La major-général Jennie Carignan prend le commandement de la mission de l'OTAN en Irak et dirigera une équipe de 600 militaires.

«TLMEP»: le contenu avant le contenant

CHRONIQUE / Plateau solide dimanche soir à «Tout le monde en parle», et dont les femmes invitées se sont particulièrement démarquées, toutes avec un discours fort et assumé. D'une Catherine Dorion qui plaide pour le contenu plus que pour le contenant, à une major-général, Jennie Carignan, qui symbolise à la fois décorum et courage, nous avions tout un spectre de visions, pourtant en parfaite harmonie.

Si entendre parler de l'armée était la dernière de vos priorités dimanche soir, ça prenait Jennie Carignan pour vous faire changer d'idée. L'ancienne patronne de l'armée canadienne au Québec, à qui je décerne l'étoile du match, prend le commandement de la mission de l'OTAN en Irak et dirigera une équipe de 600 militaires. Rien de solennel ou de pompeux avec cette femme qui inspire confiance, respect, admiration. Et dont la passion est contagieuse, elle qui rêvait d'être ballerine. Durant toute sa carrière, cette mère de quatre enfants de 12 à 24 ans, dont deux sont militaires, s'est battue contre trois perceptions: que les femmes sont faibles, qu'elles sont incapables de combattre, et qu'elles ne peuvent pas être mères et soldats en même temps. «Si j'avais été un général masculin, tu ne me l'aurais pas demandé», a-t-elle répondu à Guy A. Lepage, confiante que ces questions ne se poseront plus un jour.

Il a été question d'inconduites sexuelles dans les forces armées, de plus en plus dénoncées, une bonne nouvelle en soi. «Si les cas rapportés étaient en diminution, je serais très inquiète», considère la major-général, qui insiste sur l'importance de mieux accompagner les victimes. La carte du fou du roi: «Parce que vous êtes dans un boys club et que vous avez dû faire la guerre à une armée de préjugés, vous êtes ma major-général préférée.» Ce à quoi la major-général a répondu par sa propre carte chouchou: «Je vous invite à venir me visiter en Irak!»

«Rentre dans ton petit carré de sable, laisse pas un petit fil dépasser.» C'est ainsi que Catherine Dorion interprète les vives réactions à sa manière de se vêtir. Maquillée mais portant des vêtements achetés au Village des valeurs, devant un plateau qui insistait peu sur les contradictions de sa démarche, la députée de Québec solidaire s'indigne qu'on lui ait refusé l'accès au Salon bleu jeudi à cause d'un coton ouaté. «J'ai été élu par les gens de Taschereau, je m'en viens faire ma job, pis là, tu me dis, à cause de ce dont t'as l'air, non tu fittes pas ici. [...] C'est grave quand même!» Elle déplore que, lorsqu'elle a fait une sortie pour proposer des recommandations à la ministre des relations internationales, «y'a eu un article de journal. [...] Aujourd'hui, 25 articles en-dedans d'une heure et demi.» Mme Dorion avait cet avertissement à ceux qu'elle dérange: «Je ne suis pas venue pour longer les murs. [...] Pour moi, ce n'est pas une carrière où je vais m'assoir pis être ben contente.» Et à Denise Bombardier, qui a comparé son déguisement d'Halloween à celui d'une fille de joie: «Dans Taschereau, j'en rencontre des travailleuses du sexe. C'est des gens comme nous, qui l'ont eu moins facile que toi, Denise Bombardier.»

La sublime Evelyne Brochu a complètement charmé le public avec ses chansons, comme elle l'avait fait comme actrice. Plusieurs ont dû se précipiter sur sa musique après son apparition dimanche soir, notamment sur sa chanson Maintenant ou jamais – c'est son amoureux qu'on voit à la fin du clip. Assise à côté de Catherine Dorion, qu'elle a prise dans ses bras, elle a dit vivre un moment surréaliste, et croire qu'on a «besoin de gens subversifs, de gens poétiques, de gens qui dépassent les lignes. On devrait se fâcher contre les gars qui tracent les mauvaises lignes et pas contre ceux qui s'amusent à nous montrer qu'elles sont mal tracées.» Elle décrit son spectacle ainsi: «quand t'as baisé toute la nuit et que le soleil se lève, le show commence sur quelque chose comme ça». L'actrice de «Trop» joue aussi dans une série en France, où on prend 13 jours pour tourner un épisode. Lorsqu'elle doit attendre deux heures entre la fin d'un plan et le suivant, elle s'ennuie du côté sportif des tournages québécois.

Isabelle Richer nous a donné envie d'écouter son balado intitulé Ma version des faits, qui arrive après celui de la collègue du Soleil, Isabelle Mathieu, et où elle aborde trois cas qui l'ont marquée. Dont celui de Julie Boisvenu, tuée en 2002, et à qui elle s'est identifiée. «Ça aurait pu être moi», dit-elle. Même si elle reconnaît qu'il a dépassé les bornes, la journaliste comprend les prises de position parfois radicales du père de la victime, Pierre-Hugues Boisvenu. «Le chagrin explique bien des choses. C'est vrai pour tous les parents d'enfants assassinés.» Même si «ça ne passera pas», elle admet aussi éprouver de la compassion pour Mario Bastien, qui a confessé le meurtre du jeune Alexandre Livernoche, en rappelant qu'il est né d'un inceste, et qu'il a été abusé sexuellement par des éducateurs. Une histoire qui ne pouvait pas bien finir, selon elle.

Seule une victime de vol d'identité sur 20 porte plainte, de peur de recevoir un accueil tiède de la police. Une erreur selon le professeur en criminologie Benoît Dupont, qui rappelle que les victimes vivent avec des séquelles psychologiques, ne dorment plus, ne font plus confiance à personne. Ça va même jusqu'au suicide. Le spécialiste en sécurité de l'information, Steve Waterhouse, déplore que les grandes institutions ne soient pas tenues responsables à la suite de fuites comme celles de Desjardins. Celui-ci a refusé de donner son numéro d'assurance sociale par courriel à l'équipe pour recevoir son cachet, une imprudence selon lui, mais donne volontiers ses numéros de cartes de crédit lors de ses achats sur le web, puisque les institutions en sont responsables. On n'est pas plus en sécurité avec Facebook, qui «peut faire ce qu'il veut avec nos données personnelles», affirme M. Waterhouse. Le président et de chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, a décliné l'invitation de Tout le monde en parle.

Yannick De Martino est fier du titre étrange de son spectacle, Les dalmatiens sont énormes en campagne. Dans une entrevue-psychanalyse – «c'pas pareil comme un podcast avec Mike Ward!» –, l'humoriste a parlé de son univers familial atypique, du fait d'avoir eu un enfant à 18 ans, peu de temps après avoir connu son propre père. Gagnant d'un concours d'humour au Mikes de Cowansville à 16 ans (!), il fait de l'humour davantage pour partager des idées que pour faire rire. «Moi quand j'ai fini, j'ai fini», dit-il au sujet de ses fins de monologues, souvent dépourvus de punchs. Jouer dans Like-moi!, un rêve, lui a permis de consolider sa confiance.

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«Rentre dans ton petit carré de sable, laisse pas un petit fil dépasser.» C'est ainsi que Catherine Dorion interprète les vives réactions à sa manière de se vêtir.