Lydia Bouchard, découverte comme maître de «Révolution» par plusieurs, et à qui je décerne l'étoile du match.

TLMEP: de la danse à la lutte

CHRONIQUE / De danse et de lutte, de coronavirus et de consommation d'alcool, «Tout le monde en parle» a ratissé très large dimanche soir. Mais entre Lydia Bouchard et le lutteur Pierre Carl Ouellet, il y avait pourtant plusieurs points communs insoupçonnés: de la mise en scène aux chorégraphies, du sens du spectacle et même de ces larmes qu'on retient.

Révolution a changé beaucoup de choses dans la vie de Lydia Bouchard, découverte comme maître par plusieurs sur ce plateau de TVA, et à qui je décerne l'étoile du match pour sa fraîcheur et sa passion contagieuse. Comme lorsqu'elle a fait changer ses pneus d'hiver, et que quatre garagistes sont venus lui parler de danse contemporaine! À 14 ans, alors qu'elle avait éclaté en sanglots devant ses camarades de danse, l'intransigeance d'une professeure l'a endurcie. Ce n'est qu'à Révolution qu'elle s'est permise à nouveau de pleurer. La danseuse, chorégraphe et maintenant romancière admet que le harcèlement existe dans son milieu; «il y a des maîtres qui doivent nous pousser», mais pas à n'importe quel prix, insiste-t-elle. Comme plusieurs de ses collègues, Lydia Bouchard a connu le yo-yo des régimes, considérée «trop grosse pour danser». «Si j'avais mis 50% de ce temps et de cette énergie-là à être une meilleure artiste, plutôt que d'essayer de gérer la grosseur de mes fesses, j'aurais pu faire tellement mieux.» Metteure en scène de spectacles du Cirque du Soleil, dont celui de l'amphithéâtre Cogeco l'été prochain, elle a mis 20 ans à obtenir le même salaire que ses collègues masculins. Gagne-t-elle autant que les autres maîtres à Révolution? «Je m'assure de l'équité salariale tout le temps», répond-elle. «Bravo à TVA d'avoir mis la danse au cœur de sa programmation», a écrit Dany dans sa carte.

À 62 ans, Michel Barrette monte son 12e et dernier spectacle L'humour de ma vie, qui mettra un point final à 40 ans de carrière. L'humoriste toujours plein d'anecdotes a failli l'intituler «OK boomer», en référence à ces mots envoyés à cette génération. C'est d'ailleurs ce mouvement qui lui a donné l'élan pour écrire un nouveau spectacle. «Si c'est le temps de me défendre, c'est ben là», affirme ce grand nostalgique. Simon Leblanc, qui a fait sa première partie à Val-d'Or, le fait crouler de rire. Au point de le faire douter de son propre talent. Il n'en peut plus d'entendre «Le temps d'une dinde», qu'un chauffeur de taxi lui a fait entendre en Jamaïque, et que son fils a entendu dans une discothèque à Berlin. L'animateur de Viens-tu faire un tour?, de retour pour une septième saison, lève les yeux au ciel quand on lui parle de voitures électriques, lui qui dit «capturer» les voitures polluantes pour les enfermer dans son «gros garage». Il aime courir avec ses fils, qui partagent sa passion pour les bolides.

C'est pour «créer un dialogue» et provoquer «une prise de conscience» que le directeur du Service de police de Longueuil, Fady Dagher, a initié le Projet Immersion; le stage d'immersion sociale et citoyenne a fait l'objet d'une série d'articles de Caroline Touzin dans La Presse. Les patrouilleurs Marie-Eve Cloutier et Charles-André Raymond y ont pris part sans uniforme et sans arme de service; une centaine de leurs collègues se sont déjà manifestés pour en faire autant. M. Dagher tente depuis 15 ans de dissiper les préjugés de ses policiers envers les personnes plus vulnérables, notamment aux prises avec des problèmes de santé mentale ou une détresse humaine, liés à 70% des interventions. Caroline Touzin, qui a passé cinq semaines avec eux, a constaté que les policiers disposent de peu d'aide devant les drames auxquels ils doivent faire face. Elle a expliqué le concept de fatigue de la compassion, qui rend les policiers plus froids et détachés. Au sujet de Richard Martineau, qui a tenu des propos disgracieux à son sujet à Qub Radio – «la job des journalistes, c'est d'être critique, pas de faire des blow jobs sloppy» –, Caroline Touzin a posé la bonne question: «Si jamais quelqu'un disait quelque chose comme ça de sa conjointe ou de ses filles, comment il réagirait?»

José Gaudet parraine le Défi 28 jours sans alcool, qui a lieu en février. Personne n'a levé la main quand Guy A. a demandé à l'assistance si les gens comptaient y participer, même s'il s'agit d'une des plus importantes levées de fonds au Québec. L'animateur, fier de voir décliner la consommation d'alcool chez les très jeunes ados, ne prend que deux à trois consommations par semaine. Le coanimateur de Ça finit bien la semaine à TVA est revenu sur son gag scatologique sur Gregory Charles à la radio, qui a très mal passé. «Ça a été épouvantable», dit-il de la tourmente qui a suivi, au cours de laquelle il affirme qu'il n'avait pas le droit de parler. «J'en suis pas fier, mais mon intention de base n'a jamais été mauvaise. J'ai pas voulu dénigrer ni les Noirs, ni Gregory Charles.»

Très éclairant cours d'infectiologie avec le microbiologiste Karl Weiss au sujet du coronavirus. Tout n'était pas rassurant dans son discours, mais j'ai retenu qu'on a tiré des leçons des épisodes de SRAS et de H1N1, en prenant des mesures de précaution supplémentaires et en isolant les personnes suspectées d'être atteintes. Le nouveau coronavirus – parce qu'il est en forme de couronne – origine du monde animal, peut-être des chauve-souris ou des serpents, et menace davantage les personnes âgées ou malades. «Au Québec, y'a pas de cas, faut pas s'énerver», a dit le Dr Weiss à l'hypocondriaque José Gaudet.

Champion en titre de la ligue de lutte professionnelle américaine Ring of Honor, le lutteur Pierre Carl Ouellet, que les anglophones surnomment «PCO», voudrait remplir le Centre Bell pour un combat revanche, à 52 ans. Quand il en avait 25, avec un gros compte de banque, il admet avoir eu la grosse tête et entretenu des relations toxiques avec d'autres lutteurs. Des facteurs qui ont mené à sa perte, avant un retour en force en 2017. Lydia Bouchard était curieuse: comment les combats sont-ils «arrangés»? «Même chose que tout bon show de télévision: c'est le public qui décide [de l'issue du combat]», répond le sympathique lutteur, la tête à moitié rasée. Même si les combats sont chorégraphiés, certains coups sont bien réels, et le sang qui coule, pas toujours du ketchup. On a vu sa mise en scène à TVA Sports chez Dave Morissette, qu'il a lancé sur une table qui s'est fracassée. Puis, il a versé une larme à la lecture de la carte de Dany, qui associait «PCO» à «professionnel, courageux, obstiné».

Pour commenter, rendez-vous sur ma page Facebook.

Suivez-moi sur Twitter.

Consultez QuiJoueQui.com.