Le projet de «Facebook Tower», tel que dessiné par l’architecte Rafael Vinoly.

Projet Facebook dans le ciel de New York

CHRONIQUE / C’est New York dans toute sa démesure. Cela ne nous concerne pas beaucoup, direz-vous. Mais un peu quand même. J’ai vu passer il y a quelques jours dans la newsletter d’urbanisme New York YIMBY, à laquelle je suis abonné, cet étonnant projet de gratte-ciel pour Facebook, qui dépasserait de 85 mètres les 102 étages de l’Empire State Building.

On y voit le logo et les couleurs du géant des réseaux sociaux au sommet de l’immeuble et sur les hautes vitrines d’un lobby donnant sur la 7e Avenue, face au Madison Square Garden.

Il n’est pas acquis que ce projet se réalisera. Facebook a aussi un œil sur un autre site de Manhattan. Il est possible que son futur immeuble soit construit ailleurs et ne ressemble pas à ce qu’on voit sur les illustrations d’artiste. 

Mais juste de savoir qu’un tel modèle est possible stimule l’imagination et ébranle la perception qu’un gratte-ciel n’est qu’une tour de verre, de métal, de béton ou de briques. 

Un gratte-ciel peut aussi être un jardin. Celui-ci étagé. Comme les mythiques jardins suspendus de Babylone, une des sept merveilles du monde antique dont il n’existe pas de représentation sûre, mais qui n’a cessé d’inspirer artistes et architectes à travers les siècles.

Le projet de New York n’est pas le premier gratte-ciel à proposer des jardins et terrasses en altitude. 

Les exemples se multiplient partout dans le monde, souvent improbables, spectaculaires et à couper le souffle, mais celui-là en repousse les limites. Peut-être en raison du locataire pressenti, mais aussi, de son ampleur et de sa localisation, dans le voisinage dur et sec du Midtown de Manhattan, là où la verdure n’est qu’un lointain souvenir.

Outre les jardins suspendus, on parle de plafonds de 20 à 25 pieds, ce qui serait tout à fait inhabituel et laisserait seulement 48 étages utilisables. 

Vous m’avez vu venir peut-être. Quand on parle de gratte-ciels à l’architecture distinctive et audacieuse, c’est ce genre de projet qu’on aurait envie de voir. Pas un rideau de verre banal et lourdaud qui vient obstruer le paysage sans y mettre d’élévation.

Toute ressemblance ici avec un projet existant n’est pas fortuite. 

Il n’est pas acquis que le projet Facebook sera construit, vous disais-je. Il y a d’autres sites possibles, mais aussi un enjeu de patrimoine. 

Le terrain ciblé est celui de l’Hôtel Pennsylvania, 100 ans cette année, qui ne compte plus que 2 étoiles, mais appartient à l’histoire de cette ville et en reste une des destinations abordables (pour le marché de New York). 

L’hôtel détient le plus vieux numéro de téléphone de New York en usage continu, même s’il a fallu avec les années y ajouter des chiffres.

Le Pennsylvania devrait être démoli pour faire place au gratte-ciel. Cela fait débat.

L’idée d’une démolition est dans l’air depuis 1997. Le propriétaire songeait alors à y construire un hôtel plus moderne. 

Il fut à nouveau question de démolir en 2007, cette fois pour construire un gratte-ciel à bureaux, le «Penn 15», projet abandonné en 2013, le propriétaire annonçant alors vouloir rénover le vieil hôtel.

Nouvelle orientation en 2018. Le (même) propriétaire dépose une demande de permis pour un gratte-ciel. 

Histoire à suivre. Sur Facebook ou ailleurs.