dieu n’existe pas n’a rien d’intolérant ou d’extrémiste. Et la science n’est pas un système de croyances, mais nous force au contraire à regarder la réalité en face.

Chroniques

Mourir pour la cause

CHRONIQUE / La semaine dernière, Luc Ferrandez a jeté un pavé dans la marre en évoquant la possibilité d’étendre l’aide médicale à mourir aux personnes qui souhaiteraient éviter de devenir un fardeau pour leurs proches et pour la société en général. En effet, l’ancien maire de l’arrondissement montréalais du Plateau-Mont-Royal a évoqué le droit à l’autodétermination comme argument permettant à une personne de demander qu’on mette fin à ses jours si cette dernière considère que sa vie ne vaut plus la peine d’être vécue, notamment sur la base de motifs sociaux et environnementaux. Aussi troublante puisse-t-elle être, je crois que cette proposition mérite réflexion.

Personnellement, j’ai toujours été pour l’aide médicale à mourir et je suis plutôt favorable à l’idée d’assouplir les règles d’admissibilité qui, à l’heure actuelle, me semblent un peu trop restrictives. Par exemple, je trouve déplorable qu’une personne en proie à des souffrances physiques et/ou morales constantes ne soit pas admissible simplement parce qu’elle n’est pas à proprement parler en « fin de vie ». Je pense aussi que pour les personnes souffrant de maladies dégénératives, l’accès à l’aide médicale à mourir par le biais d’une demande anticipée devrait être sérieusement envisagé.

Chroniques

Les fantasmes de la droite

CHRONIQUE / Un texte circule ces jours-ci sur les réseaux sociaux. Je n’en connais pas l’auteur, je le prierais donc de se manifester s’il le souhaite, mais je tenais tout de même à vous en partager quelques extraits qui, à mon sens, illustrent parfaitement ce qui ne va pas avec la droite politique et idéologique. Si j’ai bien compris, ce texte prétend démontrer en quoi et pourquoi la droite serait « meilleure » que la gauche.

Je vous expliquerai brièvement pourquoi je ne suis pas d’accord, mais d’abord voici quelques extraits :

Chroniques

Les dissidents

CHRONIQUE / Est-ce moi où nous ne savons plus débattre ? Depuis quelques années, en effet, j’observe que nos débats publics sont de plus en plus polarisés, pour ne pas dire carrément violents. Je pense aux débats sur la laïcité et les accommodements raisonnables, évidemment, mais aussi à toutes ces questions concernant l’identité sexuelle et de genre, ou encore la culture du viol. Les gens ne s’endurent plus, on dirait. Le problème ne date pas d’hier, je suppose, mais force est de constater que l’avènement des réseaux sociaux n’aura fait qu’accentuer le phénomène.

Sur Facebook, en effet, il ne se passe pratiquement plus une journée sans que nous assistions à des débats houleux qui se transforment en foire d’empoigne, le tout agrémenté par une tempête d’insultes en tous genres. En général, il s’agit d’insultes grossières et gratuites, mais d’autres fois, il est question d’insinuations ou d’accusations graves, notamment au sujet du sexisme, du racisme ou de la transphobie. Je ne cherche évidemment pas à nier ces réalités que sont le sexisme, le racisme ou la transphobie, mais simplement à faire remarquer que de telles accusations ne devraient pas être lancées à la légère. 

Or, il s’avère que pour certaines personnes atteintes du syndrome de la bien-pensance, toute pensée divergente relève ni plus ni moins de l’oppression ou de la discrimination, comme si le simple fait d’exprimer un désaccord constituait une forme d’agression ou d’outrage. Vous n’êtes pas d’accord avec les quotas paritaires ? Vous êtes sexiste. Vous considérez que nous devrions baisser les seuils d’immigration ? Vous êtes racistes. Vous pensez que les sexes mâle et femelle sont des réalités biologiques ? Vous êtes transphobe. Aussi simple que ça.

Toutes ces polémiques et querelles posent la question de la liberté d’expression. En effet, jusqu’à quel point sommes-nous toujours libres d’exprimer des opinions divergentes dans un monde où l’indignation et les insultes font maintenant office d’arguments ? Il est inquiétant de constater que l’étau se resserre de plus en plus sur celles et ceux qui n’embrassent pas la pensée dominante, c’est-à-dire la pensée bonne. Des militants vont même jusqu’à brûler des livres ou empêcher la tenue de certains événements lorsque ceux-ci ne correspondent pas à leurs valeurs.

Mais de quelle pensée dominante parle-t-on ici, exactement ? Celle de la gauche multiculturelle et mondialiste, essentiellement. Évidemment, je suis conscient que cette gauche ne constitue pas une force politique dominante, mais son influence n’en est pas moins palpable. C’est sur le terrain des idées, et plus particulièrement de la morale, que cette gauche s’avère la plus active et la plus efficace. Elle trace la ligne entre ce qui est politiquement correct et ce qui ne l’est pas. Et elle possède sa petite police de la vertu qui, non sans mépris et condescendance, veille à ce que les dissidents soient honnis ou punis.

Et qui sont les dissidents ? En France, je pense à des noms comme Alain Finkielkraut, Caroline Fourest et Michel Onfray. Au Québec, ce sont des personnalités comme Richard Martineau, Denise Bombardier et Mathieu Bock-Côté qui endossent ce rôle. Et ils en paient lourdement le prix, toujours à coup d’insultes et de menaces. On les accuse aussi de fomenter la haine et l’intolérance. On me répondra peut-être que certains de ces individus aiment bien jouer dans le registre de la provocation, ce qui ne manque pas de faire réagir.

Tout cela est vrai, mais ne justifie en rien le climat de censure qui plane sur nos débats. Qu’elle vienne de la gauche ou de la droite, cette attitude doit être dénoncée. Or, j’ai la désagréable impression qu’une part non négligeable de la gauche se sent de plus en plus autorisée à recourir à la violence et à l’intimidation pour faire valoir ses idées. Tout cela au nom du bien, évidemment.

Bref, bien que je sois rarement d’accord avec eux, je les aime bien, moi, ces penseurs dissidents. Je les respecte, à tout le moins, car ils ont le mérite de nous empêcher de tourner (penser) en rond. Et ils ont le courage de leurs opinions. Cela vaut bien que nous leur accordions un peu de notre respect, et surtout le droit à la dissidence.

Opinions

Le droit à l’erreur

CHRONIQUE / Est-ce la fin de la lune de miel ? Après une première année sans fautes et une cote de popularité à faire pâlir d’envie nombre de politiciens et autres partis politiques, le gouvernement caquiste a récemment fait face à sa première crise majeure. Pilotée par le ministre Simon Jolin-Barrette, la réforme de l’immigration s’est effectivement butée à un mur d’opposition, les uns dénonçant l’empressement du gouvernement, les autres son incompétence pure et simple.

Pour autant, je ne crois pas que cette erreur de parcours viendra entacher durablement le bilan du gouvernement Legault, qui fait un excellent travail depuis son élection en octobre 2018. En effet, que l’on soit d’accord ou non avec son programme et ses idées, force est de reconnaître que la CAQ livre la marchandise. Les résultats sont tels qu’en à peine un an au pouvoir, on a quasiment l’impression que ce gouvernement en a fait plus pour le Québec que les libéraux en 15 ans ! À n’en point douter, François Legault et son équipe travaillent d’arrache-pied afin de remplir le mandat qui leur a été confié par la population.

Chroniques

Sommes-nous con-damnés?

CHRONIQUE / De tous les préjugés qui existent, celui selon lequel l’être humain serait un être exceptionnel et supérieur – par rapport aux autres animaux – est certainement le plus tenace et le plus dommageable de tous. En effet, tant et aussi longtemps que nous persisterons à croire qu’il existe une différence de nature ou de degré entre nous et les autres animaux, ou encore que la nature tout entière nous est subordonnée, toujours nous continuerons à dominer et à exploiter les animaux et les ressources naturelles comme nos biens propres.

Initialement défendues et propagées par les grandes religions, les thèses anthropocentristes, qui tendent à placer l’être humain au centre ou au sommet d’une hiérarchie naturelle, ont aussi fait de nombreux adeptes en philosophie et dans les sciences sociales, notamment de grands noms comme Aristote, René Descartes et Emmanuel Kant. De manière générale, leur discours consiste à prétendre qu’il existe un exceptionnalisme humain qui nous autorise à prendre l’ascendant sur la nature, comme si nous en étions les dépositaires et/ou des observateurs privilégiés.

Chroniques

La puissance du mythe

CHRONIQUE / La semaine dernière, je vous ai dit que le succès de la saga Star Wars tenait à une « recette » toute simple composée de certains grands thèmes intemporels et universels qui habitent l’imaginaire collectif. Aujourd’hui, nous verrons que la structure narrative des films obéit aussi à certaines règles qui permettent au spectateur de s’identifier rapidement aux personnages et à l’histoire, et ce, même si cette dernière se déroule « il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine ».

L’irrésistible pouvoir d’attraction de la saga n’a donc rien de magique, mais repose au contraire sur la puissance du mythe et ses vertus pédagogiques. Pour raconter son histoire, George Lucas s’est d’ailleurs inspiré des travaux de Joseph Campbell, professeur de mythologie comparée et père du concept du monomythe. D’après sa théorie, tous les mythes, légendes et contes du monde entier, à diverses époques, seraient construits selon une structure similaire et contiendraient un certain nombre de thèmes récurrents. Généralement, ces mythes mettent en scène un personnage, en apparence ordinaire, mais néanmoins appelé à vivre une aventure extraordinaire qui le transformera profondément.

Chroniques

L’ascension d’une saga

CHRONIQUE / Après vous avoir parlé du film Joker, j’aimerais aujourd’hui vous parler de Star Wars. Non, je ne suis pas devenu chroniqueur cinéma, même s’il est vrai que le septième art occupe une place importante dans ma vie. Et ce n’est un secret pour personne que je suis un maniaque de Star Wars. Donc, avec une nouvelle bande-annonce et l’arrivée prochaine sur nos écrans du dernier chapitre de la saga Skywalker, j’ai cru bon de revenir sur ces films qui ont marqué durablement l’esprit de nombreux cinéphiles.

Star Wars est né dans l’esprit d’un homme, George Lucas, qui avait pour ambition de raconter une histoire qui allait transcender les époques et les cultures. Le pari était risqué, mais force est de constater qu’il l’a relevé avec brio! En effet, depuis la sortie du premier film en 1977, la popularité de la franchise ne s’est jamais démentie. Pour le meilleur et pour le pire, la saga s’est d’ailleurs rapidement émancipée de son registre cinématographique pour devenir un élément incontournable de la culture populaire.

Chroniques

Les racines du mal

CHRONIQUE / Je ne suis pas chroniqueur cinéma, mais j’aimerais tout de même vous parler du film Joker, de Todd Phillips. Le film a déjà beaucoup fait parler de lui, et pour cause ; il s’agit d’un excellent film soutenu par une interprétation magistrale de la part d’un Joaquin Phoenix au sommet de son art. De surcroit, le film propose une critique sociale percutante et une réflexion intéressante sur le mal. Pour toutes ces raisons, il ne fait aucun doute que ce film ne laissera personne indifférent – et c’est très bien ainsi.

Pour ma part, je ne vous cacherai pas qu’à la sortie du cinéma, j’étais sous le choc. Ce film m’a littéralement démoli. Car en forçant le spectateur à plonger dans l’esprit d’Arthur Fleck (Joker), un homme dérangé et dérangeant, le film devient rapidement oppressant. C’est dur, très dur. Il s’agit aussi d’un film violent, mais la violence y est montrée sous un jour assez original, de manière crue, certes, mais sans complaisance. Et le film nous rappelle aussi que la violence peut revêtir différentes formes, notamment institutionnelle. Bref, ce film est dérangeant, mais nécessaire.

Opinions

Repenser l’école?

CHRONIQUE / Ma chronique du 2 octobre dernier, au sujet de l’école, a énormément fait réagir. À vrai dire, je m’en doutais un peu, non seulement parce qu’il s’agit d’un sujet sensible, mais aussi en raison du ton avec lequel j’ai choisi d’exprimer mon point de vue. De manière assumée, sans détour, je souhaitais m’attaquer à l’école, et ce, afin de provoquer un débat et une remise en question. Car pour moi, c’est clair, l’école doit être repensée. Mais il n’est évidemment pas aisé d’ébranler les colonnes du temple sans se frotter à certaines résistances.

Cela dit, avec le recul, j’admets que le portrait que j’ai brossé de l’école manquait de nuances. L’école a ses défauts, certes, mais aussi ses qualités. Pour autant, je maintiens que critiquer l’école est non seulement légitime, mais nécessaire. Aussi souhaiterais-je, si vous le permettez, revenir sur ce débat afin d’approfondir ma pensée et répondre à certaines critiques qui m’ont été adressées.

Sébastien Lévesque

Une campagne inspirante

CHRONIQUE / Celles et ceux qui me connaissent le savent, avec les années, je suis devenu extrêmement cynique de la chose politique. D’ailleurs, j’écris de moins en moins sur le sujet, sauf lorsque les circonstances l’imposent.

Bref, aussi bien vous dire que le titre de cette chronique ne réfère pas à la campagne électorale fédérale, qui n’a pour moi rien d’inspirant – pour le moment, du moins. Cela dit, j’aimerais vous parler de Karine Trudel, la candidate du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans Jonquière, qui a décidé de mener une campagne un peu à part.

Chroniques

Le problème avec l’école

CHRONIQUE / Je suis père de deux filles de 9 et 13 ans. Comme je l’ai déjà expliqué dans quelques chroniques antérieures, elles sont éduquées à domicile, principalement par ma conjointe, qui fait un travail extraordinaire. Mes filles n’ont donc jamais fréquenté une école, et encore moins un CPE. En général, je justifie ce choix sur la base d’arguments pédagogiques, me gardant bien de critiquer l’école et le mode de vie des parents qui décident d’envoyer leurs enfants à l’école. Je m’impose un devoir de réserve, en quelque sorte. Mais pour une fois, je ferai exception à cette règle.

C’est que, dernièrement, j’entends plusieurs personnes discuter des problèmes que rencontre l’école québécoise, particulièrement en ce qui a trait au décrochage et à l’intimidation. On se demande notamment ce qui pourrait être fait pour améliorer la réussite des garçons, et plus largement pour rehausser la performance des écoles et des élèves qui les fréquentent. On présente aussi l’école comme un milieu de vie qui favorise l’épanouissement de chaque enfant. De beaux principes, il va sans dire, mais qu’en est-il de la réalité ?