Patrick Duquette

Quel genre d’hôpital voulez-vous ?

CHRONIQUE / Vous savez que la CAQ a promis de bâtir un troisième hôpital urbain à Gatineau ? Le projet serait déjà bien sur les rails, à en croire le ministre régional, Mathieu Lacombe. Il attend un rapport d’expert avant d’en dire plus sur l’endroit où serait construit ce nouvel établissement de 170 lits.

Justement, avant que le projet ne soit déjà si avancé qu’il ne reste plus rien à décider, je trouve qu’on devrait consulter la population sur le futur hôpital de l’Outaouais.

On devrait laisser la chance aux gens de donner leur avis sur ce projet au lieu de tout leur imposer — comme on l’a fait avec cette réforme Barrette qui a vidé les régions au profit de l’urbain, en plus de paralyser l’administration pendant des années.

C’est un beau projet de société, un nouvel hôpital. Une belle occasion de mobiliser la population. Un projet rassembleur qui a le potentiel d’attirer des spécialistes de la santé, mais aussi de la main-d’œuvre en quête d’une région bien desservie en matière de soins de santé.

Peut-être qu’on serait surpris de ce que les gens ont à dire sur nos hôpitaux. Qui sait, les gens en ont peut-être marre des hôpitaux beiges et gris, aseptisés et sans âme ? Je comprends qu’un hôpital est un lieu très spécialisé et qu’on ne peut pas le concevoir n’importe comment. L’aspect fonctionnel et sécuritaire doit primer sur le reste. 

Mais on n’a rien à perdre à demander l’opinion des gens. Ne serait-ce que pour les mobiliser autour d’un projet de cette ampleur. En Outaouais, les gens sont habitués de chialer contre le système de santé. C’est presque rendu un sport national.

En les consultant sur un projet d’hôpital, on leur donnerait l’occasion de s’exprimer dans un contexte plus constructif. Il y a peut-être là une belle occasion d’insuffler un peu d’espoir dans le débat autour des soins de santé.

Surtout que la santé est un domaine qui soulève les passions en Outaouais. La dernière fois qu’on a construit un nouvel hôpital dans l’urbain, c’était l’hôpital de Gatineau au début des années 1980. Il y a près de 40 ans !

Un débat public permettrait aussi à la population de se prononcer sur l’urgence même de construire un troisième hôpital urbain. Tout le monde s’entend sur le fait qu’il manque de lits de courte durée dans la région. Mais la solution passe-t-elle vraiment par ce troisième hôpital ? 

L’Outaouais manque cruellement de personnel médical pour combler les besoins dans les hôpitaux existants. On entend que les infirmières sont débordées et à bout de souffle. Un troisième hôpital qui manque d’infirmières et de personnel médical, aussi beau soit-il, n’ira pas très loin.

Et puis, est-ce que l’apparition d’un nouvel hôpital en zone urbaine ne relancerait pas les querelles de médecins qui ont suivi la fusion des deux hôpitaux de Gatineau ? Plusieurs se posent la question.

Je suis convaincu que les gens de l’Outaouais auraient des propositions ou des suggestions à soumettre si on se donnait la peine de les consulter.

L’exercice s’impose, surtout qu’il n’y a pas eu réellement de débat public autour de ce nouvel hôpital que la CAQ a sorti de son chapeau de magicien durant la dernière campagne électorale.

Patrick Duquette

Silence injustifié

CHRONIQUE / Ainsi, la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais aurait imposé le silence à ses profs après la tornade et l’incendie qui ont forcé la fermeture prolongée de l’école secondaire Mont-Bleu en septembre dernier. Interdiction de parler aux journalistes!

Des entrevues déjà prévues avec des enseignants auraient même été annulées par la CSPO. Motif invoqué: le sacro-saint devoir de loyauté envers l’employeur. Un syndicat d’enseignants dénonce cette politique de l’omertà dans un texte signé par mon collègue Daniel Leblanc.

Patrick Duquette

Les maux invisibles

CHRONIQUE / On ne pense jamais aux aqueducs. Sauf quand un trou béant s’ouvre soudainement dans la chaussée et qu’un torrent d’eau se répand dans le quartier. C’est ce qui s’est produit lundi soir sur le boulevard Alexandre-Taché à Gatineau. Résultat ? Tout un secteur privé d’eau potable. Des sous-sols inondés. Des écoles fermées. Le résultat de 40 ans de négligence, a résumé le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Eh oui.

Patrick Duquette

La résistance au quotidien

CHRONIQUE / La résistance est le mot de l’heure depuis que le gouvernement de Doug Ford a coupé dans les services en français en Ontario. Mais pour Michel Thibaudeau, un Gatinois qui vit depuis 12 ans dans de petites communautés francophones hors Québec, la résistance est depuis longtemps une réalité quotidienne.

Ce natif de Thurso, comptable de profession, a accepté un emploi en Saskatchewan en 2006. Avec son épouse anglophone et ses quatre jeunes enfants, il est parti pour Regina, la capitale de cette province. En se disant qu’il n’aurait plus l’occasion de parler français aussi souvent…