La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc

Moi, je vote pour Mme Leclerc!

CHRONIQUE / Depuis le temps que les politiciens se plaignent du gouvernement par les juges, voilà qu’ils se tournent vers la vérificatrice générale (VG) du Québec, Guylaine Leclerc, pour décider à leur place. En fin de semaine, François Legault a déclaré qu’une fois élu, il lui demanderait de scruter les compétences des sous-ministres pour se débarrasser des incompétents.

Au Parti québécois, Jean-François Lisée a déjà dit qu’il confierait à Mme Leclerc la tâche de faire des recommandations sur le nombre d’immigrants à accueillir «en fonction de nos besoins d’emploi et de notre capacité d’intégration».

Coudonc! Tant qu’à faire, pourquoi ne pas demander à Mme Leclerc de se présenter dans une circonscription? La vérificatrice a déjà dit que l’idée de M. Legault n’était pas dans son mandat. «Ben, on va changer la loi», a dit M. Legault en fin de semaine. Franchement, ça ne fait pas sérieux. Pas plus, d’ailleurs, que l’idée de Lisée de lui demander combien d’immigrants le Québec peut accueillir. On élit les politiciens pour prendre ce genre de décision. Et jusqu’à preuve du contraire, leurs fonctionnaires sont aussi compétents que ceux de la vérificatrice pour faire des recommandations au gouvernement.

L’énoncé d’intention de François Legault est d’autant plus surprenant que le premier défi d’un nouveau gouvernement est de gagner la confiance de la haute fonction publique. Or, voilà que le chef du parti qui a le plus de chances actuellement de devenir premier ministre leur dit qu’il va les faire évaluer, et qu’il va chercher des moyens pour les convaincre de quitter la fonction publique. Le chef de la Coalition avenir Québec pointe même du doigt le ministère des Transports. Vous imaginez un peu le climat que ça va créer si M. Legault prend le pouvoir? Et pire encore, vous voyez d’ici la faible collaboration qu’il aura de ces hauts fonctionnaires, surtout s’il dirige un gouvernement minoritaire?Parce que l’évaluation de la compétence de ces fonctionnaires par la VG, ça prendrait un certain temps, surtout s’il faut changer la loi pour lui confier ce mandat!

Je comprends François Legault de désirer la compétence aux plus hauts niveaux de l’administration publique. Mais je pense qu’à cette étape, il devrait gagner la confiance des employés de l’État, au lieu de nourrir leur méfiance. Parce que veut, veut pas, il aura besoin d’eux.

Brasser les cartes

Question : est-ce que vous voteriez pour Québec solidaire (QS) si le parti avait une chance réelle de prendre le pouvoir? Pas nécessairement. QS a démontré son utilité à l’Assemblée nationale en soulevant des préoccupations qui échappent parfois aux autres partis. Et si Manon Massé a pris tellement d’importance dans cette campagne, c’est parce qu’elle a démontré un sérieux qui lui a valu un grand capital de sympathie. Elle offre donc une voix de protestation à ceux et celles qui ne se retrouvent plus dans les autres partis. C’est une avenue rassurante parce que tout le monde sait bien qu’elle ne prendra pas le pouvoir.

Mais c’est une avenue qui pourrait tout de même brasser les cartes si le prochain gouvernement est minoritaire et qu’il a besoin d’appuis dans les autres partis. Alors à ce chapitre, Jean-François Lisée a raison de nous demander de lire le programme politique de Québec solidaire.