Au sujet de Stephen Harper, l’ancien premier ministre du Canada, Brian Mulroney, a dit poliment qu’il a été un bon manager de la société canadienne. «Mais est-ce que je passerais le réveillon avec lui? Je pense que non.»

Le charme Mulroney opère encore

CHRONIQUE / Brian Mulroney n'a rien perdu de son charisme. L'amertume de l'échec de Meech est encore bien palpable, mais l'humour et les qualités de conteur prennent vite le dessus chez l'ancien premier ministre du Canada, qui fêtera ses 80 ans mercredi, et à qui je décerne l'étoile du match.

À Tout le monde en parle, dimanche, il a offert une entrevue généreuse et franche, sans demi-réponses. L'homme aux origines irlandaises, qui arborait sa cravate verte pour la Saint-Patrick, est revenu sur les grands moments de sa vie politique, du traité de libre-échange à la libération de Mandela. Au sujet de Stephen Harper, il dit poliment qu'il a été un bon manager de la société canadienne. «Mais est-ce que je passerais le réveillon avec lui? Je pense que non.» «J'ai mal entendu», blague-t-il, lorsque Dany Turcotte le questionne sur Donald Trump. S'il dit bien s'entendre avec le président américain, il souligne qu'il perd de loyaux alliés en se collant à ses ennemis. «Le plus grand ennemi de Donald Trump, c'est Donald Trump», dit-il. M. Mulroney affirme ne plus en vouloir à Lucien Bouchard, mais il s'emporte soudainement en repensant à ce douloureux épisode de sa vie. «Je regrette ça amèrement», admet-il.

L'homme, qui joue les crooners à l'occasion, rédige actuellement ses mémoires; ça ne devrait pas être ennuyant. Il a défendu fermement sa fille Caroline, membre du gouvernement de Doug Ford, «la meilleure voix que les francophones de l'Ontario ne pourraient jamais avoir», clame-t-il. «C'est pas elle qui décide», fait-il remarquer au sujet de la décision de Doug Ford de couper dans les services aux francophones, écorchant au passage Amanda Simard, qui a quitté le gouvernement. Sa seule ligne qui manquait de classe dimanche.

Pour Jouliks, son deuxième long métrage, Mariloup Wolfe a dû obtenir la confiance de sa jeune vedette d'à peine sept ans, Lilou Roy-Lanouette, en lui proposant un drôle de défi sur le plateau de tournage. La bande-annonce annonce un film à mille lieues des «Pieds dans le vide», son premier long métrage d'il y a 10 ans. Mariloup Wolfe, qui souhaite réaliser aussi du côté anglophone, se prononce en faveur de la parité hommes-femmes dans l'attribution des subventions de la SODEC pour la production de films, un passage obligé pour mieux «créer un bassin de créatrices». «On n'offre pas des très gros budgets aux femmes encore», déplore-t-elle.

Catherine Fournier a répété essentiellement ce qu'elle a dit partout dans la dernière semaine. Elle n'a pas souhaité attendre aux états généraux en septembre avant de démissionner, parce qu'elle ne croit plus aux tentatives de renouveler la formation politique. «Le Parti québécois a manqué le bateau à tellement de reprises pour le changement», dit-elle. «Je suis tannée qu'on blâme les autres pour nos problèmes», poursuit Catherine Fournier au sujet du livre de Jean-François Lisée, qui s'en prend notamment aux médias pour expliquer la déroute du PQ. La députée indépendante de Marie-Victorin ignore si elle se représentera aux prochaines élections, et reconnaît qu'il pourrait prendre plus de trois ans et demi à fonder une nouvelle formation politique.

Beaucoup d'athlètes se sont retirés trop tard. «Je ne voulais pas faire la même erreur», affirme Georges St-Pierre, jeune retraité des combats extrêmes. «Bien sûr que je l'aurais gagné!» s'emballe-t-il au sujet du combat qu'il aurait aimé avoir contre le Russe Khabib Nurmagomedov, auquel s'est objectée la UFC. St-Pierre ne s'ennuiera certainement pas des journées de combat, en raison de «l'insupportable» stress qui les entourent. L'athlète ne veut pas perdre la forme, mais avoue manger parfois du fast food et consommer de l'alcool, mais jamais de drogues. Combattant redoutable, Georges St-Pierre ignore s'il pourrait être un bon entraîneur. L'attendent dans sa retraite séminaires, conférences et projets de films, en plus de sa vie d'entrepreneur en équipement d'entraînement.

«On n'a jamais autant pu s'exprimer sur la place publique», souligne la journaliste Judith Lussier, auteure de l'essai On ne peut plus rien dire – Le militantisme à l'ère des réseaux sociaux. «On commence à découvrir que des gens peuvent nous répondre», poursuit-elle, se réjouissant que ceux qu'elle appelle les «guerriers de la justice sociale» aient désormais des interlocuteurs pour répliquer à leurs réflexions enflammées sur le racisme, le féminisme et les enjeux d'identité sexuelle et de genre. À Judith Lussier, qui s'interrogeait sur la nécessité d'envoyer un troll en prison pour ses propos haineux, Catherine Fournier a raconté avoir porté plainte après avoir été identifiée avec des armes sur Facebook. L'auteur de la publication a passé quelques mois en prison et a dû suivre une thérapie, d'où la nécessité de dénoncer ce genre de pratiques.

Belle entrevue avec le charismatique Idan Raichel, grande star de la musique en Israël, dont l'oeuvre repose sur le métissage culturel. Constatant que la radio israélienne ne jouait que de la pop américaine et britannique, il a invité plus de 150 artistes à se joindre à lui pour créer un premier album, du sous-sol de ses parents; il voulait entendre la voix des gens de la rue, des immigrants, qui composent la culture israélienne d'aujourd'hui. «On contribue à combattre le racisme et on montre qu'il est possible de construire des ponts entre les cultures», croit l'artiste, aussi très influencé par la musique éthiopienne. «La paix n'est pas le contraire de la guerre. Le contraire de la guerre, c'est l'absence de guerre. La paix est la volonté que les frontières s'ouvrent», a lancé Idan Raichel, qui sort volontiers discuter avec les manifestants qui invitent à boycotter ses spectacles.

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