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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, a annoncé lundi que si au moins 75 % des Québécois âgés de 16 à 29 ans ont reçu deux doses de vaccin d’ici la prochaine rentrée, celle-ci s’effectuera à peu près normalement dans tous les cégeps et les universités.
La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, a annoncé lundi que si au moins 75 % des Québécois âgés de 16 à 29 ans ont reçu deux doses de vaccin d’ici la prochaine rentrée, celle-ci s’effectuera à peu près normalement dans tous les cégeps et les universités.

Pas de punition collective pour les étudiants, Mme la ministre!

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CHRONIQUE / L’espoir qu'offre le gouvernement Legault aux universitaires et aux cégépiens d’une rentrée en classe lors de la prochaine session ne doit pas être déçu ou réalisé seulement partiellement. Ce serait terrible pour nombre d'entre eux.

On ne pourra pas punir constamment tout le monde à cause de quelques-uns. Surtout pas à partir de la fin de l’été, lorsque tout le monde aura eu la possibilité de se faire vacciner à deux reprises.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, a annoncé lundi que si au moins 75 % des Québécois âgés de 16 à 29 ans ont reçu deux doses de vaccin d’ici la prochaine rentrée, celle-ci s’effectuera à peu près normalement dans tous les cégeps et les universités. Et elle a ajouté que la «balle est dans le camp de nos jeunes de 16 à 29 ans». Autrement dit, que c’est à eux de décider s’ils iront ou pas en classe…

Stop! Ces jeunes ont déjà payé un lourd tribut pour se protéger. Pour se protéger eux-mêmes, certes, mais surtout pour protéger des plus âgés qu’eux. Ils ont été mis sur pause.

Et la bonne volonté de la plupart d’entre eux, qui feront des pieds et des mains pour obtenir leurs deux doses de vaccin d’ici la rentrée, pourrait, selon la logique de la ministre, être contrecarrée par la mauvaise volonté ou le je-m’en-foutisme de certains? Non. Stop! Ça suffit.

J’ose croire que la cible de 75 % fixée comme condition d’une rentrée normale ou presque vise surtout à ce stade-ci à inciter le maximum de ces jeunes à aller se faire vacciner. J’ose croire qu’elle ne sera pas prise au pied de la lettre le moment venu.

Le taux de vaccination pour la première dose chez les 16 à 29 ans est actuellement de 42 %. Il manque encore du monde au bataillon. Et les absents devront se dépêcher d’aller chercher leur première inoculation, compte tenu du délai devant s’écouler avant l’administration de la seconde. C’est jouable, bien sûr, mais c’est un peu juste pour la prochaine rentrée — même si tous les concernés étaient de bonne volonté.

Il y a un «défi» en ce qui a trait aux jeunes, a convenu le premier ministre François Legault, mardi.

De façon générale, on a observé un ralentissement dans la prise de rendez-vous ces derniers jours.

Le «plan de repli» de la ministre McCann, celui impliquant que des étudiants devront rester hors de la classe si la cible de 75 % n’est pas atteinte, ne doit pas être un plan B. Mais un plan E ou F.

Ça ne peut pas être 75 % de tous les 16 à 29 ans vaccinés avec deux doses ou une ouverture partielle des universités et des cégeps, car cette ouverture minimale toucherait certains étudiants plus que d’autres — en fonction des filières d’études.

Le vrai plan B de la ministre devrait plutôt se baser sur une mesure ou sur une combinaison de mesures parmi les suivantes:

• Le port du masque en classe;

• 75 % des étudiants inscrits au cégep et à l’université entièrement vaccinés, plutôt qu’une vague cohorte indistincte regroupant tous les jeunes âgés de 16 à 29 ans;

• 65 % des 16 à 29 ans entièrement vaccinés (ce pourcentage est un exemple) si le gouvernement tient mordicus à faire de cette immense cohorte un tout, ainsi qu’une condition de retour sur les campus; 

• À défaut d’atteindre l’objectif actuellement fixé, prioriser pour le retour en classe les étudiants qui auront été complètement vaccinés — si la logistique mise en place permet bel et bien à tous de pouvoir l’être, comme on peut actuellement au moins l’espérer.

L’idée est de ne pas pénaliser encore une fois les étudiants, qui ne sont pas parmi les personnes les plus vulnérables de la société, et qui ont déjà fait beaucoup pour protéger des plus âgés comme moi et d’autres.

De la souplesse pour eux, Mme McCann!

Il ne peut pas y avoir encore longtemps que la seule lorgnette ou presque de la COVID pour regarder les choses. Surtout pas pour les jeunes et pour les étudiants, en l’occurrence.

Il ne peut pas y avoir que votre plan A ou votre «plan de repli» bâti sur une ouverture partielle.

On ne pourra pas constamment punir tout le monde à cause de quelques-uns. Cette logique de punition collective devra se terminer.