Pas envie de vous lancer dans des séances de méditation dignes d’un moine bouddhiste (de toute façon, on n’a pas le temps!), il y a quand même moyen d’ajouter un peu de zénitude dans nos vies parentales de fous avec des trucs pratico-pratiques grâce à la pratique de la pleine conscience.

Une « solution miracle à (presque) tout »

CHRONIQUE/ «Connais-tu ça, la pleine conscience ?» m’a lancé une amie il n’y a pas si longtemps au shower de bébé d’une autre de nos amies. «C’est magique!» avait-elle ajouté du même souffle.

C’est drôle qu’elle m’ait demandé ça, parce que j’ai découvert cette « solution miracle à (presque) tout » il y a plusieurs mois. Vous n’avez qu’à lire un peu sur le sujet pour vous laisser séduire vous aussi.

La première fois qu’on m’en a parlé, mon premier réflexe avait été de me braquer. Les trucs ésotériques, les histoires de chaman et les sectes granos, très peu pour moi. Mais on m’en a parlé encore et encore, toutes des personnes différentes, de divers milieux et pas nécessairement les plus spirituelles, qui ne juraient que par cette nouvelle méthode, tant et si bien que je me suis renseignée sur cette pratique, qui s’avère très terre-à-terre et pleine de bon sens, finalement.

Du concret
La pleine conscience, c’est un peu un mélange de carpe diem (vivre l’instant présent) et d’autocompassion, dérivé de la méditation bouddhiste. Le mouvement existe depuis plusieurs années, mais ce n’est que depuis deux ans environ qu’il s’est popularisé au Québec. Il n’y a qu’à constater le nombre de titres sortis en librairie sur le sujet depuis 2016 pour le constater.

Entre 2010 et 2015, quatre livres sur le sujet sont parus. Entre 2016 et 2018, 13 ont été publiés à ce jour, a confirmé Suzanne Carpentier, libraire au Buropro Citation des Galeries de Granby. « Et on s’attend à ce que ça gagne encore plus en popularité. L’essor est entamé, mais il n’est pas encore à sa pleine capacité », mentionne celle qui a plus de 30 ans d’expérience dans le métier.

Tout est pleine conscience de nos jours. La méditation, la cuisine, le travail, le sport... Alors pourquoi pas la parentalité ?

J’exagérais, bien sûr, en vous disant que cette pratique se voulait une solution miracle à presque tout — même si on nous la présente très souvent comme telle. Être parent en pleine conscience ne signifie pas que nous n’éprouverons jamais de forts sentiments de contrariété, que nous n’aurons jamais l’impression que nos besoins sont en conflit direct avec ceux de nos enfants.

Mais elle propose des outils concrets pour nous aider à faire face aux moments plus difficiles, et ce, en seulement quelques minutes, voire quelques secondes.

Donc si, comme moi, ça ne vous tente pas de vous lancer dans des séances de méditation dignes d’un moine bouddhiste (de toute façon, on n’a pas le temps!), il y a quand même moyen d’ajouter un peu de zénitude dans nos vies parentales de fous avec des trucs pratico-pratiques.

En voici 10 pour intégrer la pleine conscience dans son rôle de parents, gracieuseté du père de la pleine conscience, Jon Kabat-Zinn, et de la directrice du programme de pleine conscience en entreprise de MindSpace et maman de trois enfants, Jill Graham.

10 trucs pratico-pratiques
1) Imaginer le monde selon le point de vue de l’enfant et non le nôtre. Ça aide à mieux les comprendre.

2) Imaginons à quoi nous ressemblons du point de vue de notre enfant. Comment ressentirions-nous le fait de nous avoir pour parents ?

3) Réserver du temps chaque jour à notre enfant et être pleinement présent pour lui, sans distractions ni préoccupations, pour faire une activité qu’il choisit lui-même.

4) Débrancher de temps en temps. Soyons un exemple pour nos enfants et mettons de côté nos cellulaires, nos tablettes et autres écrans.

5) Prendre des micropauses du tourbillon quotidien, ne serait-ce que pour prendre quelques grandes respirations en pleine conscience.

6) Pratiquer la gratitude. Exprimer sa gratitude est l’un des moyens les plus rapides et les plus puissants de se sentir calme et joyeux. Un moyen simple et accessible de le faire est d’établir une routine à l’heure du souper pendant laquelle tout le monde donne un exemple d’une chose qui s’est bien passée durant la journée.

7) Ne pas avoir peur de briser la routine. Nous savons tous que les routines sont importantes et sécurisantes pour les enfants. Mais rompre la routine de temps en temps est bien correct. Quelques-uns des meilleurs souvenirs de vos enfants seront issus d’aventures imprévues avec leurs parents.

8) Prendre soin de soi. La plupart d’entre nous se sentent coupables lorsqu’ils essaient de prendre du temps pour faire les choses que nous apprécions avant d’être parents. Essayez de lâcher prise de ce sentiment et de reconnaître qu’être en meilleure santé et plus heureux fera de vous un parent en meilleure santé et plus heureux.

9) Présenter des excuses. Présenter des excuses aux enfants quand nous trahissons leur confiance, quand nous allons trop loin, montre que nous avons réfléchi à la situation, que nous sommes capables de la voir plus clairement et d’adopter leur point de vue.

10) Nos enfants sont parfaits tels qu’ils sont. Nous pouvons nous entraîner à voir nos enfants tels qu’ils sont sans chercher à les changer, sans leur poser d’étiquettes restreignantes.