Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Marie-Ève Martel
Son projet, entamé l’an dernier, a pris une tout autre tournure avec l’arrivée de la pandémie. À ce moment-là, l’artiste, dont je ne sais qu’il demeure en Europe, s’est donné pour mission de nous rappeler que, même si c’est une année de merde, il y a quand même eu du bon en 2020.
Son projet, entamé l’an dernier, a pris une tout autre tournure avec l’arrivée de la pandémie. À ce moment-là, l’artiste, dont je ne sais qu’il demeure en Europe, s’est donné pour mission de nous rappeler que, même si c’est une année de merde, il y a quand même eu du bon en 2020.

Ça ne peut pas toujours mal aller

CHRONIQUE / La météo des derniers jours est à l’image des derniers mois: déprimante. Les journées qui raccourcissent, les arbres qui se dénudent malgré le froid qui s’installe et la petite pluie frette et désagréable d’octobre me donnent immanquablement les bleus.

Ajoutons à cela le fait que ma ville de résidence a basculé en zone rouge la semaine dernière, ce qui a contrecarré mes plans de rendre visite une dernière fois à certains proches avant que le couperet ne tombe.

Avec maintenant presque huit mois bien sonnés, la pandémie de la COVID-19 aura dominé cette année. C’est l’événement incontournable de 2020, qui en plus, a marqué le début de la décennie.

Je ne veux pas faire mon oiseau de malheur, mais ça n’augure rien de bon pour la suite...

M’enfin. Je suis plutôt du type à voir le verre à moitié plein, peut-être parce qu’il est à ce moment-là moins difficile de le remplir à nouveau.

Toujours est-il que c’est avec un grand bonheur que j’ai découvert le compte Instagram intitulé Weekly Graphic News, où des faits d’actualité de par le monde ayant malencontreusement été éclipsés par la maudite COVID sont illustrés et brièvement expliqués (en anglais).

Qu’il s’agisse de bonnes nouvelles, de faits scientifiques ou d’insolites, les contenus surprennent, font sourire et sont instructifs.

L’artiste derrière ces images, qui a préféré demeurer anonyme après que je sois entrée en contact avec lui, a décidé tout bonnement de se mettre à illustrer des histoires qui « se perdent » dans nos fils d’actualité, faute d’être illustrées à leur juste valeur, que ce soit parce qu’une photo tirée d’une banque d’image a été utilisée ou bien parce que le sujet de la nouvelle était difficile à mettre en image.

Son projet, entamé l’an dernier, a pris une tout autre tournure avec l’arrivée de la pandémie. À ce moment-là, l’artiste, dont je ne sais qu’il demeure en Europe, s’est donné pour mission de nous rappeler que, même si c’est une année de merde, il y a quand même eu du bon en 2020.

De quoi nous réconcilier (un peu) avec cette annus horribilis avant qu’elle ne prenne fin.

D’ailleurs, saviez-vous qu’en août, l’Organisation mondiale de la Santé a annoncé l’éradication du virus de la polio sur le continent africain ?

Que la toute première recette à avoir été cuisinée entièrement dans l’espace consistait en de délicieux biscuits aux pépites de chocolat ?

Saviez-vous qu’un homme vivant dans l’État de Washington nommé George Ahearn, ayant appris que des producteurs agricoles de sa région étaient pris avec de lourdes pertes en raison de la pandémie, a créé un organisme à but non lucratif avec deux inconnus rencontrés sur Facebook afin de récupérer à moindre coût les fonds de champs et les offrir à des banques alimentaires locales ? Pas moins de 4000 tonnes d’oignons et de pommes de terres ont ainsi été épargnées du gaspillage.

Aviez-vous entendu parler que des compagnies ferroviaires britanniques offraient désormais des places gratuites aux femmes victimes de violence conjugale qui souhaitent échapper à leur agresseur ?

Enfin, saviez-vous qu’après dix ans d’essais infructueux, deux pandas du Zoo de Hong Kong avaient finalement réussi à avoir un rapport sexuel qui pourrait donner naissance à un ourson ? En sachant que les spécimens mâles de cette espèce vulnérable seraient généralement peu intéressés par la chose, préférant se goinfrer de bambous, c’est une bonne nouvelle d’apprendre que le confinement de mars a peut-être donné l’intimité dont les bêtes avaient besoin pour se faire des mamours...

Les sujets abordés sur Weekly Graphic News sont variés, mais ils ont tous comme point commun de nous faire penser à autre chose qu’au coronavirus, la plupart du temps.

Tiens, ça me donne une idée: comme le Défi 28 jours proposé par le premier ministre Legault risque fort bien de s’étirer encore quelque temps, voyons cette galerie d’images positives comme un calendrier de l’Avent... Une bonne nouvelle par jour, tout cela pour rendre l’attente du déconfinement moins pénible...

Personnellement, depuis le printemps, je jubile aussitôt qu’un de mes reportages ne compte pas les mots « COVID », « pandémie » ou coronavirus. J’essaie de dénicher des histoires qui font du bien, qui sont plus légères et qui vont vous changer les idées.

Parce que moi aussi, j’en ai bien besoin.

Maintenant, je saurai où aller m’inspirer la prochaine fois que je ferai la baboune.