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Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Paule Vermot-Desroches
Cette vue aérienne du site complètement démoli de l’usine Aleris démontre tout le potentiel qui réside à cet endroit pour un futur développement domiciliaire.
Cette vue aérienne du site complètement démoli de l’usine Aleris démontre tout le potentiel qui réside à cet endroit pour un futur développement domiciliaire.

Aleris, une page blanche à écrire au coeur de la ville

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CHRONIQUE / Il y a quelque temps, des élèves qui sont impliqués dans le Comité environnement de l’école secondaire des Pionniers ont été invités à rêver la ville de demain. Pas forcément de limites ou de barèmes, juste une seule question: qu’est-ce que vous aimeriez voir dans votre ville pour qu’elle réponde à vos besoins?

Sans vraiment le savoir, ces élèves ont peut-être jeté les premières bases de ce à quoi pourrait ressembler le site de l’ancienne usine Aleris, dans plusieurs années. Assis dans cette classe, le maire de Trois-Rivières Jean Lamarche écoutait avec attention ce que les élèves avaient à raconter. Gageons qu’il a pris quelques notes...

Pistes cyclables, mobilité durable, jardins communautaires et serres collectives, partage communautaire d’équipements comme les tondeuses et les outils de jardinage, maisons et infrastructures alimentées au solaire ou à l’éolien... et pourquoi pas des bancs de parc qui offriraient des prises USB? Autant d’idées sorties de la tête de ces jeunes, pour qui aucune contrainte budgétaire n’existe encore réellement, mais qui ont démontré la ferme intention de devenir des citoyens impliqués dans le développement de leur ville. Parce qu’au fond, rien n’est réellement impossible, tant qu’on en fait une priorité.

L’une des beautés du site de l’ancienne usine Aleris, c’est justement cet infini de possibilités qui se dresse devant nous. La récente démolition de tous les bâtiments a laissé place à une page toute blanche à Trois-Rivières, une page sur laquelle une histoire nouvelle reste à écrire. Et même s’il reste encore bien de la décontamination à faire, même si la Ville ou le ministère devra devenir propriétaire des lieux avant de penser n’y planter qu’une seule petite fleur, c’est le moment où jamais de commencer à écrire ce que sera cette page d’histoire. Et il n’est pas question de regarder le train passer!

Dans l’histoire récente de Trois-Rivières, il y a eu quelques scénarios semblables, de sites industriels à démolir et à redévelopper. Le site de l’ancienne Tripap, devenu Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent, en est un exemple. Celui de l’ancienne Wabasso, un autre, qui aura laissé place à des choix différents que ceux du développement massif, même si on y a vu pousser au cours des dernières années une grande résidence pour personnes âgées.

La différence avec le site d’Aleris, c’est que cet immense terrain se retrouve en plein coeur d’une portion de la ville déjà développée, où les commerces existent déjà, où les services sont bien présents, où les écoles sont déjà prêtes à accueillir les élèves. À l’inverse de Trois-Rivières-sur-Saint-Laurent, on ne devra pas miser sur l’érection d’un nouveau mode de vie, mais plutôt intégrer un nouveau quartier à un mode de vie déjà existant.

Et on ne pourra pas dissocier la revitalisation du secteur Bas-du-Cap de ce développement, sur lequel de nombreuses personnes, des gens d’affaires pour la plupart, misent déjà.

«Il ne faut pas rater notre coup», lance la députée de Champlain et ministre Sonia LeBel. Pour elle, il est indiscutable que le développement d’Aleris doit être pensé en ligne directe avec la revitalisation du secteur Bas-du-Cap. Vous ne trouverez pas grand monde pour la contredire, surtout pas le maire Jean Lamarche, lui-même résident de ce secteur et qui milite depuis le jour 1 pour un développement intelligent et réfléchi de ce terrain.

Déjà, aux premiers balbutiements de sa campagne électorale à la mairie, il avait évoqué ses rencontres avec l’ancien maire de Drummondville, Alexandre Cusson, afin de s’inspirer du projet Fortissimo. Cet ancien site industriel qui est également en phase d’être redéveloppé à Drummondville, avait fait l’objet de consultations publiques en 2017 afin de voir ce que les citoyens souhaitaient y développer. L’été dernier, un premier contrat pour la décontamination du site a été octroyé, et on s’attend à y voir se construire les premières adresses en 2023.

Le site d’Aleris, avec ses presque deux millions de pieds carrés, est deux fois plus grand que celui de Fortissimo. La vision, celle d’en faire un projet de revitalisation où l’on intégrera du résidentiel destiné aux familles et aux premiers acheteurs, n’a rien de loufoque. Mais la Ville devra se donner des balises claires pour encadrer le développement des éventuels promoteurs qui auront la possibilité de développer les différents lots disponibles.

Là-dessus, la conseillère du district, Sabrina Roy, y tient mordicus! Il faudra que les promoteurs avancent à l’intérieur de balises incontournables et déjà établies par le département d’urbanisme de la Ville. En clair, elle souhaite une harmonisation de ce secteur avec tout ce qui l’entoure, et la Ville aura un grand rôle à jouer pour s’assurer que ça puisse se faire de cette façon.

Les commerçants autour ne cachent pas, eux aussi, entretenir beaucoup d’espoir sur le développement de ce site. On a besoin de nouveaux résidents, pas de nouveaux commerces ou de nouvelles industries, disent-ils. C’est ce qui redonnera ce grand souffle tant attendu au secteur Bas-du-Cap.

Un commerçant bien implanté à cet endroit depuis des années, le centre funéraire J.D. Garneau, ne cache pas qu’il en profiterait peut-être pour agrandir son stationnement, et espère pouvoir aussi penser à une sortie arrière, qui débouchera sur une nouvelle rue à être construite à cet endroit, rendant davantage accessible ce service. Le directeur, Ronny Bourgeois, espère que la Ville n’oubliera pas de demander l’avis aux commerçants lorsque viendra le temps de planifier concrètement le développement de ce secteur.

Une page blanche à écrire, certes, mais qui comportera assurément son lot de défis. Et même si plusieurs années nous séparent encore de cette première pelletée de terre, c’est le moment où jamais de se placer en mode planification et surtout en mode écoute.

Comme le maire Lamarche a pu le faire dans cette classe d’élèves du secondaire, qui rêvaient la ville de demain. Au fond, fort possible que ce soit ces jeunes qui soient les premiers acheteurs de ce nouveau développement lorsque la première maison y sera construite...