Le fabricant de jouets sexuels Lelo a dévoilé en début de semaine les résultats d’un sondage en ligne mené auprès d’adultes du Royaume-Uni. L’enquête, pas du tout scientifique, c’est évident, cherchait à déterminer dans quels «corps» de métier les gens étaient les plus comblés sous la couette.

Corps de métier

CHRONIQUE / Dis-moi comment tu gagnes ta vie, je te dirai si tu es satisfait... Le fabricant de jouets sexuels Lelo a dévoilé en début de semaine les résultats d’un sondage en ligne mené auprès d’adultes du Royaume-Uni. L’enquête, pas du tout scientifique, c’est évident, cherchait à déterminer dans quels «corps» de métier les gens étaient les plus comblés sous la couette.

La lecture des résultats est hilarante.

Selon l’enquête, près du tiers des avocats sondés avouent simuler l’orgasme lors de chaque relation sexuelle et tout autant lors d’une aventure d’un soir. Rien pour améliorer leur réputation, eux qui suscitent malheureusement la méfiance de certaines personnes.

Le tiers des plaideurs se croient aussi de fins renards, si perspicaces en fait qu’ils disent pouvoir deviner quand leur partenaire simule !

Objection votre honneur, je demande un détecteur de mensonges !

Le communiqué de presse faisait aussi état d’un court palmarès des professionnels qui se considèrent comme étant les meilleurs au lit, avec en première place les agriculteurs.

Le questionnaire a permis de déterminer que 33 % d’entre eux ont une relation sexuelle au moins une fois par jour et que les deux tiers d’entre eux n’ont jamais besoin de simuler un orgasme.

La publication de ces résultats risque de faire augmenter le nombre d’inscriptions à la prochaine saison de L’amour est dans le pré. D’ailleurs, comme les couples y étant formés durent et que de nombreux enfants sont nés d’unions formées dans cette émission, j’ai tendance à croire qu’il y a peut-être un peu de vrai dans le sondage...

Dans la liste des supposés bons coups, on retrouve ensuite les médecins — probablement pour leur fine connaissance de l’anatomie—, suivis des architectes — possiblement pour leur fine connaissance des angles et leur amour des différentes pièces d’un bâtiment.

Les ouvriers occupent la quatrième place au classement, mais seraient, toujours selon le sondage, les plus « honnêtes » au lit. En effet, 69 % (ça ne s’invente pas !) n’ont jamais fait croire à leur partenaire qu’ils avaient atteint le nirvana. Et comme le communiqué était écrit dans la langue de Shakespeare, j’ai émis un petit hoquet de rire, bien immature, j’en conviens, quand j’ai lu que la traduction anglaise pour « ouvrier » était « labourer ».

Parlez-moi d’un verbe d’action comme ça.

Enfin, les publicitaires ferment la marche en ce qui a trait à l’autoévaluation de la performance. La publicité : l’art de vendre et de séduire. Ça fait du sens !

Jusque dans la chambre à coucher

Évidemment, la portion du sondage qui m’a le plus interpellée était celle qui traitait de la satisfaction sexuelle des journalistes.

Ça a tout l’air que la crise des médias est désormais rendue dans les chambres à coucher des journalistes, puisque les résultats indiquent que 40 % d’entre eux trouvent qu’ils ne font pas l’amour assez souvent. Un reporter sur cinq aurait confié n’avoir qu’une rencontre coquine par mois.

C’est à croire que les personnes ayant répondu au questionnaire sont des journalistes de guerre exilés à l’autre bout du monde...

Comble du malheur, en plus de ne pas avoir leur « nanane » aussi souvent qu’ils le souhaiteraient, 60 % de tous les journalistes répondants ont indiqué que les performances sexuelles de leur(s) partenaire(s) étaient « moyennes », pour ne pas dire décevantes.

Pas de bol.

Plus sérieusement, si on accordait un peu plus de crédibilité aux résultats, il faudrait probablement conclure que l’horaire atypique et fort chargé de nombreux journalistes, toujours à la merci des aléas de l’actualité, fait en sorte qu’ils ne sont pas aussi disponibles qu’ils le souhaiteraient pour s’adonner à une session de ce que j’appelle « des feu leu leu ».

Qui plus est, le caractère de plus en plus précaire des emplois dans l’industrie de l’information donne bien des maux de tête aux travailleurs qui doivent toujours faire plus avec moins, sans savoir quand ils tomberont sous le couperet. Le tout a mené à plusieurs arrêts de travail, provoqués par des dépressions ou des épuisements professionnels. Le tout avec un effet probable, mais pas nécessairement direct, sur l’appétit sexuel des sujets et leur capacité à apprécier le moment.

Bref, le sondage semble dire que mes pairs sont plutôt insatisfaits. Est-ce donc pour cette raison et par grandeur d’âme que Lelo leur propose parfois de faire l’essai de leurs produits en échange d’une chronique ?

Et tiens tiens, voilà qu’en fin de texte, on propose un tout nouvel anneau pénien, ou pourquoi pas, un nouveau lubrifiant — de la marque maison bien sûr — pour pimenter le tout !

Un coup de « mar-keu-tigne », pour reprendre les mots de la collègue Gaboriault, qui avait tenté le banc d’essai en juin 2016, avec le résultat qu’on connaît !

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