Mike Ward a remporté quatre Olivier dimanche soir.

Mike Ward aux Olivier: la liberté triomphe

CHRONIQUE / Les quatre prix remis à Mike Ward aux Olivier dimanche avaient quelque chose de hautement symbolique, célébrant la liberté d'expression. Et ce, quelques jours après qu'il ait perdu sa cause en appel, dans l'affaire l'opposant à Jérémy Gabriel. Quatre beaux cadeaux sous le sapin, gracieuseté du public et de l'industrie de l'humour, qui célébrait ses meilleurs joueurs sur ICI Télé. Un gala qui promettait mais qui s'est essoufflé assez vite.

Des 12 trophées qui ont été remis, Mike Ward a donc eu droit aux Olivier du spectacle d'humour, de l'auteur, du podcast humoristique et à l'honneur ultime, l'Olivier de l'année, remis par le public. «On a le droit de rire de tout. La seule chose qui devrait compter, c'est le contexte et l'intention», a plaidé l'humoriste, qui en a profité pour remercier ceux qui l'ont soutenu depuis le verdict. «J'ai rien contre Jérémy Gabriel», a répété Mike Ward dans un discours fleuve, longuement applaudi par les spectateurs. «Dans un pays libre, on devrait laisser les artistes être des artistes.» Nommé quatre fois, Julien Lacroix est reparti avec l'Olivier de la capsule humoristique. Lise Dion a remporté le trophée du meilleur vendeur de l'année, François Bellefeuille, celui du numéro de l'année, et Mehdi Bousaidan, ceux du metteur en scène et du concepteur visuel. Le très prisé trophée de la découverte est allé à Sam Breton.

Lise Dion a mérité l’Olivier du meilleur vendeur de l’année.

Sauce superhéros

Après une ouverture spectaculaire à la sauce superhéros, les animateurs Pierre Hébert et Philippe Laprise ont cherché à haute voix leur successeur pour l'an prochain dans un numéro rempli de bons gags. Mehdi Bousaidan? «Il serait parfait, mais c'est la CAQ qui veut pas!» a envoyé Philippe Laprise, devant les protestations de la ministre Nathalie Roy. Et Mike Ward? «L'année prochaine, il ne pourra pas animer, il va être en prison!» Dans un segment un peu long, le duo s'est ensuite inventé une fondation, Pierre & Phil, pour soutenir... les enfants atteints d'otite. Accompagné des mascottes Tube et Oreillon, Bleu Jeans Bleu avait même une chanson sur mesure: «T'as p't'être une otite babe.»

Le duo d'animateurs avait trouvé une bonne punition pour les remerciements trop longs: «on va vous booker à l'émission «Faites-moi rire!»» Personne n'a abusé, heureusement. Moins bonne idée de coller aussi bien les enveloppes – l'incroyable imitateur Pierre-Luc Pomerleau en sait quelque chose. Hier, son François Bellefeuille était plus vrai que nature, son Louis-José Houde et son Laurent Paquin aussi.

Philippe Laprise et Pierre Hébert ont offert un numéro d’ouverture spectaculaire.

Souvent la cible des humoristes, le public avait intérêt à avoir de l'humour hier soir – c'est de bonne guerre. Laurent Paquin et Sam Breton se sont payés la traite dans un numéro assez vulgaire mais diablement efficace. Jean-François Mercier, lui, a voulu éviter les poursuites en parlant d'un «Français crosseur» nommé Gab Elmaillet, pour avoir volé «du stock probablement déjà volé». Allait-il sortir sa liste des humoristes québécois qui plagient? «Assez cave? Oui. Assez riche? Non.»

L’humoriste François Bellefeuille a gagné le trophée du meilleur numéro de l’année.

Lente apothéose

Certaines présentations ont commencé lentement avant de finir dans l'apothéose. Les choses ont changé pour les femmes en humour? Ovation pour Silvi Tourigny et Mélanie Ghanimé qui ont prouvé que, non, ça n'a pas changé tant que ça. «C'est drôle, Normand Brathwaite qui se met en bobettes?» a lancé Tourigny avant de se mettre elle-même en «fourche», suivie de Ghanimé, qui a imité Phil Roy en se montrant en «chest».

Catherine Éthier s’est distinguée avec ses capsules humoristiques.

En télé, l'Olivier de la série télé a été remis à Lâcher prise, signée Isabelle Langlois, alors que Roast Battle: Le grand duel, animée par Alexandre Barrette à Z, a été couronnée comédie télé de l'année. Le producteur chez ComediHa!, Sylvain Parent-Bédard, a souligné que l'émission bénéficiait d'une grande liberté d'expression, rappelant que «de nombreux pays à travers le monde» n'ont pas ce privilège.

Les oreilles les plus sensibles ont dû friser en entendant les gags salés et les sacres, pas mal nombreux dimanche, mais représentatifs de l'humour actuel – on aurait pu organiser un concours pour compter les «f**k you». Dans l'ensemble, Pierre Hébert et Philippe Laprise se sont bien acquittés de leur tâche, mais le gala a paru long en raison de numéros inégaux. Chaque duo de présentateurs finissait en chicane; une ou deux fois, ça va, toute la soirée, ça manque un peu d'originalité. Même drôle, le numéro où Arnaud Soly refaisait les voix d'humoristes ne l'était jamais autant que son numéro chanté de l'an dernier. Christine Morency est meilleure en spectacle qu'hier avec Phil Roy, où elle n'avait pas un texte à la hauteur. Bref, une soirée qu'on risque d'oublier assez vite.

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