Le train léger d’Ottawa est la plus importante initiative des cinq dernières années pour réduire les émissions dans la capitale nationale.

Au-delà des slogans écolos

CHRONIQUE / C’est bien beau de sortir dans les rues pour manifester avec Greta Thunberg contre les changements climatiques.

Mais un moment donné, il ne suffit plus de scander des slogans écolos et de faire de son mieux, chacun dans son petit coin, pour réduire son empreinte écologique.

Il faut un plan pour mobiliser tout le monde. Un plan avec des objectifs clairs et des moyens concrets pour les atteindre. À ce chapitre, la Ville d’Ottawa semble sur la bonne voie.

La capitale fédérale a annoncé, à la mi-décembre, son intention d’éliminer toutes les émissions de gaz à effet de serre sur son territoire d’ici 2050.

Un plan ambitieux qui implique que tout le monde – citoyens, industries et gouvernements –contribuera à l’effort de guerre environnemental.

Charité bien ordonnée commençant par soi-même, la Ville d’Ottawa entend réduire à zéro ses propres émissions de GES dès 2040 – soit une décennie avant tout le monde.

Et c’est bien ainsi. S’il y a un palier de gouvernement qui doit montrer la voie à suivre dans le domaine des changements climatiques, c’est bien le municipal.

Une ville comme Ottawa n’émet que 4 % des émissions sur son territoire. Mais son pouvoir d’influence est beaucoup plus grand. En fait, les villes influent sur environ la moitié des émissions de GES du Canada, selon la Fédération canadienne des municipalités. Entre autres parce qu’elles détiennent autour de 60 % des infrastructures publiques qui soutiennent l’économie.

Depuis 2012, Ottawa a réduit ses émissions municipales de 36 %. Un bon résultat que la Ville attribue à l’installation d’un nouveau système de captation des gaz d’enfouissement à la décharge du chemin Trail. Côté investissement, le train léger d’Ottawa a beau connaître quelques ratés, il demeure la plus importante initiative des cinq dernières années pour réduire les émissions dans la capitale canadienne. Les 34 véhicules du train sont alimentés à l’électricité et émettent donc peu de CO2.

Et Gatineau ?

En comparaison, la ville de Maxime Pedneaud-Jobin traîne de la patte dans les efforts de réduction des GES.

Gatineau a beau avoir été éprouvée par deux inondations et une tornade, elle n’a toujours pas de plan concret pour réduire les gaz à effet de serre sur son territoire. Un plan est bel et bien en cours d’élaboration. Mais il ne sera pas prêt avant la fin de 2020, nous a-t-on indiqué au service des communications.

Cela ne veut pas dire que Gatineau reste les bras croisés. Le tramway que l’administration Pedneaud-Jobin souhaite implanter dans l’ouest de la ville a, tout comme le train léger d’Ottawa, le potentiel de réduire considérablement les émissions de GES. Les investissements prévus dans le prolongement du Rapibus sont de la même eau.

Il reste que c’est absurde de voir les villes d’Ottawa et de Gatineau élaborer, chacune de leur côté, des plans pour réduire les émissions de GES. Surtout quand on sait que le transport est la principale source d’émissions des deux côtés de la rivière, en raison des émanations d’essence et de diesel.

Voilà d’ailleurs qu’on parle de bâtir un 6e lien interprovincial entre Ottawa et Gatineau. Alors je vous le demande: dans quel plan de réduction des GES ce nouveau pont va-t-il figurer ?