On est sorti vraiment moins niaiseux de l'entrevue avec le professeur d'histoire Laurent Turcot, à qui je décerne l'étoile du match.

TLMEP: rassemblés dans l'isolement

CHRONIQUE / Guy A. avait enfilé ses gants de vaisselle roses pour ce Tout le monde en parle bien spécial, en direct et sans public. On peut parler d'une émission qui a fait œuvre utile, pour nous qui avions besoin de nous faire rassurer, de nous sentir unis dans notre isolement. Vive la télé rassembleuse. Le tout était préparé par une équipe réduite, respectant le principe de la distanciation sociale, sur le plateau comme en coulisses.

On est sorti vraiment moins niaiseux de l'entrevue avec le professeur d'histoire Laurent Turcot, à qui je décerne l'étoile du match, et qui souhaite qu'on tire enfin des leçons de cette nouvelle pandémie et qu'on ne «répète pas les mêmes niaiseries». Il y a 100 ans, quand la grippe espagnole a fait 100 millions de victimes, les gouvernements se sont tus et ont censuré les journaux. Et quand on cherche des coupables... «c'est jamais les bons. On prend toujours les mêmes, les marginaux», déplore Laurent Turcot, qui a fait un portrait historique clair et percutant des différentes épidémies. Il déteste l'expression galvaudée «on vit un moment historique», mais cette fois, elle est on ne peut plus justifiée. «Soyez contents de payer des impôts. […] On s'est donné les moyens d'agir collectivement», a lancé Laurent Turcot au sujet des moyens considérables pris par les gouvernements depuis le début de la crise. «Quand le vaccin va arriver, il faut le prendre», rappelle le brillant communicateur aux anti-vaccins, qui oseraient remettre en cause ce moyen efficace, le moment venu. Et comme on ne faisait rien comme d'habitude, dimanche, c'est dans les gradins que M. Turcot a passé le reste de l'émission.

Le ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne, s'est retrouvé à devoir défendre son chef, qui n'a pas la cote depuis le début de la crise. «On a pris les bonnes mesures pour protéger le pays», considère M. Champagne, diplomate, en regard du nombre modéré de personnes atteintes au Canada. Si Justin Trudeau nous demande de ne pas juger ceux qui sont quand même partis en voyage, le ministre admet qu'il les juge «un ti peu». Pour faire revenir les Canadiens au pays, M. Champagne affirme que les compagnies aériennes coopèrent, et qu'un prix raisonnable est exigé. Juste avant d'arriver sur le plateau, il négociait avec le Pérou afin de pouvoir faciliter le retour de compatriotes bloqués dans ce pays.

Quel baume au coeur de voir Bernard et Diane Ménard en si grande forme. Le sympathique couple a contracté la COVID-19 sur le bateau de croisière Diamond Princess. «On a eu très peur. [...] À l'hôpital, on pensait vraiment ne pas s'en sortir», a confié Mme Ménard dans cette entrevue réalisée par Skype, de la résidence du couple à Gatineau. Hospitalisés au Japon durant 16 jours, ils ont tous deux souffert d'une pneumonie, entourés de personnel qui ne parlait que le japonais. «Des fois, je voulais le mettre en pénitence», a blagué Bernard Ménard au sujet du ministre Champagne, qui parvenait tout de même à rassurer le couple. Leur premier repas à leur retour: un bon pâté chinois! «J'ai jamais été si fier de demeurer au Québec», admet M. Ménard, qui donne 11/10 au premier ministre François Legault pour sa gestion efficace de la crise. Bien difficile de le contredire.

François Bellefeuille, qui a dû mettre un terme à sa tournée, a mis quatre ou cinq jours à trouver son équilibre en confinement familial. Il s'ennuie des rires mais voit quelque chose d'extraordinaire à voir ses enfants ne plus craindre ses départs fréquents. Comme plusieurs d'entre nous, l'humoriste est impressionné par François Legault, lui qui n'est pourtant pas un fan de la CAQ. «Ma blonde est en amour avec Horacio», dit-il, «fier d'être Québécois». Convaincu que les humoristes ont un rôle à jouer durant cette crise, il a vanté les mérites du bidet, qui l'a sauvé de la folie du papier de toilette.

«Montréal roule. Au ralenti, mais elle roule», insiste la mairesse Valérie Plante, qui a néanmoins pris un tas de mesures pour limiter la propagation de la COVID-19 et faciliter la vie des Montréalais. Elle insiste pour que le transport collectif continue; la baisse d'achalandage de 70% permet de se tenir à distance des autres passagers. Si elle ferme les parcs, qui constituent la «cour arrière» des Montréalais, ce sera en dernier recours. Imposer une quarantaine et couper la métropole du reste du Québec? «Le jour où on va nous dire que c'est la chose à faire, on va le faire», affirme la mairesse, qui ne sent pas qu'on en arrivera là.

L'entrevue avec la psychologue Pascale Brillon, qui souhaitait rassurer les anxieux que nous sommes, a porté en bonne partie sur l'effet pervers du travail des médias et «ces titres très dramatisants [qui] contribuent à cette atmosphère sociale extrêmement fébrile et anxiogène». Mme Brillon nous suggère de rechercher «autant de l'info rigoureuse au sujet du drame» que «des nouvelles positives ancrées dans la science pour maximiser notre résilience». Trois réactions négatives à ce monde qui bascule: la panique, l'impuissance acquise et le déni, qui convainquent certains à enfreindre les règles. La psychologue nous invite plutôt à vivre le moment présent, tolérer l'isolement social et considérer qu'il pourra éventuellement nous permettre de vivre mieux. «Alors, nous voilà rassurés», a ironisé l'animateur.

Coach à La voix, Coeur de pirate s'est dédoublée le temps d'une soirée pour reprendre, en pyjama, la jolie chanson qu'elle a composée à l'intention des jeunes, en réponse à l'appel du premier ministre François Legault. S'il est possible de le faire, Tout le monde en parle sera là dimanche prochain, en direct. Pour nous rassembler dans l'isolement. On en a bien besoin.

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Coach à <em>La voix</em>, Coeur de pirate s'est dédoublée le temps d'une soirée pour reprendre, en pyjama, la jolie chanson qu'elle a composée à l'intention des jeunes.