Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Marie-Ève Martel
C’est un cadeau plutôt improbable, mais tout de même un cadeau que nous a offert 2020: une leçon d’humilité, et qui sait, une leçon d’humanité.
C’est un cadeau plutôt improbable, mais tout de même un cadeau que nous a offert 2020: une leçon d’humilité, et qui sait, une leçon d’humanité.

La leçon d’humilité

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Je l’ai écrit il y a quelques semaines, frustrée que les célébrations de Noël aient été annulées: 2020 ne nous aura pas fait de cadeau.

2020. Annus horribilis pour plusieurs.

Eh bien, force est d’admettre que j’avais tort.

C’est un cadeau plutôt improbable, mais tout de même un cadeau que nous a offert 2020: une leçon d’humilité.

Voilà plus de neuf mois qu’on est tous happés de plein fouet par la pandémie.

Au-delà de la première vague, des traces subsistent.

La situation que l’on vit depuis le printemps est exceptionnelle, et même si elle dure depuis suffisamment longtemps pour qu’elle fasse désormais partie de notre quotidien, il importe de se rappeler, de temps en temps, que rien n’est normal actuellement.

Et s’il est une chose de tout à fait normale face à l’anormalité, c’est la résistance au changement. L’anxiété, l’angoisse. L’incertitude.

2020 nous a remis face à face avec notre propre vulnérabilité et nous a rappelés que nous avons droit, tout un chacun, à des moments de faiblesse et à l’erreur.

2020, c’est aussi l’année où on a appris l’indulgence. L’indulgence envers les autres, l’indulgence envers soi.

Se pardonner. Se comprendre. Faire preuve d’empathie à l’égard de nous. Se dire « ça va bien aller », mais accepter que parfois, « ça ne va pas du tout ». Et que c’est correct de filer un mauvais coton, de se le permettre, même, tout simplement parce qu’on est humain.

Elle est aussi là, la leçon d’humilité.

Car peu importe qui on est, jeune ou vieux, riche ou pauvre, 2020 nous a prouvé que la nature serait toujours plus forte que nous.

Que malgré nos avancées et notre puissance inégalée, nous ne sommes pas immortels ni immunisés à la maladie et aux aléas de la vie.

Oui, oui, même Donald Trump. Aussi tout-puissant se pensait-il, le président déchu des États-Unis n’est en bout de ligne qu’un infime grain de sable dans le grand engrenage de l’univers, comme nous tous.

À ceux qui n’avaient pas encore compris le sérieux de la crise pandémique, la nature a envoyé tout récemment une nouvelle souche du virus. Je ne sais pas ce qu’il faudra de plus pour les en convaincre.

Inutile d’essayer de contrer une vague, quelle qu’elle soit, m’a déjà dit une amie. 2020 nous aura appris à suivre la vague. Pas celle de la pandémie, mais celle de la vie qui va et qui vient avec ses aléas qui sont parfois hors de notre contrôle et contre lesquels on ne peut rien, malgré toute notre bonne volonté.

« Si tu n’as pas ce que tu aimes, aimes ce que tu as », ai-je lu toute mon enfance et mon adolescence sur une assiette de porcelaine chez ma tante Denise et dont j’avais parlé dans une précédente chronique. Une leçon de vie qui s’est imposée petit à petit, et qui a pris tout son sens, encore une fois, cette année.

2020 nous a aussi appris à trouver le bonheur dans les petites choses, à renouer avec ce qui nous reste de simplicité.

Les yeux qui sourient de la caissière du supermarché, un enfant qui rit, deux amoureux main dans la main aperçus à un coin de rue: on sentait le besoin de chercher, mais l’essence de l’humanité, à travers les masques et les murs, est encore bien là, sous notre regard.

La limonade est une de mes boissons préférées.

Qu’importe l’adversité, j’essaie de toujours tirer une leçon d’une épreuve afin d’en faire une opportunité. C’est la seule chose sur laquelle j’ai réellement un contrôle absolu.

Ainsi, même les plus mauvaises expériences revêtent un côté positif avec le recul, et je deviens reconnaissante de tout ce que la vie m’a apporté, car cela a contribué à me construire comme personne.

Il y a de ces cadeaux qu’on a parfois envie de refuser ou de retourner au magasin.

2020, une année de merde pour plusieurs, en fait assurément partie. N’empêche, elle a eu lieu, avec ses hauts et ses bas.

Mais si on n’a rien appris du tout de 2020, alors là, ça sera vraiment une année perdue.