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Patrick Duquette

Apprécions la présence de ceux qu’on aime

CHRONIQUE / À l’instar de bien des Québécois, la vie du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a changé du tout au tout avec la COVID-19.

Lui qui est habitué à la vie trépidante de ministre doit maintenant, comme tout le monde, s’astreindre aux règles de confinement et d’éloignement social.

Patrick Duquette

Pensez-y avant d’adopter un husky

CHRONIQUE / Cette pandémie a des effets inattendus sur le comportement humain. Et je ne parle pas du soudain engouement pour le papier-cul.

J’ai lu qu’en France, des fourrières débordent d’animaux abandonnés ces jours-ci. La bêtise humaine pousse en effet certains propriétaire à se débarrasser de leur chien, de peur que la bête puisse transmettre le coronavirus.

Patrick Duquette

Coincés au Maroc: on ne veut pas tomber malade ici !

CHRONIQUE / En pleine pandémie, huit Gatinois se retrouvent coincés dans un hôtel du Maroc, sans espoir de revenir au Canada de sitôt.

Le groupe d’amis de Guy Pouliotte s’est envolé pour le Maroc le 4 mars dernier. Après une excursion dans le sud du pays, ils devaient poursuivre leur périple en Espagne à compter du 13 mars.

C’est la journée qu’a choisi le Maroc pour interdire les vols vers l’Europe où le coronavirus gagnait du terrain.

Depuis, ils sont coincés dans un centre de villégiature d’Agadir, sur la côte atlantique du pays.

En fait, il ne reste plus qu’eux dans l’hôtel de la chaîne Iberostar. Huit petits Québécois dans un grand hôtel de 470 chambres…

« C’est désert ici. Dans notre hôtel, tout le monde a été rapatrié. Les Belges, les Allemands, les Britanniques… Nous sommes vraiment les derniers occupants. L’hôtel voulait nous mettre à la porte dès aujourd’hui. Mais on les a convaincus d’attendre au moins à demain », résume M. Pouliotte, via Facetime.

Patrick Duquette

La dame aux poivrons rouges

CHRONIQUE / En attendant de l’attraper pour vrai, ce maudit virus est en train de nous rendre hypocondriaques.

J’étais coincé à l’épicerie bondée de mon quartier, vendredi matin.

Dans la section des fruits et légumes, une dame s’est arrêtée, perplexe, devant les poivrons rouges.

Il devait y avoir, quoi, cinquante poivrons rouges dans les petits paniers ?

Je vous jure, la dame les a tâtés un par un à la recherche du candidat parfait.

UN par UN.

En des circonstances normales, je ne l’aurais même pas remarqué.

Mais là, j’ai eu envie de lui crier : Madame, il y a une pandémie ! Pouvez-pas vous retenir un peu ? Vous êtes-vous lavé les mains, au moins ? J’ai plutôt acheté les poivrons préemballés du présentoir voisin. En espérant que le préposé qui les avait emballés, lui, s’était lavé les mains.

Dans la section des viandes, plus loin, j’ai eu envie de tousser. Dans mon cas, rien d’exceptionnel. J’ai souvent la gorge sèche le matin. Je tousse par habitude, sans même m’en rendre compte. Un simple réflexe pour dégager les voies respiratoires.

Mais là, au milieu de tout ce monde qui faisait provision de viande hachée et de poulet, je me suis retenu. Le plus longtemps que j’ai pu. Jusqu’à ce que les yeux pleins d’eau et la gorge en feu, je finisse par succomber… et à tousser dans mon coude.

La dame aux poivrons rouges, qui attendait derrière, a levé un regard réprobateur vers moi. Je l’ai presque entendue penser : « Monsieur, il y a une pandémie ! Qu’est-ce que vous avez à tousser de la sorte ? Pourriez pas rester chez vous ? »

J’ai eu envie de me défendre. De lui dire que je ne fais pas de fièvre, qu’à force de me laver les mains, elles sont devenues toutes sèches.

Et puis non, madame, je ne pourrai pas toujours rester chez moi.

Vous non plus d’ailleurs.

Même si les édifices municipaux seront fermés pour quelque temps, de même que des écoles et bien des bureaux, il va falloir sortir de temps en temps d’ici la fin de la pandémie.

Ne serait-ce que pour faire l’épicerie, tiens.

D’ailleurs, va falloir que j’y retourne. Qu’est-ce qui vous prend de dévaliser ainsi le rayon du papier de toilette ? Vous vous mouchez avec du papier-cul, vous autres ?

Prêcher par l’exemple

Parlant d’hygiène de base, ma collègue Justine Mercier rapportait vendredi le cas troublant d’une jeune femme qui s’est présenté à l’urgence de l’hôpital de Hull avec des symptômes de la COVID-19.

Or la jeune femme et sa mère n’ont pas été impressionnées par les mesures préventives.

Alors qu’elles auraient dû être isolées, elles ont attendu parmi les autres patients avant de passer au triage. À l’enregistrement, l’employé a tendu un stylo à la jeune femme pour qu’elle signe un formulaire. « On a touché plein de portes, plein de chaises », raconte la mère éberluée.

Hé, il y a une pandémie !

Les autorités de santé publique s’évertuent à passer le message que c’est la responsabilité du citoyen de limiter la propagation du virus en observant les mesures d’hygiène de base.

Première chose qu’on sait, des patients qui veulent se faire tester pour le COVID-19 se promènent librement à l’urgence ?

Espérons que ce n’est qu’une erreur de parcours. 

Le réseau de la santé se doit absolument de prêcher par l’exemple pour que ses appels à la responsabilité collective portent des fruits.

Patrick Duquette

COVID-19 : un test pour l’humanité

CHRONIQUE / Cette histoire de COVID-19 a des allures de répétition générale, vous ne trouvez pas ?

Moi j’y vois un parallèle avec les changements climatiques. Dans les deux cas, l’humanité fait face à une menace planétaire. Dans les deux cas, les actions individuelles joueront un grand rôle pour la contrer.

Patrick Duquette

Un rêve brisé par un test de français

CHRONIQUE / Un échec à l’examen de français de l’Université d’Ottawa a brisé net le rêve de Michelle Frenette.

À 42 ans, cette mère de trois enfants souhaitait réorienter sa carrière dans le domaine de l’enseignement en Ontario. Ça tombe bien, il y a une pénurie de profs dans la province de Doug Ford.

Patrick Duquette

Les écrans : une question de bon sens

CHRONIQUE / J’en conviens, c’est une excellente chose que le gouvernement Legault cherche des moyens de réduire le temps d’écran chez les jeunes.

Même si la recherche scientifique en est encore à ses balbutiements dans ce domaine, on sait déjà que trop de temps passé devant les écrans est dommageable à bien des égards.

Patrick Duquette

Et nos enfants?

CHRONIQUE / Et nos enfants dans tout ça ?

Vont-ils bénéficier de l’abolition des commissions scolaires ou en payer le prix ?

C’est la question que je me pose face au projet de loi 40 adopté sous le bâillon par le gouvernement Legault.

Un projet de loi que beaucoup comparent à la réforme Barrette dans le domaine de la santé. On y retrouve la même volonté de centraliser les pouvoirs à Québec. Le même acharnement à éliminer des contre-pouvoirs jugés gênants ou superflus.

À l’annonce de la réforme Barrette, j’avais écrit une chronique où je me demandais : et les patients dans tout cela ? J’ai envie de poser la même question devant cette réforme du ministre Jean-François Roberge : et les élèves dans tout cela ?

À LIRE AUSSI: La réforme des commissions scolaires irrite Pedneaud-Jobin

Loi 40 et cession d’immeubles: le monde municipal condamne le gouvernement

Je m’inquiète pour l’allocation des ressources aux enfants en difficulté. Avant, c’était le conseil des commissaires qui s’assurait que la répartition se faisait de manière équitable. Eux qui veillaient, en tout dernier recours, à ce que les plus démunis ne tombent pas entre les craques du système.

Désormais, qui fera cet arbitrage ?

Autre aspect du projet de loi qui soulève des questions : les parents pourront désormais choisir leur école. Qu’est-ce que ça veut dire pour nos écoles du Pontiac, de la Petite-Nation ou de la Haute-Gatineau ?

Que se passe-t-il si les parents de Maniwaki, Fort-Coulonge ou Papineauville décident d’inscrire leurs enfants dans une école de Gatineau, près de leur lieu de travail ? Ne risque-t-on pas de dévitaliser les petits milieux ? De créer des écoles de riches et des écoles de pauvres ? Le gouvernement Legault, qui se proclame pourtant le champion des régions, passe vite sur cet aspect de son projet de loi.

Le projet de loi 40 en met aussi beaucoup sur les épaules des directions d’école. Oui, elles sont bien placées pour déterminer les besoins des élèves. En même temps, leurs nouvelles responsabilités viendront avec de la reddition de compte, de la paperasse à remplir. On a déjà des enseignants à bout de souffle. Aura-t-on aussi des directions avec la langue à terre ?

Oui, le taux de participation aux élections scolaires était famélique. Il reste qu’en Outaouais, les commissaires scolaires jouaient un rôle clé au moment de revendiquer une nouvelle école ou de négocier le choix d’un terrain pour l’accueillir.

Qui jouera désormais ce rôle hautement politique ?

Apparemment, la réponse se trouve au beau milieu de l’immense projet de loi adopté sous le bâillon. Au grand dam des maires, l’article 114 force désormais les municipalités à céder gratuitement un terrain pour la construction ou l’agrandissement d’une école.

« C’est nous qui allons augmenter les taxes pour payer les écoles du Québec ! », s’insurge le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Il déplore, du même souffle, que cet article lourd de conséquences n’ait pas été discuté avec les municipalités.

Tout cela donne l’impression que le ministre Roberge a brûlé des étapes en faisant adopter sous le bâillon un projet de loi volumineux — dont 36 des 37 blocs ne touchent même pas les élections scolaires.

Comme la réforme Barrette, le projet de loi 40 risque de créer beaucoup d’incertitude. Tout ça au moment où le réseau devrait consacrer son énergie à régler des problèmes urgents comme la pénurie d’enseignants ou le décrochage chez les garçons. D’où ma question de départ : et nos enfants ? Ils y gagnent quoi ?

Patrick Duquette

Pour gagner dix secondes... [VIDÉO]

CHRONIQUE / Le conseiller d’Ottawa Jeff Leiper a diffusé une vidéo à donner froid dans le dos. Les images montrent une voiture sortie de nulle part qui dépasse un autobus scolaire par la droite… au moment même où des enfants s’apprêtent à en débarquer.

Si ce n’était de la présence d’esprit du chauffeur d’autobus, qui a retenu les écoliers juste à temps, c’était la tragédie assurée. Faut-il préciser que la voiture a emprunté une piste cyclable pour dépasser l’autobus par la droite ? Oui, monsieur. Empruter une piste cyclable pour dépasser un autobus scolaire à l’arrêt. Faut le faire !

Patrick Duquette

Détresse agricole

CHRONIQUE / Les gens du village ont deviné ce qui s’était produit. Même si l’avis de nécrologie disait simplement : c’est avec tristesse que nous vous faisons part du décès de M. X, à l’âge de 65 ans.

Le mot s’est passé dans la communauté. M. X, un producteur agricole de l’Outaouais, s’était suicidé. Son décès a causé une onde de choc dans ce petit milieu où tout le monde se connaît.

Patrick Duquette

Le virus de la peur

CHRONIQUE / L’inquiétude se propage plus vite que n’importe quel microbe, disait la semaine dernière Horacio Arruda, le directeur de la Santé publique du Québec.

Justement, je jouais dans un tournoi de squash ce week-end à Ottawa. Près du vestiaire, une télé passait en boucle des images de Chinois avec des masques sur le visage. On nous montrait aussi les rues désertées de Wuhan, épicentre de l’épidémie.

Patrick Duquette

Cool, la biblio de l’école

CHRONIQUE / Oui, ça peut être « cool » de fréquenter la bibliothèque de son école secondaire. À condition d’en faire autre chose qu’un austère entrepôt de livres, où le silence absolu est de rigueur.

Le Collège Saint-Alexandre vient d’investir un million dans la sienne. Un million provenant essentiellement de dons privés. Depuis, c’est devenu « the place to be ». L’endroit le plus couru de l’école. Des jeunes qui n’y avaient jamais mis les pieds la fréquentent régulièrement.

Patrick Duquette

À la merci d’une roue plate

CHRONIQUE / Les déboires du train léger d’Ottawa n’en finissent plus de faire les manchettes. Seul côté réjouissant de l’affaire : nous avons tous droit à un cours accéléré de technologie ferroviaire.

Dernier problème en date du train léger : les roues s’aplatissent. Une déformation d’usure tout à fait normale… sauf quand elle survient 5 mois à peine après l’entrée en service des trains roulant sur la ligne de la Confédération.

Patrick Duquette

La «route» 50

CHRONIQUE / Encore un accident mortel sur l’autoroute 50 mercredi matin.

Si on fait le compte, ça fait six accidents mortels en 16 mois sur le tronçon compris entre Gatineau et Grenville-sur-la-Rouge. C’est presque un mort tous les trois mois.

Patrick Duquette

Vieillir gaiement

CHRONIQUE / Henri-Paul Lalonde et Michel Charron ont baptisé leur projet Vieillir gaiement en Outaouais.

Et c’est bien de ce dont il s’agit : un programme d’accompagnement pour les aînés, qu’ils soient gais, lesbiennes ou trans. Une première dans la région.

Patrick Duquette

Zone franche pour la haine

CHRONIQUE / L’homme de Granby faisait l’apologie du nazisme et d’Adolf Hitler sur les médias sociaux.

Sur VK, l’équivalent russe de Facebook, il laissait libre cours à sa haine des noirs, des Juifs et des Arabes.

Il allait jusqu’à affirmer que le « camp de concentration est la plus grande innovation nazie » et souhaite que 2020 soit l’avènement de la civilisation aryenne.

À LIRE AUSSI : L'accusé envoyé en évaluation psychiatrique

Bref, ce monsieur de 38 ans, qui répandait prétendument son fiel raciste, homophobe et anti-immigration sur le Web, a finalement été arrêté par la police lundi. Il fait face à des accusations d’incitation à la haine et au génocide. Il subira aussi une évaluation psychiatrique.

Tout est bien qui finit bien, alors ? Non, justement.

Parce que ce n’est pas à la suite d’une enquête serrée de la police que ce présumé néonazi s’est retrouvé devant un tribunal. L’homme a plutôt été débusqué par un prof du collégial, Xavier Camus, qui s’intéresse de près aux groupes haineux depuis l’attentat de la mosquée de Québec.

C’est lui qui a présenté l’individu sur son blogue comme un suprémaciste blanc, sympathisant de Hitler, et nourrissant des fantasmes terroristes. Le tout avec de nombreuses captures d’écran à l’appui.

À ma collègue Marie-Ève Martel de la Voix de l’Est qui a écrit un excellent article sur le sujet, M. Camus a confié avoir approché les autorités avec le résultat de ses recherches.

Et c’est là qu’il faut se poser des questions.

Car la police lui aurait expliqué qu’« une plainte a beaucoup plus de poids si elle est formulée par une personne visée par les menaces ».

Je veux bien.

Mais faut-il en comprendre que tant que tu insultes les juifs, les noirs ou les Arabes en général, sans viser personne en particulier, tu ne risques rien ? Tu peux libérer ton fiel en toute impunité, au nom de la liberté d’expression, comme le faisait ce monsieur ?

J’espère que non.

Sur sa page Facebook, l’auteur jeunesse Nicolas Paquin y voit une « banalisation assumée », au Québec, des courants de pensée qui mèneraient directement en cour du côté de la France.

« Notre insouciance, écrit-il, nous fait prendre à la légère une haine latente dont on ne peut pas comprendre l’impact réel, car on n’a pas vu le sang des nôtres gicler sur nos parquets, car on n’a pas senti s’abattre sur soi la matraque de l’ordre et vu partir nos voisins vers des lieux d’où ils ne revinrent jamais sous prétexte qu’ils n’avaient pas une prétendue pureté raciale. »

Il a raison. Le Québec a été relativement épargné par les grands conflits mondiaux. On ne réalise pas que répandre des horreurs contre un groupe en particulier, c’est la recette employée par Goebbels pour démoniser les juifs dans l’Allemagne nazie. C’était la recette de la radio des Milles-Collines qui incitait, dans les années 1990, à « tuer tous les cafards » au Rwanda.

Si le monsieur de Granby avait exprimé ses opinions racistes et antisémites sur la place publique — au conseil municipal par exemple — il aurait été arrêté sur-le-champ. Mais il a fallu l’intervention d’un prof de cégep et d’une journaliste pour que la police s’en mêle. Une nouvelle preuve que des propos intolérables sur la place publique peuvent être répercutés en toute impunité sur les médias sociaux.