Les deux premiers épisodes de la deuxième saison de la série «Léo», diffusée sur le Club illico et mettant notamment en vedette Marc Labrèche et Fabien Cloutier, ne déçoivent pas.

«Léo»: nouvelle administration

CHRONIQUE / Léo, le gars qui trouvait qu’il ne faisait rien de bon de sa vie, est sur une bonne lancée. Même qu’il s’apprête à prendre épouse, ce qui n’est pas rien dans son cas. Et avec Cindy (Marie-Laurence Moreau), la plus belle fille du canton.

Léo, la comédie de Fabien Cloutier déposée sur le Club illico il y a un an, et que diffusera TVA cet hiver, a été un de mes coups de cœur de la dernière saison. Si vous trouvez que nos comédies sont généralement très réalistes, c’est que vous n’avez pas encore vu Léo, ancrée dans la vraie vie de région, avec ses personnages, son langage, ses habitudes particulières, ce qu’il y a de plus vrai dans nos fictions du moment. Je ne le dis pas avec mépris, bien au contraire, c’est même tout ce qui fait l’attrait de cette comédie. Quand la fille du dépanneur parle, c’est la fille du dépanneur qu’on entend, pas une actrice. Au fait, si vous n’avez pas vu les 12 premiers épisodes, je vous suggère de ne pas lire ce qui suit.

Les deux premiers épisodes de la deuxième saison, toujours coécrits avec Steve Laplante et Érika Soucy, réalisés par Jean-François Chagnon et disponibles dès aujourd’hui sur le Club, ne m’ont pas déçu. Même si les noces approchent, Léo est encore loin de se passer la bague au doigt. Il devra avant cela conquérir le père de la mariée, ce qui n’est pas une mince tâche. Maurice (Daniel Gadouas) est un être froid, méprisant, qui n’a jamais accepté que sa fille quitte son Guillaume, le gendre parfait, dont il ressort le nom chaque fois qu’il en a l’occasion. Pour accueillir Léo, il lui ordonne de ne pas stationner son camion dans son entrée. Faudrait pas abîmer son beau pavé uni. Alors, imaginez quand Léo dit «jousent» au lieu de «jouent», il saute sur l’occasion pour l’humilier. Le premier souper de rencontre déborde de malaises.

À travers deux rires et trois absurdités comme on les aime, des moments plus touchants, il y en a dans Léo. Les oublis de plus en plus fréquents de la mère de Cindy, Ginette (Micheline Bernard), éminemment sympathique et qui adore Léo dès le départ, viendront brasser cette famille, qui n’aura pas le choix de se rapprocher si elle veut passer au travers. La force d’une bonne comédie est de pouvoir intégrer ces aspects plus dramatiques, et «Léo» en est le parfait exemple.

À l’usine Dubeau Gâteaux, c’est le branle-bas de combat avec l’arrivée d’une nouvelle administratrice, la fille du boss qui prend sa retraite, Jacynthe Dubeau, jouée par Catherine Chabot, révélée par le film Menteur. Là où on fait toute une histoire pour une place de stationnement — la nouvelle venue a osé emprunter celle de Perreault (Guillaume Cyr) —, ce changement en est un de taille. Surtout pour Couture (Marc Labrèche), à l’usine depuis 30 ans, qui part en guerre contre les objectifs de rentabilité de la patronne, pourtant remplie de bonnes intentions.

Ma seule déception de cette deuxième saison : l’absence d’Anne Dorval, qui n’a pu reprendre son rôle de mairesse et coiffeuse, un des éléments comiques les plus forts de la première saison. On explique qu’elle est partie parfaire ses talents de coiffeuse à Cincinnati. L’excellente Sandrine Bisson prend la place dans le rôle de Chantale, la sœur de Jessica, venue du Lac-Saint-Jean. Autre nouveau personnage : Reynald, le «mononc’» de Léo, un vieux garçon amateur de motos, joué par Pierre Lebeau. Même si Léo a en quelque sorte fait un «X» sur son ancienne vie, son chemin croise à nouveau celui de Chabot (Steve Laplante) et de Pouliot (Hubert Proulx), ce qui ne favorisera pas ses rapports avec le père de Cindy.

Ça n’arrête plus les bonnes nouvelles : voilà qu’on apprend qu’une troisième saison est déjà en chantier pour Léo. Compréhensible, quand on pense que la première a engendré deux millions de visionnements uniques. C’est Léo qui serait fier.