L'attachante famille Groulx au grand complet – 10 enfants et un 11e en route – avait investi le studio 42.

La tornade Groulx à «TLMEP»

CHRONIQUE / Amour du français, sentiment d'injustice et colère d'une dame du public ont rendu le plateau de «Tout le monde en parle» bien vivant dimanche. Et avec plein d'enfants qui grouillent, la tornade Groulx a joyeusement frappé le studio.

Le plateau s'est transformé en véritable terrain de jeu en début d'émission. Et pour cause: l'attachante famille Groulx au grand complet – 10 enfants et un 11e en route – avait investi le studio 42. Une visite aussi réjouissante qu'étourdissante, à l'image de ce clan dont le public de Canal Vie suivra le quotidien pour une troisième saison. Très drôle de voir les enfants peu intéressés par l'entrevue de leurs parents Pascal Groulx et Tara Lawson; un des plus jeunes a craché de l'eau, un autre a décroché le micro de sa mère, les autres donnant bien du fil à retordre à leur grande sœur Bianca. Il a fallu que le père s'impatiente pour que les enfants retrouvent un semblant de calme. Le couple n'achète rien à crédit, et a attendu à dimanche, jour de la diffusion de l'émission, pour se marier. Une lune de miel? N'y pensez pas. 

La francophonie canadienne ne pouvait trouver trois meilleures porte-paroles pour répondre à Denise Bombardier, qui était en studio une semaine plus tôt. De manière très éloquente, ces femmes, à qui je décerne l'étoile du match, sont venues témoigner de leur amour de la langue française, en plus de souligner la vivacité des communautés francophones à travers le pays. La politologue franco-ontarienne Stéphanie Chouinard parle d'une stabilité et même d'une augmentation du nombre de francophones dans certaines provinces. Caroline Gélineault a été applaudie pour avoir tenu tête dans le documentaire à Denise Bombardier, qui reprenait un étudiant sur son langage. «C'est quelque chose qu'on vit presque au quotidien», déplore-t-elle, parlant d'un comportement «frustrant, pas nécessaire et contre-productif» à l'égard des communautés francophones. «On a le même objectif mais on n'a vraiment pas les mêmes moyens pour l'atteindre», a-t-elle ajouté au sujet de Denise Bombardier, que Guy A. a tout de même défendue à quelques reprises. Étudiante franco-manitobaine, Chloé Freynet-Gagné en est venue aux larmes en disant comment ses parents lui ont fait chérir cette langue, qu'elle souhaite cultiver, sa vie durant. «Ensemble, on est plus forts. […] Racontons-nous, jasons-nous!» a-t-elle lancé, comme un souhait. La carte du fou du roi: «Lisa LeBlanc nous le fait enjoyer, Damien Robitaille aime le faire jammer et Denise Bombardier adore le «perler», mais le plus beau avec notre français, c'est de le faire évoluer et avant tout de l'aimer.»

Stéphanie Chouinard, Chloé Freynet-Gagné et Caroline Gélineault sont venues témoigner de leur amour de la langue française.

Billy Taillefer et Hugues Duguay sont restés discrets durant leur entrevue, encore visiblement brisés par les 12 années qu'ils ont passées derrière les barreaux pour le meurtre de la jeune Sandra Gaudet, avant d'être innocentés et libérés. Une histoire bouleversante racontée dans l'excellente série documentaire Meurtriers sur mesure, disponible sur le Club illico. «Les policiers se sont entêtés alors qu'il y avait des preuves flagrantes qui contredisaient leur thèse», a raconté le criminaliste Richard Dubé, sur l'enquête jugée bâclée qui a mené à l'arrestation des deux hommes à Val-d'Or. Il se montre sévère à l'endroit du juge François Tremblay, qu'il accuse de s'être montré hostile aux accusés durant le procès. «Il a écrasé la preuve d'alibi devant les jurés et surévalué la preuve de la Couronne», martèle Me Dubé. «En Abitibi, la majorité de la population pense encore que c'est nous. [...] Pour eux, on est des crapules», affirme Hugues Duguay. Izabel Chevrier souhaite que la série puisse dissiper ce malaise toujours présent parmi la population. Le souhait de Billy Taillefer: que l'auteur du meurtre de Sandra Gaudet soit enfin identifié.

À 50 ans, l'âge du «lâcher prise», Maxim Martin a intitulé son spectacle Fuckoff, son cinquième en solo. Il a senti ses collègues Jean-Michel Anctil et Stéphane Rousseau plus libres que jamais dans leur dernier spectacle, ce qui l'a inspiré. La série Max et Livia, dans laquelle il partage la vedette avec sa fille à VRAK, raconte en partie leur vraie vie. «On se raconte tout», confie l'humoriste. On est revenu sur le chum de sa fille, Clément Ouimet, décédé en vélo. Une terrible épreuve dont on peut se sortir, dit aujourd'hui Livia. Il a aussi été question de William, autre enfant de Maxim, qu'il ne connaît que depuis quelques années, et qui a lui-même réclamé que son père en parle publiquement. Sobre depuis plusieurs années, il est passé «de la ligne de coke à la ligne d'arrivée», a dit Guy A., poussant son corps au maximum, même trop. «T'es encore un drogué», se dit-il en constatant ses excès dans le sport, lui qui additionne marathons et Ironman.

Le trio d'Extinction Rebellion Québec était manifestement en territoire ennemi, et personne n'a pu accuser l'animateur et son fou du roi de complaisance à son endroit. L'atmosphère était tendue durant l'entrevue avec Chantal Poulin et Yann Robitaille, qui ont escaladé le pont Jacques-Cartier mardi dernier pour dénoncer l'inaction contre les changements climatiques. Une dame de l'assistance a bondi quand il a été question de ces personnes malades, qui ont raté leur traitement de chimiothérapie à cause de la fermeture du pont. «Si votre mère avait été malade, est-ce que vous auriez fait la même action?» a-t-elle demandé à Chantal Poulin, qui a répondu par l'affirmative, et pour qui cette fermeture était «un moindre mal, pour avoir aujourd'hui une tribune». «Plus il y a d'inaction politique, plus la rébellion sera grande», prévient François Léger Boyer, coordonnateur du mouvement, qui demande rien de moins qu'«un effort de guerre». «On s'est sûrement fait des ennemis, mais on s'est fait beaucoup plus d'amis, j'en suis convaincue», affirme fièrement Chantal Poulin, membre de Québec solidaire, qu'elle dissocie complètement d'Extinction Rebellion Québec.

Fascinant de voir comment Jean-Michel Blais joue de son instrument, le piano, assis ou debout, contre toute convention. Compositeur de la musique du film Matthias et Maxime de Xavier Dolan, dont une partie a été improvisée, l'artiste de formation classique fait éclater ce style pour offrir un genre inclassable. Très beau d'entendre Angèle Dubeau et La Pietà reprendre une de ses œuvres. Après ses 78 millions d'écoutes sur Spotify, qui lui ont permis de traverser les frontières, Jean-Michel Blais a certainement fait de nouveaux adeptes au terme de cette pacifique entrevue, qui concluait l'émission de belle façon.

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