Atteint de leucémie, Lukas subit des traitements de chimiothérapie qui affaiblissent son système immunitaire.

Faisons-le pour Lukas

CHRONIQUE / Vous êtes de ceux qui trouvent qu’on se raconte des peurs avec la COVID-19 ? Que ce n’est qu’une petite grippe ? Qu’on en fait un gros plat pour rien ?

Lisez ceci.

C’est un peu à votre intention que le Gatinois Pascal Arcand a fait sa sortie sur Facebook. Pour mettre au moins un visage sur le 2 à 3 % de patients qui risquent de mourir s’ils attrapent le coronavirus.

Son fils de 11 ans, Lukas, est atteint de leucémie. Depuis deux mois, le petit gars subit des traitements de chimio au CHEO. Il se bat courageusement contre la maladie. Même affaibli, il garde le moral, envers et contre tous.

Mais ses parents, qui se relaient jour et nuit à son chevet, sont de plus en plus anxieux. Parce que tout en combattant le cancer, la chimio met à terre le système immunitaire de Lukas. Son organisme est à la merci du premier virus venu. Or un virus particulièrement contagieux se propage ces jours-ci…

« Jusqu’à maintenant, sa mère Mélinda et moi avons fait tout en notre pouvoir pour que Lukas n’attrape pas le rhume, la grippe ou quel qu’autre virus que ce soit. Mais cette pandémie de COVID-19 nous rend encore plus anxieux », confie Pascal au bout du fil.

Plus anxieux ?

« C’est qu’il n’existe pas de vaccins contre le coronavirus, poursuit Pascal. Lukas n’aurait pas pu être vacciné de toute manière. Mais si la population autour de lui l’était – comme pour la grippe – cela aurait eu pour effet de ralentir, voire d’empêcher la propagation. C’est pourquoi en cette période de quarantaine, soyez vigilants. Ne sortez que si vous en avez réellement besoin. »

Faute de vaccin, les autorités se rabattent sur le confinement et la « distanciation sociale » pour limiter la propagation de la COVID-19. Une stratégie qui exige la collaboration de tout un chacun. À la limite, la vie d’un petit gars comme Lukas dépend de la rigueur avec laquelle les règles d’hygiène sont appliquées par tous.

Quand Pascal a vu sur les médias sociaux que des gens prenaient la COVID-19 à la légère, il s’en est mêlé.

« Non, ce n’est pas juste une petite grippe, dit-il. Et nous, on ne demande rien à personne, sauf de respecter les consignes de la Santé publique. La quarantaine, ce n’est pas des vacances, mais une question de sécurité nationale. Même si ça n’empêchera pas la propagation du virus, ça devrait le ralentir. Le temps pour Lukas de terminer ses traitements et de rebâtir son système immunitaire avant qu’il en soit affecté. »

D’ailleurs, comment se porte Lukas ?

« Il vient de terminer sa deuxième session de chimio (sur six). On est en période de pause avant de reprendre les traitements. Il a une bonne attitude. Il est motivé, enjoué. Il garde le moral. Souvent, c’est lui qui nous supporte dans cette épreuve… »

Et vous, ses parents ?

« Nous, on fait tout ce qu’on peut pour le protéger. J’étais déjà un gars propre. Mais là, c’est devenu une seconde nature de me laver les mains souvent, de me promener avec du Purrell. On met des gants pour sortir. On se tient à bonne distance des gens. On est à l’affût du moindre symptôme grippal. On se retient de faire trop de caresses à Lukas. Même si ce n’est pas l’envie qui nous manque de lui faire des câlins… »

Alors voilà. La prochaine fois que le confinement vous pèsera, jetez un coup d’œil à la photo de Lukas. Ça devrait vous aider à accepter votre sort.