L'idée de l'alerte Amber est de provoquer un raz-de-marée, de tout mettre en oeuvre pour que l'information soit diffusée le plus largement possible. Les médias sont mis à contribution, le ministère des Transports aussi, par l'entremise des panneaux routiers.

Une alerte Yvon?

CHRONIQUE / Le 13 janvier 1996 au Texas, la petite Amber Hagerman, 9 ans, est enlevée en plein jour alors qu'elle fait du vélo avec son frère.
Elle est retrouvée morte dans un fossé quatre jours plus tard.
La disparition a évidemment fait grand bruit, les médias ont lancé un appel au public, les policiers ont rencontré les voisins à la recherche d'indices. Le seul témoin qui avait assisté à l'enlèvement les a mis sur la piste d'un homme blanc ou hispanique au volant d'une camionnette foncée.
À ce jour, le meurtre n'a pas été élucidé.
L'enlèvement de la petite Amber a révélé l'importance d'agir rapidement dans le cas d'une disparition. Les statistiques s'entendent pour dire que les premières minutes, voire les premières heures, sont cruciales pour retrouver l'enfant avant qu'il ne disparaisse dans la nature.
C'est une question de vie ou de mort.
L'idée de l'alerte Amber est de provoquer un raz-de-marée, de tout mettre en oeuvre pour que l'information soit diffusée le plus largement possible. Les médias sont mis à contribution, le ministère des Transports aussi, par l'entremise des panneaux routiers. Les médias sociaux s'emballent.
C'est ce qui a permis de retrouver bébé Victoria en quelques heures.
Dans le cas de Cédrika Provencher, disparue il y a 10 ans, les policiers ont d'abord traité le dossier comme une fugue, avant de se raviser trois jours plus tard, cela même si les dernières personnes qui l'ont vue ont raconté qu'elle cherchait un chien pour un monsieur... puis, plus rien.
Avec des «si» on peut mettre Paris en bouteille, on peut aussi se dire que Cédrika aurait pu être retrouvée.
Si le quartier avait été bouclé.
Si les témoins avaient été rencontrés plus rapidement.
Si une alerte Amber avait été aussitôt déclenchée.
Si.
On connait la suite. Cédrika s'est volatilisée dans la nature, son enlèvement n'a pas officiellement été élucidé. Quelques ossements ont été retrouvés dans un champ en 2015, un suspect, le même qu'à l'époque, a été rencontré.
L'enquête fait du surplace.
Le Québec a été la quatrième province canadienne à mettre en place l'alerte Amber, en mai 2003. Elle a été déclenchée une douzaine de fois, tous les enfants ont rapidement été retrouvés sains et saufs. L'actualité récente a encore fait la démonstration de l'efficacité du système.
Amber a déjoué Ugo Fredette.
À la Sûreté du Québec, on m'a expliqué qu'il y a trois critères pour déclencher une alerte Amber, qui ne peut d'ailleurs l'être que par la SQ et le service de police de la Ville de Montréal. Il faut être certain qu'il s'agisse d'un enlèvement, la victime doit être en danger, on doit disposer de quelques indices qui, une fois diffusés, aideront à retrouver l'enfant disparu.
L'enfant de 6 ans enlevé par Fredette remplissait tous les critères. Il a été enlevé à 17h30, l'alerte a été déclenchée à 20h.
Il a été retrouvé 24 heures plus tard.
Vivant.
Yvon Lacasse, 71 ans, n'a pas eu cette chance. Son corps inerte a été retrouvé mercredi en bordure du chemin à Arundel dans les Laurentides. On comprend qu'il s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, à la halte routière, alors qu'Ugo Fredette avait besoin de changer de véhicule pour poursuivre sa cavale.
Sa disparition a tout de suite été traitée comme un enlèvement.
On craignait pour sa vie.
On avait des indices qui pouvaient aider à le retrouver.
Mais Yvon Lacasse a 71 ans et l'alerte Amber est réservée aux personnes de moins de 18 ans. On peut penser que, dans ce cas-ci, le sort de l'homme aurait été le même. On peut aussi se demander si, dans certaines situations, des adultes pourraient peut-être avoir la vie sauve grâce à Amber.
Peut-être.