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Pelleter ses problèmes chez le voisin

CHRONIQUE / En voyant apparaître de vieux meubles près du conteneur à déchets installé derrière son commerce du boulevard Maloney, à Gatineau, Alexandre Daoust a poussé un soupir.

« C’est toujours plate de voir des résidents laisser leurs meubles derrière les commerces de Gatineau. Surtout que les commerçants doivent souvent payer une surcharge pour les faire enlever », a écrit le propriétaire de la boutique Mode Mobile sur son compte Facebook.

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Intimidation dans les coops: des leçons à tirer

CHRONIQUE / Il y a des leçons à tirer des excellents reportages de mon collègue Mathieu Bélanger sur le climat d’intimidation qui régnerait dans des coopératives d’habitation de Gatineau.

Des milliers de Gatinois habitent dans des coopératives d’habitation. Un milieu où, en principe, tous les membres résidants sont égaux entre eux lorsque vient le temps de gérer les affaires courantes et les immeubles.

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Des enjeux nationaux en Outaouais

CHRONIQUE / C’est ce qui s’appelle se faire prendre au mot !

Vous vous souvenez de François Legault en campagne électorale, alors qu’il courtisait le vote de l’Outaouais ? Si je suis élu premier ministre, votre région ne sera plus l’éternelle oubliée du Québec, jurait-il.

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Mieux qu’un radiateur pour le château Laurier ?

CHRONIQUE / Le projet d’agrandissement du Château Laurier à Ottawa ? J’en pense comme l’architecte de renom, Phyllis Lambert. Elle a comparé la boîte carrée qu’on veut ajouter à l’hôtel historique à un radiateur. Ou à une prison.

Même le maire d’Ottawa, Jim Watson, a critiqué le projet d’agrandissement de l’entreprise Larco Investment. Il compare l’annexe projetée de 7 étages et 147 chambres à… un « conteneur maritime ».

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Se loger, plus dur que d’arrêter de boire

CHRONIQUE / Crise du logement, dites-vous ?

La pire depuis 15 ans à Gatineau, affirment sans hésiter les organismes communautaires. Et ce sont les plus vulnérables qui en font les frais.

Parlez-en à Steve (nom fictif), un Gatinois de 52 ans qui s’est repris en main au cours de la dernière année après avoir sombré dans l’alcoolisme.

Il a vécu dans la rue pendant un bon moment. Après cinq thérapies et autant de rechutes, les policiers ont fini par le retrouver dans un fossé, à demi mort de froid, l’automne dernier.

C’est à l’hôpital, dans les jours qui ont suivi, que Steve a décidé de cesser de boire. Il s’est inscrit à un programme de réinsertion du Gîte Ami. Avec l’aide d’intervenants, les itinérants comme lui ont trois mois pour se trouver un emploi et un toit.

Steve s’est inscrit à ce programme sans se douter que l’étape la plus difficile ne serait pas d’arrêter de boire… mais bien de se trouver un logement à la toute fin !

Parce que non seulement cet ancien infirmier a-t-il cessé de consommer – « J’en suis à ma 57e journée d’abstinence ! », précise-t-il fièrement – il s’est dégoté un emploi de préposé en santé mentale. Sobre et avec un boulot stable, il croyait pouvoir se dénicher un logement sans trop de problèmes.

Erreur !

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Il a eu beau passer des journées entières à éplucher les petites annonces sur Kijiji ou Logis Québec, à faire des téléphones l’un après l’autre, rien à faire. « Le marché est extrêmement difficile, constate-t-il. La tornade dans le Mont-Bleu, et ensuite les inondations, ont fait monter les loyers de manière incroyable. Les proprios ont le luxe de choisir qui ils veulent. »

Certains propriétaires ne se gênent d’ailleurs pas pour faire de la discrimination au grand jour. Sur leurs petites annonces, ils avertissent n’accepter que certaines ethnies, découragent des familles, exigent des preuves de revenu stable, refusent des étudiants, des prestataires d’aide sociale ou des chômeurs…

Autant de pratiques illégales, dénoncées par des organismes. Tout cela, Steve l’a constaté sur le terrain. « Si t’es sur l’aide sociale, tu n’as pratiquement aucune chance de te trouver un logement. La première question qu’on te pose, c’est : “Es-tu sur l’aide sociale ? Juste avant “Fumes-tu ?” et “As-tu des animaux ?” »

Après avoir fait tant d’efforts pour sortir de la rue, Steve risquait de se retrouver au point de départ. La période de réinsertion arrivait à échéance. Et il n’avait toujours pas de logement. Il n’est pas le seul dans sa situation au Gîte Ami, dit la directrice générale, Lise Paradis.

« On leur offre un programme de trois mois avant de les remettre en logement, explique-t-elle. Le problème, c’est qu’il n’y a plus de logements abordables au bout de l’équation. Les logements sur le marché sont trop chers et nous n’avons rien à leur offrir au Gîte où nous sommes déjà au maximum de notre capacité ».

Steve a eu de la chance. Quelques jours après la fin du programme, il a reçu un appel. On acceptait de lui louer une chambre dans un 4 et demi du secteur Hull.

« Le propriétaire m’a laissé une chance parce que j’avais un emploi et qu’il connaissait la résidence où j’allais travailler, se réjouit Steve. Le loyer est raisonnable : 560 $ par mois, chauffé, éclairé, meublé. Il y a même de la vaisselle et un grand walk-in ! D’accord, je n’ai ni la télé ni le câble. Mais au moins, j’ai un endroit où habiter ! »

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Vivre dans la promiscuité

CHRONIQUE / La crise du logement à Gatineau, Apolinaire Kattou Yapo la connaît bien. Trop bien.

Cet immigré ivoirien rêve de quitter le logement trop petit et mal aéré qu’il habite avec sa famille au sous-sol d’un bloc du boulevard Gréber.

Il vit avec ses cinq enfants (5 à 17 ans) dans ce deux chambres à coucher de l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO) qui n’a rien de plus spacieux à lui offrir pour l’instant.

La plus vieille dort sur le canapé du salon. Lui-même partage sa chambre avec les deux plus jeunes. Un frère et une sœur partagent l’autre chambre disponible.

La promiscuité est parfois difficile à gérer. « Et la nuit, c’est tout un calvaire pour arriver à dormir », raconte M. Kattou Yapo.

Père monoparental, il travaille à temps plein comme préposé aux bénéficiaires. Ses temps libres, il les passe à chercher un meilleur endroit où loger sa progéniture.

« J’ai fait plus de 150 appels pour nous trouver un logement. Je suis allé sur Kijiji, j’ai fait des listes, j’ai appelé chez Brigil, dans des coopératives d’habitation. Souvent, mes enfants trouvent un numéro de téléphone sur une annonce de logement à louer. Ils vont même faire des visites sans moi à l’occasion ! »

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Dans son cas, ce n’est pas l’argent le problème. « Je ne me rends jamais à l’enquête de crédit. Dès que je dis que j’ai cinq enfants, on me rappelle pour me dire que le logement n’est plus disponible, qu’il vient d’être loué à quelqu’un d’autre… On trouve toutes sortes de raisons. »

Son bail avec l’OHO se termine le 1er juillet. « Après, il n’y a rien à l’horizon, laisse-t-il tomber. Le bail est fini et je n’ai pas pu le renouveler. Le propriétaire attend que je déménage avant de le louer à quelqu’un d’autre. On ignore s’ils accepteront qu’on reste après le 1er juillet, si on ne trouve rien d’autre. »

Il a plaidé sa cause auprès du conseil municipal de Gatineau et du système de santé. Quand le premier ministre François Legault est débarqué en Outaouais, début juin, il était aux côtés de François Roy de Logemen’Occupe pour revendiquer de l’aide au loyer.

Vivre dans l’incertitude mine le moral de sa famille. Son salon est encombré de matelas et de matériel qu’il s’est procuré en attendant de déménager dans un logement plus grand. Avec l’aide des enfants, il a commencé à faire des boîtes. Mais le cœur n’y est pas.

« Le 1er juillet, c’est presque demain ! La date approche et ça nous met une pression énorme, raconte le père. Je suis toujours en train de courir, entre le travail et la recherche de logement. C’est difficile à vivre. Les enfants me demandent souvent ce qui va se passer. On est tous anxieux à la maison. »

+
PRÉCISION

Les Habitations de l’Outaouais métropolitain ont tenu à apporter des précisions à la suite de la chronique «Vivre dans la promiscuité» publiée dans notre édition du samedi 22 juin. M. Apolinaire Kattou Yapo est locataire d’un logement de HOM (géré par l’Office d’habitation de l’Outaouais). L’organisme tient aussi à préciser que M. Kattou Yapo a volontairement résilié son bail au mois de mars. «Les agentes de HOM lui ont conseillé de trouver un logement avant de résilier un bail, surtout dans le contexte de la pénurie actuelle», précise l’organisme. HOM affirme également lui avoir proposé dernièrement de renouveler son bail.

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Des mesures d’exception nécessaires

CHRONIQUE / La grande journée de déménagement du 1er juillet risque d’être particulièrement pénible cette année en raison de la crise du logement.

Au point où plusieurs organismes communautaires s’entendent sur la nécessité de mesures d’exception afin d’y faire face. 

Parmi ces moyens, l’ouverture d’un centre d’hébergement temporaire figure en tête de liste, selon des organismes comme Logemen’Occupe, le Gîte Ami ou encore le CIPTO.

Ce ne serait pas la première fois que la Ville de Gatineau ouvre un tel centre pour accueillir les « sinistrés » du 1er juillet.

Entre 2002 et 2004, la municipalité avait réquisitionné à cette fin le centre communautaire Père-Arthur-Bériault alors qu’une autre grave crise du logement frappait l’Outaouais urbain.

L’ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence présente plusieurs avantages, indique François Roy, coordonnateur de Logemen’Occupe.

« C’est plus facile d’intervenir auprès des familles et de les aider à se relocaliser rapidement si elles sont toutes abritées dans un même centre », a-t-il expliqué.

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Vivre dans la promiscuité

La tornade du Mont-Bleu et les inondations ont aggravé la crise du logement qui frappe de plein fouet les locataires à faibles revenus de Gatineau. 

Les organismes qui offrent du logement de dépannage sont débordés. « Chez nous, les délais de séjour ont augmenté ces dernières années. On a des familles qui sont en dépannage depuis plus d’un an », raconte François Roy de Logemen’Occupe.

Même son de cloche au Gîte Ami. Le refuge pour sans-abri déborde depuis l’automne dernier. « On ne peut pas accepter plus que 60 personnes par nuit. Chaque soir, on doit refuser du monde. Et on n’a pas de solution de rechange à leur offrir », déplore Lise Paradis, directrice du refuge.

Pas étonnant que bien des sans-abri profitent du retour de la chaleur pour dormir dehors, à peu de frais. Les campings de fortune ont d’ailleurs recommencé à pousser aux abords du ruisseau de la Brasserie.

Outre l’ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence, les organismes suggèrent aussi de mettre en place un guichet unique. Celui-ci permettrait de centraliser les demandes de logement et de mieux documenter la crise actuelle. Une autre demande consiste à bonifier le programme de supplément au loyer. Celui-ci permet aux ménages moins nantis de payer un loyer correspondant à 25 % de leurs revenus. Le gouvernement Legault s’est montré ouvert à une telle proposition.

Patrick Duquette

De héros à zéro

CHRONIQUE / Encore la semaine dernière, Doug Ford vantait son équipe de ministres. Un groupe de champions. Des All-Stars !, claironnait le premier ministre de l’Ontario. Jeudi, le chef conservateur passait son équipe « toute étoile » au tordeur lors d’un important remaniement ministériel. Voilà qui envoie un bien drôle de message. Mais faut-il s’en étonner ?

Dans le fond, pas vraiment. Depuis que ce gouvernement est au pouvoir, il nous a habitués à dire une chose et à faire le contraire. Parlez-en aux Franco-Ontariens. Ils en savent quelque chose !

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La beauté d’un tas de poubelles

CHRONIQUE / Vous avez vu cet artiste portugais à l’œuvre au centre-ville de Gatineau ?

Il s’appelle Artur Bordalo et il est reconnu mondialement pour transformer le contenu des poubelles en magnifiques œuvres d’art.

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Un affreux terrain vague

CHRONIQUE / C’est le syndrome du « pas dans ma cour » dans toute sa splendeur. Vingt-six citoyens pourraient bloquer, à eux seuls, un projet d’habitation de 100 millions à Gatineau.

Pourtant, toute la population du centre-ville de Gatineau devrait avoir le droit de se prononcer sur la valeur du projet Bloome, que le groupe Kevlar veut ériger au coin du boulevard Saint-Joseph et Montclair.

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Investir dans la beauté

CHRONIQUE / Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Gatineau lancera un concours d’architecture de 2,6 millions pour la conception de la nouvelle bibliothèque Lucy-Faris dans le secteur Aylmer. Un exercice qui sera précédé d’un forum de réflexion destiné à mettre la population dans le coup.

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Les bons mots

CHRONIQUE / Marie-Claude Labrie a su trouver les bons mots. Les mots justes.

La médecin de famille de Gatineau a gagné le prix de la catégorie « écoute », la semaine dernière, au gala du CAVAC de l’Outaouais, un centre d’aide aux victimes d’actes criminels.

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Vidéo sexiste à l'UQO: au-delà des apparences

CHRONIQUE / Dans une vidéo controversée vite retirée du Web, l’Université du Québec en Outaouais recommande à son personnel d’éviter de porter des vêtements en « mode séduction » comme les décolletés plongeants, la bretelle spaghetti ou la minijupe.

Eh misère.

Quand on pense que cette vidéo de conseils vestimentaires s’inscrit dans un programme destiné à améliorer l’image de l’université… c’est à en pleurer. Il n’y a rien là-dedans pour redorer l’image d’une institution qui se cherche un second souffle depuis quelques années.

On ne fera pas longtemps le procès de la vidéo comme telle, une niaiserie sexiste, paternaliste et condescendante, dénoncée avec raison par les syndicats de professeurs et de chargés de cours. Qu’on ait pu financer la production d’une telle insignifiance avec des fonds publics — facture de 1100 $ — dépasse l’entendement.

Qu’on se rappelle que toutes les institutions d’enseignement postsecondaire du Québec viennent d’adopter une politique pour la prévention des violences à caractères sexuels. Et voilà que l’UQO diffuse cette vidéo perpétuant l’idée qu’une femme est en mode séduction si elle dévoile trop certaines parties de son corps.

Navrant et rétrograde.

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En fait, on peut vraiment se demander à quoi rime la diffusion de cette vidéo où une « styliste de mode » sortie d’on ne sait où s’étend en long et en large sur la manière de se vêtir « lorsqu’on dessert une clientèle étudiante ». Elle proscrit les bermudas, les pantalons taille basse, les gougounes et les cotons ouatés. Seul le veston semble trouver grâce à ses yeux — pourvu qu’on le porte avec un jean propre, des souliers soignés ou une ceinture de qualité. Les accessoires « cheapettes » sont à éviter, précise-t-elle.

Cheapettes ? Quand on pense que bien des étudiants universitaires tirent le diable par la queue… 

Jusqu’à preuve du contraire, personne n’a signalé un problème flagrant de laisser-aller dans l’habillement des profs d’université. Et même à supposer que ce soit le cas : il y a bien d’autres problèmes à régler à l’UQO avant de s’attaquer aux vêtements du personnel. Le climat est tendu depuis plusieurs années entre la direction et les employés. Ce n’est certainement pas en leur faisant la leçon sur leur apparence, sujet délicat s’il en est un, qu’on va améliorer les relations de travail. Il y a plus urgent.

Les grands projets de développement de l’UQO ont de la misère à progresser. Pendant qu’on se chicane à l’interne, le train passe ailleurs. De passage à Gatineau vendredi, le premier ministre François Legault a annoncé des investissements de 17 M$ en cybersécurité, dont une partie profitera au cégep de l’Outaouais. Encore rien pour l’UQO qui attend toujours l’argent pour réunifier ses deux campus et bâtir un nouveau pavillon.

Dans un milieu de travail plus sain, une vidéo qui dit comment s’habiller au personnel de l’UQO ne se serait jamais rendue dans l’espace public. Quelque part au sein de l’organisation, un employé aurait appelé le recteur pour lui dire : avez-vous vu ça ? Retirez donc ça tout de suite, ça n’a aucun bon sens. » Au lieu de cela, la vidéo a été diffusée largement. Les syndicats sont tombés à bras raccourci sur la direction, qui n’a eu d’autres choix que de la retirer du Web, la tête entre les jambes. Triste.

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Pour que votre opinion compte

CHRONIQUE / C’est facile de dire qu’on « consulte » la population. De se donner une belle image d’ouverture et de démocratie.

Mais quand une consultation sur le plus gros projet d’infrastructure de toute l’histoire de Gatineau n’attire que 70 personnes aux deux premières séances d’information, des questions se posent.

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D’ici la prochaine tornade

CHRONIQUE / Cette fois, j’y ai cru.

Quand l’alerte de tornade a bipé sur mon téléphone intelligent, dimanche soir, je suis aussitôt sorti sur la terrasse pour m’assurer qu’un tourbillon de vent furieux ne s’approchait pas de ma maison.

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Pour une journée de plus avec Daniel

CHRONIQUE / Je peux seulement imaginer les efforts que Daniel Rousseau a dû consentir pour m’écrire un simple courriel. Le Gatinois de 53 ans est atteint de la maladie de Lou Gehrig.

Ça a commencé avec des raideurs dans les jambes en décembre 2017. Son état s’est détérioré assez vite. Il ne peut plus marcher que quelques pas, avec une marchette. Sinon, il se déplace en fauteuil motorisé. Ses doigts et ses avant-bras sont si raides qu’il peut difficilement tourner une page de journal ou agripper quoi que ce soit.

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Comment gérer le réseau routier?

CHRONIQUE / C’est l’enfer depuis quelques semaines sur les routes d’Ottawa-Gatineau.

Les politiciens nous proposent de bâtir un nouveau lien interprovincial ou de nouvelles routes. Ou encore d’investir des milliards dans de gros projets de transport en commun. Un peu tout le monde a sa solution pour réduire les embouteillages monstres qui se forment aux approches des ponts interprovinciaux.

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Train léger ou Rapibus?

CHRONIQUE / La question qui tue : a-t-on vraiment besoin d’un train léger pour désengorger l’ouest de Gatineau ? Est-ce qu’un service rapide par autobus ne ferait pas tout aussi bien le travail — peut-être à moindre coût ?

Je me posais sérieusement la question en lisant cette étude de la Société de transport de l’Outaouais sur le futur système de transport en commun rapide de l’ouest.

On y présente cinq scénarios pour décongestionner les secteurs du Plateau et d’Aylmer dont la population connaîtra une croissance de 33 % d’ici 2051. Les scénarios envisagés vont du tout au rail au tout au bus, en passant par des scénarios hybrides avec à la fois du transport par train léger et par autobus.

La STO consultera la population pour nourrir sa réflexion. Je plains le citoyen qui tentera de se faire une tête en lisant le document. Il reste vague sur les avantages et les désavantages d’un train léger par rapport à un service rapide par bus — ce qu’on appelle plus communément ici un Rapibus.

Je me suis mis à la place du citoyen qui se demande : c’est quoi le plus vite pour me transporter au centre-ville ? Le train léger ou l’autobus ? Il faut prendre le temps de bien lire les documents pour trouver une réponse. Les experts ont comparé des temps de parcours pour se rendre d’Aylmer jusqu’au centre-ville d’Ottawa, via le pont du Portage. Le service serait plus rapide par autobus. Mais par un poil. Le train léger n’est pas loin derrière, avec des différences de plus ou moins cinq minutes dépendant d’où tu pars. 

Si l’avantage du train léger n’est pas la vitesse, alors quoi ?

Au plan des gaz à effet de serre, on peut imaginer un match nul. Tant un service rapide par bus qu’un train léger seraient électrifiés. Match nul aussi en ce qui a à trait à l’emprise publique. Qu’on parle d’un Rapibus de l’ouest ou d’un train léger, l’espace requis pour faire passer les véhicules serait le même. 

Si bus et train léger se valent en matière de vitesse, d’emprise publique et d’empreinte écologique, la question des coûts pourrait faire la différence. Un Rapibus est présumé moins cher qu’un train léger. Est-ce vraiment le cas ? Encore ici, le citoyen restera sur sa faim. La STO n’a pas jugé bon de chiffrer les coûts associés à chacun des cinq scénarios.

J’ai parlé à Myriam Nadeau, présidente de la STO. À ses yeux, le train léger a un avantage déterminant sur un service rapide par bus : sa fiabilité.

Dans tous les scénarios, les train légers auraient une priorité absolue aux intersections. Ce ne serait pas le cas des autobus. Un jour de congestion monstre ou de tempête de neige, les autobus pourraient se retrouver coincés en file indienne sur leur voie dédiée. Pas les train légers qui continueraient de circuler sans entrave.

Autre avantage du train léger : sa capacité. Un autobus peut transporter entre 55 et 90 passagers (et même plus, en comptant les gens debout). Un train léger ? Jusqu’à 300 personnes. En d’autres termes, si la STO a besoin d’augmenter la capacité de son réseau, c’est plus facile de le faire en ajoutant un train léger que plusieurs autobus. Surtout que trop d’autobus sur la route finiront par contribuer à la congestion au lieu de la soulager.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a déjà fait son nid et milite pour une conversion rapide au rail. 

C’est pour mieux s’arrimer avec Ottawa, sa voisine. Mais aussi pour préparer l’avenir. Avec la croissance de sa population, Gatineau devra se convertir au rail d’ici 20 ou 30 ans. Or tant le gouvernement fédéral que provincial se disent prêts à financer dès maintenant la transition. Il y a là une occasion à saisir. 

C’est la bataille politique que mène le maire de Gatineau.

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La stratégie du buffle

CHRONIQUE / Infiltrer un ordinateur personnel ? Trop facile. Un jeu d’enfant !

« La première fois, ça m’a fait peur tellement c’était simple », raconte Maxim Nicastro, un jeune programmeur en informatique de Gatineau.

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La cuisine de Roger

CHRONIQUE / Roger Pollender avait couché quelques mots sur le papier, quelques mots qui résument le drame de sa vie.

« La vie, a-t-il commencé en tenant d’une main un peu tremblante sa feuille de papier lignée, la vie peut changer en peu de temps. J’ai perdu ma femme Denise et j’ai fait une dépression. »

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Apprendre au rythme de l’enfant

CHRONIQUE / La beauté de l’école à la maison ? « Tu suis le rythme de ton enfant », répond Émilie Salesse-Gauthier, une mère de Gatineau qui n’a jamais envoyé ses quatre enfants à l’école.

Ses trois plus vieux sont d’âge scolaire. Ils seraient aujourd’hui en 1re, 2e et 3e année. La plus jeune serait en âge d’entrer à la maternelle.

Patrick Duquette

En attendant l’inspiration

CHRONIQUE / Deux fois par semaine, des parents qui font l’école à la maison louent une église du secteur Aylmer. Ils s’y rassemblent pour partager l’enseignement de la matière, tout en donnant l’occasion à leur marmaille de socialiser avec d’autres enfants. Ça se passe en français les mercredis et en anglais les vendredis.

« L’église nous fait un bon prix. Avec 12 à 15 familles qui viennent régulièrement à nos rencontres, c’est presque sûr que ton enfant va se trouver un buddy avec qui socialiser », raconte Émilie Salesse-Gauthier, l’instigatrice du projet.

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Sur les traces d’Amelia

CHRONIQUE / Dis-moi, Aarohi, c’était comment là-haut, dans ton petit avion de rien du tout? Aarohi Pandit, une jeune aviatrice indienne de 23 ans, est devenue la toute première femme à traverser l’Atlantique en solo à bord d’un avion ultraléger sportif, la semaine dernière. Un exploit réussi seulement trois fois avant elle, toujours par des pilotes masculins.

Un vol périlleux et cahoteux de 3000 km au-dessus de l’Atlantique et des terres désolées de l’Islande et du Groenland. À la merci d’une météo traîtresse, à des milliers de kilomètres de toute terre habitée et de l’aéroport le plus proche. Tout cela seule aux commandes d’un minuscule avion « plus léger que ta voiture », m’a lancé Aarohi en riant lors d’une entrevue à l’aéroport de Gatineau.

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Vous en faites un décrocheur!

CHRONIQUE / Un moment donné, Jean-François Demontigny a perdu patience. La direction de l’école secondaire collait des retenues à répétition à son fils Antoine, 14 ans, diagnostiqué du syndrome d’Asperger. Le jeune a commencé à se décourager, à haïr l’école, à parler de tout lâcher. « Vous êtes en train d’en faire un décrocheur ! », a lâché le père à l’attention de l’école.

Pourtant, Antoine est un petit gars brillant. Mais désorganisé ! À la maison, il oublie de fermer les tiroirs ou la porte du garage, ou encore de tirer la chaîne de la toilette. À l’école, il oublie constamment son étui à crayons, il se trompe de cartable, il arrive en retard en classe. Si personne ne l’aide à faire le ménage de son casier, celui-ci se transforme vite en bordel indescriptible. Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’Antoine a un syndrome d’Asperger léger avec « troubles organisationnels ».

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Nostalgie ferroviaire [PHOTOS]

CHRONIQUE / Oui, j’ai ressenti un brin de nostalgie en contemplant la carcasse du p’tit train à vapeur Hull-Chelsea-Wakefield (HCW). Comment faire autrement ?

L’ancienne gloire touristique de l’Outaouais, qui a remporté de nombreux prix et attiré des milliers de visiteurs, est en voie de démantèlement dans un parc industriel de Hull.

Patrick Duquette

L'art perdu de s'apprivoiser

CHRONIQUE / J’ai repensé au Petit Prince, à ce passage où le renard refuse de jouer avec le petit gars qui lui en fait la demande. Essaie d’abord de m’apprivoiser, lui dit le renard. On verra ensuite s’il y a moyen de moyenner…

J’ai repensé au Petit Prince en écoutant Suzanne, André, Claire et Josée me parler de leur club de célibataires pour 50 ans et plus. Un club qui n’est pas qu’un endroit où trouver l’amour, mais aussi un réseau social où se crée de l’amitié, de l’entraide, de l’écoute.

Un réseau social à l’ancienne mode. Où les choses se passent comme avant Facebook, Instagram ou Réseau Contact. Un réseau social de chair et d’os. Où les contacts humains se font en personne plutôt que par écran interposé. Un club où les gens se parlent. Oui, se parlent. À l’heure du texto, la parole est un art qui se perd. Si la théorie de Darwin se vérifie, l’humain aura un jour une langue atrophiée et des pouces surdimensionnés à force de pitonner sur des écrans.

Suzanne Bélair, 52 ans, s’est inscrite au club Les belles rencontres Outaouais d’abord pour trouver l’amour. Mais aussi pour rencontrer des gens, elle qui travaille sur des horaires atypiques. Le club organise 15-20 activités par mois. Des soupers, des danses, des sorties de quilles ou de golf… Suzanne y va quand ça lui adonne. Elle apprécie le « naturel » des activités. Rien à voir avec le côté un peu emprunté des blind dates.

« C’est pas comme aller prendre un café avec un homme rencontré sur Réseau Contact. On voit les gens dans un milieu naturel. On ne saute pas sur la personne. On apprend à la connaître, à la voir interagir avant de l’approcher. La grosse différence, par rapport à des échanges virtuels, c’est l’authenticité. Il y a moins de faux-semblants. »

Même son de cloche de la part de Josée La France, 56 ans, célibataire et responsable des communications. 

Les nombreuses activités organisées par le club font ressortir la véritable personnalité des membres. 

Un exemple ? « Un homme était assis face à moi lors d’un souper. Cette fois-là, rien à faire. Pas moyen de faire la conversation. Depuis je l’ai côtoyé dans différents milieux. Et là, ça a connecté », dit-elle.

Le club compte 30 % d’hommes, dont André Leduc, 68 ans. Il s’est inscrit à la suggestion d’une amie. « Je venais de prendre ma retraite, je voulais enrichir mon côté social, raconte-t-il. Je n’étais pas nécessairement à la recherche de l’amour… même si ce n’était pas exclu d’emblée. »

André non plus n’est pas friand de la frénésie des sites de rencontres en ligne. À force de faire défiler des partenaires potentiels sur un écran, tu en oublies que les véritables rapports humains se forgent à force de patience et d’écoute, dit-il. « Dans le réel, il faut que tu prennes le temps de connaître l’autre, de respecter son rythme. Le réel te force à ralentir. Notre club offre peut-être moins de choix que les réseaux sociaux. Mais en fait de qualité, il n’y a pas de comparaison ! »

Comme disait le renard au Petit Prince, si tu veux un ami, apprivoise-moi ! Il se produit de belles choses quand les gens prennent le temps de s’apprivoiser, sans brusquer les choses, constate la présidente du club, Claire Lavoie. 

« Je me souviens d’un déjeuner, quelqu’un a fait une confidence inattendue. Quelque chose de très personnel. Le premier moment de surprise passé, nous avons tous eu la même réaction : nous asseoir et écouter. Cette personne avait besoin de dire quelque chose. Puis chacun est reparti de son côté. Il n’y a pas eu de bavassage, rien. Seulement l’impression d’avoir partagé un moment précieux. »

***

Renseignements : lesbellesrencontres@videotron.ca ou 819-770-0390.

Patrick Duquette

L’hydre Facebook

CHRONIQUE / Discipliner Facebook, oui. Mais comment faire ? Les médias sociaux ressemblent au monstre de la mythologie. Tu lui coupes une tête, il lui en repousse deux autres. Seul le héros Hercule pourrait terrasser une telle bête. Et encore…

On le voit ces jours-ci alors qu’une photo de la « fillette de Granby » allongée dans son cercueil circule abondamment sur les médias sociaux — au mépris de la loi et de la bienséance la plus élémentaire. Ni les avocats du ministère public ni le réseau Facebook ne semblent en mesure d’empêcher les photos de circuler.

Patrick Duquette

Un mauvais pressentiment

CHRONIQUE / Une autre morsure de pitbull à Gatineau, un autre petit gars défiguré. Et encore, et toujours, la sidérante impression que les autorités sont impuissantes à nous protéger des bêtes féroces. Oui, on va euthanasier le chien. La belle affaire ! Il est un peu tard, non ?

Dans le reportage de TVA, j’entendais la directrice de la SPCA de l’Outaouais dire que le « comportementaliste » de service n’avait décelé aucun problème chez le chien qui venait d’être donné en adoption. Je veux bien que les pitous aient des émotions comme les humains. Je veux bien qu’on leur fasse passer des « tests d’aptitude » avant de les confier à leur nouveau propriétaire.

Patrick Duquette

Mal-être collectif

CHRONIQUE / C’est la semaine de la santé mentale et, comme toujours, je suis subjugué par l’ampleur de notre mal-être collectif.

Une personne sur cinq serait atteinte d’une maladie ou d’un problème de santé mentale chaque année au Canada.