Qu’est-ce que le président Trump comme solution aux fusillades à répétitions dans les écoles? D’armer les profs...

D’un scandale à l’autre

CHRONIQUE / Vu d’ici, c’est complètement débile ce nouveau chapitre du débat sur les armes à feu aux États-Unis. Le président Donald Trump reçoit des victimes endeuillées par les armes dans un salon de la Maison-Blanche. Et qu’est-ce qu’il propose comme solution aux fusillades à répétition dans les écoles ? D’armer les profs, en tout cas, ceux qui savent se servir d’une arme.

C’est fou, cette escalade de l’armement. Qu’est-ce que ce sera la prochaine fois ? Un malade débarque dans une école avec une mitraillette. Le prof n’aura qu’un revolver pour répliquer. Qu’est-ce qu’on proposera alors ? D’équiper les écoles avec des bazookas ? D’inclure des gilets pare-balles dans la liste des fournitures scolaires ? De creuser des tranchées dans la cour d’école ?

Ça ne finira jamais.

Au Canada, s’il survient une fusillade, on réagit en cherchant à mieux contrôler le port d’armes. Chez nos voisins du sud, c’est le contraire. La puissante National Rifle Association, qui a donné 30 millions à la campagne de Trump, alimente le débat dans l’autre sens. Il faut armer les gentils pour qu’ils puissent se défendre contre les méchants. Tout ça dans l’esprit du 2e amendement de la Constitution, rédigé à une époque où l’arme la plus redoutable de l’arsenal était un mousquet.

Pourquoi ne pas interdire la vente du fusil d’assaut semi-automatique qui a servi à abattre 17 personnes dans une école secondaire de Floride, la semaine dernière ? Là-dessus, Donald Trump ne veut rien entendre, pas plus que la NRA qui refuse de priver les citoyens américains de leur droit sacré à l’autoprotection. Sans compter, a rappelé un élu républicain de la Floride, que le AR-15 est une arme de chasse « légitime ». Une arme de chasse ? J’aimerais voir l’état d’un chevreuil abattu par une arme pareille.

Lueur d’espoir dans ce débat insoluble : ces milliers d’étudiants sortis manifester en Floride. Un état où la pornographie est considérée comme un risque pour la santé publique — mais pas les armes. À l’approche des élections de mi-mandat, qui sait si leur poids politique ne forcera pas des concessions sur le port d’armes.

Pendant ce temps à Ottawa, le gros scandale de l’heure, c’est un échange de courriels « compromettants » entre le maire Jim Watson et le conseiller Mathieu Fleury à propos de ce projet de mégarefuge pour les itinérants à Vanier. Compromettant, vraiment ? J’ai surtout vu dans cet échange deux politiciens qui font valoir leurs points de vue divergents avec une grande conviction certes — mais somme toute fort civilement.

S’il y a scandale, c’est dans la manière dont le déménagement du refuge a été négocié en coulisses, sans consulter au préalable les citoyens. De ce point de vue, le maire d’Ottawa semble avoir fait le bon calcul politique. Déplacer les itinérants du centre-ville à Vanier ne lui coûte pas cher. Selon un sondage de Radio-Canada, son taux de popularité atteint un enviable 73 % en cette année d’élection municipale. Un résultat qu’on peut attribuer à l’engouement autour des fêtes du 150e et à la livraison prochaine du train léger.

Comme quoi du train et des jeux, ça cartonne toujours en politique.

Une autre cote de popularité qui étonne, c’est celle des conservateurs ontariens.

Les voilà en plein scandale d’inconduite sexuelle. Or que dit le sondage du Toronto Star de samedi ? Qu’à quelques mois des élections provinciales, le PC rafle 49 % des intentions de vote, 7 points de plus qu’à la fin janvier.

Ils sont loin devant les libéraux de Kathleen Wynne (24 %) et des néo-démocrates (19 %). Loin de nuire aux conservateurs, la mauvaise publicité autour de la démission de Patrick Brown leur donne plutôt un nouvel élan. Même la décision de Brown de revenir dans la course à la chefferie dont il avait été exclu ne scandalise pas les Ontariens. Autant de gens y sont favorables que défavorables, selon le sondage. Tout cela donne envie de ressortir le dicton de nos grands-mères : parlez-en en mal, parlez-en en bien... mais parlez-en !