À peine un mois que l’école est commencée que déjà certaines commissions scolaires s’arrachent les cheveux pour trouver des suppléants.

Recherche suppléants désespérément

CHRONIQUE / À peine un mois que l’école est commencée que déjà certaines commissions scolaires s’arrachent les cheveux pour trouver des suppléants.

Des fois, il n’y en a pas.

C’est arrivé cette semaine à madame Caroline, qui travaille dans une école primaire de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries. Craignant devoir s’absenter mercredi pour une situation hors de son contrôle, elle a fait un appel à tous sur la page Facebook de suppléance de son école. «Personne ne s’est manifesté. J’ai réussi à avoir une seule période, le professeur d’éducation physique est venu dans ma classe.»

Et si elle avait été malade?

Ou son enfant?

C’est arrivé l’autre matin à une de ses collègues. «Son enfant avait une gastro, elle a donc écrit le matin pour trouver quelqu’un, elle n’a trouvé personne.» Caroline avait deux périodes de suppléance, une de ses collègues aussi, ils ont patenté ça pour que la maman puisse rester à la maison.

Il restait une période à découvert, une enseignante y est allée, elle devait être en période libre.

N’y a-t-il pas un centre de répartition pour les demandes de suppléance? «Il n’était pas encore ouvert. De toute façon, ça va plus vite sur Facebook. Le temps que la fille appelle tout le monde, c’est long...» Et la cloche, elle, n’attend pas pour sonner le début des classes.

«C’est vraiment stressant, confie Caroline, qui a quelques élèves dans sa classe avec des besoins particuliers. Les secrétaires sont toujours au téléphone, elles passent leurs journées à essayer de trouver des remplaçants!»

Pour le vendredi, «il faut avoir la permission de la direction».

La commission scolaire a réussi in extremis à combler les suppléances pour les tâches partagées lorsque, par exemple, un enseignant demande à avoir une journée libre par cycle. «Au mois d’août, il restait encore des contrats à donner...»

À la Commission scolaire de la Capitale, la conseillère en communication Carole Coulombe confirme que des mesures ont été prises cette année pour ne pas être à découvert. «De nouvelles balises ont été établies, il y a des périodes où ce n’est pas possible de prendre des congés.»

-Lesquelles?

-Il y en a plusieurs.

Mme Coulombe donne en exemple les «longs congés», où les demandes de remplacements étaient particulièrement nombreuses. «Ce sont des périodes où on a remarqué une demande très forte. Comme pour n’importe quelle organisation, il faut s’assurer de pouvoir maintenir la prestation de services.»

Qu’il y ait un prof dans chaque classe.

Pour y arriver, la commission scolaire a mis sur pied un projet-pilote pour recruter de la main-d’œuvre. «On embauche aussi des retraités et des stagiaires qui en sont à leur dernière année d’études. Il y a aussi une nouveauté, pour donner une certaine stabilité, on fait des contrats de suppléance.»

Avec des heures garanties, dans les mêmes écoles.

Mme Coulombe assure qu’«il n’y a pas de pénurie. Il y a seulement des périodes où la demande de remplacement est trop forte. C’est pour ça qu’on a établi des balises où ce n’est pas possible de prendre des congés parce qu’il n’est pas possible d’avoir des remplaçants pour les combler.»

Le même casse-tête se poserait dans Charlevoix, où des enseignants ont eux aussi eu du mal à se faire remplacer.

Et la situation ne serait pas plus rose dans les services de garde, où les responsables n’arrivent parfois pas à avoir suffisamment d’éducateurs pour combler les besoins. À l’école de Caroline, il y aurait «deux groupes qui n’ont pas encore d’éducateurs assignés».

En plus des remplacements.

À Québec aussi, certaines écoles ne sont parfois pas en mesure de combler toutes les périodes de garde. Ainsi, lors des élections lundi, le service de garde de l’école Saint-Fidèle a dû fermer ses portes à 16h au lieu de 18h, faute de personnel suffisant pour s’occuper des élèves inscrits.

Ce sont quelques heures, rien de catastrophique.

Mais tout de même, la situation révèle néanmoins que le maintien de la «prestation de service» tient parfois à un fil, à l’école et au service de garde, que le nombre d’enseignants et d’éducateurs suffit tout juste à garder la tête hors de l’eau.

La glace est mince.

Et on veut ajouter des maternelles quatre ans?