Un examen dentaire annuel et gratuit est loin d’être superflu, ne serait-ce que pour permettre à nos aînés de mordre dans la vie un peu plus longtemps.

Sourire Colgate et Holiday Inn

Il serait bien difficile d’avoir une dent contre l’investissement annoncé de dix millions de dollars par année pour améliorer la santé buccodentaire des résidents des centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

De l’argent pour améliorer la qualité de vie de nos aînés, n’y a-t-il pas là de quoi sourire ?

Quarante-deux hygiénistes dentaires devraient être embauchés d’ici l’an prochain dans le cadre du Programme québécois de soins buccodentaires et de soins d’hygiène quotidiens de la bouche. Ces techniciens se déplaceront d’un centre d’hébergement à un autre afin d’examiner la bouche des gens du bel âge. Si nécessaire, des dentistes et des denturologistes se rendront eux aussi sur place pour réaliser des interventions sur les patients ayant besoin de soins plus poussés, moyennant certains frais.

Certaines personnes se sont montrées plus incisives et ont demandé pourquoi on n’investissait pas plutôt dans un fameux « deuxième bain hebdomadaire » ou dans l’embauche de préposés aux bénéficiaires pour pallier le manque de services déjà observé dans le milieu.

À ceux-ci je réponds simplement que tout investissement dans les soins aux personnes âgées est bienvenu.

À l’heure actuelle, l’offre de soins buccodentaires en CHSLD varie grandement d’un établissement à l’autre, étant parfois même inexistante à certains endroits. Comme le mentionne la pub — vous savez de laquelle je parle —, il existe plus de 200 maladies de la bouche. Bon nombre d’entre elles peuvent causer de sérieux problèmes de santé si elles ne sont pas traitées. On imagine donc les conséquences malheureuses si elles ne sont même pas détectées. Un examen dentaire annuel et gratuit est donc loin d’être superflu, ne serait-ce que pour permettre à nos aînés de mordre dans la vie un peu plus longtemps.

Certes, l’objectif de la ministre Marguerite Blais et du gouvernement, qui vise à implanter ce programme en un an, semble un peu trop optimiste. Surtout quand on sait à quel point il y a, et ce, depuis longtemps un manque d’oxygène dans le système de santé. Il faudra probablement prévoir une échéance plus longue pour y parvenir.

D’ici là, comme le veut la maxime, « Keep calm and carie on ».

Client ou patient ?

Dans un autre ordre d’idées, un Américain a décidé que les centres d’hébergement pour aînés n’étaient pas faits pour lui. Terry Robinson a plutôt choisi de couler ses vieux jours dans un Holiday Inn.

Avec le rabais pour aînés et un escompte pour des séjours de longue durée, l’individu croit en avoir davantage pour son argent, avec des frais d’environ 60 $ américains la nuitée, qu’il compare à la facture quotidienne moyenne de 188 $ US des fameuses nursing homes américaines.

« Le petit-déjeuner est inclus, il y a un spa, une piscine, une salle d’entraînement et le service de buanderie », décrit-il dans une publication Facebook devenue virale.

« La télévision est brisée ? Il faut remplacer les ampoules ou le matelas ? Pas de problème, ils s’en occupent », poursuit-il.

Envie de voyager ou de déménager ? Il suffit de réserver dans un autre hôtel de la chaîne là où on souhaite aller.

Or, ce qui frappe le plus de la publication de M. Robinson, ce ne sont pas les économies qu’il prévoit faire grâce à son plan de retraite, mais plutôt le regard qu’il pose sur la situation.

« Ça prend des mois pour avoir une place dans une maison de retraite. Holiday Inn peut vous accueillir le jour même », écrit celui qui considère que les membres du personnel de la célèbre chaîne « vous traitent comme un client, pas un patient », contrairement aux employés des centres de retraite.

Le choix de M. Robinson n’est probablement pas une question de sous comme il le prétend.

C’est surtout son bon état de santé qui lui permettra de s’offrir l’hôtel comme résidence. S’il était malade, il n’aurait pas le choix de débourser pour être traité comme un patient dans un centre d’hébergement.

Une chose est sûre, s’il vivait au Québec, M. Robinson ne bénéficierait pas de soins buccodentaires dans son Holiday Inn.