«District 31», qui attirait la saison dernière 1,6 million de fidèles assoiffés, revient lundi prochain, à 19h.

«District 31»: l’enfer de Bruno

CHRONIQUE / Comment va Bruno Gagné? Quelques mois après avoir heurté une fillette en pourchassant Yanick Dubeau, le sergent-détective joue les durs. Mais ça ne prend pas une grosse boule de cristal pour deviner qu’il ne va pas bien.

C’est ainsi qu’on reprend notre vie normale à 19h, avec le retour lundi prochain de District 31 sur ICI Télé, pour la quatrième saison. À l’ère où plusieurs se débranchent du câble, la quotidienne produite par Fabienne Larouche et Michel Trudeau attirait la saison dernière 1,6 million de fidèles assoiffés. Il est à peu près clair que c’est dans la poche pour une cinquième saison.

Dans ces quatre premiers épisodes, montrés à une poignée de chanceux journalistes mardi, il n’est plus question des Services secrets, de Léopold Jean ou de Christian Phaneuf, mais de tout autre chose. Encore une fois, Michel Charette vous émouvra dans la peau d’un homme fragilisé, pour ne pas dire anéanti. Il faut dire qu’une femme fera de la vie de Bruno un enfer, en le harcelant de toutes les façons. Geneviève Schmidt, qui excelle dans tous ses rôles, est hallucinante dans celui de la mère de la petite victime. Et vous ne savez pas jusqu’où Mme Riopelle peut aller pour venger la mort de sa fille. Oh que non.

Une grosse intrigue des premières semaines concerne l’ayahuasca. L’auteur Luc Dionne avait appris l’existence de cette boisson hallucinogène dans un reportage d’Enquête, il y a quelques années. Composée de racines et de lianes, l’ayahuasca — que Sonia Blanchard (Pascale Montpetit) prononce «la yamaska» — n’est pas considérée comme une drogue par Santé Canada malgré ses effets délirants. Même qu’il est permis d’en importer si vous faites partie d’un groupe religieux. Un suspect qui en a fait usage se retrouvera dans une bien fâcheuse situation. Toute la question autour de cette loi absurde, disons-le, est fort intéressante. L’autre grosse intrigue tourne autour d’un chef de la mafia, et implique le retour de Mathieu Baron, qui parle un italien impeccable, dans le rôle de l’enquêteur du crime organisé Nick Romano. Mais là-dessus, je m’en tiendrai à ça.

Dans les semaines à venir, vous verrez surgir le nouveau sergent-détective Florence Guindon (Catherine Proulx-Lemay), une policière d’expérience, dure, qui ne s’en laisse pas imposer. Elle prend la relève d’Isabelle aux crimes familiaux, Hélène Bourgeois Leclerc ayant choisi de quitter la série. Puis, Yves Jacques, qu’on voit trop rarement, fera son entrée dans le rôle d’un coroner. Mais pourquoi je ne vous parle pas de Yanick Dubeau (Patrice Godin)? Aux dernières nouvelles, le tueur en série courait toujours dans la nature. Et ce n’est certainement pas moi qui vous dirai où il est. Allez, souffrez encore un peu!

NOUVELLE SÉRIE POUR PIER-LUC FUNK

Disons que Pier-Luc Funk est très en demande cette année. En plus de le voir cet automne dans Fragile, la nouvelle série de Serge Boucher, j’ai appris que Catherine Brunet et lui seront les vedettes d’une nouvelle série destinée aux jeunes adultes, intitulée Pour toujours, plus un jour, et produite chez Passez Go, qui nous a donné Le chalet à VRAK. Quatorze épisodes de 30 minutes composent la première saison, prévue pour l’hiver prochain sur une chaîne de Bell Média.

Dans cette nouvelle comédie dramatique, Pier-Luc Funk incarne Chuck, atteint d’une maladie incurable qui ne lui laisse que peu de temps à vivre. Avec sa blonde Delphine, jouée par Catherine Brunet, il décide de faire tout ce dont il a envie, sans réfléchir, et ça risque de donner lieu à tous les excès. Deux de leurs amis sont interprétés par Karl-Antoine Suprice et Victoria Diamond, alors que Rémi Goulet joue le frère de Chuck, et Isabelle Brouillette, leur mère. Guillaume Girard est l’auteur principal de la série, en plus de l’avoir développée avec Kristine Metz. Érika Soucy et Patrick Dupuis les secondent aux textes. Marie-Claude Blouin, qui réalisait Le chalet, est de retour derrière la caméra.

LE GRAND PIERRE NADEAU

Pierre Nadeau était un monument du journalisme, un modèle pour bon nombre de mes collègues et moi. Un grand monsieur, un gentleman que j’ai eu le privilège d’interviewer il y a plusieurs années au moment de la publication de sa biographie, intitulée L’impatient. Il est décédé hier à 82 ans, dans les bras de sa fille Pascale, qui vient à peine de perdre sa mère, France Nadeau, aussi animatrice et journaliste, en juillet dernier.

J’admirais Pierre Nadeau, le vulgarisateur. Mais j’adulais aussi l’interviewer redoutable, le maître du hot seat, un art qui se pratique de moins en moins à la télévision. Après un trait d’humour, il pouvait coincer son invité et ne plus le lâcher. C’était beau à voir.

Depuis plusieurs années, la maladie de Parkinson l’avait tenu à l’écart de la sphère publique, même s’il n’avait rien perdu de son esprit et de son humour. La télé a perdu un de ses grands.