Pour rester à un niveau de bonheur parental optimal, il serait préférable d’arrêter après deux enfants, et la pire décision d’un couple pour leur bien-être serait d’en avoir quatre.

Faire un numéro 3?

CHRONIQUE/ Honnêtement, on y a tous déjà pensé. Le premier, ça allait de soi. Un deuxième, c’était presque incontournable pour bon nombre d’entre nous. Mais un troisième ?

Le cœur dit oui, la tête dit non. On est déjà à bout de souffle et à bout d’économies. Il faudrait changer de voiture, peut-être même déménager. On recommence à peine à dormir et à avoir quelques heures par semaine pour nous… À bien y penser, on n’est pas si malheureux à quatre, on est même bien. Deux adultes, deux enfants, c’est la famille parfaite, non ? Celle standard, du moins.

Ça prend parfois plusieurs années après la naissance du p’tit dernier pour fermer définitivement la porte à la perspective d’un numéro 3. Fermer boutique, c’est un deuil à faire. Un double deuil, même, puisque la décision se prend à deux et que ce n’est pas parce que l’un est prêt à mettre la clé sous la porte que l’autre l’est.

Pour certains, c’est sans équivoque : dès que le second venu se beurre la face de son tout premier gâteau de fête, on se débarrasse vite fait bien fait de tout ce qui pourrait servir à une poupée. Exit le moïse, le siège coquille, les petits pyjamas, les bavoirs et les biberons.

D’autres, plus indécis, entreposeront tout l’attirail, au cas où. Ou simplement par attachement émotif. Un jour viendra où ils se sentiront prêts à se départir de tout ce qui ne sert que trop peu de temps.

Combien pour le bonheur ?

On peut demander tant qu’on veut à Google de répondre à notre place à la question « avoir un troisième enfant ou pas ? » reste que ça demeure une décision bien personnelle.

Pour m’amuser, toutefois, j’ai demandé à mon moteur de recherche ce qu’il en pensait. Et je suis tombée sur un sondage du site parental britannique Bounty.com qui mesurait le niveau de satisfaction des parents selon le nombre et le sexe de leurs enfants.

La meilleure combinaison pour avoir accès au nirvana familial : deux filles. Pourquoi ? Parce qu’elles rechigneraient moins à aider aux tâches ménagères, partageraient davantage entre elles et se confieraient plus volontiers.

Suivent en deuxième et troisième positions respectivement « le petit couple » (un gars et une fille, surtout parce qu’ils se disputeraient moins le choix de jouets), puis deux garçons.

Toujours selon Bounty.com, la pire décision d’un couple pour leur bonheur serait d’avoir quatre enfants. Et s’il opte pour trois, vaudrait mieux pour eux qu’ils soient tous du même sexe, avec une légère préférence pour le féminin.

En résumé, pour rester à un niveau de bonheur parental optimal, il serait préférable d’arrêter après deux.

Quand le destin s’en mêle

Mais parfois, il arrive que ce soit la Nature qui pousse à la prise d’une décision. Je dis parfois, mais selon le département de médecine de l’Université d’Ottawa, on estime qu’au Canada, 40 % des grossesses ne sont pas planifiées. De ce nombre, la moitié sont menées à terme. Il y a donc interruption de l’autre moitié, que ce soit par avortement volontaire ou spontané (communément appelé fausse couche).

De toutes celles qui optent pour l’avortement clinique, 45 % ont déjà des enfants. C’est donc dire qu’elles considèrent avoir donné.

À l’instar de bien des femmes, je considère moi-même avoir donné en décidant d’y aller pour deux. Mais le destin m’a joué un vilain tour, fin novembre, en laissant apparaître deux inattendues petites barres sur mon bâton Première réponse imbibé de pipi. Le choc !

Je n’avais pas particulièrement envie de me remettre aux couches, aux boires de nuit et au portage. Encore moins le goût de me racheter des vêtements de maternité et de me sentir inconfortable dans mon corps pendant neuf mois (désolée, je ne suis pas de celles qui aiment être enceinte). J’avais d’autres projets en tête, j’étais rendue ailleurs.

Mon conjoint s’est rapidement enthousiasmé à l’annonce de ma nouvelle, mais devant mon air grave et paniqué, il m’a assuré qu’il allait respecter ma décision. Lui était willing à y aller pour trois, à condition que je le sois aussi.

J’ai jonglé jour et nuit pendant des semaines entre les deux perspectives. J’ai dressé la liste des pour et des contres, mais elle ne m’était d’aucune aide. J’étais si indécise que j’avais entamé des démarches « des deux bords ». Pour un avortement, et pour un suivi de grossesse.

Un premier rendez-vous pour la première option m’a toutefois confirmé ce que je savais, je crois bien, depuis longtemps : j’allais être incapable de mettre un terme à cette vie qui avait commencé à pousser dans mon ventre. Surtout que je n’avais aucune raison « valable » pour ce faire, mis à part celles bien égoïstes de continuer à voyager et d’avoir du temps pour moi.

« On va s’arranger », que me disait mon conjoint. Et il a fini par me convaincre que l’un n’empêchait pas nécessairement l’autre si on savait comment les conjuguer.

Alors me voilà, à l’aube d’un troisième deuxième trimestre, à encore apprivoiser l’idée que dans six mois, je me retrouverai à nouveau avec un poupon dans les bras. Et même si ça m’effraie encore certains jours, je suis persuadée que j’ai pris la bonne décision, celle que je regretterai le moins à long terme.

Selon ce que recommande le « très scientifique » sondage de Bounty.com, il serait toutefois préférable que ce soit une autre fille si on souhaite maintenir un niveau de bonheur acceptable dans la famille !