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Mylène Moisan
Le Soleil
Mylène Moisan

COVID-19: l’effet domino

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CHRONIQUE / C’est l’histoire d’une femme qui s’entraîne au Mega Fitness Gym où le SARS-COV2 s’est faufilé, où elle l’a attrapé.

Test positif, elle reste chez elle.

Il y a son gars qui a fréquenté son école secondaire les journées d’avant et qui doit aller passer un test. Le verdict tombe, positif. C’est la fin de semaine, l’école est avisée, elle doit enclencher le protocole de fermeture de la classe touchée et aviser tous les parents que leurs enfants feront l’école à distance pendant 14 jours.

Ils doivent aller se faire tester.

En plus, le fils de cette femme est dans un programme sportif, les élèves qui sont dans sa bulle sportive reçoivent aussi l’ordre de rester à la maison pendant 14 jours. Mais, à la différence des élèves de la classe fermée, ils n’auront pas droit à l'école à distance, juste des devoirs à faire, vu que leur classe est ouverte.

Ces élèves-là sont contents.

Mais il n’en demeure pas moins que ces élèves-là, pendant 14 jours, n’auront aucun enseignement, ils ne pourront pas se brancher pour suivre les cours des professeurs qui sont en classe. En fait, la responsabilité revient à leurs profs de faire le suivi comme ils le veulent, c’est du cas par cas.

Pendant ce temps, les autres élèves qui ont côtoyé le fils de cette femme, dans la cour d’école ou dans l’autobus, continuent à fréquenter l’école. Et on se croise les doigts très fort pour que les masques aient fait leur travail, qu’ils aient retenu les gouttelettes infectées de leur ami.

Les parents aussi allument des lampions, ce n’est jamais rassurant de savoir que la COVID rôde autour de soi. 

En fait, tout ce qu’on peut faire, c’est espérer que la chaîne de transmission du virus s’arrête, qu’elle n’en engendre pas une nouvelle. Parce que, pour chaque nouveau cas, c’est une autre branche qui risque de pousser dans l’arbre de la contagion.

On n’est pas sortis de la forêt.

L’histoire de cette femme, c’est aussi celle des quelque 45 personnes qui ont ramené le virus du gym et de la boutique de suppléments à côté, qui l’ont peut-être refilé à leur douce moitié, à leurs enfants. Pas étonnant que les centres de dépistage soient si débordés avec tous ceux qui ont peut-être attrapé la COVID.

Dans ces «peut-être», il y aura des positifs.

Tout ça à cause entre autres d’un certain relâchement, de s’être dit «on est corrects, il n’y a eu aucune éclosion dans les gyms depuis le début de la pandémie». Et comme ça, avec un faux sentiment de sécurité, certaines personnes ont baissé la garde, elles ont circulé dans le gym sans masque, n’ont pas bien nettoyé.

La COVID avait le champ libre.

Pourtant, lors de l’annonce de la réouverture des centres de conditionnement physique le 12 mars, le propriétaire du Mega Fitness Gym, Dan Marino, avait dit à La Presse. «Nos clients sont contents et ils sont respectueux. Ils sont habitués et capables de vivre avec les restrictions, le masque. En fait, ils font tellement attention, parce qu’ils ne veulent plus en être privés.»

On se rend compte aujourd’hui qu’il ne faut pas grand-chose pour que le virus vienne jouer les trouble-fête.

Dans un message publié sur Facebook lundi, le gym a fait un rappel à l’ordre : «Bonjour à tous nos clients, suite aux récentes nouvelles concernant le Méga Fitness Gym, la santé publique est venue directement au Gym et nous a confirmé que le centre resterait ouvert! Cependant, nous exigeons désormais que vous gardiez votre masque en TOUT TEMPS (comme dans toujours) et de laver vos machines avant, après et même pendant si vous le désirez. Rappel : Si vous présentez des symptômes de grippe, rhume ou autre, RESTEZ CHEZ VOUS!»

Ça fait quand même un an qu’on nous casse les oreilles avec ça, espérons que, cette fois, tout le monde aura compris.

Qu’on arrêtera l’effet domino.