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Télé et radio

Décès de l’animateur sportif Jean Pagé à 73 ans

CHRONIQUE / L'animateur Jean Pagé, qui a connu une longue carrière à la couverture des sports à la télé comme à la radio, est décédé à l'âge de 73 ans, des suites d'un cancer de la prostate. Il a terminé paisiblement ses jours dans sa demeure de Morin-Heights dans les Laurentides, entouré de ses proches.

L'animateur avait appris être atteint du cancer de la prostate en décembre 1995. Depuis, il agissait comme porte-parole de Procure, un organisme qui sensibilise les hommes à l’importance du dépistage et de la prévention de cette forme de cancer. Il a aussi fondé la Marche du Courage Procure en plus d'initier la Randonnée du Courage Pat Burns. À sa visite à Tout le monde en parle le 17 novembre dernier, Ron Fournier confiait que son ami en était à l'étape des soins palliatifs.

Né à Chicoutimi, où il a entrepris sa carrière à la station CJMT, Jean Pagé a par la suite complété un baccalauréat en sciences politiques à l'Université Laval. C'est en 1973 qu'il fait son entrée à Radio-Canada, d'abord à la station de Québec, avant de prendre la direction de Montréal.

Jean Pagé a alors joint l'équipe de rêve des sports à Radio-Canada, avec les René Lecavalier, Serge Arsenault, Richard Garneau, Lionel Duval et plusieurs autres. À cette antenne, où il a passé 30 ans, il a tout fait, La soirée du hockey, L'univers des sports, Les héros du samedi, le tennis, le patinage artistique, la Formule 1, en plus d'avoir été chef d'antenne aux Jeux olympiques, qu'il a couverts à une douzaine de reprises.

Le récipiendaire de huit trophées Artis a créé la surprise en quittant le diffuseur public pour TQS en 2003, où il passera huit années à l'animation de 110%, puis de L'attaque à 5. Une décision qu'il n'avait pas prise à la légère. «Ça me fait beaucoup de peine de partir. J'y ai beaucoup pensé, ça a été un choix déchirant. Je me levais la nuit, me demandant si c'était une bonne décision», m'avait-il alors confié.

Dans les dernières années de sa carrière, il a animé les courses d'IndyCar et le patinage artistique à TVA Sports, en plus de remplacer à l'occasion au micro du 98,5 FM à Montréal. Il laisse dans le deuil son épouse Brigitte Bélanger ainsi que ses enfants, Isabelle, Alexandra, Elisabeth et William.

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Télé et radio

Conseils à suivre... ou pas

CHRONIQUE / Vous tombez sur le journal intime de votre ado, le lisez-vous? Parleriez-vous de votre vie sexuelle avec votre fille de 20 ans? Vous achetez un beigne, laissez-vous un pourboire? Huit duos de vedettes se sont penchés sur ces questions un peu futiles, et bien d’autres, dans la nouvelle série «Conseils d’amis», à l’horaire de Canal Vie à partir du lundi 6 janvier à 20h. Un genre de «Code F» et «Code G», mais plus adulte.

La série de huit demi-heures est une adaptation d’un format britannique intitulé Celebrity Advice Bureau, beaucoup plus axé sur la vie professionnelle. Conseils d’amis se consacre davantage à la vie familiale. La première que j’ai vue comprend trois duos : Ève Landry et Geneviève Schmidt, Patrice Robitaille et Fabien Cloutier, et Marie Soleil Dion et Louis-Olivier Mauffette, qui lisent des questions sur des cartons, à propos de tout et de rien. C’est souvent très drôle, même si plusieurs questions finissent sans véritables réponses. Ma femme ronfle, qu’est-ce que je fais? Les artistes y réfléchissent à voix haute sans en tirer de conclusions. Même chose pour : je veux partir de Québec, quelle ville me suggérez-vous? Au fond, les réponses importent peu, c’est la façon dont les duos réfléchissent aux questions qui rend le concept intéressant. Parce qu’il ne ressort aucune philosophie bien profonde de tout ça; on reste dans la légèreté. Je ne me fierais pas trop là-dessus pour prendre une décision importante.

Ève Landry semble avoir adoré l’expérience. «Ça faisait longtemps que je n’avais pas ri comme ça», confie la comédienne, qui n’avait lu aucune question avant l’enregistrement, comme tous ses collègues. Chacun improvise les réponses comme ça lui vient. Le tiers est emprunté à la version britannique, les deux autres sont des questions créées de toutes pièces par l’équipe de Datsit Sphère. Les autres duos sont formés d’Antoine Vézina et Tammy Verge, Mélanie Maynard et Rosalie Bonenfant, Rosalie Vaillancourt et Pierre-Yves Roy-Desmarais, Sylvie Léonard et Sophie Cadieux, ainsi que Pierre-Yves Lord et Karine Gonthier-Hyndman. Au fait, Louis-Olivier Mauffette admet avoir déjà brassé un peu de monnaie dans le pot de pourboires au comptoir pour faire croire qu’il en donnait un. Pas très généreux, mais honnête.

RICHARD THERRIEN

Les Olivier en hausse

BLOGUE / Le Gala Les Olivier a attiré 1 359 000 téléspectateurs dimanche sur ICI Télé, comparativement à 1 215 000 l'année dernière. L'avant-gala en a quant à lui rallié 702 000, contre 565 000 en 2018.

C'est néanmoins le gala de 2016 qui détient le record d'écoute avec 2 018 000 téléspectateurs.

Sur V, L'heure de vérité d'Occupation double Afrique du Sud a attiré 793 000 curieux, suivie de OD vu par..., qui en a retenu 339 000.

Dans les circonstances, TVA s'en est sortie honorablement, avec 650 000 qui ont regardé L'expérience Messmer, et 601 000, P-A Méthot: party 90.

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Télé et radio

Mike Ward aux Olivier: la liberté triomphe

CHRONIQUE / Les quatre prix remis à Mike Ward aux Olivier dimanche avaient quelque chose de hautement symbolique, célébrant la liberté d'expression. Et ce, quelques jours après qu'il ait perdu sa cause en appel, dans l'affaire l'opposant à Jérémy Gabriel. Quatre beaux cadeaux sous le sapin, gracieuseté du public et de l'industrie de l'humour, qui célébrait ses meilleurs joueurs sur ICI Télé. Un gala qui promettait mais qui s'est essoufflé assez vite.

Des 12 trophées qui ont été remis, Mike Ward a donc eu droit aux Olivier du spectacle d'humour, de l'auteur, du podcast humoristique et à l'honneur ultime, l'Olivier de l'année, remis par le public. «On a le droit de rire de tout. La seule chose qui devrait compter, c'est le contexte et l'intention», a plaidé l'humoriste, qui en a profité pour remercier ceux qui l'ont soutenu depuis le verdict. «J'ai rien contre Jérémy Gabriel», a répété Mike Ward dans un discours fleuve, longuement applaudi par les spectateurs. «Dans un pays libre, on devrait laisser les artistes être des artistes.» Nommé quatre fois, Julien Lacroix est reparti avec l'Olivier de la capsule humoristique. Lise Dion a remporté le trophée du meilleur vendeur de l'année, François Bellefeuille, celui du numéro de l'année, et Mehdi Bousaidan, ceux du metteur en scène et du concepteur visuel. Le très prisé trophée de la découverte est allé à Sam Breton.

Richard Therrien

Janie et Marcio: la danse qui envoûte

CHRONIQUE / Leur ultime révolution faisait penser à l’œuvre d’un grand peintre. Et résumait parfaitement leur prodigieux parcours au rendez-vous dominical de l’automne à TVA : volupté, pureté et grâce. Janie et Marcio ont ébloui les Maîtres comme le public, finissant vainqueurs de la deuxième saison de «Révolution» dimanche dernier, devant Adriano et Samantha, qui avaient pourtant obtenu la meilleure note à leur première prestation de la soirée.

«Il fallait que ce soit efficace, on ne voulait pas aller dans les paillettes et le fla-fla, parce qu’on n’a jamais fait ça de toute façon», me confie Janie Richard, encore sur un nuage, deux semaines après le tournage de cette finale. Et dire que cette dernière révolution, son partenaire et elle l’ont modifiée à la dernière minute, un choix risqué qui aurait pu leur être fatal.

Elle a 32 ans, vient de Terrebonne, lui en a 29, est originaire du sud du Brésil. Marcio Vinicius Paulino Silveira s’est installé au Québec il y a déjà neuf ans, alors qu’il ne parlait ni français ni anglais, ce à quoi il a joliment remédié depuis. Après avoir évolué au sein de la troupe de danse La La La Human Steps et contribué à la dernière production de cette compagnie montréalaise, dissoute en 2015, il a depuis enchaîné les contrats, en plus de donner des ateliers. Après avoir changé de partenaire à cinq reprises dans une production, Janie a fait appel à lui, et ça a tout de suite cliqué entre eux. C’était le bon.

Ils ont souri quand un des Twins leur a fait remarquer qu’ils fakaient bien le rapport amoureux. «On n’a jamais joué la relation amoureuse. On est des amis, et on a encore plus développé notre symbiose avec Révolution, en étant chaque jour ensemble depuis neuf mois», souligne Janie, qui a dû se montrer convaincante pour qu’ils participent ensemble à l’émission. Marcio n’était pas chaud à l’idée. «Même moi, je n’étais pas confiante à 100 %. Mais Révolution, on ne sait pas pour combien d’années c’est là encore. On s’est laissé prendre au jeu. Après notre première performance, c’était magique. On n’avait jamais rien vécu de tel, avec des gens tout autour de nous qui réagissent. Ce n’est pas du tout commun. On était comme dans un rêve.»

Il s’en est fallu de peu pour que les choses tournent au drame. À deux jours du tournage de cette deuxième saison, au cours de la toute dernière répétition, une blessure a failli mettre fin au rêve du duo : «mon biceps a lâché durant un porté vraiment simple», raconte Marcio. «Je pensais que j’avais déchiré son chandail, tellement le bruit était fort», poursuit Janie, qui admet avoir pleuré toutes les larmes de son corps, persuadée devoir annuler leur participation. Aussi horrible que la blessure puisse paraître, et malgré un premier pronostic pessimiste d’une physiothérapeute, aucune chirurgie n’a été nécessaire et Marcio n’a éprouvé aucune douleur récurrente. «Ça arrive fréquemment aux joueurs de football, qui laissent les choses comme ça», explique Janie. Et Marcio est un combattant, de sorte que rien n’a jamais paru à l’écran.

Janie ne se serait pas imaginé devoir danser en solo, comme Alex Francœur, qui a dû s’y résigner à la finale, son partenaire ayant abandonné la compétition pour dire oui à un important contrat. «Je n’ai jamais aimé danser en solo. Lydia [Bouchard, une des Maîtres] l’a dit à Alex : “c’est tellement intime, les gens sont tellement rivés sur toi, ça prend beaucoup de courage pour danser seul.” Il y a une chimie, une énergie à deux qui m’interpellent beaucoup plus que de performer pour performer», me dit cette maman d’une fille de six ans.

Depuis leur première apparition à Révolution, Janie et Marcio n’ont jamais dévié de leur nature profonde, alliant poésie et simplicité. «On ne veut pas juste danser pour danser, on veut transmettre un message, laisser une trace», confie Janie. Le duo a su tirer profit du concept très rassembleur de l’émission de TVA. «On voyage dans des pays où les gens paient très cher pour voir des spectacles de danse, et de savoir qu’on a l’opportunité de partager notre passion avec un si large public, de rendre cet art plus accessible, c’est une grande satisfaction. C’est pour ça qu’on a choisi la simplicité, pour que les gens puissent connecter avec nous», affirme Marcio.

Non seulement le duo a-t-il eu carte blanche dans l’orientation de ses chorégraphies, mais il a pu imposer certaines contraintes à la production, comme l’installation d’un escalier en colimaçon pour le numéro de la demi-finale. «J’étais rushante avec la production! On proposait des idées, ils ont accepté tout ce qu’on a voulu faire», admet Janie. Le duo se retrouvera avec les autres finalistes lors d’une tournée qui l’amènera dans cinq villes québécoises. La mise en scène est assurée par Serge Denoncourt, et Team White, duo gagnant de l’an dernier, se charge des chorégraphies. Les spectacles commencent le 20 février à Montréal, avant de passer par le Capitole en mars, puis Saguenay, Sherbrooke et Trois-Rivières. «On est passé de 21 spectacles à 33, et il y a déjà plus de 5000 billets vendus», se réjouit Marcio.

En plus d’avoir été renouvelée pour une troisième saison à TVA, Révolution commence à s’illustrer sur la scène internationale, puisque le concept original de Fairplay et Québecor Contenu est adapté en Lituanie, en Russie, de même qu’en Chine, où il a rallié plus de 20 millions de téléspectateurs dès sa première diffusion. D’autres territoires ont déjà manifesté leur intérêt pour ce format québécois.

Télé et radio

Hélène Florent mène l’enquête

CHRONIQUE / Elle a joué une procureure aux assises, une écrivaine, une soigneuse au hockey, une détenue pédophile... mais jamais d’enquêteuse. Dans «Eaux turbulentes», une minisérie tournée dans le nord de l’Ontario, Hélène Florent y remédie avec le personnage de l’enquêteuse Marianne Desbiens, de retour dans sa ville natale avec avoir commis une bavure policière.

«C’est une force tranquille, une femme qui ne parle pas beaucoup, mais très intuitive, très sensible. Elle a une grande empathie, les gens ont une facilité à se confier à elle. Elle s’investit beaucoup, parfois trop», me confie l’actrice, à quelques jours de la diffusion des quatre épisodes sur ICI ARTV, le vendredi à 19h à compter du 13 décembre. L’œuvre signée Marie-Thé Morin, une autrice franco-ontarienne, est réalisée par Lyne Charlebois et coproduite par une boîte ontarienne, Bliktv, et par KOTV. Nul doute qu’ICI Télé la diffusera dans un avenir rapproché.

Hélène Florent commence à bien connaître les tournages en dehors de Montréal, elle qu’on a vue à travers les années dans Belle-Baie et Conséquences, deux productions du Nouveau-Brunswick, de même que dans La dérape, dont la troisième et dernière saison vient d’être tournée à Québec, où elle revient régulièrement puisqu’elle en est originaire. Pour Eaux turbulentes, c’était la première fois qu’elle mettait les pieds à Sudbury et dans la région de Onaping. «Les acteurs du coin jouent rarement en français, même s’ils sont francophones. Ils étaient contents de pouvoir le faire avec nous. En plus, ils ont de beaux personnages, pas des faire-valoir», précise la comédienne, qui parle de conditions de tournage bien particulières où elle côtoie beaucoup d’acteurs locaux. «Si loin de chez nous, il se crée une plus grande disponibilité, on est là uniquement pour ça. Le soir, on retourne à l’hôtel, sans les soucis et les responsabilités du quotidien. Il y a une belle proximité au sein de l’équipe.»

Alors qu’on a tendance à sous-estimer certaines régions de l’Ontario, Hélène Florent n’a retenu de son séjour là-bas que des paysages fantastiques. «Les rivières, les lacs, les forêts, mais aussi les mines, les cheminées. Les lieux sont magnifiques et on en voit beaucoup dans la série. J’ai été étonnée de constater à quel point les lacs, les forêts sont vraiment tout près de la ville.»

Bien entendu, la réalité autochtone fait partie intégrante de la série, comme c’est le cas dans cette région de l’Ontario. Mais aussi parce qu’à son retour à Queensbury (ville fictive), Marianne Desbiens doit enquêter sur la mort d’une jeune autochtone, dont le corps est retrouvé près de la rivière. Pour Marianne, qui a quitté Ottawa un peu dans l’humiliation, cette enquête prendra la forme d’une quête de rédemption. Avec ses deux collègues, joués par le Québécois Gabriel Sabourin et l’Ontarien Jean-Michel Le Gal, elle voudra aller au fond des choses, non sans découvrir que l’affaire la concerne beaucoup plus qu’elle ne l’aurait soupçonné. «L’enquête va bouleverser la communauté mais aussi sa famille», me dit-elle. En parallèle de l’enquête, on suivra les retrouvailles du fils adolescent de Marianne, Billy (Jacob Whiteduck-Lavoie), avec son père, Joe Naveau (Charles Bender), qu’il n’a pas vu depuis longtemps. L’occasion de découvrir des visages peu familiers ou même inconnus du public québécois.

Hélène Florent a aussi apprécié le caractère très réaliste du bureau d’enquêteurs. «J’avais l’impression qu’on ne jouait pas à la police. On n’est pas du tout dans une série américaine, on est dans le nord de l’Ontario, le bureau est un peu improvisé dans le sous-sol à cause de rénos. C’est une petite équipe, ils font ce qu’ils peuvent. Nous formons un beau trio.»

Ce rôle est arrivé dans la carrière d’Hélène Florent quelques mois après celui de Macha Vallières dans Unité 9, qui prenait fin le printemps dernier. Un rôle certainement marqué d’une étoile dans son parcours, qu’elle aurait volontiers joué plus longtemps. «J’ai été chanceuse, j’ai eu de très beaux rôles, mais des personnages qui t’amènent aussi loin comme actrice, c’est rare.» Traiter de pédophilie au féminin avait pourtant sa part de risques. «C’est un tour de force de la part de l’auteure. Elle réussissait à donner de l’humanité à des personnages qui semblaient inaptes à en recevoir. Quand j’ai commencé, on me tirait des roches [au figuré]; à la fin, on pleurait avec elle. L’auteure voyait l’humain au-delà du crime, elle n’était pas intéressée tant par ce qu’elles avaient commis que par ce qui se passe après.»

Difficile de parler à Hélène Florent sans évoquer le décès récent d’Andrée Lachapelle, qui jouait Mme Baer dans La galère, un personnage qui a eu recours au suicide assisté. «C’est une icône pour moi. On voudrait toutes être Andrée Lachapelle», affirme la comédienne, qui l’a côtoyée durant cinq saisons sur le plateau de la série de Renée-Claude Brazeau. «Quand elle était avec nous, elle était comme la cinquième de la gang. Elle avait l’air d’une gamine avec nous, elle n’avait pas d’âge. Mon personnage était très attaché à cette femme-là, qu’elle considérait comme sa mère plus que sa propre mère. Ça m’a marquée aussi comme actrice.»

L’automne a aussi permis à Hélène Florent de faire son retour au cinéma en tournant Les oiseaux ivres d’Ivan Grbovic et Sara Mishara (Roméo Onze) avec Claude Legault, Marine Johnson et Jorge Antonio Guerrero, un acteur mexicain qui a joué dans Roma. Ses dernières apparitions au grand écran remontaient à Sarah préfère la course et surtout Café de Flore. La comédienne enchaînera d’ailleurs cet hiver avec un autre long métrage, qu’elle préfère tenir secret pour le moment.

Télé et radio

«Le 422»: un Noël fantastique à Télé-Québec

CHRONIQUE / Les thrillers fantastiques ne sont pas légion à la télé québécoise, forcée de garder les pieds sur terre en raison de ses budgets modestes. Il y a bien eu «Grande Ourse», mais il y a combien d’années? Aussi bien en profiter avec celui que nous proposera Télé-Québec durant les Fêtes.

Rien de ce que vous découvrirez derrière la porte du 422 de la rue Sauvé ne vous sera familier, même si la prémisse veut vaguement rappeler Stranger Things, le succès de Netflix.

Présentée en rafale à 18h à partir du lundi 23 décembre, Le 422 servira chaque soir de préambule à Ciné-cadeau. Dès le premier soir, on déposera l’intégrale des 13 épisodes sur telequebec.tv. Un test pour cette première saison, alors que les habitudes d’écoute évoluent.

C’est durant les Fêtes que Télé-Québec obtient ses meilleurs auditoires de l’année. Le diffuseur compte ainsi réunir les familles sur leurs divans à ce moment propice. Parce que Le 422 n’est pas tout à fait une série jeunesse comme on l’entend habituellement. Oui, les 9-10 ans y accrocheront, mais on souhaite que leurs parents soient aussi captivés.

En général, les amateurs de séries fantastiques n’ont pas peur des histoires compliquées, même qu’ils adorent ces détails discrets, plantés ici et là, comme autant d’indices pour découvrir la vérité. Et il y en a un tas dans Le 422, d’une étrange sphère dont il vaut mieux ne pas s’approcher, jusqu’au tableau d’un grand peintre, truffé d’indications.

Trois adolescents, Lou, Sacha et Luc (Alexandre Perreault, Adam Moussamih et Lowik Drouin), cherchent un endroit pour s’amuser en paix. Le 422, rue Sauvé, un bungalow de banlieue en apparence désaffecté, serait le lieu idéal. Tout un mystère entoure l’endroit, qui abritait jadis une enfant disparue, et dont les parents, partis à sa recherche, n’auraient jamais plus été revus.

Pris en flagrant délit d’invasion de domicile par deux sœurs, Sophie et Lucie (Élizabeth Tremblay-Gagnon et Emma Bao Linh Tourné), les garçons découvriront une mystérieuse porte cadenassée qu’ils finiront par ouvrir. De l’autre côté, un trou noir, ou ce qu’on appelle «la huitième dimension». Là commence leur périlleuse aventure.

Tout un monde existe au-delà de cette porte, dominé par la méchante reine Holka (Mylène Mackay), prête à sacrifier des vies humaines pour mettre la main sur un trésor inestimable. Le seul moyen de s’y retrouver : suivre les indications d’une précieuse carte, sur laquelle le valeureux Lou mettra la main. Kevin Houle, l’infâme Tristan Rabeau des Honorables, joue ici un autre méchant, Kazimir, bras droit de la reine.

Dans le monde des humains, les Guerriers de l’ombre tentent de fermer le dernier passage donnant accès à cet univers parallèle, avec à leur tête Ray (Normand D’Amour). Mais l’harmonie ne règne pas entre ses trois fils, joués par Marc Beaupré, Mathieu Baron et Noah Parker. Et il y a bien sûr les parents des enfants disparus, qui cherchent à retrouver leur trace.

Avec Le 422, Blachfilms produit sa première série télé, après avoir donné dans la websérie, notamment avec Marc-en-peluche. Les deux cerveaux derrière ces 13 épisodes, Benoît Lach et Vincent Lafortune, y travaillent depuis 2015, avant la sortie de Stranger Things, qui met aussi en scène des enfants, dont un nerd, et un univers parallèle. Le duo mise davantage sur les enjeux psychologiques que sur les effets spéciaux, même si Le 422 en contient plusieurs.

On est à des années-lumières de la série de Netflix en termes de budget; il ne faut pas s’attendre au même calibre visuellement, mais l’histoire met en scène des personnages d’ici, en qui le public pourra se reconnaître.

Les auteurs ont pris le pari de faire parler les jeunes personnages comme les ados parlent aujourd’hui, quitte à irriter les pauvres oreilles des défenseurs de la langue française. Les man, nice et chill se glissent au travers de toutes les conversations pour que les plus jeunes se reconnaissent le plus possible, ce qui jure nettement avec le langage châtié de la reine et de ses sujets. Les jeunes acteurs, qui ont de 10 à 15 ans, sont d’ailleurs très crédibles et attachants.

Au fait, combien font 4 + 2 + 2? Huit, comme dans huitième dimension. «Tout est dans tout», et rien n’est laissé au hasard dans cette histoire.

RICHARD THERRIEN

La finale de «Révolution» devant «TLMEP» et «OD»

BLOGUE / La finale de «Révolution» a obtenu la faveur du plus grand nombre de téléspectateurs, dimanche soir à TVA : 1 369 000 fidèles ont été témoins de la victoire de Janie et Marcio, comparativement à 1 267 000 l'an dernier.

Tout le monde en parle arrive deuxième avec ses 952 000 habitués sur ICI Télé, alors que la finale un peu chaotique d'Occupation double Afrique du Sud en a retenu 868 000 sur V.

Pour OD, il s'agit d'une augmentation appréciable, puisque l'an dernier, la finale en avait retenu 675 000. OD Extra a quant à elle été vue par 450 000 curieux.

Vendredi à TVA, Ça finit bien la semaine a été vue par 857 000 téléspectateurs, Du talent à revendre, par 531 000, et La liste noire, par 304 000. Sur ICI Télé, Au suivant! en a rallié 508 000, Faites-moi rire!, 249 000, et Galas ComediHa!, 339 000. À Télé-Québec, 175 000 fidèles ont regardé Y'a du monde à messe.

Samedi, la rencontre entre les Flyers et le Canadien en après-midi a attiré 631 000 amateurs à RDS, alors que celle opposant le Tricolore aux Bruins en a intéressé 601 000 dimanche soir.

1- Révolution (TVA): 1 369 000

2- Tout le monde en parle (ICI Télé): 952 000

3- Occupation double Afrique du Sud (V): 868 000

4- Vlog (TVA): 749 000

5- TVA Nouvelles 18h (TVA): 670 000

6- Studio G (TVA): 613 000

7- Le hockey des Canadiens (RDS): 601 000

8- Découverte (ICI Télé): 479 000

9- OD Extra (V): 450 000

10- Le gros laboratoire (ICI Télé): 426 000

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Télé et radio

TLMEP: sexe et confidences

CHRONIQUE / Diane avait sorti le champagne pour cette dernière de l'année de «Tout le monde en parle». Une émission intéressante d'un bout à l'autre, où on a parlé autrement de prostitution et plus largement de sexualité, d'adoptions heureuses et de... pannes de métro!

À l'approche des Fêtes, on a aussi traité de partage et de gaspillage, en admiration devant le travail colossal de Jean-François Archambault, directeur général et fondateur de la Tablée des chefs, à qui je décerne la dernière étoile du match de 2019. Depuis sa fondation en 2011, l'organisme a servi trois millions de repas à des personnes dans le besoin, dont plusieurs proviennent des loges corporatives du centre Bell, notamment. Mais l'oeuvre de M. Archambault va bien au-delà, effectuant aussi un travail d'éducation, notamment par la brigade culinaire, qui initie les écoliers à la saine alimentation. M. Archambault, qui rappelle que 47% du gaspillage provient de nos demeures, vilipende les entreprises de boîtes prêtes à cuisiner «qui utilisent le gaspillage alimentaire comme stratégie de marketing», dit-il. Montréal se donne quelques années pour obliger les gens de la restauration et des épiceries à donner et non à jeter leurs denrées alimentaires, le temps de mettre en place une infrastructure communautaire prête à les distribuer, un exemple que devraient suivre d'autres villes au Québec.

C'est sautillante que Julie Snyder, l'ancienne démone de Radio-Canada, a surgi sur le plateau, aux côtés de son complice de longue date, Stéphane Laporte. Avant le début de La semaine des 4 Julie en janvier à V, il a beaucoup été question de leur ancienne vie à TVA, notamment du renvoi de Laporte de La voix, qui attirait pourtant 2 millions de fidèles. «Normalement, tu te fais dire merci, tu te fais pas remercier», a commenté le concepteur, sans une once d'incompréhension de ce qui s'était passé. «TVA connaît les raisons.» La question qui tue: qui animera Star Académie, de retour à TVA? «T'attends le téléphone», a lancé Stéphane à Julie. «Je vais garder mon droit au silence pour l'instant», a conclu celle-ci. La carte du fou du roi: «Pour votre nouveau talk-show, on vous souhaite beaucoup d'invités «A», et comme il faut rêver, on vous souhaite même des invités «TVA ».»

De sexe, il en a été beaucoup question, tout d'abord avec Mélanie Couture, qui dit sur scène tout ce qui ne se dit pas en public. «Il y a un malaise à défaire», se dit l'humoriste et ancienne sexologue, qui parle très crûment de sexualité dans son premier spectacle solo, Pure Couture, qu'elle déconseille aux 16 ans et moins. Celle qui a oeuvré durant cinq ans auprès de femmes victimes de violence conjugale a aussi écrit le roman 21 amants: sans remords ni regrets, devenu best-seller, une réponse à Fifty Shades of Grey, sur sa période la plus olé olé, qu'elle assume pleinement.

Avec Emma Becker, la conversation a bifurqué vers la prostitution, sujet de son troisième roman, La maison, pour lequel elle s'est elle-même prostituée durant deux ans. «J'avais très envie de savoir qui étaient ces femmes», affirme la romancière française, qui situe son histoire dans deux maisons closes de Berlin. Alors qu'on la dépeint la plupart du temps comme un hobby malsain et honteux, Mme Becker a plutôt choisi de prendre la prostitution sous l'angle du véritable boulot rémunéré, dans le but de «remettre ces femmes dans des positions d'êtres humains», plutôt que d'en faire des cinglées et des nymphomanes. La discussion a donné à un débat intéressant et trop rare sur le sujet, quand Julie Snyder a confié son malaise à ce qu'Emma Becker compare la prostitution au travail à l'usine.

On a beaucoup parlé de transport collectif avec Valérie Plante, qui n'a rien perdu de son sourire après deux ans de mandat. «Je sais où je m'en vais», affirme la mairesse de Montréal, que l'animateur a renommée «la femme de six milliards de dollars». Mme Plante attribue l'abondance des pannes de métro à des erreurs humaines, comme ces gens qui échappent leur téléphone sur la voie. «Y'a juste la ligne rose qui n'arrête jamais», a blagué Guy A. Écoute-t-elle à la radio son ancien collègue Luc Ferrandez, qui s'est montré critique à son endroit récemment? «J'écoute du reggae et je travaille», a-t-elle répondu. Valérie Plante se défend bien de jeter l'argent des contribuables par les fenêtres. «Je ne suis pas dépensière, je suis stratégique», dit-elle, faisant référence aux nouveaux montants qu'elle a réussi à obtenir du gouvernement provincial. Quand on lui demande si Denis Coderre s'aventure dans ses plate-bandes, elle répond: «Y'est pas dans ma thalle, c'est moi la mairesse!»

On parle rarement d'adoption comme en a parlé la lumineuse Elisapie. Sa mère naturelle l'a donnée en adoption, telle un cadeau, à un couple qui l'a élevée dans la liberté, une vie qu'elle ne voudrait changer pour rien au monde. Les puissantes chansons de son album Ballad of the Runaway Girl sont nées après une dépression qui l'a ramenée là d'où elle vient, au Nunavik. Des vertiges émotionnels causés par ce lourd bagage, que porte collectivement son peuple sur les épaules. Elle parle du même coup de communautés à découvrir, extrêmement généreuses, qu'il faudrait voir davantage dans nos écrans. À Dany, Elisapie a rédigé une carte rigolote en inuktitut, qui se traduisait par ceci: «Je m'appelle Dany... je vais prendre la place de Guy A.!» Tout le monde en parle sera de retour le dimanche 19 janvier 2020 sur ICI Télé.

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RICHARD THERRIEN

Le top 10 du jeudi 28 novembre 2019

BLOGUE / La dernière élimination d'«Occupation double Afrique du Sud» a attiré jeudi soir 624 000 curieux sur V, avant la grande finale de dimanche. À la même heure à TVA, «Le tricheur» de TVA en a retenu 856 000, pendant que «Le téléjournal» d'ICI Télé obtenait la faveur de 300 000 fidèles.

À 19h30, La poule aux oeufs d'or (676 000) à TVA finit première devant Infoman (541 000) sur ICI Télé.

À 20h, 100 génies (280 000) sur ICI Télé arrive seconde après le spectacle de Mario Tessier, intitulé Seul comme un grand (398 000) à TVA. À Télé-Québec, 220 000 fidèles restent devant De garde 24/7.

À 21h, Enquête (321 000) sur ICI Télé fait mieux que Face à la rue – Que sont-ils devenus? (295 000) à TVA.

À RDS, 629 000 amateurs ont vu le Canadien s'incliner devant les Devils.

1- District 31 (ICI Télé): 1 460 000

2- Le tricheur (TVA): 856 000

3- TVA Nouvelles 18h (TVA): 710 000

4- La poule aux oeufs d'or (TVA): 676 000

5- Le hockey des Canadiens (RDS): 629 000

6- Occupation double Afrique du Sud (V): 624 000

7- Infoman (ICI Télé): 541 000

8- TVA Nouvelles 17h (TVA): 510 000

9- Les gags (TVA): 481 000

10- Mario Tessier – Seul comme un grand (TVA): 398 000

Source: Numeris

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RICHARD THERRIEN

Le top 10 du mercredi 27 novembre 2019

BLOGUE / «District 31» ne lâche pas la première position du top 10: mercredi, 1 438 000 accros étaient devant leur téléviseur à 19h, sur ICI Télé. Diffusée à la même heure, «Les gags» en attire 486 000 à TVA.

Avec ses 630 000 fidèles, L'épicerie d'ICI Télé continue d'avoir le dessus sur l'émission à sketchs LOL :-), qui en retient 453 000 à TVA.

À 20h, Les enfants de la télé (938 000) sur ICI Télé l'emporte facilement sur Les invisibles (290 000) à TVA.

À 21h, Plan B a retenu 490 000 téléspectateurs sur ICI Télé contre 410 000 pour le spectacle de Philippe Laprise, intitulé Plus sexy que jamais à TVA.

Sur V, Un souper presque parfait intéresse 312 000 habitués, Occupation double Afrique du Sud, 661 000, et À table avec mon ex, 146 000.

1- District 31 (ICI Télé): 1 438 000

2- Le tricheur (TVA): 947 000

3- TVA Nouvelles 18h (TVA): 939 000

4- Les enfants de la télé (ICI Télé): 938 000

5- Occupation double Afrique du Sud (V): 661 000

6- TVA Nouvelles 17h (TVA): 641 000

7- L'épicerie (ICI Télé): 630 000

8- Plan B (ICI Télé): 490 000

9- Les gags (TVA): 486 000

10- LOL :-) (TVA): 453 000

Source: Numeris

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RICHARD THERRIEN

Le top 10 du mardi 26 novembre 2019

BLOGUE / Le dernier épisode avant les Fêtes de «L'heure bleue» a attiré 943 000 fidèles à TVA contre 733 000 pour «Toute la vie» sur ICI Télé. À 21h, la deuxième partie du spectacle «Simon Lacroix – Tout court» (641 000) à TVA a eu le dessus sur le documentaire «Laurent Duvernay-Tardif – LDT: toujours plus loin» (288 000) sur ICI Télé.

Plus tôt, La facture (717 000) d'ICI Télé est arrivée tout juste au-dessus de Bloopers TVA (617 000).

Sur V, Un souper presque parfait a été vue par 280 000 téléspectateurs, Occupation double Afrique du Sud, 722 000, et À table avec mon ex (182 000).

À RDS, 552 000 amateurs ont été témoins de la défaite des Canadiens contre les Bruins, au compte de 8 à 1.

1- District 31 (ICI Télé): 1 442 000

2- L'heure bleue (TVA): 943 000

3- Le tricheur (TVA): 928 000

4- TVA Nouvelles 18h (TVA): 916 000

5- Toute la vie (ICI Télé): 733 000

6- Occupation double Afrique du Sud (V): 722 000

7- La facture (ICI Télé): 717 000

8- Simon Leblanc – Tout court (TVA): 641 000

9- Bloopers TVA (TVA): 617 000

10- Le hockey des Canadiens (RDS): 552 000

Source: Numeris

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Télé et radio

«Léo»: nouvelle administration

CHRONIQUE / Léo, le gars qui trouvait qu’il ne faisait rien de bon de sa vie, est sur une bonne lancée. Même qu’il s’apprête à prendre épouse, ce qui n’est pas rien dans son cas. Et avec Cindy (Marie-Laurence Moreau), la plus belle fille du canton.

Léo, la comédie de Fabien Cloutier déposée sur le Club illico il y a un an, et que diffusera TVA cet hiver, a été un de mes coups de cœur de la dernière saison. Si vous trouvez que nos comédies sont généralement très réalistes, c’est que vous n’avez pas encore vu Léo, ancrée dans la vraie vie de région, avec ses personnages, son langage, ses habitudes particulières, ce qu’il y a de plus vrai dans nos fictions du moment. Je ne le dis pas avec mépris, bien au contraire, c’est même tout ce qui fait l’attrait de cette comédie. Quand la fille du dépanneur parle, c’est la fille du dépanneur qu’on entend, pas une actrice. Au fait, si vous n’avez pas vu les 12 premiers épisodes, je vous suggère de ne pas lire ce qui suit.

Les deux premiers épisodes de la deuxième saison, toujours coécrits avec Steve Laplante et Érika Soucy, réalisés par Jean-François Chagnon et disponibles dès aujourd’hui sur le Club, ne m’ont pas déçu. Même si les noces approchent, Léo est encore loin de se passer la bague au doigt. Il devra avant cela conquérir le père de la mariée, ce qui n’est pas une mince tâche. Maurice (Daniel Gadouas) est un être froid, méprisant, qui n’a jamais accepté que sa fille quitte son Guillaume, le gendre parfait, dont il ressort le nom chaque fois qu’il en a l’occasion. Pour accueillir Léo, il lui ordonne de ne pas stationner son camion dans son entrée. Faudrait pas abîmer son beau pavé uni. Alors, imaginez quand Léo dit «jousent» au lieu de «jouent», il saute sur l’occasion pour l’humilier. Le premier souper de rencontre déborde de malaises.

À travers deux rires et trois absurdités comme on les aime, des moments plus touchants, il y en a dans Léo. Les oublis de plus en plus fréquents de la mère de Cindy, Ginette (Micheline Bernard), éminemment sympathique et qui adore Léo dès le départ, viendront brasser cette famille, qui n’aura pas le choix de se rapprocher si elle veut passer au travers. La force d’une bonne comédie est de pouvoir intégrer ces aspects plus dramatiques, et «Léo» en est le parfait exemple.

À l’usine Dubeau Gâteaux, c’est le branle-bas de combat avec l’arrivée d’une nouvelle administratrice, la fille du boss qui prend sa retraite, Jacynthe Dubeau, jouée par Catherine Chabot, révélée par le film Menteur. Là où on fait toute une histoire pour une place de stationnement — la nouvelle venue a osé emprunter celle de Perreault (Guillaume Cyr) —, ce changement en est un de taille. Surtout pour Couture (Marc Labrèche), à l’usine depuis 30 ans, qui part en guerre contre les objectifs de rentabilité de la patronne, pourtant remplie de bonnes intentions.

Ma seule déception de cette deuxième saison : l’absence d’Anne Dorval, qui n’a pu reprendre son rôle de mairesse et coiffeuse, un des éléments comiques les plus forts de la première saison. On explique qu’elle est partie parfaire ses talents de coiffeuse à Cincinnati. L’excellente Sandrine Bisson prend la place dans le rôle de Chantale, la sœur de Jessica, venue du Lac-Saint-Jean. Autre nouveau personnage : Reynald, le «mononc’» de Léo, un vieux garçon amateur de motos, joué par Pierre Lebeau. Même si Léo a en quelque sorte fait un «X» sur son ancienne vie, son chemin croise à nouveau celui de Chabot (Steve Laplante) et de Pouliot (Hubert Proulx), ce qui ne favorisera pas ses rapports avec le père de Cindy.

Ça n’arrête plus les bonnes nouvelles : voilà qu’on apprend qu’une troisième saison est déjà en chantier pour Léo. Compréhensible, quand on pense que la première a engendré deux millions de visionnements uniques. C’est Léo qui serait fier.

RICHARD THERRIEN

Le top 10 du lundi 25 novembre 2019

BLOGUE / Sans «Alerte Amber» dans les pattes, «Ruptures» grimpe à la huitième position du top 10 des émissions les plus regardées, vue par 701 000 téléspectateurs sur ICI Télé, contre 479 000 pour le documentaire «Mont Tétons» à TVA.

À 19h30, Discussions avec mes parents (882 000) a le dessus sur Boomerang (804 000) de peu. À 20h, L'échappée (1 089 000) conserve son avance sur Une autre histoire (640 000).

Sur V, Un souper presque parfait attire 326 000 fidèles, Occupation double Afrique du Sud, 662 000, et À table avec mon ex, 188 000.

1- District 31 (ICI Télé): 1 510 000

2- L'Échappée (TVA): 1 089 000

3- Le tricheur (TVA): 924 000

4- TVA Nouvelles 18h (TVA): 888 000

5- Discussions avec mes parents (ICI Télé): 882 000

6- Boomerang (TVA): 804 000

7- Un zoo pas comme les autres (TVA): 769 000

8- Ruptures (ICI Télé): 701 000

9- Occupation double Afrique du Sud (V): 662 000

10- Une autre histoire (ICI Télé): 640 000

Source: Numeris

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Télé et radio

«Discussions avec mes parents»: et de trois

CHRONIQUE / Quand je regarde «Discussions avec mes parents», j’ai l’impression de voir les miens. Comme Jean-Pierre, mon père s’installait devant sa télé pour nous voir arriver chez lui, par la caméra du hall d’entrée de sa résidence. Il pouvait rester de longues minutes à fixer l’écran silencieux pour ne surtout pas nous manquer. Et je trouvais ça aussi absurde que François!

Reconnaître sa famille a certainement contribué à l’engouement pour Discussions avec mes parents, qui a vu son auditoire augmenter de 40 % depuis le premier épisode à l’automne 2018. La série surpasse régulièrement Boomerang, sa rivale de TVA, le lundi à 19h30. Je peux maintenant vous annoncer qu’ICI Télé a commandé une troisième saison à François Morency.

Si vous avez perçu un meilleur rythme dans la deuxième saison, vous n’avez pas rêvé. «On a vraiment fait nos devoirs, en passant de 15 à 16 scènes par épisode à 18 à 20 scènes. Elles sont donc plus courtes, et c’est plus rythmé», explique François Morency, qui signe les textes avec une équipe d’auteurs.

Là n’est pas la seule raison de l’engouement pour cette comédie, à part bien sûr l’interprétation de Vincent Bilodeau et Marie-Ginette Guay, délicieux dans les rôles des parents. «Le bouche-à-oreille nous a beaucoup aidés, et on l’a vu dès la première saison. La rediffusion durant l’été nous a aussi permis de gagner de nouveaux téléspectateurs.» L’auteur attribue également le succès de la série au fait que les scènes peuvent facilement être partagées sur le Web. «Tu peux voir une scène de 1 minute 20 entre deux réunions. Tu ris, parce que tu n’as pas besoin de voir ce qui venait avant.»

Au départ, l’humoriste croyait surtout attirer les gens qui avaient vécu des situations similaires à la sienne, dont celle d’une famille traditionnelle. Il a été surpris de constater qu’il en est tout autrement. «Je reçois des messages de gens qui ont vécu des mariages éclatés, des familles reconstituées, des immigrants. J’ai été invité dans une école secondaire de Ville Saint-Laurent, très multiethnique. Dans une classe de secondaire 3, il y avait deux Blancs dans la classe : moi et la prof. Ils m’ont dit qu’ils regardent en famille Discussions avec mes parents. Le rapport parent-enfant, peu importe la génération ou l’origine, c’est toujours un mélange de confrontation et d’amour. Le choc des valeurs transcende tout le reste.»

Déjà pour la deuxième saison, il s’est détaché du livre qui a inspiré la série, publié en 2017. «La vaste majorité des scènes de la deuxième saison sortent de ma tête. La caméra dans l’entrée, mon père n’a jamais fait ça, mais il aurait été le genre le faire.» Par contre, un personnage du livre apparaîtra dans la troisième saison. «Chaque quartier a son monsieur bizarre que tout le monde aime, mais qu’on ne sait pas d’où il sort. Dans la troisième saison, il va prendre vie. Aussi, les épisodes ne commenceront plus systématiquement par un appel à mes parents.»

Dans la vraie vie, le père de François Morency est décédé au début de l’année, une triste nouvelle qui ne changera pas sa façon d’écrire, mais lui a inspiré un clin d’œil dans l’épisode de Noël, diffusé le 9 décembre. «J’étais préparé à ça. L’image de mes parents dans la série les représente à une autre époque, où ils étaient actifs et heureux. Ça s’est mal terminé pour mon père, ma mère est présentement dans un CHSLD et ne nous reconnaît plus. Nous, on choisit de s’accrocher à l’image de ce qu’ils étaient à l’époque, et ça m’aide à vivre tout ça.»

François Morency revient aussi pour une troisième saison à l’animation d’Ouvrez les guillemets, le vendredi 10 janvier à 21h sur ICI Télé. On a eu la très bonne idée d’inviter Vincent Bilodeau et Marie-­Ginette Guay. Sonia Vachon, Jean-Philippe Wauthier, Pierre-Yves Lord et Les Denis Drolet sont aussi conviés. On a aussi laissé tomber l’idée des collaborateurs, pour plutôt inviter des gens significatifs pour l’invité principal de l’émission. Quatre émissions ont déjà été enregistrées.

RICHARD THERRIEN

Le top 10 du dimanche 24 novembre 2019

BLOGUE / «Tout le monde en parle» a connu une légère baisse d'auditoire dimanche soir: l'émission d'ICI Télé a été vue par 867 000 fidèles, contre 1 282 000 pour la demi-finale de «Révolution» à TVA.

Studio G, qui recevait Jean-Michel Anctil, a été suivie par 769 000 curieux à TVA, presque égal avec Occupation double Afrique du Sud, qui en a retenu 767 000 sur V.

Vendredi, Le tricheur a dominé le top 10 avec ses 865 000 fidèles à TVA. Puis, Ça finit bien la semaine en rallie 758 000, Du talent à revendre, 586 000, et La liste noire, 342 000. Sur ICI Télé, Au suivant! attire 439 000 téléspectateurs, Faites-moi rire!, 248 000, et Galas ComediHa!, 358 000.

Samedi,  En direct de l'univers de Serge Fiori a intéressé 834 000 téléspectateurs sur ICI Télé, alors que le match entre les Rangers et le Canadien a retenu 650 000 amateurs à TVA Sports.

1- Révolution (TVA): 1 282 000

2- Vlog (TVA): 904 000

3- TVA Nouvelles 18h (TVA): 871 000

4- Tout le monde en parle (ICI Télé): 867 000

5- Studio G (TVA): 769 000

6- Occupation double Afrique du Sud (V): 767 000

7- Découverte (ICI Télé): 554 000

8- Le gros laboratoire (ICI Télé): 513 000

9- OD Extra (V): 503 000

10- Le téléjournal 22h20 (ICI Télé): 430 000

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Télé et radio

TLMEP: c'est une langue belle

CHRONIQUE / Le français a été célébré, dimanche à «Tout le monde en parle». Par Dany Laferrière, un ami de l'émission, qui répand toujours aussi bien la beauté des mots; un duo aux idées politiques pourtant opposées; un maître de la BD, qui préfère l'écriture au dessin. Mais c'est en saluant le geste généreux d'un enfant qu'on a offert l'entrevue la plus vibrante de la soirée.

Je m'attendais à une entrevue d'une grande tristesse. Mais sans doute portée par la grande bienveillance de son fils Jacob, Karine Mainville a paru lumineuse dimanche soir. Et pourtant, cette maman a perdu son fils de 11 ans en février dernier, quand il a été emporté par une leucémie foudroyante, une histoire bouleversante d'abord racontée par Patrick Lagacé dans La Presse. Mon étoile du match, je la décerne à Karine Mainville mais aussi à Jacob, qui en mérite une grande part. Avant de connaître sa maladie, une rencontre avec Pierre Bruneau avait convaincu Jacob, un garçon altruiste, de faire le défi 24h Tremblant, pour aider les enfants malades. En bonne santé deux semaines avant sa mort, Jacob a succombé à la maladie à peine huit jours après l'annonce du diagnostic. Le hasard fait parfois bien durement les choses. Tout s'est passé si rapidement que Mme Mainville n'a pas eu le temps de parler avec lui dans les jours précédant sa mort. Même si 80% des enfants atteints s'en sortent de nos jours, 20% en meurent toujours, et c'est encore trop, selon le Dr Elie Haddad, du CHU Sainte-Justine. «On n'a pas compris ce qui s'était passé» au sujet du décès précipité de Jacob, reconnaît le médecin. Karine Mainville poursuit le combat de son fils, ayant déjà amassé la somme record de 175 000$ pour le 24h Tremblant. Il est toujours possible d'effectuer un don à 24htremblant.com.

Rencontre de deux âmes sœurs, Julie Perreault et Magalie Lépine-Blondeau, vedettes du prochain film de Louise Archambault, Merci pour tout, scénarisé par Isabelle Langlois. Dans ce long-métrage en salles le jour de Noël, elles incarnent des sœurs qui ne s'adressent plus la parole depuis un an et qui doivent répandre les cendres de leur père aux Îles-de-la-Madeleine. Magalie, dont le personnage est chanteuse, interprète la chanson-thème, signée Ariane Moffatt. «Je ne ferai pas une Evelyne Brochu de moi-même», lance l'actrice, qui n'a pas l'intention de se lancer dans la chanson. Elle vante le sens de l'organisation de sa collègue Julie Perreault. «Je suis un vague brouillon» [à côté], dit-elle. Julie Perreault en est venue aux larmes en disant que sa rencontre avec Magalie lui a permis de mieux se connaître elle-même et de passer au travers de moments difficiles.

Autre moment de grâce que cette entrevue avec Dany Laferrière, qui lance un deuxième livre écrit et dessiné à la main, Vers d'autres rives. «J'ai imité les enfants», dit-il, faisant référence aux petits dans les aéroports, à qui on donne des crayons de couleur pour dessiner, à plat ventre sur le plancher. «C'est comme ça qu'on devrait écrire. C'est pas bon, cette stature assise, ça crée des romans ennuyeux. […] Cette posture engage le style!» affirme l'immortel de l'Académie française. Il a voulu rendre hommage aux peintres primitifs haïtiens, qui l'ont toujours fasciné, et c'est pour se rapprocher de leur style qu'il a voulu écrire. Guy A. lui avait demandé de lui suggérer un passage sur l'amour, provenant d'un de ses livres pour son mariage; il a plutôt décidé d'en écrire un spécialement pour l'heureux événement, dont l'animateur a lu quelques bribes, d'une grande beauté.

Le bédéiste Enki Bilal est tombé dans la potion quand il était petit; en quittant la Yougoslavie à 10 ans pour atterrir en France, il a découvert la BD franco-belge. Un art qu'il pratique depuis 50 ans. Située en 2041, sa série Bug imagine que la mémoire numérique s'est complètement effacée. Une mise en garde contre notre dépendance au numérique, qui fait de Paris, selon lui, «une ville extrêmement agressive; on ne se voit plus». Il n'a aucun malaise à prononcer le mot assimilation, dont il dit être un exemple, lui qui a complètement été assimilé à la culture française, sans pourtant autant renier sa patrie. Ce qu'il pense de l'auto-fiction: «C'est un truc de fainéant, il faut être prétentieux pour considérer que sa vie mérite l'intérêt d'un grand nombre.» Bug sera adaptée en série télévisée par le Québécois Daniel Roby.

Quand il est question de l'avenir de la langue française, Pauline Marois et John Parisella sont d'accord. L'ancienne première ministre péquiste et l'ancien libéral italo-anglophone s'unissent pour la Fondation de la langue française. C'est Mme Marois qui a demandé à M. Parisella de se joindre à elle. Celui-ci, dont le père était commerçant dans Rosemont, vit en français et rêve en français. Pour lui, cette langue a été «un passeport pour participer pleinement à la vie québécoise»; jamais il n'aurait eu la carrière qu'il a eue, croit-il. L'animateur a demandé à Mme Marois de commenter un passage particulièrement sévère à son endroit dans la biographie de Bernard Landry, voulant que l'ancien premier ministre doutait de sa foi indépendantiste. «Je lui laisse ses propos», a répondu Mme Marois, affirmant être toujours en faveur de la souveraineté du Québec.

Rare qu'un invité de ce plateau souligne le mérite de Donald Trump, comme l'auteur californien Bret Easton Ellis. «On semble penser que 20 shérifs blancs racistes ont fait un coup d'État pour le mettre au pouvoir», rappelle l'auteur d'American Psycho, accusant les médias de colporter cette fausse perception. Dans son nouvel essai intitulé White, il qualifie les milléniaux de «génération dégonflée» et reproche à leurs parents d'en avoir fait des mauviettes. Il s'insurge de voir autant de gens jouer les victimes. «C'est l'affaissement de la personnalité, des opinions fortes, de la défense musclée de ses idées», déplore-t-il. L'auteur croit que toute la controverse autour de son roman American Psycho a pu être dissipée par le succès du film avec Christian Bale, même si l'oeuvre se situait très loin de la sienne.

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Richard Therrien

Les cartes de Dany Meloul

CHRONIQUE / C’est connu dans le milieu des médias : Dany Meloul est d’une délicatesse, d’une discrétion plutôt rares dans la profession. L’antithèse de la patronne au ton autoritaire. Elle téléphone même à ses vis-à-vis de la concurrence pour leur souligner leurs bons coups, c’est tout dire.

Il y a à peine plus d’un mois, elle prenait le siège de Dominique Chaloult à la direction générale des programmes de Radio-Canada, que celle-ci a occupé durant cinq ans. L’un des postes les plus prestigieux en télévision, que plusieurs dans le domaine voient comme le but ultime d’une carrière, malgré les controverses qui viennent avec. Ses principaux objectifs : maintenir une programmation distinctive; conserver la jeunesse à l’écoute; faire rayonner nos productions à l’international; et faire croître le contenu d’ICI Tou.tv.

À la différence de son homonyme de Tout le monde en parle, qui distribue ses cartes chaque dimanche, c’est dans sa manche que Dany Meloul conserve les siennes, ayant composé à la fois avec les questions de droit et de contenu médiatique au cours d’une florissante carrière. Cette avocate qui a longtemps œuvré aux services juridiques de grandes entreprises comme Alcan, Transcontinental, Astral et Bell Média, passe donc du privé au public. Fille d’immigrants, d’origine juive marocaine comme Sonia Benezra, elle est née à Montréal, a grandi dans les deux langues, bercée par la télévision de Radio-Canada, qu’elle regardait avec ses parents et sa sœur. «Pour moi, c’est clair que la plus belle télé se fait dans cette tour», me dit-elle avec conviction dans son nouveau bureau, pour sa première grande entrevue depuis sa nomination.

C’est chez Alcan qu’elle a passé le plus de temps, en début de carrière, 12 ans pour être plus précis. «Ça m’a amenée à voyager au Canada, aux États-Unis et à l’étranger. Je faisais des acquisitions, beaucoup en Asie. Un jour, en revenant de l’Australie, mon chum me dit qu’il y a un poste qui s’ouvre chez Transcontinental. Je souhaitais moins voyager, j’avais de jeunes enfants. J’ai passé cinq années extraordinaires dans les médias écrits, notamment pour Elle Québec et Coup de pouce. J’ai compris alors la valeur d’un article et la publicité rattachée à ça.»

Puis, la télé est arrivée dans sa vie chez Astral, alors roi et maître des chaînes spécialisées au Québec, avec notamment Canal Vie, Séries+, Canal D et Z. Deux ans après la vente de l’entreprise à Bell, Dany Meloul a fait le saut dans le contenu, gérant les chaînes spécialisées, mais aussi les stations de radio et les médias numériques. Le contenu, un monde qui ne lui était vraiment pas étranger. «Quand on travaille aux services juridiques, on n’est pas loin du contenu : on assiste à toutes les réunions, on connaît les producteurs, on négocie avec eux, on connaît la valeur d’une fiction par rapport à des variétés ou du documentaire. Les gens de création sont des bibittes à part, des gens tellement passionnés, avec qui j’adore échanger. J’espère passer le reste de ma carrière en contenu», confie celle qui est toujours membre du Barreau du Québec. Cette solide expérience aux services juridiques représente certainement un atout pour la nouvelle directrice générale, ne serait-ce que pour décortiquer les règles du CRTC, du charabia pour nombre d’entre nous.

Dany Meloul le sait : Radio-Canada est la cible de toutes les critiques, plus que ses concurrents, de par son statut de diffuseur public. Elle considère néanmoins que l’institution remplit très convenablement son mandat. «Ces commentaires viennent peut-être du fait que Radio-Canada a eu un succès exceptionnel en heures de grande écoute. Pourtant, ce n’est pas une télé qui cherche à faire ce qu’ils font de l’autre côté, mais à faire des choses distinctives. On fait plus de miniséries, possibles grâce à nos séries annuelles, qui génèrent de l’écoute. On peut se permettre un Fragile [la nouvelle série de Serge Boucher]. Ça fait que des auteurs viennent vers nous parce qu’ils ne pourraient pas aller ailleurs. Je ne pense pas qu’on copie les autres.» Déjà chez Bell Média, pour obtenir sa faveur, un projet devait surprendre, aller là où on ne s’y attendait pas. «Quand on a décidé de faire un talk-show à Z animé par une femme, Maripier Morin, c’était de la contre-programmation», rappelle-t-elle.

Parmi les mandats qu’elle se donne : soutenir les producteurs dans la vente de leurs formats à l’étranger, encore trop peu exploitée. «Il faut créer une masse critique de contenu provenant de la francophonie canadienne. La BBC sert d’exemple à ce chapitre : on y fait de belles choses, qui ne sont pas calquées sur les États-Unis, et on vend à l’international. On est capable de le faire aussi.»

Ne comptez pas sur Dany Meloul pour annoncer la mort du téléviseur dans les salons, malgré le massif désabonnement au câble. «C’est vrai que tout le monde est sur sa tablette ou son téléphone. Mais s’installer devant son téléviseur, visionner une émission au moment de sa diffusion restent un moment de détente. Il y a encore de grands moments de télévision comme le Bye Bye, La fureur, District 31. La notion du rendez-vous n’est pas morte. L’important, c’est de ne rien échapper du transfert des yeux entre toutes ces plateformes et d’en offrir pour tout le monde.» Vous ne la verrez pas non plus lever le nez sur les cotes d’écoute, que ce soit pour l’écoute en direct ou en différé. «Oui, ça compte», dit-elle, les citant même parmi les trois critères les plus importants pour décider du sort d’une émission. Mais les chiffres issus du Web, qui restent encore privés, comptent autant selon elle.

Avant d’entrer en poste, elle s’est imposée un marathon de sept semaines à visionner une bonne quarantaine de séries de Radio-Canada, question d’être à jour. Et elle y a constaté une plus grande diversité que partout ailleurs. Malgré cela, elle promet qu’on verra une différence quant à une plus forte présence à l’écran des personnes issues de la diversité, un engagement pris par la pdg, Catherine Tait, pour 2025.

Quand je lui fais remarquer que la programmation de jour et que la production à l’extérieur de Montréal sont en déclin, elle répond que les choses pourraient changer. «On étudie des projets qui pourraient nous apporter de l’écoute le jour. Et depuis quelques années, Radio-Canada met en ondes systématiquement deux fictions par année qui proviennent de l’extérieur de Mont­réal. On travaille étroitement avec ComediHa! La production des régions venait souvent du documentaire, mais on veut faire de la fiction, des variétés. Notre rôle n’est pas de créer une industrie dans les régions, mais si on peut les accompagner pour en faire plus, oui on va le faire.»

C’est le souhait que l’on se donne, en attendant de reconnaître véritablement la signature de Dany Meloul à l’écran, que ce soit sur ICI Télé, ARTV, Explora et Tou.tv, l’été et l’automne prochains.

RICHARD THERRIEN

Le top 10 du jeudi 21 novembre 2019

BLOGUE / «La poule aux oeufs d'or» et «Infoman» se font une chaude bataille le jeudi soir: alors que le jeu de Sébastien Benoit et Julie Houle retient 749 000 fidèles à TVA, l'émission de Jean-René Dufort en rallie 628 000 sur ICI Télé.

À 20h, le spectacle 100% Lemire (648 000) à TVA l'emporte sur 100 génies (368 000) sur ICI Télé. À 21h, J.E. (533 000) et Face à la rue (456 000) à TVA ont le dessus sur Enquête (326 000) sur ICI Télé.

Sur V, Occupation double Afrique du Sud est suivie par 685 000 curieux, alors qu'Un souper presque parfait est regardée par 302 000 adeptes, et Les jeux fous d'Ellen, par 201 000. À Télé-Québec, 201 000 ont vu L'indice Mc$ween et 202 000, De garde 24/7.

1- District 31 (ICI Télé): 1 355 000

2- Le tricheur (TVA): 754 000

3- TVA Nouvelles 18h (TVA): 750 000

4- La poule aux oeufs d'or (TVA): 749 000

5- Occupation double Afrique du Sud (V): 685 000

6- 100% Lemire (TVA): 648 000

7- Infoman (ICI Télé): 628 000

8- TVA Nouvelles 17h (TVA): 577 000

9- J.E. (TVA): 533 000

10- Les gags (TVA): 507 000

Source: Numeris

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RICHARD THERRIEN

Le top 10 du mercredi 20 novembre 2019

BLOGUE / «Les enfants de la télé», qui recevait notamment Serge Savard mercredi soir, a attiré 811 000 téléspectateurs sur ICI Télé, obtenant la troisième position du top 10 des émissions les plus regardées. À 20h, 282 000 ont plutôt choisi de regarder «Les invisibles» à TVA.

À 21h, ICI Télé l'emporte aussi sur TVA, puisque Plan B a été vue par 458 000 fidèles contre 219 000 pour la finale de Mensonges. Les deux séries ont déjà été diffusées ailleurs.

À RDS, le match entre les Sénateurs et le Canadien a rallié 702 000 amateurs.

1- District 31 (ICI Télé): 1 396 000

2- Le tricheur (TVA): 896 000

3- Les enfants de la télé (ICI Télé): 811 000

4- TVA Nouvelles 18h (TVA): 791 000

5- Le hockey des Canadiens (RDS): 702 000

6- TVA Nouvelles 17h (TVA): 635 000

7- Occupation double Afrique du Sud (V): 606 000

8- L'épicerie (ICI Télé): 591 000

9- Les gags (TVA): 483 000

10- Plan B (ICI Télé): 458 000

Source: Numeris

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Télé et radio

Mosquée: l’ampleur des dommages

CHRONIQUE / Ils sont encore nombreux à refuser de qualifier la tuerie de la Grande Mosquée de Québec d’acte terroriste. «Je pense pas qu’il y ait de l’islamophobie au Québec», a dit notre premier ministre, François Legault. Pour plusieurs, Alexandre Bissonnette n’était qu’«un pauvre type», un être malade, qui n’a pas commis ces six meurtres par idéologie, mais dans un accès de folie.

Bien difficile de nier l’existence d’islamophobie au Québec après avoir vu La mosquée : une communauté menacée, que diffuse Canal D jeudi soir à 22h. Suivre le quotidien des proches des victimes de la tuerie, comme le fait Ariel Nasr dans ce documentaire, permet de mesurer l’ampleur des dégâts, de voir comment la tragédie du 29 janvier 2017 a bousillé leur vie. Et ça arrache le cœur.

Le sentiment d’insécurité de cette communauté à Québec ne s’est jamais atténué. Elle déplore que les discours haineux aient repris de plus belle, que des groupes d’extrême droite décomplexés soient sortis en public en lançant des propos racistes, dans l’impunité la plus totale. «Comment voulez-vous que je ne sois pas inquiet?» demande Rachid Rafah, né en Algérie, et qui est arrivé au Québec en 1975. «La police ne nous protège pas», dénonce-t-il.

Les témoignages sont lourds de sens. Mohamed Hafid, qui a survécu à l’attaque de la mosquée, s’est fait dire par son fils de 10 ans : «Papa, je sais pas comment faire si je t’avais perdu. Pourquoi ils ont fait ça?» Le père ne sait que répondre, et la question tire les larmes. La douleur est encore vive pour Najat Naanaa, veuve d’une des victimes, Azzeddine Soufiane, qui confie à la caméra : «Ce jour-là, moi aussi, je suis morte.»

Placée au centre de tous ces témoignages, l’affirmation du premier ministre François Legault sur l’absence d’islamophobie au Québec choque et paraît absurde. C’est la force du documentaire : nous mettre au visage nos contradictions.

Au lendemain de la tragédie, l’ancien agent du SCRS, Michel Juneau-Katsuya, a affirmé que certains animateurs de radio de la région de Québec avaient «du sang sur les mains». Le documentaire ne va pas aussi loin, mais pointe du doigt, sans les nommer, certaines stations de la capitale qui attiseraient les discours haineux. Outre Sylvain Bouchard, qui avait estimé ne pas en avoir fait assez pour faciliter le dialogue avec la communauté musulmane, un geste noble, bien peu ont reconnu quelque tort que ce soit. Est-ce si difficile de faire preuve d’empathie envers des concitoyens qui ont vécu un drame sans nom et en portent toujours les séquelles, peu importe leur religion?

Ceux qui ont suivi de près le dossier, notamment dans les pages du Soleil, n’apprendront pas tant de choses en regardant La mosquée : une communauté menacée, qui date un peu — les dernières images ont été tournées en février. Mais l’œuvre est nécessaire pour saisir tous les dommages causés. Plusieurs visages vous seront même familiers, dont celui d’Aymen Derbali, survivant pris en charge par l’Institut de réadaptation en déficience physique après avoir reçu plusieurs balles, et qui suscite l’admiration par son courage et sa persévérance.

Le nom d’Alexandre Bissonnette ne sera prononcé qu’en fin de documentaire, alors que les familles apprennent le verdict de la cour, qu’elles trouvent infiniment trop clément et qu’elles reçoivent comme une claque au visage. Heureusement, on conclut l’heure sur une note d’espoir. Tout n’est pas noir : on souligne l’élan de solidarité et de sympathie de nombreux Québécois de souche à l’égard de la communauté musulmane de Québec. Il ressort toutefois de l’œuvre d’Ariel Nasr le sentiment qu’ils ont été abandonnés depuis, et qu’une commémoration annuelle ne suffira pas à apaiser leur peine et leur insécurité.

RICHARD THERRIEN

Le top 10 du mardi 19 novembre 2019

BLOGUE / «Toute la vie», la série de Danielle Trottier, a retenu mardi soir 670 000 téléspectateurs à 20h sur ICI Télé. À TVA, à la même heure, «L'heure bleue» en a rallié 941 000.

À 21h, 5e rang est arrivée première avec ses 743 000 fidèles, contre Simon Leblanc – Tout court, vu par 539 000 téléspectateurs à TVA.

Plus tôt, La facture a été suivie par 751 000 téléspectateurs contre 541 000 pour Bloopers TVA.

Sur V, Occupation double Afrique du Sud (733 000) chauffe Le tricheur (887 000) de TVA. À RDS, 580 000 amateurs ont vu le match opposant le Canadien aux Blue Jackets.

1- District 31 (ICI Télé): 1 506 000

2- L'heure bleue (TVA): 941 000

3- Le tricheur (TVA): 887 000

4- TVA Nouvelles 18h (TVA): 863 000

5- La facture (ICI Télé): 751 000

6- 5e rang (ICI Télé): 743 000

7- Occupation double Afrique du Sud (V): 733 000

8- Toute la vie (ICI Télé): 670 000

9- TVA Nouvelles 17h (TVA): 656 000

10- Le hockey des Canadiens (RDS): 580 000

Source: Numeris

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Télé et radio

La Julie Snyder que je préfère

CHRONIQUE / Le 6 janvier, le public retrouvera Julie Snyder, l’animatrice de talk-show. Celle qui pose des questions inattendues, qui trouve des invités à qui personne n’aurait pensé, même à l’autre bout du monde, qui se jette littéralement dans la fosse aux lions. Cette Julie-là, c’est la Julie que je préfère.

Je serai donc un bon public pour La semaine des 4 Julie, qui marque son grand retour au quotidien. Pourquoi ce titre? Parce qu’il y a quatre émissions par semaine, du lundi au jeudi à 21h sur V. Que le talk-show reflétera les multiples facettes de l’animatrice — la curieuse, l’audacieuse, la blagueuse et la gaffeuse. Et qu’on fait référence à l’expression consacrée, parce que «Julie ne va jamais là où on l’attend», rappelle Stéphane Laporte, complice de la première heure.

Il y a des choses qui ne changent pas, dont son goût pour le déguisement. Mardi, elle s’est présentée devant les journalistes vêtue d’une robe-lit, avec couette et oreillers, signée Viktor & Rolf, qu’elle conservait précieusement dans son garage avant de la retourner à Amsterdam, où elle sera exposée. La mode aura d’ailleurs une place de choix dans l’émission puisque Thierry-Maxime Loriot viendra en parler, en plus d’avoir contribué au décor, conçu par le réalisateur Daniel Laurin.

On savait déjà qu’elle avait décroché une entrevue avec Ellen DeGeneres, mais elle rencontre aussi le duo de rap français Big Flo et Oli, Antoni Porowski de Queer Eye, la secrétaire particulière de Nelson Mandela, Zelda la Grange. Julie n’a rien perdu de son sang-froid : durant la saison, elle affrontera les lions du zoologiste sud-africain Kevin Richardson. On ne peut pas dire qu’elle a lésiné sur les moyens pour marquer son grand retour. La vice-présidente exécutive contenu de Groupe V Média, Brigitte Vincent, confirme que La semaine des 4 Julie bénéficie d’un budget sans précédent pour un talk-show à V. «Ce n’est pas un show cheap. Tout est là pour en mettre plein la vue, avec une armée de collaborateurs», explique-t-elle. 

Ils sont une vingtaine, mais trois y apparaîtront plus régulièrement : Marie-Lyne Joncas, qui se proclame «reine des coulisses», Olivier Niquet, qui adaptera son bêtisier de La soirée est (encore) jeune au format télé, ainsi qu’Arnaud Soly, qui s’improvisera Monsieur Gadget. Parmi les autres trouvailles, on ira filmer le quotidien de Mélissa Bédard, de ses trois filles et des trois garçons de son conjoint à Québec, pour un feuilleton à la manière des Kardashian. 

Julie a aussi réchappé Khate Lessard, exclue d’Occupation double Afrique du Sud et première femme trans à participer à une téléréalité au Québec. On assistera au processus habituellement très privé de vaginoplastie. Julie avait remarqué son talent de communicatrice dès le début d’OD, d’où sa présence parmi l’équipe du talk-show. D’autres noms : Dominic Paquet, Véronique Claveau, Pierre-Yves Roy-Desmarais, Sam Breton, Marième. Ça m’apparaît beaucoup de collaborateurs à première vue. Espérons que les entrevues en studio, la matière première d’un talk-show, ne seront pas noyées parmi des chroniques.

Les émissions du lundi et du mercredi seront présentées en direct à 21h, alors que celles du mardi et du jeudi seront enregistrées la veille, tout ça du MTL Grandé, un studio dans Pointe-Saint-Charles. Plus tard en décembre, l’animatrice recevra la presse sur son nouveau plateau, qui se veut très design et différent des plateaux habituels de talk-shows. Chaque soir, l’émission recevra autour de cinq invités, dont trois en studio. Comme l’a toujours fait Julie, l’émission sera un mélange d’entrevues en studio et de topos à l’extérieur.

Un certain scepticisme persiste au sujet de l’heure de diffusion, 21h, alors que les grands réseaux diffusent leurs séries les plus coûteuses et rassembleuses. Brigitte Vincent dit avoir fait ses devoirs, convaincue que le public est disponible à cette heure. «21h, c’est le nouveau 22h», dit-elle. V mise depuis sa naissance sur un public plus jeune, mais on semble vouloir élargir le groupe-cible cette fois-ci. «Des anti-conformistes, il y en a de tous les âges, et c’est ce public-là qu’on vise», explique Julie Snyder, qui ne lève pas le nez sur les boomers.

Stéphane Laporte croit toujours que Julie est à son meilleur dans un talk-show, et rêvait de l’y revoir un jour. Le concepteur admire en elle la capacité de mener des entrevues sérieuses et fouillées tout en faisant les pires folies, sur le même plateau. De tout temps, Julie n’a jamais laissé la banalité s’introduire dans un de ses projets, ne serait-ce qu’un instant. Vous êtes chez Julie, il se passe forcément quelque chose.

RICHARD THERRIEN

Le top 10 du lundi 18 novembre 2019

BLOGUE / La finale d'«Alerte Amber» a été suivie par 1 125 000 téléspectateurs lundi soir. La série, dont TVA diffusera une suite dès l'automne 2020, arrive à la troisième position du top 10 derrière «District 31» et «L'Échappée». Sur ICI Télé, «Une autre histoire» attire 628 000 habitués, et «Ruptures», 567 000.

Tout juste après, Le tricheur touche à nouveau au million de téléspectateurs, alors qu'à V, Occupation double Afrique du Sud rallie 692 000 fanatiques.

À 19h30, Discussions avec mes parents (925 000) sur ICI Télé devance une fois de plus Boomerang (758 000) à TVA.

1- District 31 (ICI Télé): 1 518 000

2- L'Échappée (TVA): 1 176 000

3- Alerte Amber (TVA): 1 125 000

4- Le tricheur (TVA): 1 023 000

5- Discussions avec mes parents (ICI Télé): 925 000

6- TVA Nouvelles 18h (TVA): 921 000

7- Boomerang (TVA): 758 000

8- Un zoo pas comme les autres (TVA): 728 000

9- TVA Nouvelles 17h (TVA): 693 000

10- Occupation double Afrique du Sud (V): 692 000

Source: Numeris

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Chronique

«Fragile»: un duo solide

CHRONIQUE / Félix et Dominic n’ont rien en commun. Le premier, issu d’un milieu aisé, traîne un passé criminel et tente de reconstruire sa vie. Le second, issu d’un milieu modeste, est propriétaire d’un garage et est un adepte de motoneige. «Fragile», la nouvelle série de Serge Boucher, commence avec le décès de ces amis improbables dans un accident de voiture, avant de nous ramener cinq mois plus tôt, au moment de leur rencontre.

Des questions, vous vous en poserez mille et une dans chacune des scènes de ces 10 épisodes, en quête d’un indice, d’un signe pouvant résoudre cette tragédie. Comme dans Aveux, Apparences et Feux, ses précédentes séries, l’auteur crée un univers propice aux secrets, aux non-dits, si caractéristiques de son œuvre. De multiples morceaux d’un casse-tête que son complice, le réalisateur Claude Desrosiers, parvient à merveille à mettre en place, plan par plan.

Depuis qu’il est sorti de prison pour un crime grave, Félix Bachand (Marc-André Grondin), 35 ans, semble errer dans la maison de sa mère Mireille (Isabelle Vincent), qui s’apprête à se lancer en politique, et de son beau-père Jean-Charles (Christian Bégin), à la tête des Papiers Lanthier. Le frère de Félix, Emmanuel (Maxime de Cotret), ne comprend pas toute l’attention qu’on lui porte et ne lui fait pas du tout confiance. Félix s’entend beaucoup mieux avec sa demi-sœur Camille (Monia Chokri), qui pourtant, ne lui dit pas tout. C’est le moins que l’on puisse dire.

À 21 ans, Dominic Couture (Pier-Luc Funk) possède son propre garage dans une petite ville qu’on situe à une demi-heure de Drummondville, en milieu rural. Sa mère Cynthia (Sandrine Bisson) et sa tante Nancy (Valérie Blais) tiennent un petit resto, où travaille Kim (Juliette Gosselin), la blonde de «Dom». Son oncle Bazou (Martin Drainville) sert de lien entre les deux clans, étant l’homme à tout faire des Lanthier, et jetant un œil suspicieux sur Félix, depuis son retour en société. Il l’épie jusque dans son bac de récupération.

La rencontre fortuite entre Félix et Dominic fait naître une relation singulière, qu’on sent puissante dès le début. Il se passe quelque chose entre ces deux-là qu’on ne parvient pas à expliquer, du moins pas après les deux premiers épisodes, mais qui suscite une sorte de fascination. Comme dans toute l’œuvre de Boucher, Fragile transpire la vérité. On reconnaît les gens de ce petit restaurant de région, adeptes de danse en ligne le samedi soir, et tricotés serrés. La relation entre Dominic et sa mère est presque malsaine tant elle est étroite. Même que le fils montre des signes de jalousie quand sa mère se met à fréquenter un policier qui la courtise de près.

Chose rare : vous verrez beaucoup l’hiver dans Fragile. La série avait pourtant été conçue pour l’été — on faisait du camping et du quatre-roues plutôt que de la motoneige —, mais les contraintes de temps pour déposer la série entière sur l’Extra ont changé les plans, et c’est tant mieux. «C’est payant pour l’histoire et le récit», croit Serge Boucher, et je suis d’accord. Tourner l’hiver coûte plus cher; la lumière du jour se fait plus chiche et on doit produire moins dans le même temps. Sans parler du froid qui engourdit les comédiens et l’équipe technique — en plus de la motoneige, Marc-André Grondin avait à conduire à vélo dans la neige. Mais ne pas voir l’hiver dans nos séries relève de l’absurdité. Et ça donne des images absolument superbes.

Après Mémoires vives, Pier-Luc Funk exploite avec beaucoup de justesse son registre dramatique; ses échanges avec Marc-André Grondin sont chargés, intenses. Fragile prouve encore que Claude Desrosiers sait tirer le meilleur des acteurs, que ce soit avec Christian Bégin en riche homme d’affaires ou Sandrine Bisson en mère poule, altruiste. Les allers-retours dans le temps sont habiles, l’été faisant contraste avec l’hiver.

Ce qui constitue un avantage pour plusieurs : nous n’aurons pas à attendre une semaine entre chaque épisode pour connaître la suite. Dès jeudi matin, l’intégrale des 10 épisodes sera disponible sur l’Extra d’ICI Tou.tv. À moins que vous préfériez attendre la diffusion sur ICI Télé, dont la date n’a pas encore été dévoilée. Parce qu’il se pourrait que vous ayez à prendre une pause entre les épisodes, le temps d’assumer la charge émotive qui en ressort. Le plus beau, c’est que vous avez le choix.

Une suite à «Alerte Amber»

La série Alerte Amber n’est pas terminée : une suite intitulée tout simplement Alertes sera diffusée à partir de l’automne 2020, à raison de 24 épisodes par saison au lieu de 10. Elle passe donc de série saisonnière au format de série annuelle. Cette nouvelle mouture reprendra l’histoire laissée en plan au dernier épisode, en plus de suivre de nouvelles enquêtes menées par l’Escouade de la capitaine Stéphanie Duquette, jouée par Sophie Prégent. Alerte Amber a été un gros succès cet automne, ralliant en moyenne 1535 000 téléspectateurs le lundi à 21h à TVA.

RICHARD THERRIEN

«Alerte Amber» aura une suite

BLOGUE / La série «Alerte Amber» n'est pas terminée: une suite intitulée tout simplement «Alertes» sera diffusée à partir de l'automne 2020, à raison de 24 épisodes par saison au lieu de 10. Elle passe donc de série saisonnière au format de série annuelle.

Cette nouvelle mouture reprendra l'histoire laissée en plan au dernier épisode, en plus de suivre de nouvelles enquêtes menées par l'Escouade de la capitaine Stéphanie Duquette, jouée par Sophie Prégent.

La nouvelle a été annoncée sur la page Facebook de la série.

Alerte Amber a été un gros succès cet automne, ralliant en moyenne 1 535 000 téléspectateurs le lundi à 21h à TVA.

RICHARD THERRIEN

Le top 10 du dimanche 17 novembre 2019

BLOGUE / Le quart de finale de «Révolution» a retenu dimanche soir 1 151 000 téléspectateurs, ce qui place l'émission de TVA tout juste devant «Tout le monde en parle», vue par 1 042 000 sur ICI Télé. Pas très loin derrière, sur V, «Occupation double Afrique du Sud» a rallié 825 000 accros, son plus haut score de la saison.

Vendredi, sur ICI Télé, Au suivant! a été vu par 389 000 téléspectateurs, Faites-moi rire!, par 226 000, et Galas ComediHa!, par 291 000. À TVA, Ça finit bien la semaine en a rallié 796 000, Du talent à revendre, 560 000, et La liste noire, 395 000. À Télé-Québec, 102 000 ont préféré regarder Y'a du monde à messe.

Toujours vendredi, à RDS, le match entre le Canadien et les Capitals a attiré 711 000 amateurs. Celui de samedi contre les Devils à TVA Sports en a retenu 714 000. Le même soir, En direct de l'univers de Geneviève Schmidt a intéressé 777 000 fidèles sur ICI Télé.

1- Révolution (TVA): 1 151 000

2- Tout le monde en parle (ICI Télé): 1 042 000

3- Studio G (TVA): 851 000

4- Occupation double Afrique du Sud (V): 825 000

5- Vlog (TVA): 711 000

6- TVA Nouvelles 18h (TVA): 688 000

7- OD Extra (V): 561 000

8- Découverte (ICI Télé): 532 000

9- Le gros laboratoire (ICI Télé): 522 000

10- Le téléjournal 22h20 (ICI Télé): 458 000

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Télé et radio

TLMEP: une émission «pas pire, pas pire»

CHRONIQUE / Il a été beaucoup question de maladie dimanche soir à «Tout le monde en parle», mais jamais sur un ton alarmiste et larmoyant. Quand Ron Fournier parle de dépistage du cancer à l'occasion de Movember, on peut difficilement trouver porte-parole plus enthousiaste et convaincant.

Toujours un invité payant, le coloré Ron, à qui je décerne l'étoile du match, a installé la bonne humeur sur le plateau dès le début de l'émission, paraissant dans une forme «pas pire, pas pire». Et pourtant, on a parlé de son cancer de la prostate qui remonte à 2017, de ses traitements, et de ses problèmes cardiaques. Parmi les désagréments, il a dû renoncer au smoked meat, qu'il aime tant. Ses traitements ont anéanti sa production de sperme, mais n'ont heureusement pas eu d'effet sur l'orgasme. L'animateur de «Bonsoir les sportifs», numéro un en soirée depuis 25 ans sur le réseau Cogeco, n'a pas défendu Don Cherry, même s'il reconnaît qu'il a déjà apprécié son humour. «Ça a fait un bout. À un moment donné, passe à d'autre chose», dit-il. L'animateur reproche à Ron MacLean, en duo avec Cherry, de ne pas être intervenu quand son collègue a lancé ses propos qui lui ont valu un congédiement. On a entendu des bouts de ses chansons sur Domi, Danault, Tatar et cie, dont son épouse Chantal signe les paroles. Sa prochaine sera sur Suzuki. Après 33 ans de radio, il n'a pas envie de laisser son micro, mais reconnaît qu'il aimerait voir son épouse plus que trois soirs par semaine. Sur une note bien triste, il a révélé que Jean Pagé, ami et grand homme de télé qui a lui aussi souffert d'un cancer de la prostate, est entré aux soins palliatifs.

De cancer, il en a aussi été question avec Stéphane Rousseau; ses parents sont décédés du cancer du colon, un drame qui change toute la dynamique familiale. «T'oses plus inviter d'amis à la maison», se souvient-il. C'est à Rousseau l'artiste peintre que s'adressait Guy A., dimanche. L'invité, qui exposera ses œuvres pour la première fois, en a présenté quelques-unes, qui lui sont inspirées par le questionnement humain et le subconscient. La sexualité y apparaît souvent, «parce que ça fait partie de la vie.» «J'ai grandi dans un camp de nudistes. […] C'était tout à fait normal de se promener à poil, pendant 15 ans de ma vie», rappelle-t-il. L'humoriste adore des caricaturistes comme Chapleau et Godin, qui lui ont donné l'envie de dessiner à son tour. À quelques reprises, on a effleuré l'échec de son talk-show, qu'il n'a pas commenté.

Pierre Hébert coanimera de nouveau le Gala Les Olivier avec Philippe Laprise en décembre. Avec sa stratégie de vendre des billets pour son nouveau spectacle à 20$ sans dévoiler son nom, il croyait vendre 1000 billets; il en a vendu plutôt 20 000 billets en 48 heures. Son numéro des Gémeaux dans lequel il a répété quatre fois le mot «mongol» a blessé des gens qui sont confrontés à la trisomie 21. Il le comprend, s'en est excusé, et répétera ce mot «le moins souvent possible». La carte du fou du roi: «Merde pour les Olivier, souviens-toi de ta gaffe aux Gémeaux et surtout, sors pas de ton texte.»

Très bonne et franche entrevue avec Nathalie Petrowski sur ses mémoires, intitulées La critique n'a jamais tué personne. Elle a raconté que Guy Latraverse l'a bannie des premières de ses artistes parce qu'elle avait durement critiqué Nicole Martin, en plus de rappeler l'épisode où Annie Girardot l'avait rebaptisée «Petrowscouille» après une critique assassine de son spectacle musical. «Je n'ai pas été qu'une bitch», dit-elle, soulignant avoir défendu et encouragé les artistes, notamment par ses innombrables portraits. Même si elle conclut son livre sur une note plus sombre au sujet de la situation des journaux, elle croit en leur relance: «Tout le monde est en train de retrouver son erre d'aller. Je ne peux pas concevoir un Québec sans La Presse», dit-elle, se demandant pourquoi les annonceurs n'ont pas été invités à témoigner à la Commission sur l'avenir des médias. La carte du fou du roi: «Certaines mauvaises langues disent que vous êtes une méchante bitch finie. Ils sont totalement dans l'erreur, vous n'êtes vraiment pas finie!»

Karine Prémont revient sur huit grandes affaires américaines dans un livre publié cette semaine. La politologue associe la persistance des théories du complot sur l'assassinat de John F. Kennedy au passé sulfureux de la CIA, qui a tout de même commandé des assassinats politiques. «Aussitôt que la CIA est impliquée dans quelque chose, on la soupçonne d'avoir voulu détourner le pouvoir vers elle.» La professeure fait des parallèles entre Richard Nixon et Trump, qui voient tous deux les médias comme des ennemis. «Nixon avait un certain flair politique», dit-elle toutefois, une qualité qu'elle n'attribue pas à Trump. Invitée à commenter les audiences publiques visant à mener à la destitution de Donald Trump, elle ne nie pas la possibilité que l'exercice puisse aider le président dans sa réélection l'an prochain.

«On dirait À table avec mon ex, a blagué Pierre Hébert en pointant Isabelle Boulay, assise à côté de son ex, Stéphane Rousseau. En cet hiver hâtif, l'entrevue avec la chanteuse donnait envie de décorer son arbre de Noël avant le temps. «J'y pense depuis probablement 25 ans», affirme Isabelle Boulay à propos de l'enregistrement de son nouvel album bilingue, En attendant Noël, qui contient notamment un splendide duo avec Rufus Wainwright, et une chanson touchante signée par Les sœurs Boulay. Ce n'était pas le cas de tout le monde sur le plateau, mais elle a toujours conservé la magie de Noël, même si son père a eu un accident de voiture très grave un 24 décembre, en 1980, alors qu'elle n'avait que huit ans.

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RICHARD THERRIEN

Le top 10 du jeudi 14 novembre 2019

BLOGUE / L'indélogeable «District 31» a attiré jeudi soir 1 459 000 fidèles sur ICI Télé, toujours à la première position du top 10, très loin devant la concurrence. À la même heure, «Les gags» de TVA ont retenu 604 000 adeptes alors qu'à V, 169 000 curieux ont regardé «À table avec mon ex».

À 19h30, La poule aux oeufs d'or a conservé 834 000 téléspectateurs contre 611 000 pour Infoman sur ICI Télé.

À 20h, Le bon docteur de TVA conserve la tête avec 799 000 fidèles, devant 100 génies, qui attire 347 000 irréductibles sur ICI Télé.

À 21h, l'excellent reportage sur la DPJ à Enquête a intéressé 401 000 téléspectateurs sur ICI Télé, deuxième derrière J.E. (571 000) et Face à la rue (474 000) à TVA.

1- District 31 (ICI Télé): 1 459 000

2- Le tricheur (TVA): 910 000

3- La poule aux oeufs d'or (TVA): 834 000

4- TVA Nouvelles 18h (TVA): 824 000

5- Le bon docteur (TVA): 799 000

6- Occupation double Afrique du Sud (V): 670 000

7- Infoman (ICI Télé): 611 000

8- TVA Nouvelles 17h (TVA): 604 000

8- Les gags (TVA): 604 000

10- J.E. (TVA): 571 000

Source: Numeris

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Richard Therrien

Laurence à l’urgence

CHRONIQUE / Quand on compare, on ne se console pas toujours. Tenez, par exemple, en début de semaine, j’ai mis le pied sur le plateau de tournage de la série médicale anglophone Transplant, à Ville LaSalle. Et ce que j’y ai vu m’a donné l’impression que je venais de passer à la douane pour me retrouver aux États-Unis. C’est clair ici qu’on joue dans d’autres ligues.

Dans ce bâtiment où il se tourne des séries depuis des décennies, on a recréé l’étage complet d’un hôpital. En me promenant dans les couloirs, je me serais cru dans une véritable salle d’urgence, à la fine pointe de la technologie. C’est gigantesque : 28 000 pieds carrés. Outre les caméras, rien n’indique qu’on est ailleurs : des ascenseurs, des lits, des appareils comme on en voit dans De garde 24/7. Même le hall d’entrée laisse entrer la lumière du soleil... recréé par des spots. Les consultants qui viennent s’assurer de la crédibilité des manipulations, de vrais médecins, ont dit qu’ils viendraient y travailler n’importe quand, tellement c’est réaliste. Ça donne (presque) envie d’être malade.

Transplant, qui sera diffusée le printemps prochain en anglais à CTV et en français à VRAK, raconte l’histoire de Bashir Hamed, «Bash» pour les intimes, médecin syrien dont les diplômes ne sont pas reconnus au Canada. Il devra se résoudre à devenir plongeur, jusqu’à ce qu’une tragédie lui permette de faire ses preuves, et d’œuvrer parmi le service d’urgence de l’hôpital York Memorial à Toronto, un des meilleurs au pays. Ce rôle principal a été confié à Hamza Haq, que reconnaîtront les habitués de la série Quantico.

Deux Québécoises font partie de la distribution, à commencer par Laurence Leboeuf, qui retrouve l’esprit d’une série médicale, elle qu’on a vue dans Trauma chez nous. Sauf que les moyens sont pas mal plus importants. En matériel mais aussi en temps de tournage, un luxe qu’elle ne trouve plus sur les plateaux québécois. «C’est de pire en pire, tu le vois. Ici, on fait des films en 18 jours et on tourne un épisode de série en quatre ou cinq jours. Faut juste se reprogrammer autrement. Sur Transplant, on a huit jours par épisode. On se sent un peu plus libre d’expérimenter certaines choses. On peut se tromper. Il y a une liberté», me confie-t-elle, entre deux scènes. Pourtant, l’actrice qu’on a vue dans la version anglaise de 19-2 apprécie trop sa vie au Québec pour envisager de ne tourner qu’en anglais à Toronto ou ailleurs.

Laurence Leboeuf, qui a signé un contrat pour quatre saisons, incarne la Dre Magalie Leblanc, à sa deuxième année de résidence. «C’est une première de classe, qui suit les règles à la lettre. Je l’appelle mon Hermione Granger! “Mags” parle vite, elle connaît tout, est très empathique, se donne beaucoup dans son travail.» Peut-être même trop, ajoute l’actrice, qui se doublera elle-même dans la version française, Dieu merci. Comme elle était traumatologue dans Trauma, et qu’elle joue maintenant une urgentologue, elle a dû réapprendre toutes les manipulations. «L’hôpital, c’est un puits sans fond d’histoires de courage, de pardon, d’acceptation, de deuil, d’amitié. On parle d’émotions vives et crues. J’ai un respect infini pour les gens qui travaillent dans ce domaine.»

Parmi le personnel du York Memorial, vous reconnaîtrez aussi Ayisha Issa, la Brittany Sizzla d’Unité 9, dans le rôle d’une ambitieuse résidente chirurgienne, June Curtis. L’actrice, dont la langue maternelle est l’anglais, a quitté Montréal il y a quatre ans pour s’installer à Toronto dans le but de décrocher plus de rôles. Athlète en jiu-jitsu brésilien, elle a dû repartir de zéro après avoir connu d’importants ennuis financiers. Elle a depuis additionné les métiers, dans les domaines des jeux vidéo, des soins du visage, et même comme agente de sécurité dans une boîte de nuit et propriétaire de son propre gym. Née d’une mère jamaïcaine et d’un père ghanéen, Ayisha est fière de participer à une série aussi ancrée dans la diversité, loin des stéréotypes, avec comme toile de fond le sort des réfugiés syriens. «On regarde ça de loin à la télé, mais c’est important de raconter ces histoires-là. On a parfois peur de le faire, parce que c’est tellement controversé, mais c’est dommage. Transplant le raconte de manière très humaine.»

Pour vous donner une idée, le budget d’une saison de 13 épisodes d’une heure de Transplant avoisine les 28 millions de dollars, alors qu’on ne met pas plus de six à sept millions au Québec, sauf dans des cas rares. Il faut dire que Transplant, destinée à CTV, dispose en grande partie de fonds américains puisqu’elle est financée par NBCUniversal International Studios. La maison de production Sphère Média Plus (Une autre histoire, Les honorables) complète ce partenariat. Parmi les défis de la construction du décor, qui s’est échelonnée de février à juin dernier, il a fallu refaire les planchers, installer de véritables plafonds, en plus de créer de toutes pièces un système de gicleurs. Félicitons-nous : l’équipe qui a conçu le décor et les techniciens sont presque tous québécois.