Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Marie-Ève Martel
En raison du confinement et des mesures de distanciation sociale, le party annuel devra attendre. Mais je tenais tout de même à souligner l’anniversaire de mon homme, histoire de marquer le coup.
En raison du confinement et des mesures de distanciation sociale, le party annuel devra attendre. Mais je tenais tout de même à souligner l’anniversaire de mon homme, histoire de marquer le coup.

Chéri, je vais te faire ta fête!

CHRONIQUE / Mercredi, c’était l’anniversaire de naissance de The Dave, mon bien-aimé. Trente-trois ans bien sonnés. Pour mon compagnon des sept dernières années, son anniversaire est une célébration qui se souligne avec panache.

Normalement, nous allons passer le week-end dans son Shawinigan natal pour y faire la fête avec ses meilleurs amis, une bande de gars tissés serrés depuis le secondaire. Ça fête fort, disons...

Le lendemain, nous partageons aussi un repas avec sa famille.

Bref, pour mon chum qui fait souvent passer les autres avant lui, sa fête, c’est sacré.

Il tient tellement à cette journée de l’année qu’il a attendu à la toute dernière minute pour annuler ses plans, pandémie oblige.

Le fait de célébrer son anniversaire sans ses amis est une grande déception pour mon fiancé, même si je lui ai rappelé que j’étais sans doute le plus beau cadeau que la vie lui ait offert...

Ben non, je ne lui ai pas dit ça !

M’enfin. En raison du confinement et des mesures de distanciation sociale, le party annuel devra attendre. Mais je tenais tout de même à souligner l’anniversaire de mon homme, histoire de marquer le coup.

J’ai eu beau me creuser la tête, la seule idée qui est ressortie de ce remue-méninges a été de faire comme un enfant de six ans.

Lui offrir 24 heures de mon temps, selon son bon vouloir et exaucer ses souhaits, comme le génie de la lampe.

Les possibilités étaient infinies, en autant que Dave décide de frotter la lampe à un moment ou à un autre de la journée, si vous voyez ce que je veux dire...

Bref, de minuit mercredi à minuit jeudi, je lui laissais choisir ce qu’on allait faire, ce qu’on allait manger, et ce, sans rechigner.

Aussi bien dire que son cadeau était une économie de temps, nous qui prenons parfois de longues minutes à essayer de trouver un documentaire ou un film qui nous plairait à tous les deux sur Netflix et compagnie...

Je ne me doutais certainement pas que le jubilaire formulerait un premier vœu un peu après deux heures du matin.

Il m’a envoyée dormir sur le divan du salon, perturbé par, je le cite, « la symphonie de mes ronflements », aussi involontaire soit-elle.

Soit. Tes désirs sont des ordres mon amour !

Il ne me suffit que de quelques pas pour passer de la chambre à coucher au salon, mais quelle ne fut pas ma surprise de poser le pied sur un beau vomi félin déposé telle une offrande sacrée sur le tapis.

Quand on est à moitié endormie, ça n’est pas vraiment agréable de sentir le petit amas froid et visqueux s’étendre sous la plante de mon pied pourtant vêtu d’un bas de coton.

À en voir la couleur, c’était assurément Pépé, qui a probablement voulu offrir un cadeau de fête à son père adoptif...

Cadeau que je me suis empressée d’éponger et de frotter avant de m’installer pour le reste de la nuit.

C’est sans compter qu’elle et Coquine traversent la mue printanière la plus intense de leur vie.

Elles perdent tellement de mottons de poils l’une et l’autre qu’on dirait qu’elles viennent chacune de mettre au monde une portée de chatons.

Au réveil, donc, me voilà entourée d’amas duveteux et léger, virevoltant dans l’air, ce que n’a pas manqué de remarquer le jubilaire.

Le deuxième souhait de Dave a donc été de me demander de sortir l’aspirateur.

Et comme on voyait très bien la tache jaunâtre du vomi sur le tapis — Pénélope ayant choisi de souiller son seul spot blanc, évidemment —, il m’a également demandé de sortir la shampouineuse à tapis pour faire disparaître le délit.

J’ai donc passé la première demi-heure de ma journée à quatre pattes, mais pas tout à fait comme je me l’étais imaginé...

Bon prince, mon roi m’a même aidée à faire ce ménage inattendu, qui allait tout de même donner le ton au reste de la journée.

Pour faire plaisir à mon amoureux, pour entretenir la magie et pour lui montrer que son anniversaire est un jour important, j’ai choisi de laisser tomber le linge mou et de me faire belle, mercredi.

Au lavage habituel de mes cheveux, j’ai ajouté le fer plat pour raidir ma tignasse ondulée, la coiffure qu’il préfère.

J’ai aussi pris la peine d’enfiler de beaux dessous et des vêtements dignes d’une date romantique, après quoi je me suis légèrement maquillée.

Je l’ai fait pour The Dave, mais pour moi aussi.

Après un mois de confinement à la maison, ça faisait du bien de prendre soin de mon apparence et de sortir de la routine de facilité qui s’était installée au fil des dernières semaines.

Ce sera la fête à la maison ! ai-je décidé.

Finalement, ça n’a pas fêté si fort.

Une journée relax, comme nos congés ordinaires, qui s’est terminée devant la télé, à regarder les premiers épisodes d’une vieille série — que j’ai trouvée ô donc ennuyante, mais que Dave tenait à me faire découvrir — et quelques câlins.

Pour son souper d’anniversaire, j’ai donné le choix à The Dave : on ferait livrer au restaurant local de son choix, histoire de faire d’une pierre deux coups.

Il aurait pu succomber à une bonne bavette saignante ou à des côtes levées qu’il adore.

Non, mon homme a fait le vœu de savourer une dégoulinante poutine au poulet général Tao, sa préférée, avec des rouleaux impériaux qu’on avait achetés à l’épicerie quelques jours auparavant.

Il a fait descendre tout ça avec une préparation maison d’un cocktail trop sucré qu’il ingurgitait dans sa jeune vingtaine, en souvenir du bon vieux temps.

Rien de compliqué pour mon fiancé, qui apprécie les choses plutôt simples et qui ne se lasse jamais de manger la même chose.

Des signes qui démontrent qu’il me sera toujours fidèle, avait prédit un ancien collègue de travail...

C’est ce qui l’a rendu heureux, alors ça a aussi fait mon bonheur.

Alors pour ce qui est de la grosse fête, ce n’est que party remis...

Surtout que c’est mon anniversaire à moi, dans un mois !