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Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Le nombre de cas de COVID-19 est en baisse en Outaouais.
Le nombre de cas de COVID-19 est en baisse en Outaouais.

Prudence avant de déconfiner l’Outaouais

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CHRONIQUE / Ainsi, le gouvernement Legault pourrait alléger les mesures sanitaires dans «certaines» régions relativement épargnées du Québec, à compter du 8 février. L’Outaouais fera-t-elle partie des régions visées?

Le trio Arruda-Legault-Dubé a refusé de répondre à la question mardi. Mais les trois hommes ont quand même révélé des critères qui guideront la décision de lâcher un peu de lest (ou pas) dans certaines contrées de la province.

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Prenons-les un par un…

Le nombre de cas: il est en baisse spectaculaire en Outaouais. Après avoir frôlé la barre des 500 cas actifs au début du mois de janvier, il ne restait que 179 personnes infectées par le virus en date de mardi.

Le nombre d’hospitalisations: cet indicateur a également chuté de manière impressionnante. Le reconfinement et le couvre-feu semblent avoir produit leur petit effet: seulement 6 lits étaient occupés à l’unité COVID de l’hôpital de Hull, mardi. Mais jusqu’à 50 lits ont été mobilisés en même temps pas plus tard qu’en novembre dernier, après une série d’éclosions dans les résidences pour personnes âgées.

Le nombre d’éclosions: il est également en baisse dans les hôpitaux, les CHSLD et les résidences pour personnes âgées après la flambée de l’automne. Il faudra attendre le prochain bilan de la Santé publique pour connaître le portrait exact des éclosions dans les écoles et les milieux de travail. Mais la situation semble sous contrôle.

Le délestage médical: de ce côté, la situation est tout sauf claire. Début janvier, le CISSSO a annoncé qu’il reportait un certain nombre de chirurgies et d’activités médicales non urgentes afin de libérer du personnel pour lutter contre les éclosions. Combien de patients sont touchés par le délestage? Combien de chirurgies, d’examens préventifs sont reportés? Quel est l’effet sur les listes d’attente? On l’ignore. Le CISSSO a refusé une demande d’entrevue à ce sujet, mardi, prétextant que le délestage est justement en pleine réévaluation.

Épuisement du personnel soignant: ce ne sont pas les travailleurs de la santé, au front depuis 11 mois contre la COVID, qui se plaindront de l’accalmie actuelle. En temps normal, l’Outaouais manque déjà de personnel pour faire rouler le réseau de la santé. C’est encore plus vrai en pandémie. Mardi, 67 travailleurs étaient infectés, et plusieurs de leurs collègues en quarantaine forcée. Avant de relâcher les mesures, il faut s’assurer que le personnel soignant de l’Outaouais est capable de faire face à de nouvelles flambées.

La situation frontalière: il n’en a pas été question lors du point de presse. Mais la situation frontalière avec Ottawa pourrait aussi changer la donne. Quand la capitale fédérale est tombée en zone rouge, en octobre dernier, l’Outaouais urbain, en zone orange à ce moment-là, a suivi le mouvement en moins de 24 heures. Au grand dam des restaurateurs et des commerçants…

Le variant britannique: la propagation du variant britannique, réputé plus contagieux et plus meurtrier, pourrait également tout changer d’ici au 8 février. Au Royaume-Uni, il s’est répandu de façon catastrophique, engorgeant les hôpitaux londoniens au point de forcer le report de chirurgies contre le cancer. Croisons les doigts: il n’y a eu jusqu’ici que 6 cas répertoriés de ce variant au Québec.

La propagation du variant britannique s’est répandu de façon catastrophique, engorgeant les hôpitaux londoniens au point de forcer le report de chirurgies contre le cancer.

L’indiscipline: on l’a vu par le passé, il suffit que la province relâche un peu trop les restrictions pour que certains en oublient toute prudence. Le virus, qui se nourrit des contacts sociaux, en profite pour se propager à une vitesse hallucinante.

Conclusion?

Oui, les indicateurs sont au mieux. Oui, tout le monde a besoin de souffler un peu. Mais n’oublions pas qu’il suffit d’une ou deux éclosions mal contrôlées pour remplir en un rien de temps les lits vides des unités COVID à Gatineau. Peut-être pourrait-on envisager un certain déconfinement, tout en maintenant le couvre-feu à 20 h?