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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Marie-Ève Martel
J’y ai (re)découvert un plaisir, celui de prendre le temps de confier quelque chose à l’autre à travers la plume. Il y a dans ce geste quelque chose de beaucoup plus intimiste que d’envoyer un message texte ou d’avoir une conversation sur Messenger. Et j’ai envie de faire du bien avec mes mots.
J’y ai (re)découvert un plaisir, celui de prendre le temps de confier quelque chose à l’autre à travers la plume. Il y a dans ce geste quelque chose de beaucoup plus intimiste que d’envoyer un message texte ou d’avoir une conversation sur Messenger. Et j’ai envie de faire du bien avec mes mots.

Le pouvoir réconfortant des mots

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CHRONIQUE / Je me dois de débuter cette chronique avec un mea culpa. Vous m’avez trouvée downer la semaine dernière. Vous m’avez trouvée déprimante avec ma dernière chronique. Et vous ne vous êtes pas gênés pour me le dire. Je vous donne entièrement raison.

Oui, la semaine dernière, j’ai eu envie d’écrire un coup de gueule, déçue comme bien d’autres de la nouvelle directive gouvernementale recommandant de ne pas se réunir pour célébrer Noël après nous avoir fait miroiter la possibilité de deux réveillons modestes sur une période de quatre jours. Plusieurs m’ont reproché d’alimenter la morosité ambiante et auraient préféré qu’au contraire, j’essaie d’être encourageante et que je propose des solutions.

Je vous ai lu. Je vous ai entendu.

Il est vrai qu’il n’est pas dans ma nature d’être défaitiste ; à vrai dire, c’est plutôt le contraire, règle générale. Cette humeur maussade qui s’est traduite par «L’amer Noël» est désormais loin derrière.

Ça ne m’empêche pas, comme beaucoup d’entre vous, d’être déçue.

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Pour ma part, je n’ai jamais connu de Noël où nous n’étions pas nombreux, dans ma famille Martel. Oncles, tantes, cousins et cousines, désormais leurs enfants ; le 25 décembre est un rendez-vous incontournable dans mon clan depuis ce qui me semble être toujours. Tant de gens à qui je ne pourrai pas faire d’accolade, dont je ne pourrai prendre des nouvelles face à face ou avec qui partager le traditionnel repas des Fêtes.

Je ne pourrai pas boire le punch de mon oncle Robert — réputé pour délier la langue — ni goûter aux gourmandises concoctées par mes tantes, sans oublier leur célèbre ketchup aux fruits. Et tous les jeux de mots, parfois un peu tirés par les cheveux, qui doivent faire partie des chromosomes hérités dans ma lignée tant ils abondent quand on est ensemble.

Noël, pour moi, c’est aussi le traditionnel réveillon dans la famille de mon conjoint, où nous allons entendre sa mère chanter au sein de la chorale de la paroisse avant de nous réunir chez elle pour partager un repas et échanger des cadeaux une fois les douze coups de minuit sonnés.

Noël, c’est aussi un rassemblement avec mon autre famille, celle qui s’est composée au fil des années d’amis de tous horizons, de cousins et de personnes seules pour qui je cuisine un repas afin de leur dire à quel point je les aime. Ensuite, on s’amuse ; jeux de société, blagues, échange de cadeaux rigolos. Une année, ce sont les mimes qui ont triomphé.

Je n’oublierai jamais comment mon cousin Dominic imite Beyoncé qui danse la bastringue sur une pitoune de draveur. Pas plus que la manière dont il gesticule pour nous faire deviner le mot «prisme». Une autre année, c’est mon amie Émilie qui m’a fait rire en recevant un jouet antistress en forme d’attribut masculin. La pauvre, elle était rouge comme une pivoine ! Et puis, il demeurera toujours le fameux (non) débat à savoir qui des humoristes Alexandre Barrette ou Billy Tellier était le plus grand...

Cette année, ce super-hyper-duper-annual-famous-souper-de-Nowel (c’est comme ça que s’intitule ce rendez-vous annuel instauré il y a treize ans) sera virtuel, à l’image des événements qui n’ont pas été annulés en raison de la pandémie.

Alors oui, je suis déçue. Mais j’ai choisi de canaliser cette déception en quelque chose de positif.

Comme plusieurs personnes l’ont fait au cours des dernières semaines, j’ai décidé de prendre la plume.

Les dizaines de cartes de Noël qui s’empilent dans une boîte de ma garde-robe depuis des années, offrandes de divers organismes et charités auxquels je contribue de manière sporadique, ont enfin trouvé leur utilité.

Juste comme ça, je me suis mise à écrire des vœux de la bonne vieille méthode. À songer à chacun de mes destinataires et à ce que j’avais envie de lui dire, de lui souhaiter pour la prochaine année. Ça a donné une carte, puis une autre. Et une autre encore, et finalement, une belle pile de missives prêtes à partir au bureau de poste où, semble-t-il, on est plus occupé que jamais.

Contrairement à moi, ces cartes pourront pénétrer dans le foyer de ceux qui me sont chers. Elles devront alors être porteuses de tout l’amour et la chaleur humaine que je voue à mes proches.

J’espère que ça leur fera du bien. Car ça m’en a fait, à moi.

Écrire, c’est comme faire du vélo. Ça ne se perd pas. Et plus on le fait, plus on y prend goût.

J’y ai (re)découvert un plaisir, celui de prendre le temps de confier quelque chose à l’autre à travers la plume. Il y a dans ce geste quelque chose de beaucoup plus intimiste que d’envoyer un message texte ou d’avoir une conversation sur Messenger.

J’ai envie d’écrire encore et encore. De faire du bien avec mes mots.

Cette fin de semaine, j’ai été touchée par l’appel à tous du personnel de cette résidence pour personnes âgées de Gatineau qui demandait aux gens d’écrire des vœux de Noël pour ces aînés qui passeraient Noël à l’écart. Un appel qui a été fort entendu.

J’ai envie de me prêter au jeu, moi aussi.

Connaissez-vous quelqu’un qui est seul, qui file un mauvais coton ou à qui une pensée, même signée par une illustre inconnue, pourrait illuminer sa journée, le temps de quelques phrases?

Ce sont à ces gens que j’ai envie d’écrire. J’enverrai 10 cartes, au hasard, parmi les suggestions que je recevrai dans les trois prochains jours. Et je vous invite à faire de même.

Qui sait si ça ne deviendra pas une nouvelle tradition...