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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Sortez de votre cachette, M. le maire

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CHRONIQUE / Quand Maxime Pedneaud-Jobin va-t-il sortir de sa cachette?

L’histoire fait les manchettes du Droit depuis près d’une semaine: le torchon brûle entre le maire de Gatineau et sa directrice générale.

Le premier magistrat et la plus haute fonctionnaire municipale ne se parlent plus. Monsieur le maire a fait comprendre à Marie-Hélène Lajoie qu’il souhaite la voir démissionner. Mme Lajoie, qui n’est pas exactement du genre à s’en laisser imposer, refuse de partir.

Maintenant, il se passe quoi?

Allez-vous vous cacher chacun dans votre bureau en attendant la prochaine élection en novembre?

Le maire refuse obstinément de commenter le dossier de quelque façon que ce soit.

C’est silence radio au cabinet du maire Pedneaud-Jobin sous prétexte que le dossier relève des ressources humaines et qu’il est judiciarisé.

L’excuse tiendrait la route si le bras de fer à la haute direction se déroulait encore à l’interne, à l’abri du regard scrutateur du public.

Mais ce n’est plus le cas.

La directrice générale de la Ville de Gatineau, Marie-Hélène Lajoie

Tout le monde est au courant maintenant. 

À partir du moment où le conflit devient de notoriété publique, le maire n’a tout simplement plus le droit de se cacher comme il le fait.

Lui qui a fait de la reddition de compte un credo de son engagement politique doit faire ça, justement: rendre des comptes.

Est-ce que la machine administrative est paralysée? Est-ce que des grands dossiers sont bloqués à l’heure actuelle? Plus simplement: quelle est la suite des choses? 

La population en général, mais aussi les employés municipaux doivent se demander sur quel pied danser ces jours-ci avec une dg en disgrâce et un maire qui refuse de parler.

C’est peut-être la pire crise de gouvernance à frapper la Maison du Citoyen depuis, depuis… je ne sais plus quand. L’affaire est grave. 

Monsieur le maire, on ne vous demande pas de vous prêter à un procès sur la place publique.  Simplement de nous renseigner un minimum sur la suite des choses.

Les gens ont le droit de savoir.

À LIRE AUSSI: La DG de Gatineau met le maire Pedneaud-Jobin en demeure [EXCLUSIF]

> La DG dénonçait «la tactique» du maire de Gatineau dès février

***

Depuis la fusion de 2002, je ne me souviens pas d’avoir été témoin de telles tensions entre la haute direction et le conseil municipal. Ça tient beaucoup, je pense, à la volonté des élus d’avoir plus d’influence sur le cours des choses. Pendant longtemps, l’administration a fait la pluie et le beau temps à Gatineau. Je me souviens encore de l’ex-conseillère Denise Laferrière qui disait: qui suis-je, moi, simple conseillère, pour remettre en question les décisions ou les analyses de l’administration?

Le parti du maire, Action Gatineau, a remis tout cela en question. Déjà, lorsqu’il était simple conseiller, Maxime Pedneaud-Jobin disait que c’est le politique qui doit tenir le volant d’une ville. Et il s’est donné les outils pour y parvenir. C’est l’un des effets du parti: c’est une force politique cohérente, bien documentée, bien organisée, capable d’influencer une administration de manière beaucoup plus déterminante que des indépendants qui collaborent sur une base occasionnelle.

Dans le but justement d’influencer la machine administrative, le maire a instauré une «nouvelle gouvernance» à la Ville de Gatineau. Le conseil municipal adopte, en début de mandat, un «programme du conseil». C’est un amalgame des différents engagements électoraux de chacun des élus. Le maire et le conseil mettent ensuite beaucoup de pression sur la fonction publique pour livrer la marchandise. Les services municipaux doivent produire des rapports bisannuels, des plans d’action, en plus de se plier aux demandes particulières des élus.

La nouvelle gouvernance a grugé temps et énergie à la haute fonction publique. Trop peut-être? Avec déjà deux inondations, une tornade et une pandémie à gérer depuis 2017, il se peut très bien que les directeurs aient renâclé devant ce surplus de travail. N’en jetez plus, la cour est pleine! Qui sait? Le conflit entre le maire et la dg en est peut-être l’ultime démonstration.