Des changements ont été apportés cette semaine par la compagnie Club Demo Service qui s’occupe des démonstrations dans tous les Costco du monde. Ce n’est pas arrivé par hasard...

Une pause payée en plus... et un banc

CHRONIQUE / Les personnes qui présentent des petites bouchées au Costco de Sainte-Foy ont désormais une pause de plus, 15 minutes, payées.

Ils peuvent «poinçonner» en français.

Ces changements ont été apportés cette semaine par la compagnie CDS, Club Demo Service, qui s’occupe des démonstrations dans tous les Costco du monde. Ce n’est pas arrivé par hasard. Dimanche, je donnais la parole à un des employés, Claude Gourdeau, qui déplorait ses conditions de travail.

L’ex-enseignant de 71 ans en avait long à dire, surtout depuis le 1er août. Lui et 4000 Canadiens ont été «embauchés» par CDS après avoir été «remerciés» par PWD, qui avait le contrat des démonstrations chez Costco depuis une vingtaine d’années. Ce qui devait être une simple formalité administrative s’est traduit par des reculs.

CDS est présent dans neuf pays, la compagnie a la totalité des contrats de dégustations de Costco.

Il y a 953 employés au Québec.

On a, d’abord, enlevé les bancs aux employés. «J’ai demandé de remettre les chaises, ça a été une fin de non-recevoir, relatait Claude dimanche. On est pour la plupart des personnes âgées. Moi, j’ai un problème de dos, j’ai des ostéophytes, et même avec un billet du médecin, c’est impossible.»

On lui répétait qu’«un bon employé est un employé debout».

Claude a reçu un coup de fil d’Ottawa lundi, de Jean-Pierre Khouzam, directeur national des opérations de CDS Canada. «Il m’a d’abord remercié d’avoir exposé les problèmes que j’avais. Il a dit que j’allais avoir un banc, je suis la 15e personne au Québec... Mais il ne faut pas noyer le poisson, il faudrait qu’il y ait plus de bancs.»

Comme pour «cette dame qui se promène avec une canne et qui doit rester debout pendant des heures».

J’ai parlé à M. Khouzam hier, il se trouvait justement au Costco de Sainte-Foy quand je l’ai appelé. Il en a profité pour aller rencontrer Claude, qui venait juste de recevoir son nouveau banc. «Il est venu me voir à ma table, je l’ai trouvé gentil. Je lui ai dit que c’était important que les gens puissent avoir des bancs.»

Ça va rester du cas par cas, m’a précisé M. Khouzam. «Quand les gens font la demande, ils peuvent en obtenir un. [...] On va être très compréhensifs s’il y a une situation exceptionnelle, des cas qui sont très spécifiques.» Il faudra encore compléter un formulaire pour justifier ledit banc.

S’assoir restera un privilège.

Et pourquoi ne pas les remettre à tout le monde comme avant? Ou en mettre simplement quelques-uns à la disposition des employés? J’avais beau chercher une raison, je ne trouvais pas. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi, du jour au lendemain, les employés devaient rester plantés debout pendant des heures.

Des employés qui, insiste Claude, «sont souvent des aînés».

Tut, tut, question de sécurité. «Il faut comprendre que les paniers de magasinage chez Costco peuvent devenir très pesants et s’ils accrochent un tabouret pendant que la personne est accotée dessus... écoutez, on travaille avec des fours, des couteaux, ça peut être très dangereux.»

Ouin.

Quand il y a des paniers autour, ça veut dire qu’il y a du monde. Et quand il y a du monde, les employés n’ont pas le temps de s’assoir.

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Claude Gourdeau m’avait aussi raconté que depuis l’arrivée de CDS, les procédures de «poinçonnage» se faisaient désormais sur une tablette, en anglais seulement. Le problème, qui était connu, a été réglé en quelques heures.

Une simple configuration à modifier.

On a aussi ajouté une pause payée de 15 minutes à la pause repas de 30 minutes, non payée. «Sainte-Foy est un cas isolé, c’était le seul Costco au Canada où la pause n’avait pas été instaurée. C’est fait maintenant. [...] Les employés devraient pouvoir travailler au maximum deux heures consécutives»

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Et l’eau?

Claude déplorait aussi le fait que les employés de CDS n’ont pas le droit de boire d’eau quand ils présentent des produits alimentaires, ce qui inclut l’eau de coco. Et même l’alcool. «L’autre jour, pour une dégustation Captain Morgan en canettes, il y avait deux représentants de la compagnie, ils avaient chacun leur bouteille d’eau. Et l’employé de CDS, lui, n’avait pas le droit...»

Raison invoquée: contamination croisée.

M. Khouzam? «On a un système qui a été instauré dans d’autres Costco dans le monde. On met à la disposition des employés des verres transparents qu’ils remplissent, qu’ils recouvrent avec un couvercle, et ils boivent l’eau avec une paille. Pour le Canada, on est dans le processus d’approbation.»

Pardon? Et qui doit approuver le «système» de verres en plastique? «Par les ministères, ce sont des procédures normales. C’est ce qu’on nous dit.»

Misère.

M. Khouzam ne savait pas où en était le processus ni quand il allait être complété. «C’est géré à San Diego, par le Risk Management.»

J’aurais bien aimé savoir de quels ministères il était question, et aussi de quels gouvernements, M. Khouzam ne savait pas. Il devait me mettre en contact avec quelqu’un à San Diego pour répondre à mes questions, elles sont restées sans réponses.

À mon tour de rester sur ma soif.